Récit de la course : La Transjurassienne 76 2009, par yves_cool_runner

L'auteur : yves_cool_runner

La course : La Transjurassienne 76

Date : 8/2/2009

Lieu : Lamoura (Jura)

Affichage : 2239 vues

Distance : 76km

Matos : Salomon Equipe 10 skate

Objectif : Pas d'objectif

9 commentaires

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1984 - 2009... 25 ans après ! Episode III

1984 - 2009... 25 ans après !

Episode III – The Ballad of the Transju


19 février 1984. Un blaireau du ski de fond se lance dans la grande aventure de la Transju. Skis à écailles Rossignol aux pieds et moral d'acier... Enfin, plus exactement inconscience totale ! Bon, en cette année de découverte du ski de fond, j'avais déjà enchaîné les 42 km de la Foulée Blanche et du Marathon des Neiges, ainsi que les 30 km de la GTHB. Donc, je savais que les 76 km seraient longs : sur ces premières courses, mon pas alternatif hésitant me propulsait péniblement à 9 ou 10 km/h dans de bonnes conditions !... Et ce le fut (long) : 8h26'38'' à graboter sur les skis et la 3360ème place sur 3530 classés... Heureusement, les conditions d'enneigement étaient fabuleuses, avec un beau temps très froid et sec (- 16°). Cette édition vit la victoire du grand Bengt Hassis en 3h19' (en alternatif, je le rappelle...). Ce fut également l'année du record de participation sur les 76 km avec 3581 partants.

 


 

Pour 2009, pas d'objectif chrono, je n'ai que 6 sorties et 250 km d'entraînement depuis début janvier. Ce qui n'est pas réellement un handicap pour un Kikou qui entretient sa forme tout au long de l'année par diverses saines activités : le ski de fond c'est un 1/3 de « caisse », 1/3 de technique et 1/3 de préparation des skis. Donc, vous pouvez avoir 1000 km d'entraînement, si vous skiez sur des râpes à fromage et ne maîtrisez que le pas de deux poussée à droite, ça n'avancera pas (parenthèse : je suis surpris du nombre de skieurs de bon niveau qui négligent la préparation de leurs skis et je pense créer un forum spécifique sur le sujet, qui est intéressé ?).

Samedi 7 février après-midi. Arrivée chez des amis à Lajoux. Superbe ambiance hivernale : une chappe de neige recouvre le Jura et il en tombe encore ! Je suis impatient d'être au départ. Cette édition s'annonce comme un grand cru, une vraie quoi ! Sur que ça va brasser dur dans le Risoux avec toute la neige annoncée pour la nuit. En attendant d'être au coeur de l'action, soirée pasta, avec bien sur quelques « Pont » préliminaires pour s'hydrater dignement.

 


 

8 février 2009. C'est déjà le matin et l'heure de la préparation rituelle pour la grand'messe du ski de fond. C'est en « ambassadeur », vétéran de nombreuses campagnes, que je suis une fois de plus (la 19ème) au départ. Depuis « l'Aventure » de 1984, j'ai établi mon meilleur temps à 4h34 sur le parcours complet... Presque 4h de moins !!! La Transju a été un jalon régulier de ma vie au cours de ce ¼ de siècle et si je viens aujourd'hui sans grande ambition, je sais que je vais passer un long moment de plaisir, de bonheur même, sur ces pistes que je connais maintenant si bien.

7h45. Ma Christine me dépose au départ... Et je me vautre sur une plaque de glace en descendant de la voiture... Ah il est beau le vétéran-qui-a-tout-vu ! J'en profite pour rendre hommage à nos conjoints - accompagnateurs – spectateurs qui eux aussi relèvent un véritable défi sportif tout au long de cette journée en assurant la « logistique ». Je récupère mon dossard et me prépare tranquillement. Il neigeotte encore un peu, mais rien de bien méchant et il ne fait pas trop froid (- 3 / -4°). Tout s'annonce pour le mieux. La neige est peu abrasive, le fart va bien tenir, par contre le travail de l'impulsion dans la fraîche est garanti !

 

 

8h20. Je suis dans le stade de départ, en 2ème ligne et je papote avec un autre poilu (de Pierrelattes) en attendant le moment fatidique. Mon bonnet Transju 1984 a un certain succès. Avec peut-être, un petit côté fossile...

8h30. Elite et 1ère ligne s'envolent. Je suis détendu, pas de stress. Avec le départ en vagues et la glisse moyenne, il y a peu de risques de casse.

