Récit de la course : Tor des Glaciers 2019, par TorDure

L'auteur : TorDure

La course : Tor des Glaciers

Date : 6/9/2019

Lieu : Courmayeur (Italie)

Affichage : 384 vues

Distance : 450km

Objectif : Terminer

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2 autres récits :

Ma course entre les étoiles

Nous voila déjà quelques semaines après mon abandon sur le Tor des Glaciers ... grand temps de faire le point.

Je vais donc essayer de produire un CR de mémoire. Mais la mémoire, c'est pas ce qui a fonctioné le mieu la semaine de la course ... et vu l'abandon, je ne vous dit pas ;)

Mon entrainement a été plutôt bien, pas parfait mais j'ai comme-même réussit à me mettre 1800km sous les pattes depuis Janvier et ayant passée 3 semaines en montagne début aout j'ai pu échapper à mon plat pays. Mais c'est donc nerveux comme un bachelier que j'arrive a Courmayeur le jeudi soir. La nuit est courte et je me réveille à 6h45 ... aucune idée pourquoi, mais bon, tous mes efforts pour retrouver le sommeil sont en vains. Je descends donc prendre le petit déjeuner dans salle pleins de randonneurs TMB joyeux et excitées ... 
La journée se passe calmement et je vois d'un mauvais œil la pluie qui s'abat sur nous au courant de l'après-midi. En plus la nouvelle que l'UTMR 170 a été annulé n'augmente pas ma confiance. 
Je me traine au briefing que je ratte vue que je me rends au test médical (70kg et 5kg de graisse ... je ne transporterais pas un gramme de trop cette fois ci). 
Je retourne terminer mon sac et un super sympa Français me fait un délicieux riz&quinoa dans sa camionnette. On le déguste ensemble et parlons un peu du Tor. Ce riz la m'a vraiment sauvé la vie! Merci beaucoup Pascal !!! 
C'est donc avec un petit coeur que je me rends au départ ou je retrouve quelques visages connus et moins connus (les 5 autres Belges). A 20h pile le départ est donne et pour un court instant je me rends compte de l'énormité de la bêtise que j'entreprends. Mais comme Gilles me disait en 2013 a Ollomont "Il faut avoir la convictions de ces actions", il avait 68 ans et terminait le Tor plus vite que moi! Inutile de vous dire qu'il reste une inspiration pour moi.

Départ

Voilà que nous courrons à travers Courmayeur, quelques high-five et nous voilà déjà à Dolonne ou un hurluberlu nous bloque le passage indique dans le roadbook et sur le tracé GPS. Pas de problème on prend la prochaine bifurcation et à la dernière lueur nous quittons la ville. 
Le groupe reste bien compacte et nous arrivons vite à Maison Vielle, le premier refuge. Je prends le dernier reste de soupe et continue vite vers le Refuge Elisabetta. Ce tronçon ne me stresse pas vu que je l'ai fait lors de l'utmb. Et bien vite je me trouve donc dans la descente vers le Lac Combal et à croiser la plaine venteuse qui me sépare du Refuge Elisabetta. P* qu'il fait froid! 
Je rentre au refuge et c'est le chaos. Pas vraiment de nourriture, rien qu'une petite soupe que je déguste en y trempant de biscottes pour avoir comme-même un certain apport de calories. La pensée m'effleure que si on va devoir courir ce machin sur des bêtises comme ça on ne va pas arriver loin! Mais bon le temps presse, j'enfile mon pantalon long et je sors. 
Direction col des chavannes. Je me rappelle que ça allait bien et que bientôt je me trouve en train de descendre sur La Thuile. Que je rejoins un peu trop tard à mon gout. Je sors mon sandwich que j'avais heureusement prévu et déguste ce délice avec appétit en entamant la montée vers Deffeyes ou sans pardon il y aura quelque chose de bien à manger, non?
Eh ben non, a Deffeyes il n'y a que des miettes qui m'attendent. Je me nourris de biscottes et de the et commence à me faire des soucis. Bon, j'avais prévu le truc et emmené des petites coupures pour m'acheter tout ce que j'avais besoin aux refuges. Mais j'avais comme même attendus plus que des biscottes. Je mets mes soucis de côté, dors 40min et puis me dirige vers le col de Planaval. 
Première surprise aérienne. Bon, j'avais lu ça dans le guide "Alte vie Dimenticate", mais c'est un peu plus expose que ce que j'ai l'habitude. Et puis le pierrier pour descendre ... c'est l'enfer. En plus je crois que je suis le dernier. Ce qui me rend encore moins zen. Mais bon, un pas devant l'autre, je ne peux pas faire bien plus que ça! 
Une foi sorti du pierrier je me mets à galoper vers Planaval ou j'arrive pour l'heure du midi. Grands temps de sortir mon deuxième sandwich, de papoter avec Christophe et son père que j'avais rencontrée sur la transpy il y a déjà 3 ans. Je croise un tas de concurrents qui se sont jetée sur le petit resto/hôtel du village. Je ne suis pas le seul à avoir une faim de loup. 
Sous un soleil tapant je monte (trop lentement) vers Rif. Degli Angeli qui se cache bien loin et bien haut. Une belle montée pleine de myrtilles qui me prends plus longtemps que prévu. 
Et la bas, enfin on reçoit à manger. Je crois que c'était une bonne polenta avec de la viande. Absolument génial! Je me goinfre et pars vite pour éviter de devoir faire l'anneau vers le lac dans l'obscurité. Le détour est long, et pour être honnête pas vraiment "utile" (à défaut d'autre mots). Heureusement on réussit à trois à rejoindre la route vers Bezzi avant que la lumière du jour ne disparaisse. Et en rejoignant la route vers Bezzi le voilà : le camping-car avec le moteur qui tourne. De nouveau je me dis que décidément c'est pas la même course pour tout le monde. Plus tard j'entends qu'il y avait 3 coureurs dedans. J'espère qu'ils en ont profité et que ça leur a permis de terminer la course. Je trouve que les organisateurs devraient demander aux concurrents de déclarer s’ils sont suivis avec assistance ou pas et de faire un classement si non appart, au moins un qui indique le fait qu'on ait de l'assistance sur le parcours. La différence me semble énorme, bien que je n’aie jamais eu de l'assistance jusqu'à ce jour.

