Récit de la course : Le Grand Raid de la Réunion : La Diagonale des Fous 2010, par Cédric74

L'auteur : Cédric74

La course : Le Grand Raid de la Réunion : La Diagonale des Fous

Date : 22/10/2010

Lieu : ST PHILIPPE (Réunion)

Affichage : 1180 vues

Distance : 163km

Objectif : Objectif majeur

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Préambule


Début 2010. Les points UTMB sont acquis. L'inscription à l'UTMB est faite et même mieux, le tirage au sort m'a choisit !! Je serais sur l'UTMB 2010, ma course de l'année !!

 

A la caserne (pompiers), un voyage d'un genre un peu particulier se prépare. Christèle voudrait nous emmener parcourir le semi raid de la Réunion. Le semi raid de la Réunion un mois et demi après l'UTMB, voilà un joli objectif pour clôturer l'année ! Nous sommes donc 5 à répondre à l'appel de l'océan Indien.

Oui, mais au fur et à mesure que les semaines passent, nous rapprochant de l'inscription, une idée germe peu à peu en moi: quitte à faire 10000kms, à faire fondre 10 icebergs et tuer 50 pingouins par la même, autant y aller pour 150kms, non !! (mode écolo de bas étage ON, on trouve ses motivations où on peut...) Et puis, un enchainement UTMB / GRR, ça à de la gueule, non ?


Après avis de mes collègues pour être certains qu'il n'y voit pas de problèmes, finalement, on sera 2 à bifurquer sur le Grand Raid.


RDV est pris pour octobre. Étant le plus "expérimenté" sur le long (voir très long selon certains), je joue le conseiller technique niveau prépa, matos et alimentation auprès de certains. D'autres n'en ont pas besoin (Christèle va boucler la PTL 2010 en ayant eu la proposition d'intégrer une équipe moins d'un mois avant la course...).

Cette Diagonale sera pour moi la course "plaisir" de l'année. Les 2 gros objectifs étant le Challenge HERO et l'UTMB 2010.

Oui mais voilà, les choses ne se passent jamais comme prévu. Abandon à 78kms sur la course de Jack à Crest et les déboires qu'on connait lors de l'UTMB (plus quelques autres soucis sur d'autres courses) me laisse, de cette première vrai saison d'ultra, un gout un peu amer. Il me faut un gros coup pour finir cette année.

Ce sera le GRR, je l'affirme dès l'arrivée de la mini course chamoniarde.


C donc dans cet état d'esprit que je débarque sur l'ile de la Réunion à la mi octobre, une semaine avant la course, hébergé chez Stephanie, une ancienne collègue de travail qui habite maintenant sur l'ile et participe aussi au GRR.

Mode tourisme ON. Cette ile est vraiment ENORME, non par la taille mais par la diversité des paysages, la gentillesse des gens, la diversité des ambiances, l'état d'esprit qui y règne...

Je suis plutôt casanier mais là, je suis conquis. Merci Steph pour la visite plus que exhaustive de l'île (en tout cas on pouvait pas faire plus en une semaine !)

En plus, l'île donne l'impression de ne vivre plus que pour la Diagonale qui s'annonce. Panneau de publicité en 4x3 pour la Diagonale, pour "Canal Grand Raid", la chaine dédiée de Canal Sat, pour "Prudence Créole", la société d'assurance qui sponsorise les meilleurs locaux, 2 pleines pages par jour dans tous les quotidiens de l'île pendant les 2semaines qui précèdent la course...

Chacun à fait le GRR, ou connait quelqu'un qui le fait: c'est énorme.


Peu de course à pied sur l'île durant cette semaine, si ce n'est une petite reco Colorado-Fenêtre-Colorado-Redoute pour se mettre en jambe et voir à quoi on aura affaire: C différent de la Haute-Savoie niveau sentier...

Et la reco de la section "ravito Volcan" - Rempart pour aller voir le volcan qui fait des siennes et gratifie les futurs raideurs d'une éruption.

Et un petit décrassage avec le club "Déniv' " , le club de Steph, la veille des dossards (un petit échauffement et 2 tours de leur circuit, et je finis la séance à 170BPM... comment ça, c'est pas recommandé la veille d'une course...)


Prologue


J-1. Reconstitution de l'équipe au retrait des dossards. On papote, on boit un coup, payé par Christèle, pour fêter sa photo en page centrale du dernier Endurance Mag (...) Tout va pour le mieux pour tous, on est prêt à faire notre course, 3 sur le Bourbon, 2 sur le GRR.

J-0. Ce qui est cool avec les courses qui partent le soir, c'est qu'on a la journée pour préparer les affaires. Ce matin, C ambiance studieuse, on fait et refait les sacs (de course, de bouffe, relais, arrivée...) Ça parle pas bcp, on sent pas vraiment de l'électricité mais tout du moins une certaine tension. L'échéance approche et au fur et à mesure, l'envie d'en finir et d'être libérer par ce départ tant attendu !!

