Récit de la course : Raid Pau Pyrénées Aventure 2013, par laulau

L'auteur : laulau

La course : Raid Pau Pyrénées Aventure

Date : 15/6/2013

Lieu : Arette (Pyrénées-Atlantiques)

Affichage : 605 vues

Distance : 120km

Objectif : Pas d'objectif

4 commentaires

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Le récit


Quand j’apprends que ce raid se passera à Arette, chez moi, c’est une évidence que j’y participerai. Pour y avoir déjà participé il y a 2 ans, je sais que c’est très costaud mais très bien organisé et dans une ambiance excellente !

Je trouve 2 coéquipiers, Guillaume, d’Arette comme moi, très bon en VTT mais dont je ne connais pas trop le niveau en trail et Benoît, moyennement entraîné mais quand même solide en VTT et trail. Pour moi, le trail devrait aller mais alors que j’avais prévu de m’entraîner en VTT, je n’en ai quasiment pas fait et c’est une grosse inquiétude pour moi, surtout les descentes où je suis très crispé, craintif et maladroit. Pour la C.O. (course d’orientation), on connaît le terrain, ce qui est un avantage indéniable, il faut le reconnaître !

Samedi 15 juin, 9h30 : Depuis la veille au soir, on sait que le départ se fera au plateau de Chousse et j’imagine déjà les itinéraires proposés. Mais grosse surprise, c’est vers le secteur de la forêt d’Issaux que se fera la section trail montagne C.O., secteur forestier touffu et assez complexe d’un point de vue géologique et que je ne connais guère.

Tout le monde est attablé à la salle polyvalente pour osculter les cartes données et déjà envisager le meilleur itinéraire possible pour aller chercher les balises sans perdre trop de temps.


10h05 : départ sur la route de La Pierre-Saint-Martin avec arrivée au col de Labays après 5km à 10% de moyenne.


J’essaie de garder des forces pour la suite mais la montée est déjà rude pour moi et Benoît. Sur la courte section suivante, 3km en VTT C.O., je connais l’itinéraire et je sais déjà que vu le terrain, je ne ferai pas beaucoup de vrai VTT mais beaucoup de poussage. Entre passages boueux dans la forêt puis sentier étroit dominant un peu trop la pente pour moi, je cours en poussant le vélo, La honte du VTT…tant pis j’assume ! On rattrape la route qu’on croise déjà les premières équipes. Arrivée à la station de ski de fond du Braca dans le brouillard, un bon ravito puis c’est parti pour la section 3 trail montagne avec une bonne C.O. et des balises optionnelles qui coûtent cher. Je propose à mes coéquipiers de shunter la balise optionnelle en haut du Pic de Guillers, on ira la chercher au retour suivant notre forme et le temps passé sur ce trail, après coup…choix discutable !

Pas de souci pour la balise 3, facile puis un peu de jardinage dans le brouillard pour chercher le début du sentier de découverte. Au lieu de suivre le sentier, je cède à mes coéquipiers qui privilégient une coupe hors sentier. Un peu de jardinage mais une lecture de carte optimale permet de retrouver le sentier, pas forcément du temps de gagné mais on reprend le bon itinéraire. C’est parti pour la recherche de la balise 4 dans le brouillard. On repère facilement le bas de Barlagne puis on remonte en oblique en passant de petits thalwegs. Il n’y a plus qu’à remonter la bordure de la forêt mais avec le brouillard, ce n’est pas si évident. Heureusement, on aperçoit du jaune fluo, ce ne peut pas être une vache ! On est à la balise, ouf ! Puis c’est le début d’un minuscule sentier technique où il n’est même pas toujours facile de suivre le balisage. Des bénévoles sont là pour sécuriser la traversée d’un petit canyon au fond duquel il y a encore un névé restant du passage d’une avalanche. C’est très raide et étroit sur chaque versant. Benoît et moi, on adore et Guillaume est un peu moins rassuré.


On poursuit à flanc puis lorsqu’on atteint un gros ruisseau remarquable, on choisit l’option de le remonter par la crête qui le bordure. C’est hors sentier et bien raide mais on est dans la hêtraie-sapinière donc c’est plutôt propre et on atteint facilement la magnifique crête herbeuse menant à la cabane d’Icheus. Le soleil pointe son nez. On pointe rapidement à cette cabane (Je m’aperçois qu’il y a quelques années que je n’y suis pas venu et j’y reviendrai cet été en faisant une belle boucle car l’endroit est superbe.)



