Récit de la course : Marathon de Rome 2016, par Phénix

L'auteur : Phénix

La course : Marathon de Rome

Date : 10/4/2016

Lieu : Rome (Italie)

Affichage : 1226 vues

Distance : 42.195km

Objectif : Pas d'objectif

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Jour J -2

Le marathon de Rome coïncidant cette année avec les congés scolaires, c'est en famille que nous partons tous ensemble pour la ville éternelle. Le Physikos ayant peur de l'avion, c'est en automobile que nous ferons le voyage de nos vacances romaines. Direction Pise où nous ferons une pause.

Jour J -1

Nous arrivons à Rome et nous nous rendons de suite au Palazzo dei Congressi pour retirer mon dossard. J'ai décidé de ne pas me faire piéger et de ne pas perdre de temps dans le salon.

Ce retrait du dossard se fait de manière très rapide, je suis impressionné. Reste le kit à récupérer... mais là ! Surprise ! il faut se rendre à l'étage...et traverser tout le salon. L'italien est vraiment « Troppo forte » pour nous forcer à traverser tous les stands. Néanmoins le kit est très beau : le sac et le tshirt new balance sont du plus bel effet...

 

 

 

 

 

 

 

 

Je traverse de nouveau le salon pour sortir : Temps total 45 min.

Nous nous installons au camping et pendant que les enfants vont à la plage d'Ostie, j'en profite pour faire un somme.

 

Dimanche 10 Avril 2016 Jour J

Une journée particulière commence. Nous partons à 7h du camping et choisissons de laisser la voiture au parking Laurentina qui est la station Terminus du métro car on sait bien que rouler dans Rome aujourd’hui sera mission impossible (3).Mais seulement voilà, notre GPS ne trouve pas ce parking et nous partons dans la direction opposée (Aïe!) On fait machine arrière et là re-(Aïe) le voyant d'essence qui s'allume ! NOOOON ! Sans essence  la voiture « va marcher beaucoup moins bien! »

 

On trouve une station service mais on n'arrive pas à faire fonctionner la borne automatique! La malédiction continue... Je n'aurai plus le temps d'arriver avant 8h 10 heure limite pour le dépôt des sac à la consigne...

On active donc le plan B : aller à Rome en voiture et essayer de garer celle ci le plus près du point de départ. Le spectrede l'abandon par retard se profile.... Autant de stress... c'est beaucoup trop pour un seul homme.

Nous nous garons à 8h12 à proximité du Circo Massimo. Je ne suis qu'à deux kilomètres seulement de la via dei Fori Imperiali où se situe la ligne de départ. Je parcours cette distance en échauffement.

Et j'arrive à 8h25 près du Colisée : Youpi non seulement je suis à l'heure mais j'ai aussi 20 min d'avance !

Malheureusement mes Histoires extraordinaires sont loin d'être terminées....

Fort de mon temps réalisés à Paris l'année précédente( 3h 49) j'ai accès au sas C qui correspond au début la deuxième vague de départ prévu à 8 h 45.

Mon objectif étant d'essayer de parcourir la distance en 3h 30 je cherche les ballons bleu azur...des meneurs d'allures. Mais le monde est tel que je n'arrive pas à avancer. Bien que nous ayons des bracelets de couleur différentes en fonction de nos sas de départ, aucun contrôle n'est réalisé.

Et c'est une masse informe qui essaye de passer à travers un porte de deux mètres de large.

Certes, certainement ce 22ème marathon de Rome était celui du jubilé de la miséricorde mais était il vraiment nécessaire de simuler le passage d'un porte sainte avant le départ ?

Le départ de la deuxième vague est lancé alors que je suis encore loin de la zone de départ : je fulmine...

Quoi ? Mé késépassétil ? C'est la troisième vague qui part ? Et je suis encore loin de la ligne ! C'est l'horreur ! Je me retrouve à partir avec les meneurs d'allure 7h 30 ! Je suis écœuré. Cela ne cours pas devant moi, cela marche ! Aventi !J'ai beau essayer de courir je ne peux pas dépasser les 10 km/h : c'est foutu pour faire un temps aujourd'hui.... Je sens que ce marathon sera plus près d'Inferno que de la Dolce Vita pour moi! Et là (c'est une spéciale dédicace pour Kathy et Bouk...) le physikos fait vraiment la gueule....

Je prendsla corde, je squatte les trottoirs, j’accélère comme je peux et au circo Massimo (2km) je rattrape les 6 h 30 ! Youpi !

En digne Grenoblois, j'adopte la méthode Cabri : un bond à gauche, un bond à droite, Permesso ! Scussi ! Permesso... j’accélère... je suis arrêté.. je ne pourrai à coup sûr pas tenir à ce rythme là, en tout cas pas mes mollets...