8h35. Et c'est parti. Prudence et vigilance habituelles, mais tout se passe vraiment bien. Les 1ers km filent très vite et je constate que ma glisse est très bonne par rapport aux gars de mon niveau dans la descente sur la Darbella, avant le tunnel. Je suis serein, confiant, et je profite au maximum de l'ambiance, du paysage.

Déjà Les Rousses et la montée de l'Opticien, un des passages les plus "chauds" de la course. Ma moitié est là et hurle « Vas-y Doudou » (Euh, Doudou, c'est moi). Sortie des Rousses, longue combe au profil facile jusqu'à Bois d'Amont. Pour le moment, je suis sur une base de 5H45 environ, donc au moins 6h00 compte tenu du Risoux à venir. Mais, comme je l'ai déjà dit, le chrono n'est pas l'ambition du jour.

Arghhhhh ! A peine sorti des Rousses, une masse de coureurs encombre la piste ! Je percute le 50 km, au pire moment : ils viennent de partir et le peloton de plusieurs centaines de coureurs reste compact. Un peu plus tôt et je passais devant le gros de la troupe et un peu plus tard, le peloton se serait distendu. Pas grave, c'est la Transju et je suis un mulet sans ambition, donc je prends mon mal en patience. Bois d'Amont, la Suisse avec un petit coup de glucose au Brassus, retour Bois d'Amont se font donc à l' « économie ». Et c'est parti pour le Risoux.

 


 

Comme d'habitude, bouchon dans le premier raidard où ça ne passe qu'un par un. Positivons : les 5 /10' d'arrêt, donc de récupération, ne seront pas inutiles pour la suite. A mon tour de repartir. Risoux, juge de paix de la Transju, mon passage préféré. Comme prévu, ça brasse un max, mais je sais que j'ai une bonne glisse et que je pourrai récupérer en descente, donc j'envoie un peu... Et juste avant le pylone, je plante le ski gauche dans le bourrelet en doublant un groupe « 50 km »... Et voilà, jolie génuflexion, dans la poudre. Maîtrise totale je vous dis ! Le plus dur du Risoux est fait. Je suis déjà dans la portion où il y a de bonnes relances et dans des groupes où ça relaie bien. Chalet Gaillard, Chalet des Ministres... Ca passe vraiment vite, quel plaisir cette course ! Bascule sur Bellefontaine, j'arrive dans l'épingle, un peu raclée, deux gars se sont explosés sur ma droite, j'ouvre un coup de chasse-neige pour éviter de subir le même sort... Et un kamikaze qui ne contrôle plus rien essaie de passer entre moi et l'intérieur, et m'expédie violemment dans le bourrelet... Ouf, j'ai bien anticipé la chute et je n'ai rien cassé... Je repars le plus vite possible pour dégager la piste. Une anecdote de plus à la longue liste. Je laisse filer les skis pour le reste de la descente et voilà la montée avant le ravitaillement de Bellefontaine. Obligé de pousser fort vu les encouragements des spectateurs. Je suis maintenant sur une base de 6h25 : normal avec le temps perdu derrière la masse du 50 km et dans le Risoux.

 

 

Il reste encore 25 km, et il faut avoir du jus jusqu'au Pré Poncet. Le Risoux est derrière, mais la fin est tout sauf une formalité avec 50 km dans les pattes. Chapelle des Bois, ravitaillement animé, et j'attaque la Combe des Cives, portion longue, pas si facile avec les dévers, le profil plutôt montant... et son mythique raidard de sortie, la Célestine... Et j'y suis dans ce "coup de cul", ça devient un peu plus dur, mais c'est la dernière difficulté du parcours. Sommet, descente sur le Pré Poncet, presque un regret de voir la fin approcher. Ravitaillement costaud au Pré Poncet : Isostar + coup de fouet Aptonia ; il faut regagner du temps sur les 12 derniers km, et la mixture sera remarquablement efficace, en 1 ou 2 km, je suis à nouveau comme neuf !