Trou noir. Je crois que j'ai mangé, que j'ai dormis (1h?) et que je suis reparti dans le noir. Ce qui m'attendait était un col de catégorie merdeux, saupoudré de brouillard et d'une légère neige qui rendait tout super glissant ... un vrai délice, dont je tiens le souvenir chaud a cœur!!!
Tellement chaud que lorsqu'un Italien du coin prétends que le col d'après est similaire je décide de redormir au refuge Benevolo avant d'attaquer le col Rosset a la lumière du jour. Bon ben l'Italien m'a bien fait peur pour rien. Le col Rosset était en effet froid, glissant et Merdique ... mais moi j'avais la Grinta. Pas question qu'un col comme ça me frênes. Au plein milieu de l'ascension j'ai dû mettre mes crampons et puis j'ai eu un froid polaire, ma la vue en haut du col me coupe le souffle! C'est un vrai conte de fées! Eh oui c'est pour ceci que je fais des ultras en montagne! Un effort simple (et dur) récompensée par des moments insolites ... parfois c'est simple la vie! 
Pas de temps pour tergiverser et je me lance dans la descente vers le refuge Savoia. En arrivant là je me realise que mon hésitation de cette nuit m'a fait perdre du temps sur mon planning, mais m'a fait gagner un peu de repos. Voyons voir si c'était un bon "investissement". 
Je mange un sandwich, que j'ai du mal à mâcher (je dois prendre un gorgée d'eau à chaque fois) et me relance sur le parcours. Rien de très spécial, sauf que je rencontre Frank dans la montée vers Vittorio Emmanuele. Un refuge a belle allure ou on est reçu comme des héros. On est servis d'une façon superbe est on est mis aux petits soins. J'y reste donc un peu trop longtemps, mais voilà: ça me restore et me donne des forces. Mon but pour la journée est de passer le Passage du Grand Neyron et le Losson a la lumière du jour ... 
Pour l'instant le temps est clément, voir beau mais mon petit doigt me dit que ça va changer. 

J'arrive au Refuge Chabod : 16h. Je me dépêche, mange le plus possible en un temps record et commence l'ascension vers le passage du Grand Neyron que je redoute tant. Une fois au col un guide de montagne nous instruit comment descendre. Eh oui, c'est une descente aérienne et très exposé qui nous attend. Il y a des chaines et des cordes et après 20 minutes j'atteins la fameuse échelle en filigrane ;) 

Au pied de l'échelle je crois que le calvert est passée, mais non, il vient de commencer! Le pierrier est glacé, a ce point que je dois mettre les crampons. Heureusement j'ai la compagnie d'Olivier & Laurent qui m'empêchent de sombrer dans la dépression totale. Apres un bout de temps le pierrier n'est qu'une sombre mémoire et nous nous rapprochons du valons qui nous mènera au Loson! Ah, quelles bon souvenirs je vais pouvoir revivre! 
Mais non, la nuit commence à tomber et avec la nuit le temps se couvre. Il fait un froid de canard (polaire) et voilà que bien avant le col je dois enfiler tout ce que j'ai : 4 pantalons, 5 tops (gore tex, doudoune, fleece, 2ieme couche, t-shirt) et les gants super chauds que j'ai acheté au dernier moment avant le départ. Et vlan: il se met à neiger, et la visibilité se limite à quelques dizaines de mètres. En plus le vent souffle fort. Génial! La seul idée qui m'effleure est que je dois continuer, ne pas m'arrêter. Un pas après l'autre et on y arrivera. 
Avant que je le sache j'y suis, je passe le col et la neige disparait aussitôt. Il ne reste que le froid et le vent. A la cabane je reçois une gorgée de coca (mes bidons sont complètement gelée) et je me dépêche de descendre a Sella. Je m'y couche pour 1h et en me réveillant une étoile filante entre sa tête demande "Po andare?" les contrôleurs lui demandent son numéro et il réponds "Uno" et fille ... ah c'était donc Franco Colle, bien emballé et impatient de continuer. Ce n'est qu'après la course que j'entends qu'il a abandonné à Cogne parce qu'il avait les lentilles de contact gelées. 

Bon c'est bien beau tout ça, mais moi aussi je dois y aller ... je sors et vlan : un abruti a pris mes bâtons. Non mais, je n'y crois pas mes yeux! Comment est-ce possible. Il n'y a pas moyen de se tromper ils sont jaune, impliable et personne d'autre n'en a!!! Apres avoir contrôlé a l'intérieur quelqu'un de Montane m'offre de prendre ces (nouveaux) bâtons et de les laisser a Cogne. Merci Montane, merci, merci merci !!!! 
Le morceau de chemin jusqu'à Cogne est long et totalement déserte, mais en 4h et quelques j'arrive à le boucler. Je n’avance donc pas trop mal malgré le retard que j'ai sur mon planning.

