Récit de la course : Le Grand Raid de la Réunion : La Diagonale des Fous 2003, par pap

L'auteur : pap

La course : Le Grand Raid de la Réunion : La Diagonale des Fous

Date : 24/10/2003

Lieu : ST PHILIPPE (Réunion)

Affichage : 2668 vues

Distance : 130km

Objectif : Battre un record

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Le récit



LA 11ème DIAGONALE DES FOUS

24, 25, 26 octobre 2003

Flash-back...

19 octobre 2002 – St Denis La Réunion

Il est 18h05. Je viens de terminer la Diagonale des fous. Je suis champion du monde.
Serge, qui m’a accompagné, n’a pu finir et ça le travaille dur. Tellement qu’il parle déjà de l’an prochain.
Tout au bonheur d’en avoir fini avec ce parcours dantesque, je n’y pense pas et me dis que plus tard sûrement mais pas l’an prochain. Trop dur, trop mal, et tellement d’autres courses à faire et découvrir.
Et puis, l’idée fait son chemin et, pour tout ce qu’on avait ressenti et vécu, j’ai fini par dire OK. Au grand dam de Dany, qui tant qu’à faire 10 000 bornes aurait préféré découvrir un autre pays...

La préparation

Pas de gros changements dans la prépa par rapport à l’an dernier. Le massif Armoricain ne s’est pas élevé davantage. Après un marathon en mai (3h07), de courtes vacances pyrénéennes où j’ai quand même pu crapahuter, j’ai suivi le même plan, ponctué de sorties longues incluant de la marche sur le sentier des douaniers (GR 34), et 2 trails en compétition d’une trentaine de km et 500 à 900m D+, en septembre.
Physiquement je me sens plutôt mieux, mais je suis loin d’avoir la même détermination. L’objectif est encore, d’abord de finir et si possible améliorer le temps de l’an dernier d’autant que si le parcours est un peu plus long, c’est davantage roulant au départ et la partie dans Mafate est plus facile.

Les derniers jours

Dimanche 19 octobre 2003 - Départ plus tardif cette année. A Orly , j’accroche le maillot UFO sur mon sac, mais nobody à l’horizon. Un voyage sans histoires. Juste avant d’atterrir j’enfile le maillot UFO. Le gars derrière moi me dit « j’ai le même ! » « Ah ? Tékitoi ? » « Philippe Trebosc » « Namasté ? » « C’est ça ! ». Après cet échange dont l’intérêt, la haute tenue et la profondeur n’auront échappé à personne, on papote tout plein, sur ce qui nous attend. Le pot d’accueil de l’organisation à la descente de l’avion finit de nous faire rentrer dans la course.
Lundi 20 octobre - Première journée consacrée à notre installation sur St Leu et aux retrouvailles avec ma frangine, venue pour la circonstance, … mais une semaine trop tôt et qui doit repartir avant la course ! Tout faux ! On s’adore mais la com, c’est pas au point dans la famille ! Le soir on fait une bonne bouffe tous ensemble sur St Gilles, tout en faisant gaffe à pas trop forcer sur le rhum arrangé.
Les 2 jours suivants seront consacrés à faire une petite sortie de 45’ pour faire tourner les jambes, avec Serge arrivé le Mardi, puis une ballade jusqu’au Cap Méchant pour estimer la durée du trajet et faire un peu de tourisme dans ce coin superbe où la grande houle de l’océan Indien sculpte les falaises de lave. Grandiose.

Mercredi 22 octobre - Récupération des dossards à La Redoute, où je retrouve Namasté et fait la connaissance de la famille 03 Oignon (Yves et Marie Chaumont) et de Joël Delmas, qui installé de fraîche date, ne court pas mais nous fait partager sa connaissance de la course qu’il a déjà fait 3 fois autour de 30h. Yves de son côté pense faire dans les 27-28h. Oups ! Respect.
Si la remise des dossards est relativement rapide, le sketch de la remise de la casquette et des babioles nous prends 2h, tout ça pour nous faire passer devant les sponsors prompts à vanter à chacun les mérites de leurs produits. A la fin, ça devient franchement gonflant, même si ça nous donne l’occasion de papoter avec Namasté, et de découvrir incognito, un autre UFO, forumiste à ses heures, Philippe Diaz (BipBip). C’est super de mettre un visage sur tous ces pseudos, d’autant que tout le monde rivalise de gentillesse, générosité et simplicité.
Il fait nuit depuis bien longtemps quand on quitte le stade.
Le jeudi sera consacré à la préparation des sacs et à une petite ballade autour de St Leu, pour s’aérer.

