Récit de la course : Mascareignes 2021, par banditblue29

L'auteur : banditblue29

La course : Mascareignes

Date : 22/10/2021

Lieu : Hell Bourg (Réunion)

Affichage : 920 vues

Distance : 74km

Objectif : Pas d'objectif

6 commentaires

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Le grand raid de la Réunion - Mascareignes 2021

Arrivée sur l’île de la Réunion

Pied de pilote monstre… Arrivées à l’aéroport de Marseille à 12h00 pour un départ à 15h30 vers Paris. Quoi qu’il en soit, tout se passe bien et on descend à Saint Denis à l’horaire prévu …. Un bémol, j’ai la tête dans un compteur à gaz. Le mal de tête ne fait que s’amplifier au cours de la journée (ça fait bien longtemps que je n’ai plus pris de paracétamol… Même qu’on n’en a pas dans les valises). A 14 h, on prend possession de notre location.

2 petites heures de repos plus tard nous voilà en route pour Saint Pierre pour le retrait des dossards. Du bol, on chope une place de stationnement à 100 m du début de la file d’attente. A 16h30, je me cale dans la file qui commence au bas de la place de la mairie (à droite). Je ne sais pas encore que cette fameuse file fait le tour de la place… Il est 18h30 quand je termine mon périple dans les différents stands, j’ai tout ce qu’il faut !

Quand on rentre, je coupe la puce du trail de haute Provence qui était accrochée sur mon sac depuis 2017 et je la remplace par celle de la Mascareignes 2021…. J’installe mon dossard sur ma ceinture porte dossard et termine la préparation de mon sac. Quand je me couche, j’ai toujours mal au crâne.

Le lendemain, ça va mieux mais je le sens prêt à revenir à la première occasion. Rien d'étonnant, je gamberge à fond....

Jeudi 21/10 – Vers Hell Bourg

Après avoir psychoter sur la position de l’arrêt à Saint-Gilles de l’autocar qui doit nous ramasser pour monter à Hell-Bourg, je me fais « livrer » sur un plateau mon tee-shirt de la course que je n’ai pas pris (il parait qu’il faut l’avoir au départ). Merci le staff !

Un convoi de 10 cars se présente avec 2h de retard. Nous étions dans l’attente depuis 19h… Le trajet se passe bien, certains somnolent. La montée vers Salazie est sportive pour les chauffeurs… Le croisement dans les virages avec les voitures qui redescendent c’est chaud…..

Vu le retard je prends ma collation d’avant course dans le car (œufs durs et banane) et profite des derniers virages pour me tartiner les pieds de Bépanthène (crème qui n’a pas trop d’odeur à la différence de la Nok que je ne peux plus sentir… Le type derrière vient de s’en enduire allégrement les plantes de pieds …. Et…. Beurk, ça pue !).

Déchargement des coureurs en haut du village, mise en jambe par l’ascension pédestre vers le stade. Dépose du sac d’affaires de rechange pour l’arrivée à la Redoute, ébauche de prise de file pour un café…. Mais devant la longueur de l’attente, j’abandonne l’idée, m’enquérant plutôt d’un « petit coin » à l’écart.

Le fond de l’air est frais mais je ne veux pas sortir ma veste (trop galère à ranger après, dans sac de 5 litres de contenance, où tout le matos obligatoire entre au chausse pied !). Pour me réchauffer, je superpose les couches…. J’ajoute le tee-shirt de la Mascareignes, les manchettes, les gants longs, le tour de cou….  Au cas où, j’ai aussi emmené le pantalon coupe-vent qui va voyager en lieu et place des bâtons (qui sont interdits) sur le dos du sac.

Franchement très limite question préparation…j’appréhende. Je ne goûte pas l’ambiance. Pourtant les courses du GRR sont réputées très techniques (peu de zones où il est possible de courir de manière continue) donc y a pas de raison que ça ne passe pas pour rallier la Redoute. Je manque de repères.

