Récit de la course : Le Grand Raid des Pyrénées - Le Tour des Cirques 2019, par Simon71

L'auteur : Simon71

La course : Le Grand Raid des Pyrénées - Le Tour des Cirques

Date : 23/8/2019

Lieu : Vielle Aure (Hautes-Pyrénées)

Affichage : 743 vues

Distance : 120km

Objectif : Pas d'objectif

2 commentaires

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Le Tour des cirques : j'en ai pris plein les yeux

Faute d'avoir pu m’inscrire sur l'échappée belle pour faire le belle, je décide d'aller découvrir les Pyrénées : une première pour moi dans la région. 


Et franchement, ça vaut le coup, c'est joli, différent des Alpes et plein d'activités à faire.

Nous avons profité de ce court séjour pour se balader un peu et faire une petite journée de canyoning mercredi, histoire de se cryogéniser les jambes et prendre quelques bleus. Vraiment super.

 

Le tour des cirques était donc ma grande et seule course de l'année, avec la saute mouflons en préparation. 

 

Récupération des dossards à 17h45 , ça rigole pas : contrôle d'identité, on nous met un bracelet vert au poignet pour éviter de refiler son dossard à quelqu'un, contrôle de tous les équipements obligatoires, y compris les gants et la sous couche ML chaude qui ne le seront plus, on va nous l'annoncer dans le -long- briefing qui suit .

 

Le premier truc cool, c'est quand tu programmes le réveil et que tu lis "alarme dans 9h00 à partir de maintenant". Une vraie 'bonne nuit' avant de partir pour une trentaine d'heures dans la montagne c'est appréciable, même si un départ à 10h, ça fait perdre un quelque-chose versus un départ de nuit.

Je croise Djgombert, on échange quelques mots et se souhaite une bonne course, on n'est pas sur le même plan de marche. Bravo à toi pour avoir maîtriser le temps et les BH haut la main. 

 

Top départ, première montée au dessus de Piau, sur une piste de ski bleue : peu d'intérêt si ce n'est étirer les 700 coureurs et descente droit dans la pente sur une piste rouge / noire cette fois. Si on voulait économiser les quadri, c'est raté. 

Je prends mon temps, y compris au ravito sans mon assistance qui a filé à Gèdre (2h30 de route !). 

 


 

On sort progressivement de la station pour découvrir un premier cirque, cela devient beau, un gamin compte les coureurs et m'annonce 271, c'est bien : premier tiers c'est ce que je veux. 

La pente devient franchement plus raide à l'approche du port de campbiell et des petits trains se forment dans le single, pas possible de doubler, pas grave cela permet de rester tranquille. 

 

Port de campbieil : c'est le point blanc en haut

 

Toute la troupe s'étire finalement dans les 1500 m de descente vers Gèdre, pour l'économie des quadri c'est franchement raté, j'envoie un peu sur la 2ème moitié plutôt que de rester sur la défensive. 

 

Arrivée à Gèdre, l'équipe de choc est en place et rodée : recharge des batteries montre et téléphone, changement de chaussettes, échange des gourdes, aller retour au stand pour m'apporter de l'eau et à manger... Un vrai plus, le protocole est rodé. Les massages ce sera pour plus tard. Je prends quand même mon temps , 20 minutes, c'est mon standard pour repartir bien retapé. 

Direction le lac des gloriettes, je double pas mal dans la montée et relance sur les longues portions de faux plats : c'est une caractéristique de cette course, avant d'arriver au 'fond de cirques' il faut ... y arriver et donc beaucoup de faux plats où on ne sait jamais s'il faut courir ou marcher. 

Manifestement, certains n'ont pas écouté les consignes de prudence à l'approche des troupeaux de vaches et provoquent des réactions et mouvements brusques 

Pour ma part, je privilégie de prudents et larges détours... c'est du bon sens.

 

Le lacs des gloriettes arrive vite, mini ravito en eau et maxi bordel sur le parking et la petite route qui y monte, la famille a bien fait de faire l'impasse. 

 

Lac des Gloriettess

 

On enchaîne sur une longue portion où on croise pleins de randonneurs. Ca ne monte pas encore trop, avant d'attaquer le petit mur vers Hourquette d'Alans. Au dessus de 2000m, je suis moins bien et coince un peu : je vise un petit train de coureurs juste devant, et m'accroche jusqu'au sommet. C'est beau. 

 

Le refuge des Espuguettes, c'est en bas

 

Autant dans les montées il y a globalement de beaux lacets qui évitent le très raide, on descend plutôt fort. 