Avant-course

Après une dernière soirée consacrée en grande partie à défaire et refaire plusieurs fois tous les sacs de ravito déjà bouclés, et à mettre au point la logistique avec Dany et Monique, je me couche vers 22h30.
Impossible de fermer l’œil, mais pas grave. A 1h branle bas de combat, p’tit dej rapide (café noir + gatosport) et départ de St Leu à 1h30.
Après St Pierre, les premières gouttes de pluie apparaissent, en même temps que la circulation se densifie. La pluie augmente. Premier stress avec la circulation bloquée bien avant le Cap Méchant et des coureurs qui quittent les voitures pour rejoindre le départ en courant. On continue au pas puis avant de bifurquer vers le stade on descend aussi, déjà équipés. La pluie tombe toujours mais je reste en tenue de course. Le contrôle des sacs se passe très rapidement, et il est pas encore 3h30, quand nous sommes fin prêts. La pluie redouble par intermittence et chacun cherche à s’abriter.
Dur, dur, mais je repense aux récits de l’UTMB (Ultra Trail Mont Blanc) et me console en pensant qu’au moins ici il ne fait pas froid.
Pas de maillot UFO en vue, faut dire que tout le monde a «l’uniforme Grand Raid » et ses sponsors à la clé.
On s’approche de la ligne, 20’ avant le départ, qui sera repoussé d’un bon 1/4h, because les bouchons n’ont pas permis d’enregistrer beaucoup de coureurs. Don’t acte, on n’est plus à ça près.

Le départ

4h15.- Cap Méchant – O km. La meute est lâchée. Après les 200 premiers mètres où on arrive à peine à avancer, ça accélère franchement. Beaucoup de mal à se discipliner et à laisser tout le monde partir devant, d’autant que les premiers km sont très roulants.
Jusqu’à la fin de la Route Foretière (RF) des Camphriers, alternance de course et marche.

6h05 – Fin RF Camphriers - 15,9 km – 720 m D+.
Un peu vite. 3’ de blocage pour le contrôle. Ca râle déjà mais j’apprendrai plus tard qu’il ,y a eu plus de 30’ d’arrêt pour certains.
Les choses sérieuses commencent avec la montée Puy Ramond par le GR2. (1700m D+ en 7,8km ) qui est beaucoup plus raide qu’en 2002, où on arrivait au même endroit avec 1600m D+, mais sur 12,5km. Pas du tout la même chose
Il ne pleut plus et le sentier n’est pas trop gras. Encore bien en jambes je grimpe en rythme, sans trop forcer.
Ca ne dure pas et assez vite j’en ai marre de grimper toujours le nez dans le c.. de celui ou celle qui précède. Un premier coup de moins bien, que je surmonte, mais FocFoc se fait attendre, surtout que j’ai bu plus que prévu et que depuis une bonne heure je suis à sec, les 1,5l de caloreen du départ et les 0,5l de coca dilué étant insuffisants.

9h00 - FocFoc - 23,7 km – 2422m D+.
Enfin le ravito où je fais un plein rapide, avec grignotages en prime.
On rejoint le poste du volcan en longeant la crête de l’enclos Fouqué. Le paysage est toujours grandiose d’autant que le soleil est maintenant bien là.
J’ai pourtant pas le cœur à faire du tourisme et je ne prends pas de photos alors que j’ai un numérique de combat accroché au sac. Je paie cash un départ trop rapide, et le sentier beaucoup plus long qu’en 2002, n’en finit pas. Enfin, on commence à croiser régulièrement des promeneurs qui ont toujours un petit mot sympa, et les premiers « allez Jacques », font un bien fou, et me relancent jusqu’au poste du volcan.

9h40- km 30,9 – 2518m D+.
Je pointe au volcan où Michel Jourdan (Laréunion) officie. Je le salue brièvement, car il ne peut quitter son poste et moi j’ai hâte de retrouver Dany.
Je ne peux retenir quelques larmes en la retrouvant avec le sac et le ravito prévus.
« C’est vachement dur, j’me rappelais pas que c’était si dur ». C’est tout ce que j’arrive à dire et je la bassine au moins 10 fois avec ça.
Il me faut bien 1/4h, pour enfiler le maillot UFO et changer de chaussettes. Au passage je vois déjà que malgré les soins préventifs, les pieds c’est pas ça, avec plusieurs ampoules mahousses costo qui illuminent et font craindre le pire pour la suite.
En partant, je croise BipBip qui vient d’arriver. On se raconte nos p’tites misères et je repars en marchant le temps de finir de grignoter.
Dans la plaine des sables j’alterne marche et course en faisant très attention dans les descentes car c’est dans cette portion que je m’étais blessé aux adducteurs l’an dernier. BipBip me rattrape assez vite, et je le laisse partir. Le gaillard a l’air hyperfacile et prend le temps de faire des photos. Je me demande à cet instant s’il est vraiment très fort ou s’il a pas un peu oublié les 100km et 6000m D+ qui restent à avaler. En fait il est très fort….
De mon côté je prends le temps de payer mon tribut à la nature (que du bonheur !) et soulagé, je continue vers le pied du rempart.
Dans une descente, je me laisse un peu aller et paf !… Je bute sur un rocher et m’affale dans les scories. Le gars devant s’inquiète mais tout est OK, à part l’avant bras et la cuisse droite sanguinolents. Plus de peur que de mal, c’est juste le vernis qui est parti. Le souvenir de l’an dernier ressurgit et à partir de là je fais gaffe à mes appuis.
La montée du rempart jusqu’à l’Oratoire Ste Thérèse se passe tranquillou sans pb particulier.
Changement progressif de paysage en allant vers Piton Textor. On quitte le monde minéral et le soleil pour la végétation et la brume.
Le portable sonne. J’entends pas grand chose et ne reconnais pas mon interlocuteur. Je donne ma position approximative avant que ça ne coupe et repars en pestant contre mon phone. (Désolé Joël, c’était super sympa de penser aux UFO’s en course ).

