Récit de la course : L'Echappée Belle - Traversée Nord - 85 km 2018, par Leseb

L'auteur : Leseb

La course : L'Echappée Belle - Traversée Nord - 85 km

Date : 1/9/2018

Lieu : Vizille (Isère)

Affichage : 457 vues

Distance : 85km

Matos : Lone Peak

Objectif : Objectif majeur

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EB85 - Gorilles dans la brume

Vendredi 31 aout, Aiguebelle, 16h30. Ca y est, je l'ai enfin en main ce dossard de l'EB85 pour lequel je m'entraine depuis plusieurs mois. Voilà plus de 3 mois que je n'ai pas accroché de "vrai" dossard, autant dire que j'ai les crocs et que j'ai hâte de sortir les épingles!

Après un début de saison chargé en dossards que ça soit en ski ou en baskets et conclu par un Grand Raid 73 bien géré (http://www.kikourou.net/recits/recit-20129-grand_raid_73-2018-par-leseb.html), j'avais fait le choix ne pas faire de course cet été (hormis une petite escapade du côté du RebBull K3 http://www.kikourou.net/recits/recit-20298-red_bull_k3-2018-par-leseb.html, mais ça ne compte pas Langue tirée) pour m'entrainer sans arrière pensée et arriver avec la gniak. L'été aura donc été studieux, avec des belles sorties montagne dans Belledonne, du travail en côte, des séances de vitesses, beaucoup de vélo, bref, les semaines ont été bien remplies!

Depuis plusieurs jours le sac est bouclé, le matériel empaqueté et organisé, les tableaux de passage peaufinés, les ravitos calibrés et l'assistance brieffée. Pour cette course (qui aura occupée pas mal d'heures dans l'organisation familiale!), et c'est une première, c'est ma femme qui aura la tache de faire l'assistance. Grosse pression aussi de son côté!

Un joyeux covoiturage organisé entre un copain et quelques gars du club nous amène vers 5h15 au Pleynet. L'ambiance est donnée d'entrée, on n'y voit pas à 20 m et le fond de l'air est plutôt frais! Le pipi de la peur, un petit échauffement quand même et nous voilà déjà à se faire bipper pour entrer dans le sas. Je reste sagement en troisième ligne, bien décidé à partir tranquille mais en veillant à ne pas non plus être coincé dans le flot sur le premier single.

les consignes sont égrénées, le décompte scandé et c'est parti!

Le Pleynet - Gleysin

Ca part assez raisonnablement dans la petite boucle dans la station qui permet d'étirer un peu le peloton. J'ai mis la veste dès le départ en prévision de la première descente, je reste donc tranquille pour ne pas transpirer trop. Quelques minutes plus tard retour sur la ligne pour basculer en direction de Fond de France par un joli single un peu technique (racines, rochers), bien boueux (il y a du monde qui est passé avant!) et fort agréable que l'on dévale raisonnablement. Comme à chaque fois, quelques coureurs doublent comme si c'était la dernière descente de la journée en faisant un peu chier à doubler tout le monde comme ça. J'en retrouverai pas mal assis par terre aux premiers ravitos...

Au pied de la première bosse sérieuse (montée à la Valloire), je fais une pause pour poser la veste et ranger proprement la frontale. L'objectif étant de ne pas la ressortir de la journée, je la range volontairement bien au fond du sac! Le démarrage en descente est assez perturbant, je met quelques temps à retrouver des sensations dans cette montée agréable et efficace. Au sortir de la forêt, on chope le vent, je suis un peu légrement habillé avec mon maillot ML un peu fin, je frissonne un peu. Le chalet est vite atteint à ce rythme, encore quelques coups de cul avant la superbe traversée en direction du Léat. Le ciel se déchire quelques minutes à ce moment (ça sera les seules de la journée), c'est bien beau, je suis content d'être là. Les derniers coureurs du 145 sont régulièrement doublés (les premiers ont été repris dans la première partie de la montée), j'aurai tout au long de la journée un mot d'encouragement pour chacun d'eux. Le rythme est bon sur le sentier, je connais bien le secteur, malgré le brouillard je me repère bien. Le lac est passé (quasi sans le voir!), encore un joli balcon et la descente vers le Gleysin se profile. Je la sais traitre, j'y vais donc tranquille pour ne pas me cramer inutilement. Chalet du Bout, la piste raidasse un peu pénible, voilà déjà la passerelle, encore quelques héctomètres de plat et c'est le premier ravito du Gleysin. Je rentre dans l'étable... et en ressort immédiatement! C'est bondé, c'est le bordel, il fait 40°! Le président du club est là pour les encouragements, je lui demande de ranger ma veste, j'attrape un fond de St Yorre, complète mes flasks avec. J'avais prévu le coup: ici pas d'assistance, un flask d'avance pour la suite et assez de barres/compotes. Temps de pause: 2'.

