Récit de la course : Tor des Géants 2013, par lolo'

L'auteur : lolo'

La course : Tor des Géants

Date : 8/9/2013

Lieu : Courmayeur (Italie)

Affichage : 874 vues

Distance : 330km

Objectif : Terminer

3 commentaires

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Quelques lignes pour 330 Kms

J’admire les « collègues » qui peuvent rendre compte du TOR des géants clairement.
Tronçons par tronçons, vallées par vallées, cols par cols.
Ils ont une lucidité ou une manière de mémoriser les événements que je n’ai pas.
J’adore l’expression « distorsion du continuum espace-temps ». Au-delà , de cette expression qui ne veut pas dire grand-chose au final, elle résume bien ce qui s’est passé du 8 au 15 septembre dernier dans le Val d’Aoste au départ de Courmayeur. Effectivement Le temps et l’espace se sont distendus
Quand on pousse tous les curseurs à fond ; la distance , le dénivelé, la hauteur des cols à franchir , la préparation
Que reste-t-il ? En vérité pas grand-chose, seulement l’essentiel : le verbe
Monter , descendre, manger, se reposer, partager, souffrir, continuer, parler
La montagne permet de s’affranchir du superflu , tout devient très simple .
Des flashs remontent par moment, après une semaine.
Les bouquetins dans la montée de l’Entrelor, le lever de soleil près du refuge Coda qui embrase le ciel dans la vallée , l’accueil au refuge Letey etc…
Une aventure en continu aussi longue qui ne laisse que des bribes pourrait sembler futile mais c’est en fait beaucoup puissant que cela.
Ça touche au plus profond de soi ; qui sommes-nous vraiment ? comment la simple volonté d’un Homme peut le faire avancer coute que coute quelques soit les difficultés pour peu que l’harmonie soit présente ?
La montagne a ce pouvoir, elle rayonne et nous rend meilleur mais parfois elle se paye sur la bête.
Un traileur venu de loin nous a quitté lors de cette course, paix à son âme
Dans cette vie moderne qui nous protège de bien des maux, il est à la mode de se mettre en danger.
« «Une vie qui ne se met pas elle-même à l’épreuve ne mérite pas d’être vécue», dit le philosophe
Le frisson du danger plus ou moins maitrisé est une drogue dure aussi addictive que l’endorphine
Le TOR des géant , c’est la grande salle de shoote, qui permet de se dire « ce coup-ci j’en ai profité à 1000 % et rien ne pourra jamais m’enlever ça » .
je n’oublie pas de remercier les bénévoles, les Valdotains, les secouristes, tout un tourbillon d’énergie positive qui vous poussent jusqu’à la ligne d’arrivée.

Pace e salute
lolo

A suivre le coté obscur du TOR

Le côté obscur du TOR 

Le manque de sommeil qui à la longue vous fait perdre pieds avec la réalité.

La montée du col Pinter, je réfléchis à ce que je fais, , je précède Corinne de quelques pas et je me dis qu’il est possible que je sois tombé au col Crosatie et que ce n’est qu’un film qu’on me passe devant les yeux « si ça se trouve , je suis déjà mort »…

6 eme nuit, ma frontale fonctionne correctement mais mes yeux sont fatigués. Le corps n’est pas conçu pour fonctionner en continu.
Le chemin scintille devant moi, m’empêchant de distinguer le relief.
Ça durera encore une heure avant que je dise à Corinne que là, il faut vraiment qu’on dorme 2 heures.

Descente du col de Malatra ; mon genou gauche commence à enfler et la flexion devient douloureuse.
Ça ne me lâchera pas jusqu’à Courmayeur.

Au bout de 200 kms , mes pieds gonflent, les appuis changent ce qui rend la progression de plus en plus compliquée.
Descente sur Cognes, je suis pressé d’arriver, après un run de 5 kms , je chute prêt de la rivière.
Mon cerveau a bien envoyé l’impulsion électrique au pied de se lever mais le message est arrivé avec un peu de retard. Ma bonne étoile veillera à ce que je m’en sorte sans encombre.

Descente sur Niel, je stresse sans raison sur les barrières horaires.
Je m’engage vers le col de Lazoney.J’ai du mal à décrire la sensation que j’ai eu dans cette montée.
De l’anxiété, du stress et des hallucinations auditives et visuelles mélangées. Le quarté du coté obscur du TOR condensé dans 800 M de d+. je ne sais pas si koko a gardé le message que je lui ai laissé , mais ça doit valoir son pesant de cacahuetes ...

3 commentaires

Commentaire de philkikou posté le 11-11-2013 à 21:56:10

bel hommage, bel image et retour sur ce que t'as vécu, survécu ... et en plus j'ai pu enfin terminer un récit de ces épreuves qui font r^ver, mais qui, faute de temps je n'arrive pas à lire... @+ pour le côté obscur...

Commentaire de AldeBleau posté le 02-02-2015 à 20:23:40

En quelques lignes, tu nous a résumé la quintescence du TOR... Cette parenthèse en état second où l'on se redécouvre soi-même... Brut, vulnérable face aux éléments, mais empreint de cette magie de vivre qui fait nous surpasser...
Merci pour cette évocation qui donne envie de s'y confronter.

Commentaire de lolo' posté le 02-02-2015 à 21:27:20

merci pour le commentaire
Si le destin le décide, j'en serais pour 2015, et ce sera certainement plus dur
je sais ce qui m'attends...

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