11h00 – Piton Textor – 40,1km – 2913 D+
- Arrivée très sympa, dans le brouillard mais sous les encouragements de nombreux spectateurs – promeneurs. A peu près 5’ de pause pour refaire le plein de la poche à eau, manger un peu et ça repart, toujours en alternant marche et course.
Plus ou moins consciemment je lève le pied, car cette portion (jusqu’à Mare à Bout) pourtant roulante (malgré quelques passages de clôtures sur échelles, et qui par ailleurs fait plus penser à la Normandie qu’aux tropiques) est le pire souvenir de ma première édition.
C‘est par là que Serge que je n’avais pas vu depuis les 10 premiers km, me double. Je ne cherche pas à le suivre et continue à mon rythme avec un petit groupe de coureurs.
Arrivé sur une partie bétonnée, je cours jusqu’à la RN3 où il y a foule et où je retrouve Dany venue à ma rencontre. On fait ensemble (et ma foi, à bonne allure.. !) les 3-400 m qui nous séparent de la voiture.

12h15 – RN 3 - 48,7 km – 3070 D+.
Je retrouve Serge arrivé depuis quelques minutes. Je me change complètement, avec en prime un nettoyage et un auto massage des gambettes. Je laisse à côté de moi la lampe frontale qui ne m’avait pas quitté et que j’avais entortillé autour du poignet. Dany m’aide à faire le plein en boisson et gels et en bouclant le sac , me demande si j’ai besoin de la lampe. Je réponds machinalement non, pas avant Cilaos.

Il est 12h36, quand je repars en trottinant 10’ après Serge.
12h48 – Pointage à Mare à Bout et 50 m plus loin contrôle des sacs ( ??!!??) avec vérification du matériel obligatoire. Tout y est sauf la lampe que je ne retrouve pas, Dany ne l’ayant pas remise puisque je n’en avais pas besoin. CQFD !.La préposée au contrôle me demande d’aller la chercher, Impossible ! J’ai déjà fait 2 bornes et la voiture est déjà repartie pour Cilaos.
J’essaye en vain de plaider ma cause. Très remonté, et ne voyant pas de solution, je m’apprête à rendre mon dossard et à continuer hors course. Un bénévole me calme gentiment et me propose d’aller avec lui jusqu’au ravito, car des gens ont abandonné et pourraient me prêter une lampe. Je ne crois pas que sur ma bonne mine, quelqu’un puisse me confier sa lampe. Enfin je le suis quand même. Rien, nada, nothing. Le ciel me tombe sur la tête, et je retourne penaud vers le poste pour rendre mon dossard.
« Alors, vous avez trouvé une lampe ?»
La question me fais sursauter. Je reconnais la femme qui m’a contrôlé. Elle me dit que si je veux bien attendre 10’, elle peut peut-être trouver une lampe dans sa voiture. Faut juste qu’elle récupère les clés… De fait, quelques minutes plus tard, elle me passe une lampe énorme, dont le faisceau porte à 50 cm au grand maximum. M’en fous ! C’est la plus belle lampe du monde, et je remercie chaleureusement mon bon génie (de la lampe…) en lui promettant de la rendre à la Redoute. Je passe fièrement le contrôle, m’excusant au passage de les avoir un peu saoulé.
Cet épisode ne m’a fait perdre qu’un gros 1/4h, pourtant ça m’a un peu miné et je n’ai pas trop la gniaque en repartant. Je ne cherche pas à forcer l’allure, d’autant que le Coteau Maigre ne l’est pas vraiment avec ce qui est tombé le matin.
Plus question de courir. La montée n’est pas violente, mais ça n’en finit pas.
Une jeunette qui fait le semi Raid me double. C’est l’occasion d’augmenter un peu le rythme. Je la suis jusqu’au sommet du coteau, où je fais une mini pause avant d’aborder la descente et les premières échelles. Ca passe bien et j’entame la montée vers Kervéguen, tout aussi interminable et grasse, surtout sur la fin. Il m’aura quand même fallu près de 2h30 pour faire 9 km et 1230m D+