Temps sur la section: 2h31, je suis pointé 30ème.

Gleysin - Super Collet

Pas de Moretan cette année pour cause de conditions difficiles, le parcours de repli nous monte a l'Aulp Bernard puis par une longue traversée au Praillet. C'est moins long, moins haut et moins ambiance, mais c'est bien joli quand même. Je suis passé ici il y a quelques années, je fais jouer ma mémoire pour me situer, les souvenirs reviennent, c'est marrant. Le refuge est vite atteint, la traversée passe elle aussi très vite et c'est déjà la bascule. J'ai toujours assez froid avec mon maillot trop fin, je sens que j'ai un rendement assez moyen, je remet la veste à chaque descente pour ne pas aggraver cet état. Je veille également à bien m'hydrater et bien m'alimenter malgré le froid qui n'incite pas trop à boire.

Une piste forestière plutot plaisante nous ramène dans le Veyton, où il ne reste que peu de distance pour arriver au pied de la montée de la Pierre du carre. Ici aussi je connais, rien de passionnant cette montée mais l'arrivée à l'alpage du Compas est bien jolie et je m'en fais un objectif. Je recupère 2 coureurs du 85 ici, la première partie de la montée est un peu bizarre niveau sensation, toujours cette sensation de froid et de ne pas pouvoir me réchauffer (c'est ça aussi d'être taillé comme un cricket!). Ca va mieux sur la deuxième partie, une petite trentaine de minute plus tard c'est l'alpage, je remet la veste et attaque le beau sentier en balcon jusqu'au refuge. Une petite montée et les montagnes russes commencent sur une belle traversée assez technique. Le petit col au dessus de Super Collet est franchi, surprise, dans le cirque de la station il n'y a pas de nuages (mais toujours un vent bien froid), le barnum est en bas. je prend la tête du petit groupe de 5 coureurs que nous formons depuis la fin de la montée et file vers le ravito. Grosse ambiance (et gros bordel aussi...) ici: des spectacteurs en pagaille, un flot de coureurs du 57 km, pas mal du 145. Ma femme me guette et me récupère. Je me pose sur une table à l'exterieur, un peu à l'écart du bordel et de la chaleur étouffante de la tente.

Première chose, je change de maillot. Je lui avait laissé un plus épais que j'enfile. Bien au sec et au chaud, ça va tout de suite mieux! Le ravito se passe comme sur le papier: 50cl St Yorre, deux flasks de boisson iso, une de St Yorre, fruits secs, recharge compotes et barres, un petit sandwich beurre de cacahutes, un bisou et c'est reparti. Je prend 5 bonnes minutes ici, l'étape qui vient est la plus rude, important de recharger les batterie.

Temps sur la section: 2h16, je suis pointé 16ème.

Super Collet - Val Pelouse

Dès le début de la montée, je savoure ma nouvelle tenue: un bon courant d'air frais balaie la piste. La montée jusqu'au crêtes des Plagne n'est pas très longue, mais pas très interressante non plus. C'est noir de monde! Je redoute un peu la descente vers Pré Nouveau dans ces conditions, alors j'accélère un peu. Je croise quelques copains, j'échange quelques mots avec Bubulle aussi et torche rapidement ce raidard. Les crêtes se feront dans le brouillard, petite descente , col de Clarant et c'est parti pour la descente. Comme redouté, le sentier est blindé. J'essaie de faire de mon mieux pour ne pas gener tout le monde, mais je dois bien demander 30 fois pour doubler. Les coureurs descendent bien doucement, un paquet ont les écouteurs et ne semblent absoluement pas conscient qu monde qui les entourent, pas mal de chutes et de sorties de route aussi. La seconde partie est un peu plus large et plus roulante et permet de doubler plus facilement. La passerelle est franchie, pointage et en route pour le refuge des Férices. J'aime bien cette montée, assez efficace et qui donne l'impression de quitter doucement le monde du végétal pour entrer dans le minéral. Il y a encore pas mal de monde mais ça devient plus gérable. Quelques vagues trouées dans le brouillard me laisse apercevoir la limite végétation/rocher, on entend les cloches du refuge, je me sens bien. Je suis réchauffé, les jambes tournent, je suis content d'être là!

Pas mal s'arrête au mini ravito du refuge et je souris en entendant des coureurs se réjouir qu'il ne reste plus qu'à descendre sur Val pelouse... heu, vous allez vite déchanter les gars là!