Cogne : BV 1 

A cogne je ne trouve pas l'abruti qui m'a volé mes bâtons. Heureusement j'ai une paire de réserve dans mon sac et je les sors avec plaisir. 
"Life is not what happens to you, but how you react to whatever happens to you". 
Je mange, parle un peu avec le papa de Christophe, prépare mon sac et m'émerveille des jeunes concurrentes du Tor qui arrivent comme si elle rentraient d'une sortie de jogging de 5km et ça à 8h du matin a Cogne (près d'1/3 du Tor). 
Vu la pression que mes hoka me font sur l'avant pied (releveur) je change mes chaussures et je mets des chaussures de montagne Decathlon (Forclaz 500) où je change aussi le laçage pour éviter toute pression sur les releveurs. Chose qui me réussit, et le mal se dissipe peu à peu. 
Vers 9h je quitte la première base vie. J'avais prévu d'y partir à 5h, voir 6h du mat, mais je suis en bonne état, le moral est bon et vue le temps degeulasse qu'on a eu un tel "retard" n'est pas terrible. Surtout si le temps va s'améliorer.
Je dois aussi dire que l'orientation sur base de ma Suunto Ambit 3 se fait super bien. J'avais mon téléphone avec l'appli OSMand comme backup, des cartes au 1:10.000 que j'avais produit sur Inkatlas et puis aussi mon etrex de Garmin. Celui-là je l'ai laissé dans mon sac à Cogne puisque je m'étais tellement bien préparé qu'il me suffisait de fermer les yeux pour pouvoir visualiser la carte et le trace. Je crois même que le fait qu'on ait dû faire l'orientation soi-même m’a permis de me trouver plus dans la course. Je savais tout le temps où j'étais et où je devais aller (en plus ou moins combien de temps => donc je savais prévoir combien et quand je devais manger). 
La partie entre Cogne et la Fenêtre de Champorcher est juste magnifique. Je râle un peu parce que courir avec des chaussures de montagne n'est pas aussi facile qu'avec de hokas. Mais mis appart ca je me fais une note mentale que je dois revenir ici avec la famille tellement c'est beau. 

Je passe la fenêtre de champorcher et descends sur le Refuge Miserin ou la gentille dame nous prépare 2 œufs a la poelle avec du lard ... je suis au 7ieme ciel!!! Au refuge Dondenas ils n'ont qu'une soupe aux pates à m'offrir et je me dépêche d'avancer. Le soleil se fatigue et je voudrais entamer le morceau après Chardonnais dans la lumière du jour. Arrive à Chardonnais j'essaye de manger le plus possible : résultat je prends un grand thé et j'y trempe des biscuits et des morceaux de pain pour pouvoir les avaler plus vite. Un peu comme le Japonais Kobayashi lors de ces exploits aux "eating contests" de la fête nationale américaine a New York. Bon, ça ne prend pas des ampleurs tout à fait similaire, mais les Italiens a cote de moi se marrent comme même ... jusque quand ils aperçoivent mon dossard glacier ... là ils pâlissent ;) 

Puis c'est mon ange gardien qui entre : Olivier vient d'arriver et on décide de faire route ensemble. On s'engage sur qui s'avère vite être une Alta via Dimenticate (Haute route oublie, mais alors la totalement oublié). Le sentier est bien recouvert de plantes, mais on avance bien. Je dois avouer que je pousse un peu sur le champignon et pour quand la nuit tombe totalement nous sommes déjà à 4 à monter un pierrier infernal. 

La descente direction le dortoir Crest est longue, très longue mais nous y arrivons sain et sauf. Pour moi, c'est clair que c'est grâce à Olivier. On s'y couche, et il m'informe que pour lui la course s'arrête là. Son releveur l'empêche de continuer. Je lui dis de dormir d’abord et puis je calcule le temps que j'aurais besoin pour rejoindre Donnas à partir du dortoir et mets mon réveil sur base de ça. 

Le dortoir Crest me semble connus des premiers récits du Tor. Il n'était pas populaire et je vois bien pourquoi. Ce n'est qu'un dortoir, rien de plus. Il y a une pancarte comme quoi le coureurs qui veulent manger peuvent aller (acheter quelque chose) au restaurent a 5 min de marche (Dieu sait combien c'est en vérité). Mais le restaurant est ouvert de 19:30 à 22h ... belle blague hein! Sauf que c'est la réalité pour laquelle on a payé pas mal d'argent. 

Bon je me réveille le lendemain matin et me mets en route vers 5h après avoir pris congé de mon compagnon de route. Je ne vois aucune lampe et me dit que merde je dois filler à toute allure pour arriver à Donnas à 13h. Un pas devant l'autre et ne pas se laisser rendre fou par mes pensées. Je dépasse vite 1 zombie accompagne d'un survivant. Puis un autre concurrent qui est bien fort en montée. On se passe et se dépasse l'un l'autre jusque quand je dois le lâcher dans la montée du refuge Bonze. J'y arrive vers 8h, affamé et le gardien me dit qu'il faut 6h pour rejoindre Donnas d'ici. Il me regarde d'un air perçant et me demande comment je me sens : je lui dis que je me sens bien et fort. Il m'offre un thé chaud, j'y trempe une trentaine de biscuits "Kobayashi style" et avant qu'il ait eu le temps de soupirer je lui dit adieu ... il sort encore pour me souhaiter bonne chance et je regrette un peu de pas pouvoir y passer plus de temps. Mais ce n’est pas des vacances après tout. 

J'ai l'impression de reconnaitre des morceaux de sentier (2012?) et je tiens un bon ritme. Je ne rencontre personne mais ne m'en fait pas trop. Tant que ma vitesse moyenne dépasse les 5 à l'heure il n'y a pas de problème! En sortant du bois je rencontre un sympathique concurrent qui malheureusement pour lui va devoir s'arrêter du a une tendinite. Je lui souhaite bon rétablissement et je file sans lui proposer de l'aide (j'en suis un peu gênée) mais je suis tellement dans ma zone que je n'y pense même pas. 