15h22 – Coteau Kervéguen – 59,5 km – 4307m D+.
Je pointe et aperçoit Serge arrivé 3’ avant et qui se fait masser, car il se plaint de crampes. Je m’arrête 10’, le temps de quelques étirements, de manger et faire le plein avant la plus grosse descente de la course (825m D-, en 3km).
Moi qui suis un piètre descendeur, je m’aperçois que par rapport à l’an dernier, les 2 jambes sont bien là et tiennent pas trop mal. Sans faire de folies, je gère bien et arrive en bas à Mare à Joseph, 53’ plus tard , soit 1/4h de moins qu’en 2002.
Vite fait j’avale un Coca, car je viens de voir Serge à 150m devant. Je reviens sur lui et le passe rapidement. A ce moment je me suis « refait la cerise » et même si les cuisses brûlent un peu, j’éprouve un réel plaisir à courir après ces longues heures de marche sur des sentiers défoncés. Je gagne une vingtaine de places, y compris dans la ravine qui précède Cilaos, et qui oblige à un bon « coup d’cul ». En arrivant, je pense très fort au fiston, qui m’avait accompagné à cet endroit il y a un an, et je relance encore avant le pointage.

17h04 – Cilaos – 67,2 km – 4422m D+ .
Serge arrive 6’ derrière. J’avais prévu 45’ à 1h maxi d’arrêt, mais malgré une meilleure gestion que l’an passé, le temps passe très vite.
Nouvelle séance de nettoyage des gambettes. Avec des lingettes démaquillantes. Si, si, je vous assure, c’est génial ! Avant le massage, ça évite la queue pour les douches (froides…), c’est tout doux et ça sent bon la jeune fille en fleurs . Mouarf !!!…Vu l’odeur de fennec négligé que je dégage, à ce moment c’est pas du luxe . Re-mouarf !! .
Je file au massage. Y a foule sur les tables. J‘avise une adorable blondinette qui cache ses beaux yeux clairs derrière de fines lunettes, et lui dis que je cherche quelqu’un dans son genre pour s’occuper de mes vieilles jambes. Avec un sourire désarmant elle me dit n’être « que » podologue et que son domaine de compétences, s’arrêtant en dessous de la cheville, elle va essayer de me trouver une âme charitable. Je prends d’assaut une table qui se libère et attends une bonne dizaine de minutes, mon ange blond, qui arrive avec une élève kiné. J’ai enfin mon massage , qui est plus un moment de détente hyper sympa, qu’un travail de fond sur la musculature. Cela m’a quand même pris 3/4h.

Le temps de retourner à la voiture, de s’équiper pour la longue nuit, de manger 2 soupes chaudes et un peu de poulet grillé, on se pointe au contrôle à 18h43, après 1h45 d’arrêt. La nuit vient de tomber. RDV est pris avec les femmes pour Grand Ilêt, vers 6h du matin.
A ce moment, compte tenu du fait que le parcours est moins dur cette année entre Marla et Grand Ilêt, j’espère bien arriver plutôt autour de 4h-4h30.
Au début de la descente de la ravine de Bras Rouge, un petit groupe se forme. Je fais toute la descente en tête, sans forcer. Pourtant personne ne cherche à doubler.
Très vite je sens que je suis beaucoup moins bien qu’à l’arrivée à Cilaos. Je trouve que l’arrêt n’a pas été profitable du tout et qu’il aurait mieux valu enchaîner comme prévu initialement.
Passage du gué de Bras Rouge. Pause pipi. Je laisse passer le groupe. En partant grosse gamelle. Même pas mal ! La remontée vers le sentier du Taïbit est interminable. Cette partie a été allongée et les 2km et 180m D+ qui ont été rajoutés cette année me semblent le bout du monde. Surtout qu’il ne s’agit que des hors d’œuvre au regard de ce qui suit…
Gros coup de fatigue. Je m’arrête, prends le temps de bien boire et d’avaler un gel. Je repars tranquille, et retrouve peu à peu la cadence. Je mets ce coup de pompe sur le compte d’un début d’hypoglycémie et promets de m’alimenter plus régulièrement.
Plus haut j’aperçoit le ballet des lampes frontales dans la montagne, sans savoir si les gars sont déjà dans le Taïbit ou pas. Je prends quelques secondes pour admirer toutes ces lucioles qui apparaissent et disparaissent au gré des frondaisons. Le doux murmure du groupe électrogène poussé à donf, m’arrache à ma rêverie. Signe du poste de ravitaillement, et de la fin de ce p…..de passage, il me fait un bien fou.
Serge ne fait qu’arriver et je n’ai pas perdu de temps sur notre petit groupe.
Un gars que j’ai régulièrement croisé depuis le volcan et avec qui j’avais discuté un peu, veut rendre son dossard. J’essaye de le convaincre de continuer, que notre belle histoire d’amour ne peut s’arrêter déjà…,mais ça ne le fait même pas sourire et comme un automate, il dégrafe son dossard. « C’est pas grave mec, l’an prochain tu seras au top ! »
Je fanfaronne, mais en fait c’est plus pour exorciser les doutes qui m’assaillent aussi.
Ce serait bien de faire pareil, de se faire ramener à Cilaos, une bonne douche, un bon somme et basta. Zzzzzz…..
Merde, c’est pas ça la Diagonale ! Je me secoue, pense à tous ceux qui sont derrière moi, qui me soutiennent, au fils qui n’a pu venir mais qui me suit à distance portant le T-shirt de l’an dernier. Je me remémore les récits des UFO’s que j’ai lus et relus avant de partir. Ceux de l’UTMB, du Mercantour, du magnifique Spartathlon d’Annick, et tous les autres, centbornards ou adeptes des 24h.
Tous ont eu ces états d’âme et les ont surmontés. Y’a pas de raison, je peux le faire et d’ailleurs je l’ai déjà fait. Na.
Un grand coup de Coca, un gel et une tranche de pain d’épices plus tard, c’est un homme neuf qui part à l’assaut du Taïbit. Il est pile 21h.
On part à 2, mais on se retrouve fréquemment à 4 ou 5 au gré des pauses et des gens qu’on rattrape. L‘allure n’est pas très élevée, mais régulière.
A mi pente, un ravitaillement avec des rastas qui proposent des tisanes un peu bizarres… Courageux, mais pas téméraire, je décline et me contente de siroter le caloreen de la poche à eau.
Après un peu moins de 2h de montée, on arrive au col et sans répit on attaque la descente sur Marla. Le sentier est sec et plutôt poussiéreux. Les glissades sont fréquentes mais à peu près maîtrisées.
Par moment on se fait doubler par des « avions ». Je me demande ce que des gars capables d’aller aussi vite, font à cet endroit, à ce moment. Ils ont dû roupiller pas mal à Cilaos Je ne vois que ça.

