Récit de la course : 100 km de Vendée 2005, par PatrickL13

L'auteur : PatrickL13

La course : 100 km de Vendée

Date : 7/5/2005

Lieu : Chavagnes En Paillers (Vendée)

Affichage : 1965 vues

Distance : 100km

Objectif : Battre un record

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Le récit

JOURNAL D’Un CENTBORNARD HEUREUX

· Septembre 1998 et septembre 2002 – 100 Kms de Millau – « quelle galère – C’est bien un dix bornes – plus jamais çà !!!! »
· Fin de l’année 2004, « l’année prochaine je refais un 100 bornes pour un chrono, donc pas celui de Millau mais lequel ? Belvès ou Chavagnes ? »
· Finalement Chavagnes est dit roulant, j’irai courir les 100 Kms de Vendée le 7 mai 2005 ! Coup de fil à Alain, il est d’accord pour m’accompagner à vélo. Il gérera le ravitaillement.
· Hiver 2004/2005, je commence à préparer ce 100 Kms. Quelques longues sorties hivernales. La motivation est là, beaucoup d’endurance et peu de petites courses qui n’auront aucun intérêt pour cette préparation si ce n’est qu’y laisser du jus.
· La forme arrive doucement, le travail hivernal paye.. Semi marathon de Paris, pas d’objectif particulier, juste pour voir. 1h30 tranquille. Je prends un départ prudent avec les meneurs d’allure 1h35, j’accélère au 14ème kilomètre et fini très fort. 1h29’ sans problème ; On peut y aller. L’heure arrive de la préparation spécifique. Je reprends mes vieux plans. J’avale les kilomètres, alterne les sorties longues et moins longues. Il faut se freiner, pas l’habitude de courir à moins de 12 km/h.
· Semaine J-4, le marathon de Paris en préparation, sans forcer. Une sortie qui aurait du être très longue mais les sensations sont bonnes, le rythme un peu élevé mais régulier, tout va bien. 3h25’ à l’arrivée « même pas mal ». je sens déjà qu’un chrono est envisageable à Chavagnes mais ne brûlons pas les étapes, il reste 4 semaines.
· Semaine J-3, petit soucis de santé, infection, antibiotiques avec effets secondaires –tendinites du tendon d’Achille avec risque de rupture- Manquait plus que çà. Pourvu que non. Les tendons sont douloureux, il faut être prudent.
· Semaine J-2, les tendons tiennent mais il ne faut pas trop les solliciter. Séances d’endurance, sans plus.
· Semaine J-1, le traitement est terminé, les tendons vont mieux. Merci. Petite série de 5 x 400 sur piste. Régulière, 1’17 des années que je n’avais pas couru aussi vite et surtout beaucoup plus vite qu’avant Millau 2002 – Il est temps de fixer les objectifs : 1/ Pulvériser mon record personnel sur la distance ;
2/ Me rapprocher des 10 heures ;
3/ La cerise sur le gâteau, 9h59’59s soit moins de 10 heures.
· La pression monte au fil des jours et à chaque entraînement. Je cours et je franchis la ligne d’arrivée de ce 100 Km des dizaines de fois dans ma tête. Une nuit j’en rêve et je me vois terminer en 9h49’. Prémonitoire ?
· Semaine J-1, faire du jus, se reposer. J’en profite pour préparer mes produits OVERSTIMS qui me sont conseillés par Alain et qui seront utilisés durant l’épreuve. Mon dieu quel mélange. 2 petits footing de 11 Kms en 1 heure, un peu vite mais je suis bien. Je teste une dernière fois les chaussures et chaussettes qui seront mis le jour J.
· Jeudi, J-2, 930 Kms en voiture direction Chavagnes. Nous avons la chance de trouver un gîte sur place. « c’est la campagne ».
· Vendredi, J-1, réveil musculaire, footing de 31’. Les sensations sont bonnes. Vivement demain. Alain et Liliane sont arrivés. Retrait du dossard, reconnaissance de la boucle (pas plate mais en comparaison de Millau…) , petite bière, préparation des ravitaillements, de la tenue, pasta-party où je reconnais une connaissance anciennnement à Marseille, à la retraite maintenant en Bretagne. Je fais connaissance avec des membres du forum des Ultrafondus de Bruno Heubi.
· Samedi jour J – Réveil à 3h15, c’est bien de bonne heure mais le jour de gloire est arrivé. Petit déjeuner (gatosport, café), j’enfile soigneusement la tenue, surtout les chaussettes. A 4h15 j’arrive sur le site. Alain est prêt.
· L’ambiance est calme, détendue et conviviale. Il ne fait pas froid (10°), légèrement venteux. Mes intestins me redemandent d’aller faire un tour dans les champs. C’est habituel.
· 4h50, appel des 321 coureurs sur la ligne de départ. Les vélos nous retrouverons au 10ème Km. Il est 5h00, le coup de pistolet libère les 642 jambes qui s’élance dans un même effort. Je n’ai pas l’habitude de courir à cette l’heure mais en fait ce n’est pas désagréable. Je trouve que beaucoup de coureurs partent vite. Le niveau est bon ou certains sont trop surs d’eux ? Je m’en rendrai compte de nombreux kilomètres plus loin.
· Je ne me laisse pas emporter par l’élan et je passe au premier kilomètre en 5’48. Idéal. Les yeux s’habituent à l’obscurité , je prends mon rythme de croisière. En attendant de retrouver les accompagnateurs, je porte ma ceinture et mon bidon d’HYDRIXIR. Pense à boire toute les 10’. Les dix premiers kilomètres défilent très vite 56’52. Nous effectuons la jonction avec nos accompagnateurs qui nous attendent. C’est parti pour eux aussi, le travail d’équipe commence maintenant. L’allure de croisière est prise, les kilomètres défilent, le moral est bon. La température baisse avec la levée du jour. Alain gère le ravitaillement. Une gorgée de produit énergétique ou d’aliment liquide toutes les 10’, un gel toutes les 1h30. Le parcours ne semble pas difficile. Nous terminons la première boucle en 2h24’15. Je suis 115ème. Il reste 75 Kms, la course est loin d’être jouée.
· Au 30ème, j’intègre un groupe de 3 coureurs. Leur allure me convient, nous faisons connaissance, discutons expérience et objectifs, nos accompagnateurs parlent vélo (surpris ?). Nous sommes aux environs de 11km/h. Tous les 5 Kms, petite pose ravitaillement, un morceau de banane et un verre d’eau pure, une centaine de mètres en marchant et c’est reparti. Nos cyclistes calment nos ardeurs, « vous êtes à un 11 fort » . Doucement, reprenons l’allure, les kilomètres défilent toujours. Le moral est bon mais la cheville gauche commence à me faire souffrir. Le sport n’est pas pour les douillets. Le sport, comme dans la vie, c’est de savoir prendre des risques (Sir Roger banister). Alors serrons les dents est continuons. Fin du 2ème tour, la mi-course, je suis 103ème en 4h43’02s. Plus que 2 tours, c’est moins long que 50 Kms. L’un du groupe s’arrête. Nous repartons à 3.