Je ne m'arrête pas et file dans la première traversée. C'est bien technique, pas mal de caillasses, ça glisse et on n'y voit pas à 20 m. J'attaque la première des bosses qui nous hissent jusqu'aux crêtes des Férices. l'espace entre les coureurs est plus conséquent désormais, le rythme est aussi plus soutenu, c'est beaucoup plus agréable. Au terme des trois bosses, les férices sont atteintes, le petit coup sournois du col qui continue de monter et voici le petit replat du col de freche qui marque le début de la descente. On l'attaque à deux avec un coureur du 85 en discutant. En se relayant, le rythme est assez bon et devient même carrement rapide une fois sur le plus roulant. La longue traversée entre le refuge de la Perrière (invisible dans le brouillard) et Val Pelouse est un régal, j'adore ce sentier, les jambes tournent bien, je lache au train mon compagnon et savoure d'être seul sur cette section. Une petite descente bien raide et voilà le bruit du ravito. Ma femme est fidèle au poste, elle a une fois encore choisit une place idéale, un peu à l'écart, à l'abri du vent mais loin de la chaleur. On ne change pas une équipe qui gagne: 50 cl de St Yorre, recharge flasks, barres, fruits secs, le bisou et zou!

Temps de la section: 3h26. Un peu en retard sur mes prévisions, j'ai perdu du temps et du rythme dans la première partie blindée de monde. Je suis pointé 16ème.

Val Pelouse - Le Pontet

Bon, sur le papier, c'est là que je dois accélerer... On va voir ce que ça donne! Je sais qu'il me reste la descente technique des sources du Gargoton, ensuite le reste c'est du bien roulant où il faudra courir. J'attaque donc la montée jusqu'au crête du Gargoton à bon rythme. J'ai derrière moi deux coureurs du 57 qui avancent bien, je m'efforce de les laisser derrière. Les jambes sont toujours là, le rythme est bon, ça décroche derrière, tout va bien!

Un peu de montagnes russes jusqu'au col de la Perrière et voilà la descente. Je décide de la faire tranquille pour ne pas risquer de me faire mal. Malgré tout le rythme reste bon, la foulée toujours fluide et sans forcer je reprend du monde, dont un coureur du 85 (ils sont rares!!) qui était parti bien vite. Voilà les sources (à sec!), ça remonte en face. D'abord franchement, puis plus roulant jusqu'au col de la Perche. Bonne partie de batons sur la première section, puis je m'efforce de trottiner dans les relances qui suivent. Il reste 100 m de d+ pour rejoindre le col, où j'échange quelques mots avec Vik, croisé dans les Bauges cet été. A partir d'ici, je serai tout seul jusqu'après le col de Champet. Je me régale sur ce joli sentier roulant, au milieu des alpages. Je longe le lac des Grenouilles, la petite montée sur les crêtes du Chat. Je range les batons pour avoir les bras libres et c'est parti pour la traversée des crêtes. C'est long mais c'est beau, le terrain est joueur. Je repère l'antenne du col quelques instants avant ce dernier, un petit bout de descente et pointage. Encore un mot de remerciement aux bénévoles (autour d'un bon feu!) et j'entame une des belles descentes de Belledonne. Les quadris commencent à raler un peu, mais la suite de la course est facile à appréhender: une double longue descente, entrecoupée d'un bon coup de cul au milieu. Donc en gros, il faut survivre à celle ci, ensuite il n'en reste plus qu'une!

Le début est assez roulant, mais je met un peu de temps à trouver un rythme fluide. je fais le début en retenu, ce qui me démonte les cuisses. J'arrive à me décontracter et à lacher les jambes, malgré quelques pointes de douleurs dans les cuissots, je profite bien! J'arrive en fond de vallée, enchaine les petits tournicoti dans les bois et c'ets déjà le loooong faux plat avant le Pontet. Je me sens très bien, j'affiche la vitesse sur la montre et fait cette section en gardant l'allure. Quelques panneaux indiquent la distance restante avec le ravito, le dernier champ arrive.

Dernier ravito, express celui là. Mes deux flasks de recharge sont déjà prêtes, j'attrape deux gels et file sans plus attendre.

Temps sur la section: 2h45, pointé 14ème.

Le Pontet - Aiguebelle

Je pars en sachant la dernière longue descente sera mon juge de paix. Je décide de faire de la marche rapide dans le montée à Montgilbert pour ne pas me cramer les jambes. Le rythme est toujours bon, je sens rapidement que j'ai la ressource pour finir sans faiblir, je met encore un bon rythme en favorisant les muscles de la marche. Une fois les derniers raidards terminés et la piste forestière rejoint, je range les batons pour la dernière fois et me prepare à souffrir un peu... A partir de maintenant, on court!