Je prends le temps de faire un test de la frontale (j'ai toujours de souci avec la batteries en général). Ma Hekla clignote à peine allumée (signe d’usure précoce de la batterie ?!) alors que j’ai vérifié les deux batteries en métropole (j’ai vidé chaque batterie en laissant la lampe allumée en continu sur 200 lumens dans l’entrée de la maison, l’extinction a pris un certain temps) et dans l'appartement hier… Je change la batterie. Tout semble être ok... Etant quasi certaine que je finirai de nuit, je décide de me 'rationner", je serai donc en mode économie. Je compte sur la concentration importante de coureurs jusqu’au lever du jour pour économiser ma réserve de lumens (j’ai aucune idée de l’autonomie suivant la puissance d’éclairement). A posteriori, cette lampe est donnée pour 15h à 200 lumens.

00h00, on entre par vague dans le stade d’Hell-Bourg. Je suis dans la 1ère (mais pourquoi ? Je vais me faire doubler sans discontinuer) l’herbe du stade est humide, ça refroidit l’atmosphère et augmente mon stress… Qu’est-ce que je fais là ?!

00h45, la vague 1 sort du stade et se dirige vers la ligne de départ. Dernières consignes de la directrice de course… : Faites attention à Bras Marron, au bas de la descente vers Ilet à Vidot, la piste 4x4 peut être une première occasion d’entorse… Seulement 6 km après le départ, je vais me méfier... Derrière, il nous restera 2 semaines de vacances...

Départ de la 1ère vague – km 0 – Vendredi 22 octobre – 01h00

Et voilà, c’est parti. On fait un tour de village avant de prendre la direction de l’Ilet à Vidot, je me retrouve assez vite seule, dans le noir avec ma lampe en mode "éco". Les premiers de la deuxième vague me doublent, c'est encore de la route.

Bras Marron – km 5,8

Je fais gaffe à ma pose de pied…. D’ailleurs la cheville gauche part assez vite sur un appui hasardeux. Longue montée vers la plaine des merles, je me fais continuellement doubler mais dans l’ensemble, je suis assez régulière. J'ai chaud mais je ne veux pas prendre 5' pour retirer le maillot de GRR.

Plaines des merles – km 15,9 – BH 06h00 - D+ 1495/D- 810

Une heure de marge sur la BH. Embouteillage monstre, alors je fais le plein en eau, ajoute ma poudre (j’ai un peu la nausée, je regrette de ne pas avoir emmené du bicarbonate). J'ai pu m'assoir pour faire la manip', c'est cool.  Dans la cohue du pointage, j'ai froid. Y a déjà des gens qui ont besoin de massage. Je suis surprise...?! Sensation différente pour moi, j'ai plus sollicité mes fessiers que mes ischios. Je ne traine pas, j’attrape quelques trucs à grignoter (bananes et patates douces principalement) et je prends la direction du sentier Scout. Au début de la descente, j’ai des crampes dans les plantes de pied…. Une glissade intempestive déclenche un spasme musculaire assez violent sur mon mollet droit….. Le temps que ça me monte au cerveau, je finis par analyser qu'un début de déshydratation me guette…. En cours de route, comme je consomme essentiellement de l’eau (pour faire une pause de boisson énergétique), j’ajoute une pastille d’électrolytes au bidon.

Le lever de soleil sur Mafate est fantastique. Avec les différents reportages, je me rends compte a posteriori qu’en fait, on marche sur une crête…. Et qu’ensuite on chemine à flanc de falaise.

Aurère – km 26,6 – BH 08h45 – D+ 1813/D- 2060

J’ai toujours de très légères nausées. Je ne complète que le bidon d’eau auquel j’ajoute des électrolytes... Je n’ai presque plus touché à la boisson énergétique... Depuis le début, je me trimballe une bouteille vide de 25 cl, dans la poche arrière de mon maillot. Là, elle va me servir. J'y mélange un sachet de réhydratation pour nourrisson. J’en ai prévu 2 pour la course (un peu de rab' aurait peut-être été utile). Comme je m’y attendais, le mélange n’a pas un goût super (légèrement salé) mais je n’avais jamais gouté avant. Contre toute attente, ça me fait le même effet qu’à ma fille (à plus petite échelle) quand elle en prenait lors de ses épisodes de gastro-entérites. Je me sens très rapidement requinquée même si je sirote la bouteille par petites gorgées. En revanche, le dessous du pied droit commence à chauffer…. Les cuissots sont douloureux mais ça reste gérable.

