Récit de la course : Morocco Swim Trek 2018, par casimirdeh

L'auteur : casimirdeh

La course : Morocco Swim Trek

Date : 28/12/2018

Lieu : Dakhla (Maroc)

Affichage : 128 vues

Distance : 33km

Matos : Combinaison Speedo les 3 derniers jours

Objectif : Se dépenser

Faire connaître ce récit sur Twitter :

Faire connaître ce récit sur Facebook : Partager

Pas d'autre récit pour cette course.

Dernière aventure de 2018, une petite course de 33km... de natation :p (en 4 fois)

Jour 1 : île du Dragon — 6.5 km
C’est parti pour ce swimtrek marocain. 33km de natation en 4 étapes, sur 4 jours, avec un départ chaque jour du lieu d’arrivée de la veille. On y va en groupe avec 4 autres nageurs du RMA + Sina qui est une ancienne. ,;
On est un peu plus de 120 de France, d’Espagne, du Maroc, et d’un peu partout à venir goûter aux joies de Dakhla pour y nager.Le premier choix à faire est celui de la catégorie : nager avec ou sans combinaison. La combinaison offre un avantage de flottaison et thermique considérable et l’eau à 20°C est dans la limite basse de ce que je m’étais fié pour tenter de le faire en maillot. Mais en appliquant un principe de Mike Horn (“Si je choisis la solution la moins difficile et que je réussis, je passerai ensuite mon temps à me demander si j’aurais pu réussir avec le choix le plus dur”), je décide au moment du retrait des bonnets d’annoncer que je vais nager sans combinaison ! Les meilleurs nageurs sont en maillot, et au total XX nageurs sur Y s’elancent sans combinaison en ce premier jour.


L’heure du départ approche, je me couvre le ventre de graisse à traire dans en espérant que ça m’isole un peu thermiquement. 
Les nageurs se mettent en ligne sous l’arche de départ puis c’est parti pour une grande ligne droite jusqu’à l’île du Dragon, à 5km environ, que nous devrons ensuite contourner pour arriver sur la plage de l’autre côté. Le début se passe bien, l’eau est un peu fraiche mais nager permet de se réchauffer. Les conditions sont toutefois difficiles, avec beaucoup de vent et de capot, qui rend la nage fatigante. Je n’arrive pas à me joindre à d’autres groupes de nageurs et évolue donc seul, visant les grosses bouées marquant le chemin tous les 250/500m les unes après les autres. Au bout de 2km, je commence à sentir le bout de mes doigts qui me picote, mais me convaincs que ça va tenir. Au fil du temps, je commence à sentir le froid mais comme le soleil est là je me dis que ça va passer. Le ravitaillement est tout de même le bienvenu : à 4000m, les organisateurs nous attendent dans un zodiac avec compotes et bouteilles d’eau ; je m’arrête donc quelques secondes avant de repartir. A ce moment, nous devons nager à contre courant et cela devient très très pénible. Le capot s’intensifie, je vois à ma montre que je n’avance pas (16 minutes pour 500m, XX minutes pour 1km) et sens des courants froids à maximum 18 degrés qui commencent à sérieusement compliquer la tâche. De plus, alors que je croyais qu’on allait enfin repiquer vers la plages, les bouées nous faisaient contourner l’île beaucoup plus largement que ce que j’avais en tête. 4 fois de suite, arrivé à une bouée, je cherche la suivant et vois qu’elle est dans la direction opposée à celle que j’espérais. D’autant que cela ne colle pas avec la distance prévue puisque je dépasse déjà le 6 km de natation. Je finis par voir l’arche jaune d’arrivée tant bien que mal (mais plus mal que bien en vrai), et boucle cette première étape en ayant nagé 7.4 km en 2h57 (61e temps :/) ! Dès la ligne d’arrivée franchie, le blanchis un peu et me mets à frissonner fortement. On me tend alors aune couverture de survie qui m’aide bien à me réchauffer pendant une minute, avant de me la reprendre pour la donner à un espagnol qui lui en a nettement plus besoin que moi.