Ca avance bien sur les larges pistes, le fort est vite atteint, quelques jolis coup de cul, dernier pointage (j'y arrive pile au moment où el numax débouche sa bouteille, ça ne s'invente pas!) et cette fois ci c'est la vraie bascule, la dernière. Le début est raide et me déboite bien. Je ne trouve pas mon rythme et n'arrête pas de râler, ça pique! A la faveur d'une partie plus roulante, je me relance et allonge la foulée, ça va mieux. J'arriverai à garder cette bonne sensation jusqu'à la fin! La crête du Suet est redoutable de raideur mais permet de faire baisser vite de déniv, les premiers hameaux arrivent, quelques sections de route alternent avec des coupes raides dans les bois, peu avant Montgilbert je rejoint un copain qui a fait le pacer avec son père sur le 144, dernier bout de chemin, me voilà sur le bitume. Les toits d'Aiguebelle sont maintenant à ma hauteur, il ne reste que 2 km de bitume pour rejoindre l'arrivée. Je me met en mode "10' tempo fin de sortie longue", les jambes répondent, je rejoint ma femme au gymnase, on finit ensemble, superbe fin de l'aventure!

Temps de la section: 1h40.

Temps de course: 12h38, 12ème scratch, 1er V1.

La cloche est dignement secouée, avec le sourire!

Quel bonheur cette journée! Malgré les 4 premières heures où le froid m'aura joué des tours, j'aurai pris mon pied tout au long de la course, sans baisse de régime. De beaux moments de partage aux ravitos, avec les copains, des bénévoles et une orga au top, souriants, enthousiastes, des valeureux concurrents, une belle ambiance, cette course est attachante!

Je resterai longtemps sur l'aire d'arrivée, à savourer ma bière, voir arriver les copains, refaire la course 100 fois.

Au bilan comptable, la gestion de course aura été comme je l'imaginais. Le shunt du Moretan joue beaucoup, à la fois en temps gagné mais aussi en fatigue gagnée. Ce n'est pas la même course qu'avec. Un peu déçu de mon classement, je visais un peu mieux, mais sans trop de regrets, devant ça allait vite et j'ai un peu fait une erreur d'habillage en début de course, ça m'aura couté un peu d'énergie.

A j+2, les jambes sont étonnement en bon état! Le footing de reprise est pour demain, le prochain dossard pour samedi...

L'entrainement aura une fois de plus payé, il n'y a pas de secret. On dit souvent que le chemin est aussi beau que le but, ça aura été tellement vrai cette année où j'ai adoré ces heures et ces heures à courir les montagnes ou souffrir lors des séances de VMA sur les berges de l'Isère.

Il va falloir trouver aussi bien ppour l'année prochaine... mais j'ai déjà ma petite idée!

 

7 commentaires

Commentaire de L'Dingo posté le 05-09-2018 à 08:07:41

Dès l'intro de ce CR, avec le lien sur le K3, je me suis dit: Olah! ça me dit quelquechose,un 3000m, sur du vertical, du velu quoi! En plus Leseb il était en tete du bouzin il me semble.
Aussitot , je saute à la fin du CR et je vois :12ème , 1er V1 !!!
Et bien c'est sur, à la lecture totale du récit on a l'impression que ton échappée fut vraiment belle ( et facile) ce qui est pas le cas de tous les CR.
Pas de doute , lIntégrale t'attend :-))
.

Commentaire de Leseb posté le 05-09-2018 à 12:26:34

Merci!
L'intégrale, c'est une marche au dessus quand même et puis courir la nuit n'est pas mon moment préféré. Ce format là me va bien pour le moment!

Commentaire de Philippe8474 posté le 05-09-2018 à 08:34:05

Bravo une nouvelle fois, belle course bien gérée, avec un résultat toujours impressionnant!

J'adore ton avant dernière phrase sur l'entrainement... Je la fais mienne... sauf en ce qui concerne les séances VMA :-))

Commentaire de Leseb posté le 05-09-2018 à 12:24:27

Merci philippe! La VMA, il n'y a que ça de vrai! J'en souriais tout seul sur la partie avant Val Pelouse, j'avais l'impression d'être sur le chemin de halage à zig zaguer entre les arbres!

Commentaire de Albacor38 posté le 05-09-2018 à 10:38:31

Résultat en effet impressionnant.
J'hallucine de lire que tu es un peu déçu du classement :)

Commentaire de Leseb posté le 05-09-2018 à 12:23:08

Merci et pas de méprise! Je suis bien content d'avoir fini en bon état et de m'être régalé toute la course!

Commentaire de bipbip73 posté le 07-09-2018 à 20:28:18

extraterrestre…
c'est propre.

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