On croise de nombreuses équipes qui font la boucle dans l’autre sens. Mais apparemment, les équipes de tête ont choisi la même option que nous puisque nous ne les croisons pas. La descente est belle vers le col de Catazar pour chercher la balise 6 puis c’est retour vers le départ en passant par la facile optionnelle Z et la 5. Le sentier est bien marqué au sol par les équipes et on en rencontre régulièrement. C’est quelquefois boueux mais c’est magnifique dans cette forêt très sauvage.


forêt d'Issaux


Mais ça commence à tirer dans les jambes et la remontée d’abord en sous-bois puis à découvert est dure. Sur le retour sur le Pas de Guillers, ça devient raide moitié sentier de vache moitié hors sentier, Benoît et surtout Guillaume sont à l’arrache et j’attends avant de leur demander si on va chercher l’optionnelle en haut du Pic de Guillers, 150m+ droit dans la pente. Je monte plus vite qu’eux, comme ça, s’il n’y a personne, je redescendrai rapidement…Mais évidemment, il y a quelqu’un sur la crête alors je finis doucement. Finalement, on aperçoit Benoît qui pointe son nez donc j’ai l’autorisation de badger la balise et on resdesend illico.

Au ravito, on peut prendre le temps que l’on veut donc on en profite, enfin surtout Benoît !

Petit jeu surprise avant de repartir : tir à la sarbacane. Si on ne réussit pas au moins 5 sur 9 dans la cible, c’est 1km de VTT en plus. Je n’ai tellement pas envie que je m’arrange pour faire 3 sur 3, les copains font le boulot et on repart sur la section suivante en VTT au profil très descendant jusqu’à La Mouline. On traverse de grands névés encore présents (à 1400m d’altitude !!)



puis juste avant la route dans une section pourtant simple, je me prends ma première gamelle, sans dommage. Avec Guillaume, on connait bien le secteur donc aucune orientation à faire pour nous. Quelques kilomètres sur la route qui me reposent les nerfs et nous débouchons au col de Santa-Gracie où là, à nouveau, c’est raide mais je passe sans dommage. Bonne remontée qui pique pour aller chercher l’optionnelle du Camp d’Urdette, Guillaume, lui, fume la pipe en nous suivant. Il me pousse même ! La descente suivante a quelques passages bien humides mais est très belle. On débouche sur la crête de Larranche. C’est en arrivant au dessus du col de Sudou que ça se complique pour moi. Là où Benoît et Guillaume dévalent à fond, je fais un serrage de frein et de fesses . Ils m’attendent régulièrement

(vue en arrière) On vient de la forêt, la descente suivante va être trèsraide au début (photo Niko Darmaillacq)

Puis juste avant le col, je m’en prends une et le vélo me passe par-dessus la tête. Pas de gros bobo mais j’en ai plein le c… du vélo ! Puis ça devient vraiment raide. Dans la partie d’en haut, je fais un mixte sur et à côté du vélo. Enfin, dernière balise et la fin approche. Section bike and run 2vélos pour 3 mais c’est tellement boueux à des endroits que l’on va plus vite à pied ! Enfin, l’arrivée à Arette, les supporters sont là !

1er jour que l’on finit finalement à la 9ème place. On va essayer de rester dans le top 10 voir de gagner quelques places !

 

2ème jour : près une nuit moyenne, on débarque à la salle polyvalente à 3h45 pour récupérer les cartes. On va essayer de faire mieux qu’hier puisque pour la section trail, j’avais fait option sans porte-carte et on avait fini avec la carte en lambeaux !

On découvre rapidement que les sections VTT O vont se faire sur des secteurs que l’on connaît bien mais que la section trail va nous mener à Boucoig et au Trône du Roi par le col de Napatch. Aïe aïe aïe, je ne connais que très moyennement ce secteur. Pour l’entraînement trail, c’est bof donc je n’y ai pas mis les pieds depuis longtemps.


