Récit de la course : Trail de la Côte d'Opale - 62 km 2013, par palfighter

L'auteur : palfighter

La course : Trail de la Côte d'Opale - 62 km

Date : 8/9/2013

Lieu : Wissant (Pas-de-Calais)

Affichage : 1102 vues

Distance : 62km

Matos : Camel + gourde

Objectif : Se dépenser

2 commentaires

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Très difficile de trouver le sommeil la veille d’une épreuve qui pour moi relevait de la découverte totale.

Je n’ai donc aucun mal à me lever ce Dimanche matin, face à ce défi colossal que je me suis lancé, à savoir boucler une épreuve de 62km en « gestionnaire de l’effort ».

Je retrouve mes copains de club en arrivant à Wissant vers 7h15. Il fait encore un peu frais mais le soleil pointe déjà le bout de son nez.

Je me rends au chapiteau situé près de la digue pour chercher mon dossard ; le 317 avec mon prénom inscrit dessus, bien pratique pour recevoir les encouragements des spectateurs pendant la course !

 

Après un bref retour à la voiture pour me mettre en tenue de combat, je prends la direction de la plage de Wissant pour aller rejoindre mes coéquipiers sur la ligne de départ.

Le départ est donné un peu soudainement et c’est dans l’interrogation que je m’élance pour mon périple en compagnie d’environ 420 courageux sur le thème musical d’Hans Zimmer « Pirate des Caraïbes ». Musique appropriée à ce somptueux décor avec en point de mire le cap Blanc Nez.

Je cours en compagnie de Nathalie, ce premier tronçon jusqu’au Blanc Nez constitue mon réveil musculaire. L’allure est proche des11 km/h, certes très modeste pour moi mais je reste fidèle à mon plan : « une première heure à la cool. »

Nous sortons ensemble de la plage, et attaquons la montée du Cap par le sentier aménagé (…)

Il y a des cailloux ! Pas évident de savoir si je dois courir ou marcher, alors eh bien j’alterne entre les deux ! Les sensations ne sont pas bonnes, j’ai encore du mal à évacuer tout le stress accumulé de ces trois derniers jours à cogiter.

Arrivé en haut du Blanc Nez je suis loin, très loin dans le peloton, mais ce n’est pas bien grave, nous attaquons la descente qui nous ramène jusque Sangatte : je la connais bien pour l’avoir pratiquée plusieurs fois à l’entraînement ; aucune surprise donc. J’en profite pour admirer la vue sur les falaises d’Angleterre, nettes comme rarement. Les coureurs avec moi sont déjà ruisselants de sueur car le soleil tape bien à présent. Et moi ? eh bien ça va. Je reprends Nathalie qui m’avait distancé dans le Blanc Nez suite à un petit arrêt obligatoire de ma part.

Le cap Blanc Nez derrière nous, le cap de la première heure passe, nous avons parcouru un peu plus de 10km. Ensemble nous revenons sur Didier, parti sur un rythme légèrement supérieur. Je me fais d’ailleurs engueuler par ce dernier et jubile de voir son étonnement de me voir ici.

 

Il est temps d’accélérer un peu. Mais un peu seulement car le profil qui nous est réservé est délicat à ce moment avec une alternance de montées raides et de descentes qui le sont tout autant ; il s’agit de ne pas « taper » avec les cuisses et rester souple.

Je constate avec effarement les traces de tractopelle et à ce moment-là une pointe de nostalgie m’envahit, car je pense bien que c’est la dernière fois que ‘emprunte ce sentier des Noires Mottes sous cette forme préservée…Quel intérêt de venir goudronner un tel site ? Minable…Minable !!!

 

Il faut tout de même continuer à courir, nous sommes dans la partie la plus difficile de la course donc avec ces changements de dénivelé fréquents. Je remonte Christophe, le seul coureur du club qui était encore devant moi. Nous échangeons quelques mots, je ne suis pas pressé de le déposer puisque cela fait plus d’une demi-heure que je ne fais que doubler dans ces montagnes russes.

Je prévois dans un premier temps de rester avec lui jusqu’au 1er ravito (22e km), mais je reste fidèle à mes sensations et je vois que celles-ci me procurent un rythme supérieur au sien.

Je lui donne Rdv à l’arrivée si tout va bien pour nous !

 

Arrivé au premier ravitaillement je ne recharge que ma gourde, ayant encore suffisamment de réserve dans mon camelbak puisque je n’ai finalement pas bu énormément au cours de ce premiers tiers course parcouru en un peu plus de 2 heures.

Je reviens sur les 3 premières féminines que je dépasse une à une. La première d’entre elles me fait une belle impression, elle est accompagnée d’un autre coureur à ce moment là. Je continue ma progression et ma remontée au classement par la même occasion.

 Le profil change radicalement, nous attaquons des portions planes et mes qualités de coureur sur route s’expriment à merveille. J’engloutis les kilomètres avec un rythme de plus en plus effréné, heureux de profiter de ce moment rare. Je ne suis pas dans l’euphorie, car je sais que la route est encore longue, alors je me parle tout seul, je fais le point sur les motivations intrinsèques de ce défi que je me suis lancé. Cela me fait du bien et finalement les kilomètres s’enchaînent assez vite jusqu’à une partie en forêt, un peu après la mi course.