· Une course d’équipe, comme si nous nous entraînions ensemble tous les jours. Toujours la petite gorgée toutes les 10’, la pose tous les 5 Kms. Les jambes s’alourdissent au fil des kilomètres ais le rythme ne fléchit pas. Environ 29’ tous les 5 Kms, pose comprise. J’ai de plus en plus d’avance sur l’objectif de 9h59’59s (il est marqué sur le vélo) mais je suis bien avec mes 2 coéquipiers. Nous faisons une superbe course d’équipe, motivés par nos accompagnateurs qui règlent l’allure est le ravitaillement. Nous doublons ceux qui, partis trop vite, connaissent la grosse défaillance. Je reconnais Sébastien, qui m’encourage. Courageusement la plupart d’entre eux iront au bout de leur souffrance mais de nombreux abandons sont dénombrés. Nous terminons le troisième tour et 75 Kms de course en 7h06’33s, je suis 67ème. Le speaker annonce inlassablement le passage de chaque coureur. Il ne reste plus qu’un tour, il va falloir maintenant s’accrocher, le plus dur reste à venir. Vais-je craquer ?

· Ma cheville me fait toujours mal mais c’est supportable. Nous gardons la même allure mais les poses sont une fraction plus longue. Moins d’une minute tout de même. Que sommes nous en train de faire ? Le chrono s’affole. 80 Kms allez plus que 20, un petit semi, tu en as déjà couru des semis me dit mon ange gardien mais un démon rétorque pas avec 80 dans les pattes. Les jambes pèsent de plus en plus. Nous sommes de moins en moins bavards mais nos accompagnateurs donnent de la voix. Je commence à me rendre compte que le parcours n’est pas si plat. « Cette petite côte montait autant tout à l’heure ? » 86ème, j’ai un coup de blues. Je m’arrête à un épongement pour me rincer la figure. Je m’entends dire « je suis lessivé » Alain me motive. Les accompagnateurs de mes deux partenaires (et oui, le seul adversaire que j’ai, c’est moi) m’attendent. Avec Alain, ils me ramènent sur Philippe et Jacky. Merci. Un grand esprit sportif, c’est çà la famille de l’ultra. Nous unirons nos forces au plus loin possible, jusqu’au 95ème si c’est possible pour tout le monde. Je vois des bières partout sur la route. Mon dieu que çà commence à être long. Je dépasse Eric, lui aussi parti trop vite. Nous sommes toujours dans cette allure de 10,5/11km/h. Nos avons encore assez de conscience pour nous rendre compte que nous sommes en train de réaliser une grande course. Nos cyclistes nous le font savoir et nous motivent. Ils sont au TOP. Je vais pulvériser mon record mais je ne pense pas au chrono. Sûrement moins de 10h si tu ne craques pas... 90ème, ravitaillement. Il est de plus en plus dur de se relancer. Philippe est encore frais. Jacky ? Plus que 10Kms, un petit 10.000. Je consulte mon chrono, le rythme n’a pas baissé. C’est bon signe, tout au moral. Philippe démarre (comme prévu), comment fait –il ? Jacky me décroche, il va falloir maintenant terminer tout seul. Alain est là, encourageant et motivant. Nous continuons à doubler, soit des attardés à qui nous prenons un tour soit des coureurs en galère. J’en suis sur maintenant, je suis bien en dessous de 10 heures. Le contrat est rempli il ne reste plus qu’à finir tranquillement… 95ème, court arrêt... 96ème, çà monte plus que tout à l’heure, que se passe-t-il ?