Point positif à faire partir des gelés : je peux repartir dans le premier bateau disponible pour rejoindre l’hôtel.
J’ai donc tenté de le faire en maillot, mais ai vu mes limites physiques comme mentales (car quand on voit les 1res de 15 ans sèches comme des lentilles qui bouclent le tout en 2h en maillot je me dis qu’il n’est pas nécessaire ni ne suffit d’être gras pour résister au froid…). Demain j’enfilerai donc ma combi !

Jour 2: La perle de Dakla — 8.5km
La première épreuve de la journée est la résistance à l’incertitude du départ à cause d’une logistique complexe est encore perfectible. Le départ était prévu à 10h Inch’Allah, mais Allah a mis du temps à vraiment Inch…. Comme le départ se fait du lieu d’arrivée de la veille, il faut tous nous transporter sur l’île du dragon, ce qui s’avère plus complexe que prévu par les organisateurs…
2 (très) grosses heures après l’heure prévue, le départ est donné ! On commence à nager dans les 50cm d’eau près de l’île puis rapidement certains se mettent à marcher car cela va plus vite… Et comme on ne va pas laisser les autres prendre de l’avance car ils marchent et pas nous, tout le monde se met très vite à marcher sur les 200 premiers mètres avant de s’élancer. Finalement on nage, c’est parti ! La mer est plus calme et nager est vraiment plus facile en combinaison… L’aide à la flottabilité, à la dépendance et à la résistance au froid se fait vraiment sentir. On forme rapidement un peloton de 4/5 nageurs, mené par 2 nageurs de front, les bonnets 34 et 36. Je me place dans les pieds même si ce n’est pas évident de garder une distance optimum entre la politesse qui veut que je ne sois pas trop près et l’efficacité hydrodynamique qui veut que je ne sois pas trop loin. En tout cas, 34 s’énerve bien dès que je lui effleure les pieds alors que je me fais toucher les pieds par le suivant au moins autant que je touche les pieds du mec de devant… Je me dis qu’ils n’ont qu’à me laisser prendre des relais plutôt que de s’énerver alors que nager en peloton est normal en eau libre. Au premier ravito (4km), l’un des 2 me dit avec un accent espagnol “give me space” puis ils attendent que le peloton reparte avant de partir en prenant plus de temps pour manger. Je repars donc seul en me disant que je pourrais les reprendre quand s’ils me rattrapent. Mais l’orientation devient plus compliquée… La houle est forte mais dans le bon sens pendant un long moment : on surfe sur les vagues et c’est agréable. Je me rappelle alors mes cours de physique de prépa et que la houle est une onde plane progressive monochromatique (OPPM / mais je ne sais plus s’il y a encore des lettres à rajouter), et que par conséquent elle n’a pas d’impact sur le déplacement horizontal des objets mais je choisis de l’oublier et d’essayer de me rappeler la suite de mon cours de mécanique ondulatoire pour passer le temps… Rapidement toutefois, il faut virer de bord et prendre les vagues avec un léger angle dans le dos puis de coté, ce qui n’est pas évident car on a naturellement tendance à vouloir se remettre dans leur sens… On voit enfin la Dune Blanche, lieu d’arrivée et me vois déjà virer à droite pour la longer comme prévu, dans le sens des vagues. Manque de bol on tourne à gauche (le “comme prévu” n’était apparemment que prévu dans ma tête ; je n’avais qu’à pas aller me coucher hier avant le briefing mais il avait déjà pris trop de retard et j’étais claqué), et on se retrouve donc contre les vagues pour les 2 derniers km. Pour le coup, je me remémore alors de nouveau mes cours de prépa et me persuade que tant que la houle n’est pas déférlante, cela ne change rien de l’avoir contre soi. La fin arrive assez sereinement, même si la 2e partie de course aura été plus dure en orientation puisque j’étais tout seul. Près de l’arche d’arrivée, je vois enfin un autre nageur pour la première fois depuis 1h — en l’occurrence une nageuse — . Elle est à ma hauteur et me motive pour accélérer et gratter une place ; pas de chance elle a la même idée et tape le panneau d’arrivée avec sa puce 2.72s avant moi… C’était Sina, qui m’a donc coiffé sur le poteau… Je termine 31e en 2h31 pour 8,5km (soit 25 minutes de moins pour 1km de plus qu’hier).A priori, si hier a été un calvaire pour la très grande majorité, la course d’aujourd’hui c’est également mieux déroulée pour presque tout le monde. 
Nous passons cette fois la nuit dans un bivouac établi près de la Dune Blanche, vraiment sympathique.