Rivière des galets/ 2 Bras km 33,3 -BH 10h15 – D+ 1871/D- 2786

Le soluté a donné un regain de pep's au niveau des cuisses, les nausées sont parties, les crampes avec. Sur la fin de ce tronçon, j’en termine avec la course à pied. 2 passages à gué sur des rochers, pas de dérapage. Le soleil tape bien déjà. Là, je recharge en poudre et ajoute du sel dans le bidon d’eau. En repartant, trop pressée, je n’arrive pas éviter de mettre le pied droit dans l’eau en traversant la rivière des Galets… Le bain de pied bref est agréable mais je n’ai pas de chaussettes de rechange. Ça va se payer…. Nous voilà, dans la montée interminable de Dos d’âne,que je découvre... Bon de sortie du cirque de Mafate pour aller en direction de la Possession. Il faut s’envoyer 600 m de D+ en 5 km, sur un chemin assez irrégulier… Le grand Margès (Verdon) par « petite forêt » parait simple en comparaison (à voir si ça ressemble à l’Archas par le vallon d’Anduébis dans le Mercantour). Sur ce tronçon, je double plus que je ne me fais doubler. Je gère bien, même sans bâton, les mains sur les hanches. Une position que je ne pouvais pas tenir auparavant.

Jusqu’ici, mes tendons se comportent bien. Pas de douleur…. Certes, je fais de la randonnée rapide, pas de la course… Ceci explique peut-être cela… Il faudra que je le vérifie une autre fois sur une course moins technique (donc plus roulante).

Dos d’âne km 37,7 D+2600/D- 2870

A y est, je suis sortie de Mafate. Le robinet d’eau fraîche en haut permet de faire un complément de plein et de mouiller le tour de cou, que je trimballe, enroulé sur la sangle du sac. Pour se refaire une beauté, c’est top ! …. Faut maintenant, descendre vers la Possession. Ça va être long même si ça descend.

Chemin Ratinaud Km 42,4 BH 13h30 – D+ 2616/D- 3323

Les échauffements se sont transformés… J’ai des ampoules (dont une maousse sous le pied droit). Je tartine de crème mais le mal est fait. Va falloir gérer jusqu’au bout avec ça. Le soleil est maintenant plus souvent visible, alors je sors la crème solaire indice 50 (que je traine depuis 2 ou 3 ans). La nuque, les oreilles et les bras blanchissent après avoir été oints. M’enfin, les coups de soleil m’épargnent ce jour-là. Jean-David, un concurent de l'île me rejoint... Cela fait plusieurs pointages qu'on se retrouve... Depuis le sentier scout.... Là, ce sera la dernière.

Ce tronçon me semble interminable. Sans doute car le sentier est courable, sur d'assez longues portions. Mes ampoules m'en coupent un peu l'envie.... A vrai dire, je ne sais pas si j'en serai musculairement capable.Les 3 derniers km avant l’arrivée au ravitaillement de la Possession sont difficiles… Le bitûme amplifie mes douleurs, j’ai trop mal aux pieds. Dommage ça n’améliore pas ma moyenne…. Je me traine ! Cela dit...…. Pas moyen de faire la tronche et de se focaliser très longtemps sur ses bobos, car à tous les coins de rue et même au milieu de nulle part, il y a quelqu’un pour vous encourager.

La Possession km 52 - BH 15h45 – D+ 2792/D- 3913

A ce ravito, je découvre qu’il est n’est pas toujours aisé de slalomer entre les spectateurs et les assistances des traileurs, même en marchant. Vraiment, le grand raid est l’événement phare et populaire de l’île. Mieux que le tour de France, où finalement les coureurs sont assez inaccessibles. Je maintiens mon avance sur les BH (entre 1h et 1h15), malgré ça c'est loin d‘être faramineux. J’aimerai bien prendre le temps de me faire masser ou bien faire traiter mon ampoule par un podologue mais ce sera une autre fois. Je me prépare un sachet de réhydratation, en prévision du morceau à venir.

J’avoue, je n’ai pas étudié le parcours (en dehors du profil). Il reste 23 km… Il est 15h30. En théorie, ce n’est rien. Je table sur 5h pour en finir. Normalement je vais aller au bout, avec mes ampoules...