Au refuge des Espuguettes, j'ai une grosse avance sur mon plan en 32h. Je profite pour faire une belle pause : on est bien, il fait doux, je bois de la soupe et mange un peu de l'excellent jambon cru. Comme dit dans le fil de discussion, chaque fois que tu peux, bois de la soupe. Le jambon cru, ça se coince dans les dents, ça occupe pour quelques temps ensuite (marche aussi avec le saucisson).

Une jeune fille note les dossards sur un cahier, je suis 110ème, bizarre, je n'ai pas l'impression de tant doubler, et aux ravitos, je perd souvent des places.

Il faut quand même repartir vers Gavarnie. 

 

 

Magnifique arrivée dans le cirque, on longe une falaise avant de descendre au fond, pas assez attentif une première grosse gamelle. Pas trop de mal, quelques écorchures. Cela me permet aussi de tester ce qui se passe avec mes nouveaux bâtons Leki : le système d'accroche des gantelets saute bien, je me posais la question. 

On arrive à l'hôtel de la cascade : conseil ne pas oublier de tourner la tête à gauche pour comprendre pourquoi ce nom: extra ordinaire vue sur la cascade du cirque.

 

Gavarnie : la cascade

 

Je m'arrête pour prendre des photos, je suis presque le seul, le peloton est largement constitué de gens 'du coin' (grand sud ouest) et d'habitués des course du grp. J'en profite de ci de là pour me faire expliquer la suite du parcours. 

A Gavarnie, nouveau un bon break avec mon assistance. 20 minutes et je repars vers Gèdre 2ème. Pas trop d'intérêt sur cette portion qui nous fait quitter le cirque de gavarnie, il faut se retourner pour en profiter. On a rejoint le 220, encouragements et félicitations à chaque fois que je double. 

Pas mal de route aussi, d'ailleurs il y en a 'souvent' de longues sections : j'en profite pour courir et doubler. 

 

En repartant de Gavarnie

 

Arrivée à Luz, la base de vie, tout juste avant la nuit pour ne pas sortir la frontale, c'était limite limite dans la forêt ...et débile : éviter un arrêt de 1 minutes et risquer de se faire une cheville... 

Dans la base de vie, ça dort, il fait chaud, pas le droit de rentrer avec plus d'une personne : je rentre et ressors direct pour faire un ravito rapide dehors et me mettre en mode nuit. Je privilégie un gros stop à Barège, le dernier ravito accessible pour les suiveurs. Et accessoirement cela coupe mieux la grosse montée, 1800m de d+ vers la Hourquette de Mounicot. 

Le balisage, jusque là irréprochable devient limite il manque de rubalise réfléchissante. Je me trompe et rattrape le chemin au prix d'un passage hors sentier à travers les sous bois. Je suis de loin un coureur ce qui me permet de ne pas trop gamberger : on traverse un champ "à vue" et retombe je ne sais comment sur un single qui part en sous bois avec des marquages. J'arrive très vite, trop vite à Barège, par le bas. Il me manque 150m de d+ vs la roadbook de Trail Passion, qui est parfois approximatif mais pas à ce point. 

Break de 30 minutes, je refais les niveaux, je bois bien mais ne mange pas assez depuis le départ.

Je reste confiant, j'ai 3 heures d'avance sur le plan en 32h. Cela dit, je visais initialement 30h mais un petit manque de confiance m'a fait rajouter 2h au dernier moment.

 

Le sac est plus chargé, nourriture plus affaires pour le jour 2.

En sortant, je ne sais pas par où partir, des coureurs arrivent du bas, comme moi, mais surtout par en haut en sens inverse. C'est un peu le bordel, à coup sûr certain n'ont pas trouvé le bon chemin (peut être moi d'ailleurs) 

J'étudierai plus tard les traces gpx.

 

On attaque la réserve de Néouvielle, mais cela reste simple pour le moment .. et pas très intéressant. En gros, on suit majoritairement la piste de 4x4 qui monte au refuge avec quelques coupes plus raides

On traverse un troupeau de chevaux, là encore prudence. 

Je monte bien en mode nordic walking, peut être trop vite, j'arrive claqué au refuge de la glière. C'est pourtant pas le moment. 

Je me force pour manger un peu de charcuterie et boire une soupe. 

 

Je rentre dans ce qui est annoncé comme le gros morceaux, assez confiant et bien seul. Déjà que la densité de coureurs était faibles, là c'est quasi désertique : j'aime la nuit et les rochers. 