23h35 – Marla – 79,5 km – 5755 D+.
Tout comme l’an dernier la magie opère. Un accueil chaleureux, et des bénévoles aux petits soins, toujours à l’écoute, qui vous font penser à chaque fois que, pour eux, vous êtes la personne la plus importante au monde.
On a le droit à une super soupe (même Serge apprécie, c’est peu dire, quand on connaît son goût prononcé pour la bonne cuisine !). Il y a même des petits canapés avec, jambon, saucisson, pâté, que 2 personnes préparent sans relâche.
Marla c’est une étape merveilleuse, au bout de nulle part, mais faut pas s’y attarder, car ce peut être un piège redoutable dont on a du mal à partir.
Au bout d’1/4h on repart avec un petit groupe de Réunionnais. L’un d’entre eux qui a sa pile en rideau s’intercale entre Serge et moi qui ouvre la route. J’ai conscience de le freiner un peu, m’en excuse, mais « lé content même, mi compren » Tout baigne.
Cette fois on ne fait pas le détour par 3 Roches, qui avait été usant moralement et physiquement, dans les éboulis. On avance pas trop vite, mais avec le souci de pas se mettre dans le rouge.

1h25 – La Nouvelle – 85 km – 6011m D+.
On s’attarde pas. 2 grands verres de Coca dilués, ti soup’ chaud’ et on enchaîne. Direction le col de Fourches et ses p.&(-ùà# de m.#&%@ de rondins glissants…. On progresse en colonne et en silence. A tour de rôle on se double, arrête, se redouble, mais ça avance, inexorablement.
Une grande lassitude m’envahit progressivement. J’en ai marre. Je voudrais aller plus vite, être plus loin, avoir déjà fini. Les jambes pèsent des tonnes. Du mal à se raccrocher à quelque chose de positif. Refrain archiconnu : encore un « coup de moins bien ». Sur le coup ça fait c…., mais ça passe, avec un break, un bon coup de biberon, 1 gel et 1 barre. Redémarrage en douceur avec un moral tout neuf, et sans forcer je reviens sur le groupe où se trouve Serge
On passe ainsi le col de Fourches, et la Plaine des Merles, très pénible avec ses ornières en dévers. Il nous faut encore plus d’une heure pour arriver à la RF de Bord Martin. Encore 7 km et c’est Grand Ilêt. Comme la route forestière est large et qu’après c’est du bitume, je pense courir comme à Cilaos. Mais là les jambes et surtout la plante des pieds qui me brûle ne sont pas d’accord, et après quelques foulées et une gamelle évitée de peu (ah ! ces fichues rigoles d’évacuation des eaux !..), je me résous à marcher. J’allonge le pas, tends la jambe, balance les bras, tortille le popotin et à bonne allure (moins d’1h pour les 7km), j’arrive à Grand Ilêt, tout surpris de croiser plein de gens qui semblent se promener, et qui ne sont pas avares d’encouragements.