Je découvre que les quartiers d’orange au sel qui me laissaient un peu dubitative, sont finalement très bons. Je me souviens plus tard que pour la « téquila paf, » on se met du sel sur la langue avant de croquer la pulpe d’une tranche de citron. In fine, c’est pareil sans la téquila… Peut-être qu’avec de la vodka ?! Faudra essayer ça l'été prochain!

Ce n’est pas le moment de faire l’apéro…. Le verre de coca « tradi quand y en a » est toutefois apprécié même s’il manque de fraîcheur. 2 petites rondelles de saucisson viennent mettre un peu de gaité sur des tables de ravito un peu tristounes (heureusement que j’apprécie les bananes péi). Depuis la plaine des merles, je n'ai pas revu de patates douces.

La chaleur va monter en intensité (14h30 quand j’arrive à la Possession). En prévision du tronçon qui débute, je remplie les deux bidons (ma consommation avait été plus importante sur la partie précédente), et pour ce qui arrive ce ne sera pas du luxe d’avoir 1 litre et demi de réserve.

A peine 10 km à faire avec presque 2 km de route… Mais quelle route… ! On longe la N1 (route du littoral) pour gagner le chemin des anglais. Quand j’arrive au rond-point qui termine ce tronçon, un type surgit devant moi en me chantant une petite chanson, il a associé tous les spectateurs du carrefour à son délire de supporter…. La surprise est de taille, même si je mets quelques secondes à réaliser que cette chanson est bien pour moi et que surtout, je connais le type (un ami qui habite sur l'île depuis quelques mois) qui chante. Vu que tous les spectateurs t’encouragent par ton prénom, c’est difficile de capter que là, tu connais la personne (surtout quand tu n’attends personne). Bref, c’est très sympa (plus tard j’ai regardé la vidéo whatsapp qu’il avait faite, sans le son… Heureusement car il chante comme une casserole). Enfin, je profite qu’il me courre après de l’autre côté de la rue, avec enfant et poussette pour lui taxer un mouchoir, afin de nettoyer mes lunettes sur lesquelles j'ai fit une grosse trace de doigt, un peu plus tôt.

Et pam, j’attaque le chemin des anglais…. ! Punaise, ça grimpe sec et sur de la pavasse en lave de volcan…. Ça grimpe longtemps (Pourtant quand on a longé cette falaise sur la N1 en voiture, difficile d’ignorer que la falaise est haute…), ça n’en finit pas, il fait chaud, pas d’ombre…. ! Pas de lunettes de soleil... Vu le peu de place dans mon sac, j'ai privilégié une 2nde paire de verre blanc.... 

C'est long.... Ca fait mal aux pieds, ces pavés avec mes ampoules.... Je repense au cimetière du Père Lachaise où je me suis promenée lors de mon weekend choc parisien en septembre, sauf que là y a pas un pavé de la même taille et ils ne sont pas toujours alignés.

J’en vois pas le bout et je commets une erreur d’inattention. Je pars à gauche dans une ravine alors que le tracé remonte légèrement à droite. Bon, comme j’étais accompagnée à ce moment-là par une réunionnaise, je me suis vite recalée. Le soleil tape… Pourtant, c’est la fin de journée. La descente sur la grande Chaloupe fait mal… Mes petits petons supportent tant bien que mal, ces pavés mal rangés… J’ai du mal à croire que des chars à bœufs sont passés par là, dans l’ancien temps. Les pauv’ bœufs !

Ravito à la gare…. Pas de chaise, des palettes posées au sol devant les rails de l’ancien « ti’ train Lontan» (une ancienne locomotive est restée en « déco »), qui faisait la liaison entre les zones de production de canne à sucre de la côte est et ouest, Saint-Denis et le port. Les rails sont moins larges que partout ailleurs (1 m au lieu d’1m44), il reste 4 km de voies et la gare de la grande Chaloupe.

La grande chaloupe km 58,6 BH 18h00 – D+ 3152/ D-4252

Je fais les pleins d’eau et de miam. Depuis le début, j’ai un petit sac congélation qui me permet de prendre de la nourriture et de manger en chemin, dès la sortie du ravitaillement. Je le ressors à chaque fois… En temps normal, j’aime pas manger des mini tucs mélangés à de la banane écrasée et à d’autres victuailles mais ça permet d’optimiser le temps d’arrêt. Vu que j’ai trouvé les oranges au sel sympathique au ravito précédent, je m’en envoie quelques-unes…. Je me recrème les pieds une nouvelle fois, bien que cela ne serve plus à grand-chose (effet psychologique… ?). 