Jour 3 : Lagoon Marathon : l’envol des flamands roses - 10km/13km
La nuit fut bien meilleure que prévu dans cette grande tente ou tous les nageurs avons dormi. C’est donc aujourd’hui l’épreuve phare de ce swimtrek : le 10km, avec même une possibilité de faire 13km pour qui veut.
Avant la course, il faut indiquer la distance sur laquelle on s’engage. en l’absence de briefing depuis hier, le règlement n’est pas très clair. On sait qu’il faut nager les 10km en moins de 3h30 pour pouvoir faire les 13km mais personne ne connait très précisément les règle (beaucoup de rumeurs circulent allant de “on peut faire 10km puis continuer si on veut mais ce n’est pas chronométré” à “si on dit qu’on fait le 13k et qu’on passe le 10km en 3h31 on est disqualifié de toute la course”). Finalement, juste avant la course, Edith (l’organisatrice) nous explique qu’il est nécessaire de prévenir avant, mais que le classement total sera établi sur 10km et que tous les nageurs doivent passer par le portique de chronométrage à 10km. Je n’ai donc rien à perdre à m’inscrire.
Je pars un peu trop en arrière du peloton à mon goût et les premiers hectomètres sont donc pénibles car il y a vraiment du monde. je rejoins vers le 1er km un groupe d’une douzaine de nageurs, dont Matthieu Naudin qui me voit et m’interpelle : cela a vite l’effet escompté de me motiver à accélerer pour le laisser derrière et je rejoins la tête du peloton. 
Le groupe s’organise, il y a toujours 34 et 36 en tête, moi derrière en 2e ligne à côté d’un nageur en combinaison aquaman gold et Sina à droite un peu esseulée, puis du monde derrière. Il faut rester concentré pour rester groupés et ne pas se faire distancer car l’aspiration est réelle, surtout que nous nageons les 7 premiers km à contre courant. Nous sommes une douzaine de nageurs à arriver en même temps au ravitaillement, dont Sina et Matthieu Naudin. Dès la reprise, le groupe accélère un peu et nous ne sommes assez vite plus que 5-6. J’accélère pour prendre le relais à 500m du 2e ravito mais les espagnols ne suivent pas et prennent beaucoup de temps pour manger. Je repars donc seul du 2e ravito, en même temps que Sina. Au 7e km, un nageur qu’on n’avait jamais vu arrive de derrière et je ne peux pas le suivre. Sina tente une attaque et accélère au bluff, mais je n’arrive pas à suivre. Je continue donc en la suivant une cinquantaine de mètre derrière et tout en sentant bien que j’ai des suiveurs dans les pattes. J’arrive toutefois à tenir bon et maintenir une bonne allure sur la fin (les 500-700 derniers mètres avec le vent dans le dos sont très sympa), pour terminer en 2h57 (27e temps), à 1m30 de Sina et avec 8 et 11 secondes d’avances sur mes 2 poursuivants.
Nous buvons tous les 4 un peu et mangeons à l’arrivée puis décidons de partir pour le 13km, mais sans forcer. CE sont donc 3km “pour récupérer” avec un léger vent favorable vers l’île du Dragon très sympathiques, qui effacent bien le souvenir désagréable du premier jour ! Je boucle les 13km en 3h43.
Le soir, nous dormons à Dakhla Attitude, un autre hôtel de la lagune, où il y a une petite cérémonie qui récompense les 13 nageurs qui ont nagé 13km. J’ai donc droit à un sac Arena bonus ; je trouve plus impressionnant de nager 10 sans combi que 13 avec, mais bon, ça fait toujours plaisir.