 

KM3 : J'arrive au niveau de la Pyramide de Cestius près de la porta San Paolo, j'ai un peu plus d'espace et je peux commencer à essayer de rattraper mon retard....

 

Foutu pour foutu...je fonce à corps perdu à 14, 15 km/h bref, je prends l'allure du physikos sur 10km...mais je remonte à tel point que j'arrive via Ostiense (km 5) en 23 min. Le retard est rattrapé mais j'ai encore beaucoup de monde devant moi...

 

KM5 : Premier ravitaillement.... Attendez... je rêve... pourquoi tout le monde est à l’arrêt ?

Les ravitailleurs sont débordés par l'afflux des coureurs... et remplissent les verres un à un... C'est le grand n'importe quoi , il y a 13884 participants ! Comment imaginer servir des verres au ravito ?

Après un arrêt de 15 s qui me semble interminable, j'opte pour le système D ou « l'Art de se débrouiller... » : je file me servir moi même un bouteille dans un pack situé derrière la table... Je ferai de même à chaque ravito...

Je repars en colère... c'est l'amateurisme! : à Paris nous étions 3 x plus nombreux et ce genre de problème n’apparaissait pas. Je sens qu'il va y avoir des meurtres à Rome... si je ne me calme pas

Non ce n'est vraiment pas aujourd'hui que je pourrai faire un temps...

Je décide alors de me faire plaisir et de courir à la sensation, j'adopte une allure proche de (12+1) km/h et je choisis de ne plus regarder ma montre... On verra bien...

 

KM7,5 : Vite une éponge, il fait chaud et on est en plein Soleil...

 

KM8 : J'arrive au niveau du pont Marconi. Un italien me lance : « Pas si vite le français ! Tu ne finiras jamais ! » Je fais un peu le fanfaron et lui réponds, qu’aujourd’hui j'ai décidé de faire péter le moteur en plein vol...

 

KM11 : Je rattrape le groupe des 4h ! Allez ! Encore un peu de courage.... Si je tiens ce sera bon...

 

KM 17,5 : On arrive via della Conciliazione. C'est très émouvant ! et la vue de face de Saint Pierre est éblouissante ! Ce sera pour moi le moment le plus beau du marathon !

 

 

KM21 : Je franchis la ligne du semi marathon en 1:38:18 selon mon GPS. C'est un nouveau record pour moi. Je me sens super bien mais je suis un peu inquiet. Battre son record perso en semi durant le marathon, je trouve cela un peu gonflé. J'espère que je ne le payerai pas en fin de course. Mais pour l'instant je décide d'en profiter .

 

Je joue avec le public, tape de nombreuses mains... joue avec un groupe de bretons et un autre de belges que je retrouve régulièrement durant le parcours... Les kilomètres filent, filent, c'est le bonheur...

 

KM27: Je rattrape Sylvain, un coureur que j'avais repéré sur internet et qui courait pour l'association Laurette Fugain. Je lui lance un coucou, il me dit être déçu, car il s'était blessé, je l'encourage et lui dit qu'il court pour une bonne cause. Il réussira malgré sa blessure à finir en 3 h 54 ! Chapeau!

 

KM38 : Je commence à ressentir une petite baisse de régime...Je regarde ma montre pour la première fois depuis longtemps, ma vitesse est tombée à 11,5 km/h. Je m'accroche. Mes quadriceps deviennent de plus en plus durs. Il faut tenir. Je cours au mental.

 

KM39 : J'arrive Piazza del Popolo, il y a un monde fou ! Les encouragements me galvanisent et me permettent de repartir de plus belle. Je commence à apercevoir les meneurs d'allure des 3h 30 ! Ceux que j'aurais dû suivre depuis le départ !

 

KM40 : Je me sens vraiment bien ! Je hurle un désormais traditionnel « Plus que 2 ! » devant un public hilare et je décide de shunter le ravito et de me contenter de la gourde que je portais à ma ceinture.

On passe un long tunnel sous le quirinnal... beaucoup marchent...

Je me surprends à accélérer et termine les deux derniers kilomètres à une vitesse dépassant légèrement les 13 km/h.Il faut dire que l'arrivée se fait en descente... Les cinq dernières minutes sont magiques. Je sprinte à l'arrivée et franchis la ligne tel un guépard . Je n'en crois pas mes yeux 3h 24 ! C'est mieux que tout ce que je pouvais espérer ! Je bats mon record de Paris de 25 min ! Et en plus je me sens bien !

Je pose à l'arrivée à coté d'un soldat romain et affiche un grand sourire ! (OK Bouk je n'aurai pas fait la gueule longtemps...) Je suis aux anges !