Donnas : BV2

Et c'est à 12h26 que j'arrive a Donnas. Je me demande sérieusement ce qui a poussé l'organisation à nous fair faire ces détours immense juste avant Donnas, mais je décide de ne pas y penser. J'ai un tracé à suivre et j'ai une limite horaire, le reste se sont des détails! 
A donnas je déleste mon sac, je le répare (j'emplois le fameux "duct tape" pour couvrir le trou dans le dessous de mon sac), je remets mes Hokas et je quitte la base vie en moins de 20min. Pas de douche ni rien, la route m'attends et la base vie est infernale (trop de gens, trop de bruit, trop chaude). En sortant je prends un bol de salade de riz et je m'assieds dehors pour manger ce délice. Le concurrent avec qui j'avais essayé d'atteindre le Refuge Bonze me vois et me félicite pour avoir réussi. Il semble vraiment impressionne. Ça m'émut un peu et je décide de vite continuer ma route et de m'offrir un vrai café à Perloz. 
J'arrive vite à Perloz, je m'y goinfre de biscuits et de the et quand je veux aller au WC ... c'est fermé. Le volontors veulent bouger ciel et terre pour m'y faire rentrer mais je leur dit de pas s'inquiéter: je vais prendre le vrai café que je m'avais promis et en profite pour aller aux toilettes. Et quel bon café! La gérante du bar me demande si j'ai besoin de quelque chose puisque nous ne recevons rien comme ravito. Je la remercie de tout cœur et me lance de nouveau dans la course. Pour moi cette montée est figée dans ma mémoire: c'est long, très long jusqu'à Sassa! Mais ayant déjà fait une bonne partie du Tor des Glaciers mon corps (et mon esprit) se sont visiblement déjà adapté. Ce que je me rappelle comme étant long et raide ne l'est plus. Eh oui, avant de bien me le réaliser je suis a Sassa. J'en profite pour manger une omelette avec du lard dans le resto et me remets en route après : 

  • avoir revu Titi! Le fait de le voir me redonne de l'espoir. Si lui il est ici c'est encore faisable! 
  • avoir aperçu mes bâtons !!! Et donc aussi l'abruti qui les a volés! Je l'interpelle et on s'arrange pour qu’ils me les rendent après la course (chose qui doit encore se faire). 

En me remettant en route vers le col Giassit je me réalise que j'ai vu 2 concurrents qui n'ont pas eu la clarté d'esprit de prendre la route vers le col et ont simplement suivi le tracé du Tor. Il est vrai que l'organisation nous a dit que entre Donnas et Gressonay le parcours serait identique (ce qui n'est donc pas vrai) et que quand les parcours se scindent il y aurait une pancarte pour le signaler (je n'en ai vu aucune). Je n'y pense pas et espère pour eux que ça ne les sortira pas de la course. 

Le sentier vers le col Giassit est simple, sauf pour les mines que les vaches nous y ont laissées! Juste au coucher du soleil nous arrivons au col. Nous c'est moi et un concurrent Italien que j'ai croise dans la montée. Nous allons faire un bon bout du parcours ensemble. On commence par rester ensemble jusqu'au refuge Coda. J'en suis bien content car sa se fait long. On n'y voit pas trop et vu tous les tournants je me désoriente un peu. "Il est où se pu* de refuge" me passe bien plus d'une fois sur les lèvres quand j'enchaine les cordes et les marches installées dans les rochers. 

Puis nous y sommes: rifugio Coda. C'est plein de concurrents du Tor. J'y mange 2 plats chauds, me re-Nok les pieds et on est partis. Je me Nok les pieds toutes les 4 heures et sa marche bien, je n'ai encore aucune ampoule! Chose que j'ai apris lors de la transpy en 2016. D'ailleurs pas besoin de prendre de la NOK, il parait que de la vaseline fait aussi l'affaire. Mais toutes les 4 heures (plus ou moins une demi-heure pour moi) semble être impératif!

Avant qu'on se le réalise nous arrivons au ravito sauvage! Génial! Je tiens à remercier ces gens-là de tout cœur. Chose que je fais et je leur demande comment va le garçon sympa qui en 2014 voulait absolument faire un "selfi" avec "l'Hawaiano del Tor" (eh oui, ma couronne de Fleur m'avait rendu relativement "célèbre", entre temps je l'accroche à mon sac parce que c'est trop chaud et sa fait très "arc en ciel" pour beaucoup de gens, ce qui n'est pas le but). 

Nous passons Lago Vargno et puis chose bizarre une lampe frontale se dirige vers nous. Un concurrent qui abandonne, ici??? Je lui demande si tout va bien et où il va. Le pauvre croit qu'il est en route vers Marmontana, nous essayons de lui faire réaliser qu'il est en route vers Coda et que nous allons vers Rifugio Balma. Mais il ne nous croit pas, ça fait 45min qu'il est en route ... on lui dit de demander aux prochains concurrents et de contrôler son GPS. Une fois arrive au Refuge Balma ils nous rattrape et nous remercie. A Balma, je suis mon plan: un repas, dodo un autre repas et on continue. Sauf que tout prends du temps ... je ne sais pas pourquoi, mais tout a l'air d'aller lentement. 

L'aube arrive et on se met en route. Sa avance relativement bien. Je rencontre le concurrent le plus jeune du Tor qui avance bien et puis Lago Chiaro se pointe. Une bonne pasta, quelques crackers salées avec du fromage fondus me remettent en forme et je fonce vers creneuil du Loup. Cette portion du trace est difficile, du moins c'est ce que me dit ma mémoire: une grande montée, de la pierraille ... mais je monte comme une gazelle et dépasse pleins de concurrents du Tor. Mon corps c'est vraiment adapté aux Glacier, a ce point que je me demande si je n'ai pas trop exagérée la difficulté du Tor les années précédentes. Probablement pas, mais j'ai dû déplacer mes limites personnelles ... et là l'idée de refaire le Tor 6 semaines après une semaine choc commence prendre forme ... 
Mais avant que je puisse bien y penser je me retrouve Polenta en main au Colle della Vecchia, et puis a Niel avec des pâtes. Après Niel je fais gaffe de ne pas rater la bifurcation pour le petit "détour charmant" que les Glacieristes peuvent se mettre sous la dent. Il n'y a personne et c'est beau. Mais les nuages s'amassent et le vent se lève. Je mange plusieurs barres et essaye d'augmenter la vitesse, chose qui me réussit seulement après avoir rejoint le parcours du Tor et un concurrent Italien sympa avec qui on papotte un bon coup en trottinant à une bonne vitesse. On se quitte a Ober Loo où je mange du délicieux Fromage et dors 10min.