… 97ème, arrêt, pas bien du tout. Alain me relance… 98ème, « aller tu peux finir en moins de 9h30 ». Je regarde le chrono, il me reste 11’45s pour finir en 9h30. Je m’en fou (excuse-moi) j’ai largement réalisé mon objectif, je n’en peu plus, il faut finir... 99ème « tu peux faire moins de 9h30 », je consulte une dernière fois mon chrono, il me reste 6’14 pour passer sous cette barre des 9h30 et j’en prends enfin conscience (merci mon Alain). Je n’ai plus mal aux jambes, je n’ai pas 99 Kms derrière moi et je pars à 12km/h. Alain m’encourage, fait le compte à rebours mètres après mètres. Je la vois cette ligne que j’ai déjà franchie des centaines de fois dans ma tête…
· Panneau « arrivée 300m »… Panneau « arrivée 250m »… je ne vois plus que la ligne… 200m, j’arrive !! 150m, j’y mets mes dernières forces, mon femme-club est là ! 100m j’entends les spectateurs applaudir, le speaker annonce mon arrivée « Patrick Lefebvre d’Aix en Provence » c’est moi !!!

· Mon poing se serre, mon bras se lève… BIP ! La puce électronique fixée sur ma chaussure vient de sonner. Elle indique que j’ai franchi la ligne d’arrivée. C’est fini – OUF ! – Je regarde le chrono – 9h28’50s – Je ne réagis pas, je dois le regarder une seconde fois – Oui c’est bien mon temps ! Comment j’ai fait. 9h28’ !!!!!!!!!!! On me temps deux papiers. L’un m’indique que j’ai bien réalisé 9h28’50s, le second que je suis 46ème. Je l’ai fait, j’ai battu mon record de 1h21’ !!!
· C’est un grand moment d’émotion, je peux craquer……. Un tel moment vaut bien 9h28’ d’effort…

· Maintenant place à la petite bière bien méritée, attendue depuis si longtemps. Elle est même pas bonne, je ne la finirai pas. Celle bue après la douche et le massage sera bien meilleure.


· Voilà l’histoire d’un centbornard heureux…. Dans l’ultra ton plus grand adversaire est ton meilleur ami, il guide ton pas et t’enseigne l’humilité. Les êtres qui doivent leur réussite qu’à eux-mêmes n’existent pas. On peut réaliser ses objectifs qu’avec l’aide d’autrui. Même à la course qui est un sport individualiste, il s’agit souvent pour réaliser des objectifs d’un sport d’équipe.
· Alors merci à ma Juju pour sa patience.
· Merci à Bertrand, Richard, Laurent, Christophe, Alain L , Véro, « les Suisses » et tous les autres pour votre soutien moral .
· Merci à Alain mon fidèle accompagnateur vélo, chef ravitailleur, pour sa disponibilité, sa patience et ses encouragements.
· Merci à Liliane, membre de mon « femme-club » pour avoir été derrière son appareil photo dès 4h00 du matin.

Et maintenant me direz-vous ? C’est décidé, place aux 24 heures et sûrement cette année car il faut battre le fer tant qu’il est chaud. C'est Fred qui l'a dit et c'est un connaisseur ! Là encore, j’aurai besoin d’une équipe……………

Walt Disney a dit : « Si vous êtes capable de le rêver, vous êtes capable de le faire » Je l’ai rêvé, je l’ai fait. A VOUS DE REVER LES GARS !!!!!!!!!!!


































2 commentaires

Commentaire de joy posté le 15-05-2005 à 20:46:00

Salut a tous,
En + PATRICKL13 est un super coach il ma bien aidé pour mon 100 km de MILLAU 2004.
Je vous souhaite a tous de le rencontrer un jour sur une course.
A+ et encore bravo a patrickL13 ET SON SUIVEUR.
TCHAO

Commentaire de Kiki14 posté le 11-01-2007 à 15:48:00

Merci SUPER Patrick pour ton récit

tu m'as donné envie de REVER........



BRAVO a toi

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