J’ai pas misé sur la boisson énergétique pour ce tronçon et le soluté de réhydratation n’a pas eu les effets salvateurs de la première prise lors du tronçon précédant…. Sans doute que j’en avais pas réellement besoin (pas de crampouillettes dans les plantes de pied, ni de glissade intempestive).

Le Colorado km 67,5 -BH 20h30 – D+ 3973/D- 4432

Dès la sortie de la grande Chaloupe, ça attaque sec sur les mêmes pavés que tout à l’heure…. Ca monte d’abord, pi ça redescend un peu, ça remonte… Pi ça redescend…. Y a beaucoup de route…. Mes ampoules n’aiment pas du tout…. Je ronchonne…. Je suis chiante en résumé. Je découvre au fur et à mesure de l’avancée, les variations de terrain. A un moment, quelqu’un me dit qu’on va monter jusqu’à la station météo, là-bas qui clignote en rouge sur la colline…. Argghhhh ! Mais c’est loin !?

On y arrive quand même au sentier qui doit nous emmener au parc du Colorado. Là, je sais que ça va monter tranquille… C’est raide mais ça passe. Au milieu, je fais une halte pour ressortir la frontale avant qu’il ne fasse nuit. Je suis en mode éco pour garder du jus…. Sauf que là, je suis majoritairement seule…. Et je monte en cherchant des prises sur les arbustes de chaque côté du passage pour me faciliter l’ascension. Je suis heureuse d’avoir mes mitaines de vélo… Sait-on jamais, des fois que j’attrape un buisson épineux par mégarde…. Ça n’arrive pas… Ouf !

Quand j’arrive à la station météo, je découvre que je ne suis pas encore arrivée…. Encore un bon kilomètre, toujours dans le faible halo lumineux de ma lampe, j’avance pas vite (la nuit, la sensation de vitesse est normalement accentuée mais là, ça marche pas....). Et enfin j’entends le groupe électrogène et je vois les lueurs du ravitaillement. Je n’imagine pas avoir mis près de 3 h pour parcourir cette étape.

Je n’espérais pas voir de podologue mais je m’assois (plutôt, je tombe presque en voulant m’asseoir dans le lit picot, l’assise est plus basse que ce que je croyais) sous la tente de secours… Les infirmières un peu désœuvrées, en pleine discussion sur le couple Jalabert engagé sur la diagonale me tombent dessus pour savoir si j’ai un souci. Ben non, j’ai juste mal aux pieds… Et je veux crémer pour la dernière fois. Dans l’intervalle, je vois arriver deux gars avec 5’ d’écart entre eux (je les ai vu fréquemment pendant les dernières heures) qui demandent si y a des poches de froid ou de la bombe pour calmer leurs TFL douloureux…. Avant la descente…. Réponse négative. Je retrouverai le premier dans la descente un peu plus tard. C’est au Colorado, que j’ai mon meilleur classement (782ème).

Stade de la Redoute – Saint Denis BH 22h00 – D+ 4000/D- 5000

Il fait froid là-haut, je remets un tee-shirt, tour de cou et gants longs… Je manque de faire un tour de parc supplémentaire en ratant la rubalise indiquant de prendre à droite…. Je regarde le panneau de randonnée qui dit : La Redoute – 1h45….

Là, je me dis…. Ouah ! C’est bientôt fini… Quand les panneaux de randonnée indiquent 1h, faut compter 30 à 40’ pour un coureur… Là, je pense que disant que je vais mettre 2 h je suis large…. Je table donc sur une arrivée à 21 h, il reste 4 km…

En fait, je mets 2h30…. En mode économie de batterie, je ne m’enhardie pas trop. C’est difficile de poser les pieds… Mais moi, au moins j’ai pas les pieds en sang comme un gars que je double… Alors j’arrête de me plaindre…. (si, si…). Je fais un stop pour enlever les gants longs, le tour de cou et le tee-shirt de la Mascareignes (fait décidément trop chaud à l’abri dans la forêt). Encore une fois, c’est interminable, les clameurs du stade ne se rapprochent pas vite, les lumières de la ville non plus. A un moment, je m’écarte pour laisser passer un groupe… Je fais bien car je partais à droite alors que c’était tout droit…. Erreur d’inattention.