5h15 – Grand Ilêt – 100,3 km – 6824m D+.
Je pointe dans les 350 premiers. C’est pas si mal, même si je me fiche de la place. Les femmes, prévenues par téléphone, sont là pour accueillir les héros, alors qu’elles sont au moins aussi fatiguées, n’ayant pu que somnoler après 5h de routes de montagne et de nuit pour arriver de Cilaos. Ca aussi c’est de l’ultra.
Serge arrive 10’ plus tard, alors que je suis déjà en salle de massage. Bonnes nouvelles : pas de grosses contractures, les jambes ont l’air OK. Les pieds par contre c’est pas terrible, et on me conseille de voir les podologues. Vingt bonnes minutes d’attente. Moi qui espérais une petite mignonne pour me dorlotter, c’est un solide gaillard qui m’entreprends. Devant le chantier qui se présente, il en appelle 2 autres ! Serais-je un cas pour la science ? La plante des pieds me fait beaucoup souffrir et je lui commande un ressemelage complet (Collodion + élastoplast). Lui est obnubilé par les ampoules qu’il voit un peu partout et s’y attaque. Ca me fait bondir . Je ne supporte pas du tout cette douleur. La fatigue sans doute, mais surtout le fait que je trouve ça inutile alors que c’est la plante des pieds qui m’empêche de courir. On s’énerve un peu, et il arrête les ampoules pour s’occuper de mes « semelles ».
Il est déjà 6h30 quand je rejoins Dany. Je grelotte et elle me prépare une soupe chaude. Plus grand chose d’autre ne passe et je me force à avaler un peu de gâteau de riz, en repensant aux récits UFO’s et aux dégâts que peut faire une hypoglycémie bien ancrée.
Je me change de pied en cap et opte pour une petite 1/2h de sieste dans la voiture. Serge itou. J’arrive assez vite à somnoler et à 7h pétantes la montre me réveille. Cette petite « perte de connaissance » programmée m’a fait du bien. Serge lui, râle dans sa moustache qu’il a pas fermé l’œil because je ronflais. Qui ? Moi ? Nooonnn ! J’avale un grand café, et avant de reprendre le dossard je retourne chez le podo qui me beurre copieusement les pieds, puis les chaussettes de crème anti-frottement. Quand j’enfile les chaussures j’ai l’impression de patauger dans de la mayonnaise, mais au moins je suis soulagé. Le podo a toujours l’air navré de pas avoir pu soigner toutes les ampoules. Je le remercie très sincèrement du boulot fait et m’excuse d’avoir râlé tout à l’heure, alors qu’il faisait son job. «C‘est pas maintenant qu’il faut dire merci, c’est tout à l’heure à La Redoute. Allez vas-y, et bonne route» Il a l’air aussi naze que moi et pour lui non plus ce n’est pas fini. Des casses-c……. dans mon genre il va sûrement encore en voir des dizaines.

Il est 7h33 quand je récupère mon dossard et Serge, déjà prêt. Pour lui qui s’était arrêté là l’an passé, c’est l’inconnu. Pour moi il faut une nouvelle fois aller au bout, si possible avec un meilleur temps (38h). Sur la route qui mène à la Roche écrite, je ne trouve plus le challenge très motivant. Je sais que de toutes façons je ne ferai pas une grande perf, et j’ai pas envie de me faire mal.
On se traîne et il nous faut 25’ pour rejoindre le pied du sentier. Je passe en tête et dis à Serge de rester collé à mes basques, qu’on va essayer de monter tranquillous mais sans arrêts, comme je l’avais fait l’an dernier avec une solide randonneuse (d’un âge plus que respectable et qui m’avait superbement piloté dans l’ascension). On avance lentement mais sûrement, en se ménageant plusieurs pauses de quelques secondes pour bien s’hydrater. On se fait rattraper mais on double encore plus de monde.
«Combien de temps encore après les câbles ?» La question vient de l’arrière. « A l’allure où on va, au moins 1/2h !» J’ai répondu spontanément et sincèrement. Le silence qui suit en dit long sur le ras le bol général, après une heure et demie de grimpe et d’escalade en continu.
Les premiers câbles apparaissent enfin. Peu après, moment d’émotion et de recueillement devant la stèle en hommage à Guus Smit qui avait basculé là l’an dernier. Quelques fleurs blanches ornent la stèle et entourent sa photo où son regard clair et déterminé incite à continuer. Comme sans doute à beaucoup d’autres ça me stimule et me fait oublier mes bobos. Comme s’il poussait derrière je retrouve du peps et les jambes sont plus légères sur la fin.

9h58 – La Roche écrite – 105,3 km – 7950m D+.
Un peu moins de 2h pour monter, soit seulement un gros 1/4h de plus qu’en 2002. On a bien limité les dégâts, dans le final.
Belle ambiance au sommet avec la responsable du poste qui, avec une pêche d’enfer, coache tous les arrivants et les oblige à embarquer au minimum 1,5l d’eau avant de repartir, because pas d’eau potable au gîte des Chicots ( ?!!?). Serge repart très vite. Je prends le temps de manger du pain d’épices et de bien boire . J’entame la descente sur les dalles de lave surchauffées et sous un soleil qui commence à cuire bras et jambes. Les pieds me font de nouveau souffrir et je ne peux pas courir sur le dur. Je rejoins rapidement Serge qui n’est pas très vaillant et qui ne voulant prendre aucun risque pour finir veut continuer à son rythme. Je le laisse et marche d’un bon pas, jusqu’au gîte des Chicots.