Nous avons la chance d'avoir des chauffeurs en la personne des parents de Steph. On se laisse donc conduire l'après midi jusqu'à Saint Phillipe (enfin juste au dessus, dans un gite où une chambre est réservé pour la nuit, pas pour nous hein !!) Dernier repos, dernier repas dans la chambre, début de conditionnement, habillage, "on chausse la tenue de combat", dernier check, "on a rien oublié C sur ?", et C partit, on descend sur St Phillipe.

Embouteillage raisonnable (il est 19h30). On finit les dernières centaines de mètres à pied. La queue est longue devant les grilles du stade, et 10minutes plus tard, nous y voilà. Dépôt des sacs relais (finalement le second sac sera à 2 Bras comme prévu initialement et non plus à La Possession, je réfléchis rapidement mais ça ne change rien au contenu du sac donc pas de pbs). Validation de la puce et contrôle des sacs OK. Il est 20h, encore 2h et on y sera. Les SMS commencent à arriver, ils ne saisseront plus pendant les 3 jours qui viennent.

Steph a retrouver ces amis de Deniv' (dont Aurélie, cf plus loin), j'ai retrouvé Aurélie2 (de notre équipe pompier). Je lui remets le profil de course que j'ai réalisé pour elle et lui explique a quoi corresponde les petites icônes. Et on attend tranquillement assis que l'heure arrive. Enfin, tranquillement assis, c'était sans compter sur ce gamin qui se met à chanter une chanson composer pour le GRR qui dit " tout le monde debout" et par malheur, tout le monde l'écoute et hop, tout le monde debout !! 45minutes avant l'heure, on commence à jouer à "Vis ma vie de Sardine en boites"... Les minutes passent, l'ambiance monte, briefing de Chicaud, énoncé des noms des meilleurs (tiens Parny n'est donc pas là), dernières musiques, on avance une 1ère fois (ben non, C pas encore le départ) dernier compte à rebours, 3ème coup de canon et C PARTIT


Stade – Volcan


Rarement l'expression "lâcher les fauves" n'aura aussi bien porté son nom ! Dans les 1ers mètres, on a l'impression de voler littéralement tellement le flux est important. Je manque de m'écraser contre le poteau central du portail (merci l'idée du matelas roulé, on sent que ça doit être un problème récurrent...) et à peine 200m après la sortie, on commence déjà à courir. Et C là que je comprends ce que j'avais lu sur le départ réunionnais "type": tout à fond !!! On déroule, ça déboule de tout les cotés, encore plus de monde sur les bas-cotés qu'à l'UTMB. Grosse ambiance.

Dans ce départ massif, j'ai perdu mes coéquipières. Je sais qu'Aurélie(2) part doucement (C sa 1ère "grosse") mais je pense que Steph est devant, du coup, je file comme une balle pour essayer de la rattraper. Je saurais plus tard qu'elle est derrière et mon départ canon a creuser le trou.

Les 3 kms de bitume sont avalés en moins de 20min et c'est le cardio à 170 que j'attaque la montée qui suit, sur la route entre les champs de canne à sucre puis dans la forêt. Oh Oh, faudrait voir à se calmer mon gars, on va pas faire long feu si on reste accroché à notre rythme de semi...

Je mets donc le clignotant et commence l'alternance course/marche pour revenir dans des valeurs plus raisonnable.

La montée se passe bien, encore beaucoup de monde, on double, on se fait doubler, mais le chemin forestier est large, pas de problèmes.

On arrive au niveau des goélettes que l'on peut doubler tranquillement sans leur poser de problèmes car le chemin est large. Je n'oublie pas les féliciter à chaque fois, car ils font un boulot de dingue et je suis impressionné chaque fois que je les vois. Bravo les gars.

L'arrivée au 1er ravito est nettement plus rapide que prévu (j'y suis à 0h10 au lieu de 1h20 sur mon prévisionnel): bon on va se calmer, mais je ne me fais pas trop de soucis, je sais que le reste de la montée au volcan va se faire au ralenti. Et je ne me trompe pas.

Ravito express, surtout charger la flotte pour les heures qui suivent, le prochain risque d'être loin en terme de temps.

Tout de suite après le ravito, on bifurque dans la forêt: la montée au volcan commence vraiment! Et là, c'est ambiance "montée à Bertone UTMB 2010": nez contre le sac de devant et main de celui de derrière sur les hanches, on fait la chenille... Je reste sagement à ma place, puis au bout d'un moment le sentier s'élargit (à peine), je prend le train qui passe sur le coté et double une bonne cinquantaine de coureurs jusqu'à un nouveau point où plus aucun dépassement n'est envisageable. (oui, je sais C débile de doubler là, ça engorge le reste du peloton plus loin. Ça me vaudra d'ailleurs des mots avec ceux au niveau desquels je me range finalement. Je m'excuse auprès d'eux d'avoir volontairement joué l'avocat du diable et joué la mauvaise foi à fond...)