Gressonay : BV3

Puis il est temps d'avancer ... il est 18h15 et Gressonnay m'attends. J'espère y revoir une personne ou deux que je connais ... mais personne! Je commence à penser que je suis le dernier des Glaciers. Cette pensée ne me lâche pas. Je prends une douche essaye de me faire soigner, mais le médecin es tellement déborde que je comprends vite que si j'attends je ne fais que perdre du temps ... donc je décide de ne pas me faire soigner ma jambe qui commençait à faire mal et de ne pas me faire masser. 
Alors je mange (ceci pourrait bien être la phrase la plus importante de tout ce récit ...). Je fais mon sac et je décide de mettre mes chaussures de montagne, puisque les hokas me font trop mal aux releveurs. J'essaye d'y mettre mes crampons, et vue que ça marche je décide de tempter le coup. Je me réalise à cet instant que j'ai un problème de chaussure que je dois résoudre avant mon prochain ultra! Donc si vous connaissez des chaussures qui ont un bon amortissement et ne font pas mal au porteur qui a une haute "voute" (si sa se dit comme ça en Français?) ... faites le moi savoir dans les commentaires !!!!

Et là c'est le point mort pour moi. Je sors de Gressonay peu avant la BH et je suis persuadé que je suis le dernier. Vu l'accueil et le départ tellement "chaleureux" de l'organisation je suis convaincu qu'ils ne me croient plus capable d'atteindre Courmayeur (vu leur mots et leurs regards). Devant moi je ne vois aucune lampe, derrière moi la BH approche. Je me dis que tant que j'atteins une vitesse de 3km/h tout va bien. Atteindre Sitten puis on avisera! Mais la route est longue, froide et drôlement obscure quand les pensées se font noires! 

Je crois que c'est ma préparation qui me sauve à l'arrachée ici. J'ai tellement étudiée les cartes que je sais exactement où je suis et a quelle distance se trouve le refuge Sitten. Bientôt j'aperçois le refuge. La lumière est encore allumée. Probablement qu'ils ne se sont pas encore couché et qu'ils font le débriefing ... 

A 100m du refuge j'aperçois quelqu'un qui sort et je me dis "ouf: je suis le dernier mais je n'ai pas tellement de retard". On se salue, je lui souhaite bonne chance et essaye d'entrer dans le refuge. Apparemment j'essayais de rentrer par une fenêtre ... mais ils l'ont ouverte et la grande surprise : 5 ou 6 concurrents assis sur un banc! Je n'en crois pas me yeux!!! Je ne suis donc pas perdu !!! 

En plus Christophe T. un des 2 autres Belges qui reste en course y est aussi! (l'autre se trouve de l'autre côté du peloton et il terminera la course en 2ieme position). Il s'apprête à sortir. La pensée de m'accrocher à lui m'effleure mais je me réalise que je dois manger. 

Alors je mange. Le sommeil me tombe dessus et je décide de dormir une heure et demie. Décision bien sage. Je repars à l'aube après un double petit déjeuner (ou est-ce triple, je ne sais plus). Je ne suis pas dernier, le soleil va bientôt se lever et je n'ai aucune blessure! "Mon vieux cette course 't appartient! A toi d'avancer de bon pieds et de terminer ce merveilleux voyage". 
Et quelle merveille, le moment où on plonge de la vallée de Gressonay dans le val D'Ayas est magique. Bon, j'ai besoin d'enfiler mes crampons, mais ça va vite, j'avance bien et quelle chance j'ai d'être ici! Je savoure pleinement chaque instant! 
Prochaine arrêt : refuge Ferraro. Refuge sympa dans ma mémoire. Est-ce parce que Franz me l'a introduit comme ça en 2012 lors de mon premier Tor, ou parce qu'ils étaient en train de préparer les décorations pour leur fête de mariage lors du Tor de 2013 (2014?) ou parce qu'en dormant là j'ai évité un orage qui a décimé une bonne partie du peloton lors de l'UTMR en 2017??? Je ne sais pas mais ce que je sais c'est que je connais ce refuge et qu'un endroit qu'on connait fait toujours du bien. J'y arrive dans un temps record et y prend le temps de bien manger : 2 plats de spaghetti et un plat de polenta (la cuisine ne pouvait pas suivre)! Je re-nok mes pieds et repars. En y arrivant j'avais rattrape quelques concurrents qui avait de nouveau file pour quand j'avais fini mon repas Gargantuesque. Il est grand temps de les rattraper, en plus le parcours est le même que l'UTMR, donc je connais. Ça monte fort, il fait chaud et je prends bien soin de me rafraichir la tête dans les ruisseaux à chaque fois que possible. Le prochain ravito est bien loin ...

Et de nouveau je savoure, je prends même quelques photos, et pour quand j'arrive au 2/3 de la montée je rattrape les concurrents et les dépasse. Le repas m'a fait du bien et je continu sur ma lancée. 
Une fois en haut le paysage se transforme et se sont les hallucinantes pistes de ski au pied du Cervin qui nous servent de décor. Et là au loin j'aperçois Piero. Ça me donne de l'énergie, je le crois capable de terminer cette course folle et nous continuons ensemble. Mais il n'a plus la pèche. Je ralentis donc un peu et le détour dans ces pistes de ski maudites nous semble inutile et le seul produit d'une volonté de produire des kms. Vachement inutile si le seul but d'une course serait de simplement faire un tour insolite du Val D'Aoste. Mais bon , nous approchons du refuge Duca degli Abruzzi et juste avant d'y arriver je rencontre quelques jeunes bouquetins qui nous barrent la route! 