10h52 – Gîte Chicots – 109 km – 8040m D+.
Je pointe et enchaîne illico, l’interminable succession de montée-descente-montée-descente qui va durer près de 3h jusqu’à la RF d’Affouches en passant par Dos d’âne et Piton Fougères. Cette portion est très dure à gérer mentalement, car on pense tous que la course finit à la Roche écrite, alors qu’il reste encore près de 30 km de montagnes russes, qui demandent à chaque fois un coup de cul à la montée, suivi d’une descente souvent glissante avec des racines, et peu de moments pour récupérer. Heureusement, les paysages sont toujours aussi fabuleux, avec des passages en ligne de crête impressionnants.
Mais que c’est long ! Usant. En plus les indications sur le temps d’un poste à l’autre et sur le kilométrage restant sont plutôt fantaisistes quand elles ne sont pas incohérentes.. Pour l’exemple on m’annonce plus que 13 km à Dos d’Ane et 1h après, avant la RF j’en suis toujours à 13 km. J’ ai même pensé m’être planté de chemin, en fait non.

13h36 – Kiosque RF Affouches – 117,6 km – 8321 m D+.
Je pointe et fais le plein de coca dilué a peu près à ½, que je rajoute directement au reste de caloreen + hydrixir de la poche à eau. C’est un merdier innommable, sans doute un défi aux règles élémentaires de diététique, mais je m’en fous. C’est buvable, c’est tout ce que je veux.
J‘attaque la route forestière en courant comme l’an dernier. La foulée est plaisante, mais très vite je dois déchanter car la plante de pieds me brûle. J’insiste un peu sur 1 km, mais je préfère assurer en marchant dans la 2ème moitié. Je prends conscience que pour mes ambitions chrono sous les 35h c’est râpé. Je fais route un moment avec un jeune couple de Suisses, dont l’homme est un bavard intarissable mais très sympa. Je les laisse filer. Je n’y crois plus et je me fais doubler encore par quelques « avions », mais aussi par la plupart de ceux que j’avais doublés en courant
Coup de fil à Dany pour une arrivée autour de 16h – 16h30. Ca met du baume au cœur.
Je croise un promeneur : « C’est encore loin Colorado ? ». « Vous-y êtes, encore une bonne 1/2h. ». C’est déjà pas encourageant, mais quand 100m plus loin, je passe une pancarte indiquant « GRR 125 », alors que je sais l’arrivée être encore à plus de 6 km derrière Colorado, là je touche le fond ! Ou les indications kilo, c’est du n’importe quoi, ou la course fait plutôt 135 – 140 km. Du coup je rappelle pour une arrivée vers 17h30.

15h10 – Colorado – 125,6 km – 8385 m D+.
C’est moins nul que je pensais. Je rassemble les 3 ou 4 neurones en état de marche, qui me restent, secoue la tête pour établir la connexion, et calcule que c’est encore jouable pour moins de 36h, si je fais le même final que l’an dernier. Le hic c’est que le ressort est cassé et je n’ai pas envie de me ruiner davantage les pieds, ni de me battre pour quelques minutes.
La descente est encore très cassante. Je rejoins quelques éclopés qui finissent bien cassés, mais je me fais aussi pas mal doubler. Je suis rattrapé peu de temps avant la fin de la descente par un coureur et son amie venue à sa rencontre. Pour donner un peu de piment à la fin de course, je relance un peu pour ne pas me faire dépasser. S’il est plus fort, faudra qu’il le prouve, me dis-je in-petto (c’est une langue que je pratique couramment en course …). Le bougre talonne. Arrivé sur la route, j’en remets une couche. Lui aussi l’effronté ! On accélère toujours à l’entrée du stade. Je ne sens même plus mes douleurs. Un cadet 1ère année !