Petite descente avant de monter le premier des 2 cols, et là ça commence à partir en vrille : je cherche la trace, y en pas vraiment, je cherche mes jambes, y'en a plus vraiment. 

J'avance tant bien que mal, ne jamais s'arrêter... avancer coûte que coûte, l'œil rivé sur le dénivelé fait/restant en évitant soigneusement la vitesse ascensionnelle pourtant en gros sur la montre 

J'atteins péniblement ce col. Désertique.

Je me lance dans la descente, sauter de rocher en rocher, ça j'aime. 

Trop confiant, je bondis des 2 pieds sur une large plate-forme, au moins 1 m carré, qui a 99% de chance de ne pas bouger. 

Je suis dans le 1%, elle bascule, je chute lourdement : grosse douleur qui traverse le corps, envie de vomir, les intestins qui  vrillent. 

Bilan rapide, je m'en sors pas trop mal, le côté droit est bon pour quelques égratignures et bleus de plus (genoux, fesses et surtout bras). La frontale n'a pas bougé et les bâtons et téléphone sont intacts. 

Je repars tout de suite, le bras bien endolori et l'assurance envolée.

Quand je finis pas ratrapper un coureur juste avant d'attaquer le col de Madamète, il met le clignotant direct pour aller faire ses besoins. 

Un autre dort sur le chemin, car il y en a un à cet endroit. 



Le jour commence à se lever, ce serait classe d'arriver en haut pour le levé du soleil. 

J'aperçois un couple un peu devant, je tente de le rattraper, je me rapproche mais ils ont dû décider d'accélérer, ils vont 2 fois plus vite que moi, à moins que je sois encore plus lent que dans la montée précédente et que j'aille 2 fois moins vite qu'eux.

Le soleil se lève et je n'arriverai pas pas à temps en haut du col. 

Je me fixe donc un autre challenge : 3/4 coureurs me rattrapent 

Objectif ne pas se faire doubler avant le col

Récompense : pause au sommet en les attendant en profitant du sommeil. 

La pause ne sera pas longue, mais elle fait du bien

 

Soleil du matin

 

Je vois que le SMS m'annonçant que la famille est bien rentrée, rassuré, à nouveau plus de 2h de route pour rentrer sur Saint Larry en fin de nuit, c'est pas idéal.

 

On attaque la descente vers la cabane d'Aigues Cluses. C'est magnifique dans cette lumière, avec les lacs et les rochers, cela me fait penser aux lacs de Périoule pour ceux qui connaissent et une forme de chauvinisme m'interdit d'écrire que c'est plus beau. 

En tout cas, les chemins sont au moins aussi merdiques ! 

 

Vers la cabanne d'Aigues Cluses

 

Arrivée à la cabane, qui sont des tentes, quelques coureurs sont là, l'ambiance est sympa.

Une soupe et un riz au lait me retapent bien. Je me mets en tenue de jour pour en finir. 2 fois 300 d+, une descente vers le barrage de l'houle plus les 12 km de descente pour terminer.

On discute avec un bénévole qui confirme que le raté du balisage à cause des fanions qui ne sont pas réfléchissant. 

Des équipes étaient déjà en train de corriger la fin de parcours. 

Il nous explique qu'il faut une heure pour monter et après une belle descente roulante. 

Rappel d'une règle essentielle : ne jamais croire les bénévoles. 

 

Il faudra 40 minutes pour monter, mais la bascule sur les lacs dont je ne connais pas le nom, dernier coin magnifique traversé, est tout sauf roulante, sauf peut être le 10 derniers pour cents, et encore je suis large.

Pas la force d'envoyer, je me réserve pour la descente finale dont m'ont parlé plusieurs coureurs. 

 

Au dessus du barrage de l'oule

 

La remontée vers Merlan, le dernier ravito, est en fait une longue traversée qui n'en finit pas. J'aurai 40m de plus de D+ que le roadbook. En mode traversée, c'est long 40 m de D6, heureusement il ne fait pas encore trop chaud. 

On rejoint alors une station de ski : retour des larges pistes peu pentues, je ne suis pas contre à ce stade. 

Au pointage, je demande au bénévole qui m'annonce 50 ème position. 

C'est ce que j'avais en tête depuis le refuge de la glière et que je ne m'explique pas du tout. Ce n'est pas 'ma' place et on était plusieurs à ne pas comprendre ce classement..