Cette portion de parcours très agréable car complètement ombragée et vivifiante du fait de la photosynthèse des plantes rappelle en moi un lien fort avec la nature. Je  cours tout seul à ce moment c’est d’autant plus agréable à vivre.

A la sortie de cette forêt, une dame m’indique que je suis dans les 50 premiers. C’est tout bon !

S’offre maintenant à nous la partie la moins intéressante de la course entre le 34e et le 40e, avec un tracé sur des routes de campagne, pour aller rejoindre le 2e ravito.

J’y fais un arrêt de plus de 2 minutes pour recharger ma poche à eau, et manger quelques bricoles. Je fais le point sur mon état physique car aucunement question de se mettre dans le rouge sur cette épreuve. Je me sens bien donc décide de repartir pour aller jusqu’au bout.

Je reste quelques instants avec un coureur de la région parisienne avec qui je prends plaisir à partager l’effort.

Puis je le distance à la faveur de portions roulantes…Je reviens sur une flopée de concurrents du 42km dont Frédérique, coéquipière de club qui fait étalage de ses beaux progrès réalisés en course à pied.

J’arrive dans les dunes dela Slack, où c’est effectivement très délicat de courir. J’essaye de prendre le bord pour avoir des appuis un peu plus solides, quand tout à coup…VLAN ! Roulé-boulé, je bute sur une racine et je me retroiuve par terre en moins de temps qu’il ne faut pour le dire ! Heureusement je tombe dans le sable donc aucun bobo si ce n’est un choc au niveau du gros orteil mais qui sera supportable jusqu’à la fin.

La moindre seconde d’inattention peu coûter cher ! Je décide de rester prudent dans cette partie…Mais un évènement va finalement me faire changer radicalement d’avis.

 

En effet voilà que la première féminine arrive sur mes talons, et se paye même le luxe de me doubler !!!! Piqué au vif, j’emboîte sa foulée et repasse quelques dizaines de mètres plus loin…No Way ! Personne ne m’a doublé aujourd’hui, et j’ai bien l’intention que cela dure !

 

Ce petit coup de boost m’offre la possibilité d’accélérer un peu sur une portion de plage de galets à Ambleteuse. (km 46 à 49) Je continue de doubler beaucoup de monde, mais en fait la plupart sont des coureurs du 42km donc en ce qui concerne ma course j’ai l’impression que les places sont figées.

Le niveau est vraiment costaud sur ce type de distance, je ne croise quasiment pas de coureurs en perdition et pourtant il fait grand soleil et nous courons depuis près de 5 heures !

 

Un passage à gué dans une eau bien bien fraîche remet les idées en place, et surtout compacte le sable présent dans mes chaussures. Cela fait mal, mais je ne prends pas le temps de m’arrêter pour évacuer ce sable. Je suis focalisé sur cette ligne d’arrivée car je commence à trouver le temps long.

Gardant une bonne allure, je profite du retour vers Wissant pour reprendre plusieurs coureurs dont Renaud Bailly avec qui je reste quelques instants.

 

La fin de course est somptueuse, la plage étant le théâtre des trois derniers kilomètres. Je me dépêche de passer avant que la marée montante ne recouvre toute la bande de sable. L’arrivée est toute proche et je le sais : j’essaye de garder du self control car à ce moment j’éprouve une grande fierté de ce que je viens d’accomplir et forcément l’émotion m’envahit un peu.

Mais tout cela passe rapidement, j’aperçois le muret de la digue de Wissant pour finir en beauté cette course titanesque…Ma maman y est postée, j’ai vraiment un grand plaisir de la voir là, elle est visiblement très heureuse de me trouver dans les premières positions de la course et m’annonce : « Dix-septième !!! Paul t’es dix-septième !!! » la voix un peu tremblante.

Nous nous tenons la main sur une trentaine de mètres ; j’aurais pu aller jusqu’à l’arrivée avec elle mais bon ça reste ma course, et puis je mets un point d’honneur à finir avec une belle foulée surtout que la foule se montre chaleureuse pour mon passage.

 

Le chrono affiche CINQ HEURES ET QUARANTE NEUF MINUTES lorsque je le laisse derrière moi.

 

Fin d’une course de toute beauté, courure dans des conditions idylliques…Bref un souvenir inoubliable.

 

Place à la récupération maintenant, et il faudra repartir à l’entraînement en vue du championnat de France de semi-marathon le 22 Septembre où j’espère battre mon record de 1h12’25.

2 commentaires

Commentaire de benlacrampe posté le 10-09-2013 à 16:10:32

Pour une première en trail long, c'est plus qu'une réussite !
Pour la galanterie, tu repasseras par contre :o)

Commentaire de baboubabou posté le 12-09-2013 à 21:44:54

J'y étais moi aussi ce WE ! l'an dernier sur le 42 km, et cette année sur le 62 km... superbe course et modestement 8H18' de pur plaisir.

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