Récit de la course : Trail des Passerelles - 37 km 2015, par lapuce92

L'auteur : lapuce92

La course : Trail des Passerelles - 37 km

Date : 19/7/2015

Lieu : Treffort (Isère)

Affichage : 690 vues

Distance : 55km

Objectif : Terminer

3 commentaires

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Trail des passerelles du Monteynard, 57kms, 3000d+

Ce n'est jamais évident de mettre des mots sur un échec, sur une course qu'on a pas finie. Du coup j'ai un peu de mal à "lancer" ce CR.

Samedi 18 juillet nous arrivons maman et moi au bord du lac de Monteynard en début d'après midi. C'est magnifique, je me régale déjà du paysage! On retrouve tout de suite Carole et JB, puis Cécile. On se trouve un coin de pré pas trop pentu et à l'ombre pour installer la tente (heureusement qu'on est pas arrivées plus tard) et c'est l'heure du retrait des dossards. Je me sens nerveuse. En assistant au départ du 23kms je me demande dans quelle galère je me suis encore fourrée : le 23kms c'était très bien aussi! D'autant qu'aux dernières nouvelles des orages sont annoncés pour le lendemain. En fait je ne sais pas ce que je crains le plus : les orages ou la grosse chaleur. Au retrait des dossards je retrouve Séverine, Dorothée, et Eric. Munie du précieux sésame je suis déjà plus dans l'ambiance et je commence à avoir hâte d'en découdre. Arrivent Muriel, Aurélie et Béa, et la fine équipe est au complet. Retour à la tente pour préparer les affaires. S'ensuit une soirée très agréable (enfin qui aurait pu être encore beaucoup plus agréable sans cette MUSIQUE A FOND QUI NOUS A CASSE LES OREILLES!!!!! LOL) autour d'une délicieuse pizza (je me suis contentée de la Regina traditionnelle, je n'ai pas osé la pizza au ravioles...). SMS de Séverine pour nous annoncer que finalement on devrait être épargnés par les orages, ouf! Quelques heures (minutes?) de sommeil plus tard il est 4h30 du matin et c'est déjà l'heure de se préparer. Cette avant course est une des plus bizarres que j'aie pu vivre puisque...je n'en ai aucun souvenir. Je me souviens d'avoir pris mon petit déj dans la tente, mais ensuite j'ai un gros trou noir jusqu'à ce que le départ soit donné. Sur les photos je me vois avec un café : je ne me souviens pas en avoir bu un! Idem, je sais que j'ai pris le bateau navette mais impossible de m'en souvenir. Autant dire que je ne dois pas être tout à fait dans mon état normal!

J'émerge au moment du départ. Je vois Séverine un peu devant moi, elle met sa casquette à l'envers "ah, la miss est en mode warrior ça y est!!" LOL De mon côté les sensations sont plutôt bonnes. Il fait encore relativement frais (ça ne durera pas!) et on a la chance d'avoir un temps magnifique. La journée promet d'être belle! Après une petite boucle pour étirer le peloton on commence tranquillement par une montée pas difficile, presque roulante (dédicace à JB et Cécile) sur des chemins forestiers bien larges. Montée, puis descente, puis remontée jusqu'au 1er ravito. Jusque là ça va très bien. Les jambes sont là, le paysage est magnifique. Je fais plus ou moins le yoyo avec quelques filles : 1 alsacienne, et 3 allemandes. On discute un peu mais je suis plutôt dans ma bulle aujourd'hui donc j'apprécie d'être seule.

Au 1er ravito je refais le plein de la poche à eau. Elle est loin d'être vide mais vu la chaleur qui commence à arriver je préfère prendre mes précautions. Je repars très vite. On passe sur une voie ferrée en surplomb d'un barrage. Quelle vue! En mangeant par là mon gel chocolat/caramel beurre salé je me dis que ma vie est quand même pas mal du tout!!

J'arrive au deuxième ravito. Maman m'y attend, ça fait plaisir! J'apprécie le passage au frais dans la mine. Là encore juste un arrêt pour remplir en eau et tremper la casquette dans une fontaine et c'est reparti. La chaleur fait déjà des dégâts: un coureur dit à ses copains qu'il ne repartira pas. Il ne va pas très bien visiblement. On descend un peu, puis c'est le début de la difficile ascension vers le col du Sénépy (Et non pas le Génépy!) via les signaraux. La première partie est super technique et bien pentue. Je suis dans le dur, le moral baisse à vue d'oeil. Je n'en vois pas le bout. La machine commence à surchauffer. Après une montée de corde les bénévoles cherchent à me rassurer en me disant que j'ai fait le plus dur, que ce sera moins difficile ensuite. Maman m'attend un peu plus loin. Je ne m'attarde pas, sans quoi je sais que je ne repartirai pas, mais j'entame la deuxième partie de la montée le moral un peu regonflé. Ca devient effectivement un peu plus facile. Le chemin est déjà plus large et moins technique, ça fait du bien.