Cela étant, garder cette place me fera un dernier objectif. 

Je prends quand même le temps de manger un riz au lait et de boire un peu, mais impasse sur la soupe pour ce dernier (c'est une exception autorisée) et passage aux toilettes. 

 

On voit bien la montée, personne au loin, j'en déduis qu'aucun des quelques coureurs présent n'est reparti pendant que j'étais à l'intérieur. Il me suffit de tenir les positions.

J'appelle pour dire que je vais mettre entre 1h30 et 2h pour arriver 

Je ne monte pas à fond, je garde mes forces restantes pour la descente... Et me fais déposer par un coureur du 120. 

Impossible de la suivre, mais je fais un pointage, il me prend 1 bonne minute mais pas grave : je le 'connais', il menait le groupe qui était derrière moi au col de madamete, mais il s'est fait une entorse il y a 4 semaines et va doucement en descente. 

Au col du Portet, c'est parti pour 12km de descente.. Sauf que ça ne descend pas vraiment. 

Je rattrape assez vite mon concurrent pour la 50ème place. A partit de là, ne jamais s'arrêter de courir même quand c'est plat ou ça remonte un peu, ne pas se retourner et serrer les dents

Pas grand monde en vue, les premiers dossard rattrapés sont rouges, ceux du 220, encouragements et félicitations. 

Après cette longue section qui ne descend pas vraiment, on attaque la vraie descente. Je double 1 puis 2 puis 1 coureur du 120. C'est bon pour le top50. 

Je double encore quelques 220 dans une descente tout droit dans un pré, cela doit être dur dur pour eux.

Nouvelle portion de route à Soulan qui nous permet de voir un vieux bassin qui serait parfait pour se tremper, dommage c'est pas le moment. 

 

Je finis avec les enfants, dans un temps de 27h10 en 45 ème positon : assez incroyable pour moi, d'autant que j'ai vraiment eu l'impression de me traîner dans Neouvielle mais en fait c'est peut être le cas de à peu près  tout le monde. 

 

Au final, très content d'être venu. 

Le parcours est superbe, on en prend plein les yeux, c'est varié au niveau du terrain du plus technique au plus roulant. On court beaucoup... si on veut/peut. 

Au dire des coureurs, c'est le meilleur des différentes courses (aller au pic du midi n'aurait que peu d'intérêt et bouffe des kilomètres pour rien). 

On est vite assez isolé, c'est peut être dû à ce classement inhabituel, heureusement qu'il y a le 220 : même si on n'est pas sur le même rythme, cela permet d'échanger quelques mots.

J'aurai assez peu trouvé de groupe pour partager, c'est dommage et je trouve que cela arrive de plus en plus souvent, entre mon rythme pas toujours très régulier, des longs arrêts... Et les coureurs avec de la musique. 

 

Les ravitos sont plutôt bien fournis (un super jambon cru, des soupes différentes, riz au lait plus les classiques biscuit, pain, fromage, charcuterie, fruit,...) et pour moi bien répartis. 

Pour les suiveurs, ça fait de la route entre Piau et les autres ravitos qui pour le coup sont très proches les uns des autres. Pas de possibilité non plus de voir les coureurs après Barège.

Il leur manque un ou deux pointages entre Barège et Merlans, ça fait long.

Le balisage était soit disant raté de nuit, oui mais faut pas exagérer non plus. 

 

Pour finir, un baptême en hélico avec les enfants pour les remercier de mon assistance de choc... et revoir en accéléré la fin du parcours : définitivement c'est beau !

2 commentaires

Commentaire de philippe.u posté le 27-08-2019 à 13:15:00

Aussi rapide et précis dans le compte rendu que sur la course apparemment ! Belle remontée après un départ prudent (tu as du me doubler dans la 1ère descente sur Gèdre où je commençais déjà à coincer !) et apparemment pas de coup de mou, ça fait une course quasi parfaite avec un super chrono, méga chapeau !

Commentaire de Simon71 posté le 28-08-2019 à 22:15:22

Merci, j'ai quand eu l'impression d'être scotché dans Néouvielle
Il y de la route pour rentrer en région parisienne, cela laisse le temps :)
Tu as aussi fait une belle course, à partir de Luz tu n'as fait que gagner des places !
On devait être en même temps à Gèdre, tu as pointé 3 minutes derrière et j'y suis resté 20 minutes. ce qui m'a un peu manqué sur cette course c'est trouver des "collègues" pour discuter , j'ai été souvent seul pendant ces 27 h... next time

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