Enfin je débouche de la montagne… Ce n'est pas encore tout à fait terminé…. Il reste 6 à 700 m de route. Pas moyen de courir (mon cerveau refuse), je continue de me faire dépasser…. Ca y est le stade, le demi-tour de piste en terre battue, je trottine (là, je me fouette) pour passer la ligne… Complétement hébétée/paumée….. Et un peu déçue… par l’accueil à l’arrivée un peu dans l’anonymat. Arriver dans les mêmes temps que les premiers de la diagonale des fous n’aide pas. … Je me suis fait doubler par les vainqueurs dans la montée au Colorado, le 5ème passe la ligne 2’ après moi et le 1er réunionnais est en approche.

Un bémol pour la suite, la zone de récupération des sacs est située à la sortie du stade (quand t’es cuit c’est relou d’aller à la pêche aux infospour savoir où ça se trouve dans le brouhaha ambiant), quant à trouver où est la tente « alimentaire » du repas d’après-course, ben il faut enquêter (et avoir penser à questionner le staff de la zone des sacs).

La douche, c’était vraiment au-dessus de mes forces, j’ai attendu d’être rentrée.

J’ai apprécié d’avoir accès à un petit soin des pieds et à un massage à l'arrivée. D’habitude, quand j’arrive tout le monde à remballer.La blague : Je suis allongée sur une table sur le dos, la tête sur une bouteille d’eau de 5 litres, un peu déformée en guise d’oreiller… La kiné qui s’occupe de moi, me dit que pour le massage, je vais devoir passer sur le dos…. Sur le coup, je comprends pas.

Là, elle me dit : Ben oui pour que je vous masse les mollets, faut que vous soyez sur le ventre…..Moi : Euh…. ?! Mais mes mollets vont très bien… Par contre pour les cuisses, c’est autre chose…. Je reste donc sur le dos…. Et quand elle attaque les couturiers….. Aïe, aïe !

Conclusion

Au-delà, cette course est vraiment un événement. Ces quelques 3 semaines de repos forcé avant la course ont eu du bon (jai chopé une crève carabinée). La fraîcheur a payé ! Avant le départ, j’étais vraiment très pessimiste sur ma réussite. Finalement, l’expérience, la technicité de la course et la fraîcheur m’auront permis d’aller au bout, et de terminer en bon état.

Les vacances vont pouvoir commencer !

6 commentaires

Commentaire de Shoto posté le 28-11-2021 à 16:39:10

Sacrée course ! On parle souvent du grand Raid mais la Mascareigne et le trail Bourbon ne sont pas des courses de fillettes ! Merci pour ton CR très intéressant et vivant. Pour éviter les entorse perso je strappe en prévention.

Commentaire de banditblue29 posté le 28-11-2021 à 18:07:34

Merci :-).

Commentaire de PhilippeG-613 posté le 28-11-2021 à 21:36:22

Bravo et félicitations pour avoir bien terminé cette course !
Très bien ton récit, c'est marrant de comparer les sensations en fonction des distances mais sur des passages communs...
A la place de la Nok, essaye celle d'Aptonia (anti friction) meilleure odeur et moins chère ou encore mieux: du beurre de karité.

Commentaire de banditblue29 posté le 29-11-2021 à 22:07:11

Vraiment je suis heureuse d'avoir fini une course de cette distance en bon état et dans les délais impartis. La seule, c'était l'Hérault trail du Pic Saint Loup en 2015... Même au GRP 80, j'avais 50 bornes avec une entorse.... Loll.
Merci, ton récit est plutôt sympa aussi.

Commentaire de PhilippeG-613 posté le 29-11-2021 à 22:20:20

Le pic Saint Loup, une belle course également, bravo car pas facile à cause des cailloux :-)
(couru le 120 en 2018) 50 bornes avec une entorse ? Et bien chapeau, tu es une dure à cuire" ;-)
Tu dois avoir une sacrée détermination, c'est bien !

Commentaire de grostoto28 posté le 25-12-2021 à 00:07:47

Bravo, je n'ai pas passer la barrière de la possession, trop de retard.

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