Je les dépasse et arrive au refuge à 19:10. Mon but est d'y manger beaucoup et vite. Mais ce n’est pas un refuge comme les autres. Ici nous somment servis comme au restaurant : entrée & plat principal (je n'avais pas le temps pour le dessert ...). Bien que le refuge nous a gâtée, ce n’est pas vraiment ce que j'avais besoin. Je repars vers 20:00 juste comme prévus pour le passage du plus lent finisher (c'est ce que je croyais du moins) ... reste plus qu'à espérer qu'ils n'ont pas été trop positif pour le temps qu'il faut pour arriver au prochain refuge. 
Je me lance seul dans la nuit et après 2h mon réservoir est vide ... pas assez mangé! Je commence à manger tout ce que j'ai, mais une faim combine avec la fatigue qui monte ... ce n’est pas idéal!!! Mais je tiens le coup et continue cette longue traversée! 

Puis je monte vers la fenêtre de Cignana, les choses se font dures mais bon, je me tiens à ma limite de 3km/h. Quelques chiens de berger sont "très vocaux" et je passe vite. Au loin j'aperçois les 2 lumières du refuge Peruca Vuillermoz. Elles sont loin et hautes. Mais ce n’est pas en les regardant que je vais y arriver. Puis soudainement ça n'avance plus : je me couche par terre et ferme les yeux pour 5 min. Ça fait du bien et je continue d'aplomb. Une demi-heure plus tard c'est la même chose mais je suis dans un bien plus mauvais état. Soudainement je ne peux plus avancer, je regarde le sol, le trouve très invitant et me couche sur le sentier, ferme les yeux et décide de pas éteindre ma frontale ... je me réveille 10min(?) plus tard et suis choque par ce que je viens de faire. Je décide de dormir au refuge et de me dépêcher. Il fait froid et il ne faut pas faire de bêtises. Le but principal c'est bien de rentrer à la maison, ne nous trompons pas! 
La montée est sérieuse, avec des cordes et je me dis que ça doit être superbe à la lumière du jour! Mais elle est loin cette lumière ... 

C'est à bout de force que j'arrive au refuge. Je mange un p'tit quelque chose et décide de dormir 1h30. Et c'est donc à 5h que je me remets en route. Je me realise pas encore que mon retards est grand, et je me dis qu'il n'y a qu'une chose à faire : un pied devant l'autre et le plus vite possible!!! La montée vers le col de Valcoumera (3075m) va bien, j'avance vite et l'aube arrive. C'est magnifique. Je prends vite une photo et je me lance dans la descente (avec crampons pour une névé). D'après la carte il suffit de rejoindre le ruisseau qui se trouve à 2300m d'altitude. "Il suffit" ... c'est technique, et je n'avance certainement pas à la vitesse que j'avais cru! Et m*!!! Mais j'avance! ET puis je ne vois personne. Mais à vrai dire j'ai l'habitude de me trouver seul et ça ne me gênes pas. 

Une fois le ruisseau rejoint je me met a trottiner et c'est à 8h50 que j'arrive au Refuge Prarayer. Un accueil chaleureux par la gardienne me donne un peu de courage. Je mange bien, achète quelques mars/snickers et me remets en marche. Il faudrait 4h pour rejoindre le refuge crête sèche ... il serait alors 13h, et à 15h30 il y a la barrière horaire a Champillon Qui se trouve à 20km du Refuge Crète Sèche ... Incertain

En sortant du refuge je rencontre un homme qui a l'air de connaitre le milieu des traileurs du val d'Aoste. Il fulmine contre l'organisation et surtout leur appréciation des temps de passage. Je prends vite congé de lui, mais pas avant de lui avoir fait savoir que mon seul espoir serait qu'ils laissent passer les gens qui se trouve au-delà du Refuge Crête Sèche à 15h30. Il en doute mais me souhaite bon courage! 

Je me dépêche le long du merveilleux lac de la Place Moulin. Et puis: surprise! Un ravito sauvage par la famille d'un concurrent qui se retire. On repars à 3 mais mes deux compagnons de route sont plus fort et me lâchent vite en montée. C'est un choc pour moi, mais je continue jusqu'au ruisseau (Plan sec). Là je décide de prendre une pause et trempe mes pieds dans l'eau froide pendant 5 min ... c'est génial!!! Je les sèche vite, mets de la nok à triple dose et repars. Un passage bien expose m'attends. Au début de la course sa m'aurait impressionné, mais à l’ instant je le trouve ok. Les cordes sont nouvelles et puis avec un peu de concentration ça va bien (heureusement j'ai fait la pause au ruisseau). Une fois en haut c'est un plateau sec et aux senteurs méditerranéens qui m'attends. C'est beau mais je n'avance plus. J'ai faim et je mange mes barres céréales, snickers/mars ... alé, tout ce qui me tombe dans les mains. Et puis vlan: c'est exactement le même épuisement que la veille qui me tombe dessus. Je me couche à l'ombre pour 10min et dors un sommeil des meilleurs que je n’ai jamais eu!!! 

Bon, ce n’est pas comme ça que je vais y arriver et je décide de pousser! Je voulais passer Crète Sèche avant 15h30! Allons-y! 
Et voilà qu'à 14h50 je me pointe au refuge!

Mais le refuge est fermé! Il n'y a plus que la partie hivernale qui est ouverte avec quelques restants du ravito ...

A ce moment-là un guide de montagne descend avec une cliente. Nous commençons à parler et puis bien vite il m'offre de téléphoner a l'organisation de la course (mon téléphone (enfin le microphone) ne marchant plus). D'abord il leur parle en patois et puis j'essaye de savoir si l'orga va nous laisser continuer ou pas si on est entre Crète Sèche et Champillon à 15h30. Pas de réponse. Ils me disent que je peux continuer: il fait beau, je suis en forme et j'arriverais avant la nuit à Champillon où ils aviseront. 