Jour 4 : Le nageur vagabond - 5km
En raison de la marée et du vent, l’épreuve est modifiée. Le départ est avancé de 13h à 10h (ce qui est une bonne chose car attendre toute la journée pour un 5km était un peu ennuyeux) et le parcours modifié ; on ne partira pas de Dakhla Attitude mais on repartira en voiture à Vagabond (au fond de la la Lagune, lieu de départ du Jour 1) pour y faire une boucle.
Un dernier échauffement / étirement collectif en combinaison sur la plage et on peut se placer sur la ligne de départ, dans 20cm d’eau. Edith donne le départ : “attention, 5, 4, 3” puis un des jeunes marocains s’élance, suivi rapidement par les suivants et très vite par tout le groupe. Pas le temps pour un faux départ, tout le monde est déjà dans l’eau de toutes façons. On court sur les 50 premiers mètre en éclaboussant tout le monde puis la natation commence ! 2,5km dans un sens, puis 2,5km pour revenir.
Comme anticipé, l’aller est assez facile, avec le vent dans le dos. Quand je vois mes splits en moins 7’45 au 500, je me dis que le retour va être tendu, mais je profite de la vitesse gagnée à l’instant présent en me disant que c’est toujours ça à prendre. C’est un peu plus le bordel et il est plus dur de rester dans un groupe, au moment de tourner (2 virages à 90° espacés de 250m environ), je perds les 2 personnes devant moi. Et en effet ça devient tout de suite plus compliqué avec de bonnes vagues en plein dans la gueule à chaque mouvement de bras (je passe en plus de 10’30 au 500, donc ceux que ça amuse peuvent calculer la vitesse du courant en supposant ma nage constante). L’orientation devient complexe car à cause des vagues il est plus dur de voir les gens devant et aussi car l’organisation n’a pas mis de bouées sur le chemin du retour ; je vois toutefois une grande arche jaune près de l’hôtel et mets donc le cap dessus. Plusieurs fois, je me reprends à ne pas nager très droit mais tout seul c’est sensiblement plus difficile. A 1km/1km500 de l’arrivée, je vois 2 nageurs à 50m sur ma gauche et ajuste donc ma trajectoire pour les rejoindre. C’est encore le bonnet 34 et un autre, français, qui nagent donc vraiment à la même allure. Je décide de rester quelques minutes avec eux puis tente une accélération pour voir si ça suit. Ils ne suivent pas pour 2 raisons : j’ai vraiment mis un coup d’accélérateur, et j’ai accéléré dans la mauvaise direction : en effet, l’organisation avait eu la bonne idée de gonfler une grosse arche jaune, similaire à celle d’arrivée, 2 fois plus grosse (et donc 2 fois plus visible depuis la mer) et de la placer à 500m de l’arrivée ; une très grande partie des nageurs s’est fait avoir. Heureusement, je m’en suis rendu compte avant que la différence angulaire soit vraiment trop forte et ai pu continuer de foncer pour boucler ce Morocco Swim Trek (et tout de même arriver avant les 2 autres :) ), en 1h35 (27e temps)

C’est donc la fin de ce très beau swimtrek. L’organisation était parfois assez folklorique, mais l’ambiance vraiment sympa, le temps magnifique et la nourriture super bonne (et bien copieuse). une bonne course club à refaire l’an prochain ! ;-) (je finis 36e sur 123 au départ / 95 finishers des 4 étapes, en 10h01 au total — le premier a mis 7h03, le dernier 14h29 — bien plombé par le 1er jour en maillot — je suis 27e si on ne regarde les temps que des 3 derniers jours)

Aucun commentaire

Il faut être connecté pour pouvoir poster un message.

Votre annonce ici !

Accueil - Haut de page - Aide - Contact - Mentions légales - Version mobile - 0.16 sec
Kikouroù est un site de course à pied, trail, marathon. Vous trouvez des récits, résultats, photos, vidéos de course, un calendrier, un forum... Bonne visite !