4h05 : départ en groupe vers le haut d’Arette (le Bugala) par une petite route qui monte très fort d’abord puis par paliers ensuite. Les jambes sont dures mais ça va, je me cale en milieu de peloton à peu près. Quasiment arrivé en haut du goudronné, au moment de bifurquer vers la gauche, je me rends compte avec horreur que je n’ai pas le doigt électronique qui sert à valider les balises trouvées !! Je le dis aussitôt à Benoît mais Guillaume est plus loin devant !

On s’arrête pour faire le point. Sur le moment, j’ai tout sauf envie de redescendre à Arette chercher ce maudit doigt. Appel à l’organisation qui me dit qu’il n’y a qu’une seule solution, c’est de redescendre le chercher à la salle. Si j’avais été tout seul, j’aurais été illico me coucher mais je m’en veux terriblement pour mes 2 coéquipiers ! Descente tout seul dans la nuit puis dans le village une voiture de PPA m’attend pour me donner le doigt et me propose de me laisser tirer par la voiture dans la partie raide. J’ai du mal à m’accrocher mais je sers les doigts à mort. Je remonte tout seul jusqu’à Benoît et Guillaume qui m’attendent dans la nuit. Plus aucune lumière autour de nous. J’ai des super coéquipiers, je n’ai droit à aucune remarque. On a tous les boules bien fort ! On fait les comptes, une demi-heure de perdu et surtout une demi-heure en moins pour la C.O. au score puisqu’il faut en sortir absolument sous peine de grosse pénalité (10mn de péna pour 1mn de retard) On essaie de rattraper le temps perdu mais pour moi en VTT, c’est peine perdu ! Beaucoup de passages boueux puis peu à peu on rattrape des équipes. On arrive au parc VTT, départ de la C.O. et la lumière du matin commence déjà à poindre. On aperçoit les loupiotes des équipes déjà dans les collines. On a 1h10 pour revenir avant 7h00. On décide de commencer par le bas puis d’aller chercher quelques lointaines qui coûtent cher si on a le temps et de revenir par le col du Termy.

Les 2 premières sont faciles (pour nous), le trail du Barétous est déjà passé par là. On remonte chercher la 44 mais là, ça se complique, on décide d’y aller direct ou presque et on s’enfonce hors sentier en évitant (mais pas toujours ) des ronciers. De contournement en contournement, on a du mal à se situer. On aperçoit une équipe, elle file vers la 44. On la suit mais comme le temps passe, on rebrousse chemin pour badger la 45 puis celle du Soum de Termy et celle du col de Termy. On rentre au pas de course 3mn avant la barrière horaire. C’est le sprint pour plusieurs équipes qui rentrent ultra-limite. Pour les autres, ça sera de grosses pénalités. Ma grosse bourde du départ nous pénalise sûrement de 2 balises dont une lointaine, au moins 50mn de perdu.



Section suivante VTT-O pat les crêtes de Casteigts puis descente vers Issor. On est en terrain très connu. Pour aller plus vite après le col d’Etche, on coupe court par un sentier que je connais mais qui s’est plutôt refermé sous les touyes et les ronces. Il faut porter plutôt que rouler. Mauvais choix de ma part, pas de temps perdu, mais du poussage inintéressant !

On voit la crête qui descend vers la route d’Issor et surtout des équipes qui ont continué et descendent la crête suivante… Pas mal de temps perdu pour celles-là !

Les balises 47 et 48 sont faciles. On va chercher l‘optionnelle F par la route plutôt que par un chemin…Je préfère ! Commence alors la grosse montée vers le ravito et le Parc VTT. Des équipes poussent les vélos, la fatigue se fait sérieusement sentir. Chez nous, c’est Benoît qui craque un peu mais le ravito arrive à point ! On fait le plein d’eau, on se gave et c’est reparti pour la très grosse section trail vers le Trône du Roi et retour ! Il y a plusieurs équipes ensemble.


Une équipe avant Boucoig, mais ce n'est pas nous !

Au col de Boucoig, on attaque le petit voir minuscule sentier vers Napatch. Dans la forêt, les ouvreurs ont dû batailler pour le retrouver et le rouvrir. Au dessus de la forêt, il devient plus évident mais on ne monte pas très vite et on va avoir du mal à passer la barrière horaire pour monter au Trône du Roi. Le pauvre Benoît est cuit. Dans l’équipe Barétous S.L.A., c’est Franck qui a du mal. J’encourage Benoît mais on arrive avec 5mn de retard à la balise de Napatch.