De mon cote je fais vite l'état des lieux : j'ai très faim et le prochain repas est à 20km, je suis épuisé et j'ai besoin de dormir un bon coup, je suis le dernier en course (sans téléphone qui marche) et puis ce qui m’attend n'est pas de la rigolade. En trois participations au Tor j'ai bien vu que l'organisation ne fait aucun cadeau à ceux qui ratent une barrière horaire. 
Et c'est donc là au km 380 que je me retire de la course. Aucun regret, c'est une première édition et des deux côtes il y a des inconnus (organisation & coureurs). J'ai fait ce que j'ai pu, j'ai vraiment savouré chaque instant et maintenant? Maintenant je me prépare pour l'édition 2021 ou 2022 ... parce qu'une course comme celle-ci vous n'en trouverez pas d'autre! Toutes mes félicitations au finishers! C'est un grand morceau! Et a tous les concurrents que j'ai pu croiser ou avec qui j'ai partagé les sentiers : merci à vous!


Alors un petit post-mortem ? 

Regardons les données. Malheureusement je n'ai pas enregistré mon trace GPS. Je me disais que je pourrais recevoir le trace de la balise qu'on portait (comme au 4KA), mais pas encore de réponse de l'organisation. 
J'ai quelques photos (je sais où elle sont prises et les métadonnées me donnent l'heure exacte)
Puis j'ai enregistré mon sommeil (Sleep as Android), donc je sais à quel refuge j'étais à quelle heure. Commençons par cela. Les trois nuits avant la course je n'ai dormis que 7h en moyenne, ce qui n'est pas assez pour moi. Je suis donc parti avec un léger déficit. 

Sommeil

Pendant la course j'ai dormis selon mon App (ma mémoire me dit autre chose, voir récit):

07/09/2019 km 042 0:40 - après 010h de course - de 06:00 à 06:40 (Refuge Deffeyes 3.430 D+)
07/09/2019 km 088 1:02 - après 026h de course - de 22:18 à 23:25 (Refuge Bezzi 7.046 D+)
08/09/2019 km 098 0:30 - après 032h de course - de 04:41 à 05:12 (Refuge Benevolo 7.964 D+) 
09/09/2019 km 142 2:05 - après 052h de course - de 00:10 à 02:15 (Refuge Vittorio Sella 9.767 D+) 
09/09/2019 km 180 0:20 - après 067h de course - de 15:41 a 16:01 (Refuge Miserions 13.955 D+) 
10/09/2019 km 206 3:23 - après 078h de course - de 01:50 a 05:14 (Dortoir Crest (15.659 D+)
11/09/2019 km 255 1:25 - après 103h de course - de 03:27 à 04:52 (Refuge La Balma 21.628 D+)
12/09/2019 km 301 1:31 - après 127h de course - de 03:19 à 04:50 (Refuge Sitten 25.584 D+) 
13/09/2019 km 352 1:30 - après 151h de course - de 03:30 à 05:00 (Refuge Perucca Vuillermoz 29.814 D+)

Donc un total de 12h26 min de sommeil sur 7 nuits. Plus 2 ou trois affaisements entre temps me donnent 13h au total. Pas beaucoup, mais ça on le sait quand on s'inscrit. Quelques remarques: 

  • j'ai dormis la première nuit, grande nouveauté pour moi - un plus!
  • A Benevolo je n'aurais pas dû dormir - j'ai perdu du temps 
  • Le plus grand sommeil était au Dortoir Crest (3:20). J'étais à bout et ça m’a fait un bien dingue. Après ce sommeil là j'ai couru comme si je venais de partir (et ce après 200km). Le nombre de d+ que j'ai fait après ce sommeil est le plus grand entre mes sommeils ... 
  • Il semble que j'ai un ritme qui s’est mis en place de dormir tous les 50km (plus ou moins 4000D+) 
  • Je n'ai pas dormis assez les trois dernières nuits ... 
  • les 3 dernières nuits j'ai succombe au sommeil à 3h du mat. La meilleur heure pour dormir selon Grégoire Millet (voir ses conseils sur kikourou TDG 2013 (? ou 2014))

Donc la prochaine fois (...) je dormirais 2:30 à 3 h par coup et je vais essayer de les espacer de 60 km (je vais donc devoir courir plus vite ... grande surprise).

En ce qui concerne la nourriture. Il y a 2 facteurs : l'organisation & mes rations personnelles. 

  • l'organisation avait assuré des repas chauds à tous les refuges (dans la mesure du possible). Au trois premiers refuges nous n'avons pas reçu de repas chaud. Ni de repas. Je comprends totalement pour les 2 premiers refuges (km 5 et km 15) mais je ne comprends pas du tout pour le troisième refuge au km 42 !!! Le premier repas chaud nous l'avons reçu après 67km ... si je dis que ce n’est pas idéal je suis au zénith de la diplomatie! Mais après ca nous avons été gâtée par tout les refuges, gardiens, gardiennes et bénévoles. La seule remarque : "Dortoir Crest" n'a pas de repas (il y a un restaurant ouvert de 19:30 à 22:00 à "5 min" de marche). 
  • Mes rations perso: j'étais bien prépare jusqu'à Donnas. Apres ca je comptais sur les ravitos du Tor et puis à partir de Gressonay j'avais aussi assez pour me tenir en route entre les refuges. 

Une note: je dois emmener de la nourriture encore plus "normale". De la a mettre du pain avec du fromage dans mon sac de suivi.

Electricité : je n’ai eu aucun problème. J'avais un powerbank de 6.000mAh qui m'a aidé à approvisionner 

  • 2 piles pour une Petzl Reactic+ (une pile tient juste une nuit, si je me repose 1h dans un refuge)
  • ma Suunto ambit3 
  • mon téléphone portable
  • mon mp3 (de natation, donc imperméable - je ne veux pas employer mon portable pour de la musique - la musique je m'en passe si il le faut, la possibilité de faire un appel de secours ... je préfère ne pas devoir m'en passer). 