Une très agréable variante du parcours : désormais, on ne remonte plus tout droit après le Pré Poncet, mais on passe la passerelle au-dessus de la route, avec une sympathique descente en forêt avant d'attaquer la montée qui précède la plongée sur Chaux-Neuve. Descente sans piège mais où avec la fatigue trop de coureurs ouvrent en chasse-neige et se tétanisent alors que ça passe sans problème tout droit. Je double sur la droite dans la fraîche, sur les talons d'un autre « viou ». J'annonce mon arrivée aux coureurs doublés et une fille du 50 me crie « Je ne peux rien contrôler, mes chaussures sont cassées! ». Ah ben ça, j'en reste coi. En 25 ans, j'ai tout pété : bâtons, fix, skis... Mais chaussures, jamais... Avec le Jacques (le « viou » que j'ai rattrapé dans la descente de Chaux-Neuve, visiblement un gars du cru vu l'enthousiasme de tous les spectateurs qui l'encouragent sur les derniers km), on envoie sévère... Ce qui n'est pas très dur vu le profil descendant ! Passage à Petite Chaux, ça sent l'écurie.

Mouthe, me voilà ! Superbe arrivée, dans le village, comme « autrefois ».  Dernières poussées, terminé, 19 au compteur et un très grand cru pour cette année 2009. Une belle Transju, dure avec la neige fraîche, mais toutefois bien moins que les « très dures » de 1999 (sous la pluie du début à la fin) ou de 2003 (un mur de fort vent du nord, glacial, pendant toute la course... Le premier avait mis 4h06 !!!). Poignée de mains avec le Jacques : 37 au compteur à tous les deux !

Plaisir d'aller se changer, de se mettre au sec, de discuter avec les autres. Je retrouve ma tendre et chère moitié. On se fait un p'tit resto à Mouthe et retour sur Villeurbanne... Trop vite passée cette journée ! Vivement l'année prochaine !

Au fait, le résultat : 6h13'25'' et 1104ème sur 2390 partants. Je suis à ma place, dans le milieu du classement, ce qui pour le vétéran citadin que je suis est un bon résultat.

Voir récit Foulée Blanche : Episode I de 1984 - 2009... 25 ans après !

Voir récit Boucle du Haut-Bugey : Episode II de 1984 - 2009... 25 ans après !

 Voir récit Marathon des Glières : Episode IV de 1984 - 2009... 25 ans après !

9 commentaires

Commentaire de le_kéké posté le 20-02-2009 à 19:07:00

Très grand bravo Yves, et super respect, 19 transjus !!!!!
Je note donc les bons conseils et les anecdotes super intéressantes.
1/3 de fartage, on aurait du y passer plus que 5mn plutôt que de filer à l'apéro!!!
Pas de 2 pendant 99% de la course pour ma pomme, encore tout faux, va falloir travailler la technique.
En tout cas c'est une belle leçon car tu fais un temps très respectable.
En tout cas merci pour ce récit j'ai adoré !!!!
RDV pour la 20ème maintenant

Philippe

Commentaire de Théophile posté le 20-02-2009 à 22:09:00

super, moi j'ai fais deux fois le 25 classique, j'espère en faire autant que toi un jour, même plus !

Commentaire de Davidou le minou posté le 21-02-2009 à 20:11:00

Respect, bravo, je ne sais que dire... Je suis impressionné. Et que de bonnets...c'est magnifique. En plus avec un temps très respectable.

Au plaisir de te croiser bientôt.

David.

Commentaire de le_kéké posté le 22-02-2009 à 10:15:00

Il y a juste un truc, il manque 4 bonnets ;-)

Commentaire de marcus 39 posté le 23-02-2009 à 10:16:00

chapeau...

Commentaire de sylvain73 posté le 23-02-2009 à 10:31:00

Bravo l'Ambassadeur! J'espere bien pouvoir durer aussi longtemps que toi!

Excellente idee ce forum specifique "fartage des skis de fond", j'adhere!

Sylvain

Commentaire de Jurassic Nath posté le 23-02-2009 à 13:36:00

Tout à fait d'accord pour le forum fartage! D'ailleurs c'était quoi la recette miracle de glisse cette année?

Commentaire de lulu posté le 24-02-2009 à 14:52:00

BRAVO....vraiment BRAVO !!
Malgré plus de 20 ans de ski, je n'ai jamais osé me lancer..!
Peut-être l'an prochain ? 20 pour toi, ça va être grandiose !?
Concernant le forum, je suis preneur !!!
Au plaisir et pourquoi pas sur le plateau...!?

Commentaire de bluesboy posté le 03-03-2009 à 16:18:00

Bravo pour tes 20 trans ,je suis impressionné par ta progression (4 heures de gagnées)
Merci pour la rétrospectives des bonnets ,j'en posséde quelques uns (10 tranju) j'ai commencé en 1984 (comme toi) mais si pour la premiére j'ai fini devant toi 7h 30 je n'ai amelioré mon temps que de quelques minutes avec le skating ,donc je mesure bien ta progression

Felicitations

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