Devant mon insistance, Fred et Laurent nous laissent passer pour aller au Pic. Vu la pente qui se présente et la fatigue, Benoît et Guillaume ne sont pas vraiment chauds pour monter mais ils me suivent.



J’ai des doutes, j’ai peur d’envoyer mon équipe dans une belle galère mais la montée est assez courte (entre 15 et 20mn) très aérienne et vraiment raide. Le passage au sommet est un grand bonheur, la vue depuis là-haut est toujours aussi superbe à 360°, nous sommes la 8ème et dernière équipe à passer au Trône du Roi.






La descente est technique puis après avoir badgé la 52, on contourne le pic par une piste à flanc. Et c’est parti pour 350m+ de remontée en plein soleil dans une pente où le vague sentier est parsemé de ronces puis il disparaît. Là, c’est dur pour tout le monde ! L’eau commence à manquer, le col d’Isson au dessus nous nargue, mais ouf on y arrive !


Le retour vers le ravito va être long ! Mais finalement, ça passe bien, Benoît en bon basque d’Espelette, se refait la cerise et descend comme une fleur. Guillaume est moins à l’aise mais pas à la rue non plus ! Un bon chemin herbeux à flanc puis de la piste nous ramènent au ravito du Parc VTT. Il n’y a plus beaucoup de vélos mais on est bien heureux d’avoir fait la totale. On se gave de tout, mélange de saucisson, kiwi, fromage, banane, tout y passe !! Avant de partir, je me mets la tête sous le tuyau d’eau fraîche. Tout va mieux, la dernière section VTT me semble presque une formalité. Maintenant, on est sûr d’aller au bout !

Et c’est reparti, passages de ruisseaux au milieu du chemin, comme d’hab, j’en fais une partie en poussant. On aborde un pré à traverser et là, un petit passage boueux, je ne sais pas ce que je fais avec mon vélo, pif paf , nouveau valdingue, ça craque au niveau de l’épaule et du cou. J’ai peur de m’être pété un truc mais non, pas de douleur ! Guillaume et Benoît sont inquiets. Je repars comme je peux.

Superbe traversée dans l’eau fraîche du petit gave du Lourdios et un talus à remonter entre arbres et racines. faut se passer les vélos, quel combat ! Puis, enfin la route !! Mais il faut se retaper un énorme coup de cul. Je monte à vélo mais Benoît va aussi vite que moi en poussant le sien !

Puis le village d’Arette est là, la salle polyvalente, arrivée comme des héros !

Au final, une belle 8ème place malgré un début de 2ème jour calamiteux ! un beau travail d’équipe, merci Guillaume, merci Benoît !

Mais il faut bien avouer que notre connaissance du terrain nous a bien avantagé et empêché de faire des kilomètres en trop !


 la balise finale !!

Le maire d'Arette est fier de ses administrés !!

C’était mon 2ème raid PPA ! et j’avoue que j’en reste encore scotché par une telle organisation ! Que d’heures de préparation sur le terrain, sur les cartes. Tout était minutieusement préparé. Des bénévoles en nombre tout aussi chaleureux, souriants que professionnels !

Encore merci à Fred et Laurent pour le Trône du Roi, à Sylvain que j’ai l’impression d’avoir croiser partout.

2 jours extraordinaires dans les montagnes du Barétous …et d’Aspe !

4 commentaires

Commentaire de heidi posté le 21-06-2013 à 19:19:18

Ouhlàlà comme c'est beau par chez toi. Se ce n'était si loin de chez moi, je le mettrais dans mon agenda celui-là.
Vous avez finalement fait une super équipe, les caractères ont gommé les disparités "sportives", c'est capital aussi en raid.
Bravo le maire à raison d'être fier :))

Commentaire de Berty09 posté le 21-06-2013 à 22:00:56

Yes Laulau, alors là tu t'arraches. C'est pas du gâteau mais ça passe bien, du bon boulot quoi et avec le sourire en plus...enfin surtout à la fin. Bravo!

Commentaire de domi81 posté le 22-06-2013 à 13:31:17

pfff, tu commences à envoyer du lourd !
sympa le récit et les photos, félicitations. ;)

Commentaire de Gibus posté le 27-06-2013 à 22:30:25

Belle épreuve
Beau récit
Belles photos

C'est cool les multisports

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