A chaque refuge j'ai recharge ce que je pouvais pour le temps que j'y restais (j'avais 2 chargeurs, la prochaine fois (...) je prends un chargeur avec 2 ou 3 sorties USB). Priorité a ma lampe, puis ma montre. 
Dans les BV j'avais ma propre "ciabatta" avec laquelle je rechargeais tout en une fois.

J'ai acheté un sac de 20L pour le Tor des Glaciers croyant que mon Salomon 12L ne serait pas assez. Il aurait suffi. Mais j'ai un autre sac à ranger dans l'armoire maintenant ... :)

Vêtements: ok, pas de changements à faire. 

Chaussures : changements à faire. 
Mes Hoka (Mafate Speed) sont bonne pour 100km à 100Miles, pas plus sinon mon releveur n'en veut plus. Donc je cherche des autres chaussures. Quelqu'un a une suggéstion?

Pieds : de la nok tout les 4h c'est bon pour moi. J'ai terminé qu'avec 2 ampoules dû au fait que j'ai dû défaire les lacets de mes chaussures à partir du km 300. De la vaseline marche aussi apparemment, mais je n'ai jamais essayé.

Entrainement ... alors là il y a des adaptations à faire. 
Premièrement je quitte le pays de Brel. Oui, la seul montagne que j'ai a porté de main en est une de 30m de dénivelé ... 
Le nombre de kms était ok, mais je devrais faire plus de dénivelé ... 
Prévoir 2 longues courses au printemps serait mieux (des suggestions? Je regarde déjà la Bouillonnante). 
J'ai fait peut-être 1800km depuis janvier. Mais ça ne dit rien sur la qualité des kms. Et la qualité des kms dépends de la course bien-sûr ... donc du plus spécifique la prochaine fois

Mon Meilleur Tor je l'ai couru lors de ma troisième participation. En 128h. Je me rappelle que pour cette course là j'avais optimisé tout, mais vraiment tout, afin de ne pas perdre de temps inutilement. C'est facile bien-sûr quand on connait le parcours par cœur. 
Lors de ce Tor j'avais aussi visualisé clairement que j'allais courir certaines parties. Chose qui était pas facile, mais que j'ai pu réaliser grâce à cette visualisation. Sur ces morceaux j'ai dépassé à chaque fois plein de concurrents. Ce qui me fait penser que j'aurais dû faire une reconnaissance du parcours, au moins partielle. Chose qui n'est pas évidente. Mais peut-être dois-je voir cette participation-ci comme une reconnaissance pour 2021/2022. 
Je trouve que j'ai été assez concentre pour éviter de la perte de temps inutile, mais en 2014 c'était mieux. Donc on peut améliorer.

J'espère que l'organisation

  • rallonge la durée de la course 
    •   d'au moins 10h (donc 200h pour 450km = 2,25km/h de moyenne) Donc départ à 10h du mat le vendredi
    •   préférablement de 24h (donc 214h pour 450km = 2,10 km/h de moyenne) Donc départ 20h le jeudi soir! 
  • arrange le problème de la nourriture au début (au moins au troisième refuge)
  • s'en prend au suiveurs/assistants "trop motivées" par le billet d'une indication a l'inscription (ou quand on retire son dossard) si on est assisté oui ou non. Ainsi on pourrait voir l'effet d'un support pendant la course dans les résultats.

Moi en tous les cas je suis partant pour un autre départ à condition que je m'améliore et que l'organisation nous donne au moins 200h pour boucler le tout! 
Bonne chance aux participants de 2020 ... on se voit entre Donnas et Gressonay, ou a Courmayeur ;)

 

4 commentaires

Commentaire de Cheville de Miel posté le 09-10-2019 à 07:22:48

Je savais qu'il ne fallait pas que je le lise.....Bon après vu que je suis lent tant qu'il n'y a pas 215/220H......
Très beau CR, on s'y croirait!!!
Merci

Commentaire de fanfaron posté le 09-10-2019 à 11:09:42

Encore une fois, Bravo pour ton aventure, ...

et tu as pris la sage décision au refuge des Crêtes sèches ... la descente du mont gelé était assez périlleuse et les estimations inadaptées (pour des trailers qui ont au 377 km au compteur, sans reconnaissance des lieux et qui doivent dormir un peu de temps en temps) ... tu serais arrivés en début de nuit à Champillon. Donc effectivement tu n'as aucun regret à avoir. Il faut savoir qu'après Champillon les barrières sont devenus plus larges et je crois que l'organisation devra adapter et les rééquilibrer pour une prochaine édition ..

on aura servi de Cobayes ;-)

pour les refuges ... c'est vraie que cela faisait très long parfois entre deux refuges avec plats chauds ... mais l'organisation nous avait prévenu que en dehors des heures d'ouvertures, ça serait en principe des ravitaillements "légers", et donc c'est à nous à nous adapter (mais j'avoue que c'est très compliqué, car on ne sait pas d'avance si on arrive de jour ou de nuit dans un refuge ...)

et je te rejoins c'est vraiment une course unique dans son genre, où on s'en sort grandi !

Même si on s'est croisé qu'avant la course et on refuge Sitten , çà m'a fait vraiment plaisir de t'avoir croisé, et au plaisir de crapahuter ensemble sur une prochaine course ;-)

et très Beau CR. merci

Commentaire de CharlyBeGood posté le 10-10-2019 à 12:34:52

Tu as fait une magnifique course et un très beau CR, bravo et merci !
A te lire, cela me conforte dans mon analyse : les périodes de sommeil sont essentielles, tant pour le repos du corps que pour celui du cerveau. Nous sommes tout le temps en train de réfléchir, calculer, penser, analyser... Fermer les yeux, parfois même sans dormir, en s'octroyant une ou deux heures de paix, est mille fois bénéfique.
Belle suite d'aventures !

Commentaire de le-lent posté le 10-10-2019 à 14:34:29

Bon bah me voilà tout mélancolique… comme tu as bien rendu l'ambiance si particulière de cette course! Moi aussi il faudra que j'y retourne…
Au plaisir de te revoir

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