Au Signaraux je retrouve JB et Cécile. Je ferai le yoyo avec eux à partir de là. On repart pour la troisième partie, et l'ascension du Sénépi. C'est dur à nouveau, je suis à la peine. Le passage quasiment "d'escalade" dans les rochers me laisse exsangue en haut. Un bénévole me dit qu'il connait le traceur du parcours et qu'il peut me donner son 06 si je veux. Je préfère le noyer dans le lac ce soir en fait! La suite de l'ascension est top par contre, sur la crête, la vue est à couper le souffle. Mais qu'est ce que c'est beau!!

Je bascule dans la descente, l'occasion de faire un check up : musculairement tout va bien. Pas de douleur, de crampes ou autre. Niveau digestif tout est nickel aussi. Par contre je suis déjà très entamée, et bien en surchauffe déjà. Plus le temps passe, plus la fatigue s'installe. Par moments j'ai l'impression que la forme revient mais ce n'est qu'une illusion. Les batteries se déchargent à vitesse grand V. Je commence à cogiter sur la première barrière horaire. Si elle est bien au 39ème km comme prévu ça devrait passer, mais ça fait un moment que je ne comprends plus rien au kilométrage (par rapport à l'emplacement des ravitos). Les kilomètres défilent et toujours rien. Je croise JB qui a l'air d'aller bien, et Cécile qui est dans le dur elle aussi. Ca descend toujours mais je n'ai plus de jus. Quelle frustration de ne pas pouvoir envoyer comme je le fais d'habitude! Au 43ème maman m'attend. J'ai dépassé la barrière depuis quelques minutes, le médecin me laisse le choix de continuer ou pas. Je réfléchis quelques instants mais ma décision est prise : je n'ai plus la force de continuer, je suis épuisée, et j'ai un gros coup de chaud. Et puis je suis totalement consciente que sauf énorme regain d'énergie je ne passerai de toutes façons pas la deuxième barrière horaire. Pas la peine de me mettre en danger pour une course.

Au final évidemment cette course restera une déception : je n'étais pas venue pour faire "que" 43 kilomètres. Et puis il y a toujours cette petite voix qui me dit que j'aurais pu continuer, que j'ai été faible d'abandonner. Mais je veux avant tout retenir le positif : un parcours magnifique sur lequel je me suis régalée, des amis et une maman au top, bref, encore un super weekend pour la boite à souvenirs! Et puis je crois en cet adage qu'on apprend toujours plus de ses échecs que de ses succès. Je saurai retenir la leçon pour mes prochaines courses : mieux/plus m'alimenter et m'hydrater, penser à me rafraichir encore davantage quand il fait une telle chaleur et pas uniquement la tête, et être plus solide mentalement quand je suis dans le dur.

Je démarre maintenant la prépa pour les 100kms de Millau regonflée à bloc, complètement excitée par ce nouveau défi!


Pour la version avec photos : http://lapuce801.over-blog.com/2015/07/trail-des-passerelles-du-monteynard-57kms-3000m-d.html

3 commentaires

Commentaire de bubulle posté le 27-07-2015 à 07:39:30

Sachant la galère qu'a vécu Fa2 dans la partie finale (a priori plus dure qu'il n'y paraissait de prime abord), tu as probablement bien fait d'arrêter....pas la peine de se dégouter encore plus....mais on comprend la déception, évidemment.

Bon courage pour la récupération et la digestion de l'"échec".....déjà écrire le CR est un signe et....eh bien, il faudra revenir pour faire la peau à ce trail. En tout cas, les CR ont l'air en accord sur le fait que le parcours est très sympa....

Commentaire de lapuce92 posté le 27-07-2015 à 08:10:29

Merci Bubulle! Oui apparemment la côte rouge est un gros morceau, en toute fin de parcours en plus. Mais effectivement le parcours est magnifique, j'en ai pris plein les yeux.

Commentaire de keaky posté le 18-08-2015 à 12:23:00

Comme tu l'as très bien résumé, "on apprend toujours de ses échecs", c'est une évidence. Le plus difficile est d'en trouver la cause, tu l'as trouvé ;) Il fait toujours extrêmement chaud dans ce coin là.
Après cette expérience, les 100 bornes de Millau vont se passer à merveille, je te l'assure!!

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