18h28 – Stade de la Redoute – 130,6 km – 8385 m D+.
On en sourit, et au moment où j’allais lui dire « on finit ensemble », il me prend la main et on passe la ligne comme ça, au bout de 36h 13’ (sans même savoir que B. LAVAL et V.DELEBARRE en avaient fait de même, pour la 2ème place). Notre arrivée a surpris le photographe sur la ligne qui n’a pas eu le temps de dégainer. Dommage pour la postérité. On se congratule, ravis de s’être tirés une bonne bourre, même si ce n’était que sur quelques centaines de mètres.
Séquence émotion à l’arrivée quand on retrouve les siens, où on ne cherche même pas à retenir ses larmes de joie de les retrouver alors qu’ils ont toujours été avec nous en pensée, de joie d’avoir fini, d’être allé au bout, même si le côté « champion du monde » qui avait été si magique, n’est plus là.
Je prends bien le temps de savourer ces instants merveilleux qui alimentent la passion et qui font que, vannés, meurtris, usés, on veut vite repartir pour en vivre d’autres. Je rappelle Olivier qui avait cherché à me joindre sans succès. J’essaye de raconter la course, mais les mots me manquent. Il est hyper content de me savoir arrivé, d’avoir amélioré mon temps, lui qui avait été marqué par la course de l’an dernier et qui n’était pas trop d’accord pour que son père aille encore faire le fou. Mi lé bien.
Je finis par aller prendre une bonne douche. Ca prend un temps fou, car ça papote dans tous les coins, chacun voulant faire partager ses misères, ses anecdotes, ses émotions, aux interlocuteurs de passage. Entre fêlés… A propos de fêlés, pas vu d’UFO’s. Sans doute sont-ils arrivés et déjà repartis. En sortant je cherche la tente des kinés, mais il n’y a que des podologues. Les kinés sont tous mobilisés à l’arrière sur Cilaos et Grand Ilêt. Un peu déçu, car l’an dernier l’organisation avait pu satisfaire tout le monde.
La podologue qui m’explique cela, avise mes pieds destroy, et me propose avec une moue gourmande (qui en dit long sur son degré de sadisme….) de s’en occuper. Echaudé par ce qui s’est passé a Grand Ilêt, je refuse, et avec l’énergie du désespoir, je me sors de ses griffes, clopin-clopant. Ouf ! je l’ai échappé belle.
Malgré la température, je grelotte et vais prendre un carry – poulet – dodo, qui passe bien. La nuit est tombée et on attend toujours Serge qui s’est annoncé dans le Colorado. Il arrive sur le coup de 19h et finit (en courant SVP !) en 38h45. On le mitraille et la ligne à peine franchie, il se fait interviewer par une radio locale. Une star est née… Il ne manifeste pas une joie débordante. C’était, à faire, il l’a fait. Point. Il est en règle avec lui-même.
Retour au bercail. On se cale à l’arrière de la voiture. Les 3 heures d’attente sur le stade ont fini de m’achever et c’est un vieillard qui s’extirpe péniblement de la voiture. Rapide dîner avec 2 mégas pizzas achetées dans un camion au bord de la route. Avant de me coucher je me masse longuement les jambes, ainsi que les 2 trucs douloureux et informes qui sont accrochés aux chevilles et qui s’appelaient des pieds…

Dimanche 26 octobre
- Une nuit agitée( mais réparatrice), plus tard, on découvre au p’tit dej. Serge en photo dans les 2 journaux de l’Ile, pris en plein effort au sommet de la Roche écrite. Une star, j’vous dis !..
Coup de fil à ma petite mère. Elle est toute contente de m’avoir. Très fière de son « pôtit gars » !.Se préoccupe de mes jambes (au moins pendant ce temps là elle ne pense plus aux siennes...), et trouve que je devrais quand même arrêter les « bêtises ». « T’inquiètes m’man, il sera bien temps quand j’aurai 30 ans !.. ». Elle rit de bon coeur. Super
Coup de fil à Joël DELMAS, pour avoir des nouvelles du front. Il me raconte son périple pour suivre la tête de course entre Marla et La Nouvelle. Impressionnant, notre « gascon z’oreille » !
Coup de fil à Namasté.Je le réveille car en fait il a fini plus tard avec le péroné en bandoulières et tendinite à la clé. Fatigué, mais heureux. Super ! Lé pas belle la vie ?!!
Après un solide repas chez des amis Réunionnais de Serge, retour au stade. Tout de suite je vois Namasté et on s’étreint spontanément. Il a les yeux qui pétillent et qui racontent tout ce qu’il ressent et ne dit pas. Je retrouve dans son regard toute la magie que j’ai ressenti l’an dernier. Lui aussi est champion du monde !
On se place pour avoir le diplôme. Dans la suite de la remise des dossards et de la casquette avant-course, c’est un bordel sans nom. On comprend assez vite qu’on nous fait poireauter pour conserver un max de monde à la remise des prix, afin d’écouter, non pas les coureurs mais les sponsors et surtout les chers z’élus. Plutôt nul, mais bof !! On retrouve dans la file les « 03 Oignon » (Yves et Marie) et on se débrouille pour récupérer en bloc les diplômes. Retrouvailles scellées au stand Dodo, où on s’attarde en se racontant la course et quelques anecdotes (faudra qu’Yves nous parle un peu sur le forum de ses 27h, mais aussi de l’ « ascenseur » dans le col du Taïbit…) Après le final du feu d’artifice on finit par rentrer, chacun de son côté.

Epilogue (provisoire)

Le Grand Raid reste une course fabuleuse. C’est peut être pas la plus longue, pas la plus belle, pas la plus dure, pas la plus démente, mais si l’on conjugue tous ces paramètres c’est sûrement la plus complète et la plus attachante, avec au-delà du parcours grandiose, la gentillesse et la disponibilité des bénévoles qui en font la légende.
C’est une aventure personnelle avant tout, où chacun trouve sa motivation, ses limites, le moyen de les dépasser, et se retrouve tout simplement. Aventure personnelle mais qui s’appuie sur toute une communauté où le mot solidarité n’est pas galvaudé et est autre chose qu’un support médiatique, et où l’on puise dans le regard, les encouragements et la souffrance des autres, l’énergie pour continuer à avancer.
Jacques LE LAN (PAP) – Dossard 145
36h13 – 462ème /1293 arriv (2000 partants) – 50ème VH2


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