La montée continue, un vrai champs de mine, parfois avec les mains sur un ou deux passages. Puis la sortie de la forêt se dessine, on chausse assez rapidement le coupe-vent car un souffle froid s'est levé et malgré les manchettes, je commence à avoir froid. On commence a rencontrer les premiers concurrents dans le dur sur le bord du sentier. Ça s'annonce difficile pour certains. Courage les gars (les gars, parce que je croise pas encore de filles dans le dur) !

On entend au loin un grondement sourd rythmé et pulsatil: est ce le sang qui bat dans mes tempes ? Je comprends quelques instants plus tard à quoi nous avons affaire: le ciel commence à rougeoyer, la fin de la montée approche et C le volcan qu'on entend. Ambiance magique que cette nuit froide, cette procession de lucioles toutes dirigées vers un même but dans le bruit et les lueurs du volcan au loin.

Et effectivement, j'arrive au point de vue sur l'éruption (Piton Bert), il est 3h45. La nuit noire nous permet de voir ce spectacle magique avec encore plus de précicions. Une bouche crache des jets de lave au loin. Je fais une pause de cinq minutes pour faire film et photos., puis à nouveau 5 autres minutes plus loin pour admirer et m'en mettre plein la tête. Instant magique, on se sent vraiment privilégié dans moments comme celui là !!

Mais bon, il faut y aller, il parait qu'on nous attend à la Redoute !! On recommence à croiser les 1ères personnes hors course, qui viennent voir l'éruption du volcan de nuit. L'ambiance est sympa mais un peu silencieuse. Pour profiter tranquillement en solitaire des charmes de la nature, y en a qui n'ont pas choisi le bon soir !!

2ème ravito, Foc Foc (4h05): La première vraie montée est finie. Il fait vraiment froid, on recharge vite fait la flotte, une soupe et surtout ne pas perdre de temps et de chaleur ici, le ravito du volcan sera vite là: on drop.

Et effectivement, sur cette section reconnue précédemment, sympa et bien roulante, le ravito suivant arrive très vite.

3ème ravito: Volcan (4h53), premier pointage officiel. Plus d' 1h40 d'avance sur le prévisionnel, j'avais peut être surévaluer les difficultés de cette montée. En tout cas, je suis bien, un peu fatigué mais plus par la fin de nuit que par l'effort physique déjà consentit. Heureusement, le jour va vite pointé le bout de son nez et réglé ce problème.

Le ravito est bien achalandé: je prends 5 grosses minutes pour manger chaud (soupe) et laitages, recharger les bidons, souffler et discutailler de ci de là. Je reçois un coup de fil de Steph qui m'apprend qu'elle est au ravito de Foc Foc. J'ai soudain peur qu'elle est eu un coup de moins bien, mais tout se passe pour le mieux. On continue comme ça, on se retrouvera quand on se retrouvera.


Volcan - Hellbourg


Magnifique section sur la plaine des sables, ambiance lunaire au levé du soleil qui se profile à l'horizon, montée à l'oratoire St Thérèse superbe. Tout va bien, on lâche les freins dans la descente qui suit, 100% plaisir, on déroule sur les dalles et la pierraille. Je suis tellement bien que j'écris un SMS en même temps que je mange et tout ça en courant... Forcément, la sanction ne se fait pas attendre: je m'étale de tout mon long en tapant le genou droit suffisamment pour que ça saigne gentiment. OK, j'ai compris, je me calme !!

4ème ravito: Textor (6h16), petit ravito mais grosse ambiance !! Ca chante et ça fait des choré, sympa !! On me demande avec insistance si je veux être soigné. Je ne comprends pas pourquoi (en même temps, je regarde même pas ma jambe...) mais non, je dis que tout va bien. Ravito express et C repartit. La fatigue commence à se faire gentiment sentir, plus de 8h de course déjà. Le brouillard nous cueille à la descente qui suit Textor. Il fait froid et humide, G mal au genou, on récupère une route en béton où les pieds tapent: section bof bof, pas vraiment apprécié.

On arrive à la nationale. J'essaie d'alterner course et marche dans un Cyrano revu et corrigé... Sur les cotés, beaucoup de gens. Des individuels, des familles, des CE, des clubs. Il y a des chaises, des tentes, des vans et des minibus (une fourgonnette de la police...): l'approche de Mare à Boue est un haut lieu de l'assistance perso des coureurs. Ces armées sont aux petits soins pour leur poulain, c'est dingue, on se croirai presque sur un paddock de grand prix !!

5ème ravito: Mare à Boue (7h46) contre 11h prévu. Bon, c'est le moment de se poser un peu. De toutes façons, il faut que je recharge les poches avant en victuailles, que je charge les bidons et remplace le bidon de poudre vide. Arrêt 20minutes, je mange un poulet-pâtes qui me fait du bien, me m'assoie sur un lit de campagne (oui, c'est un ravito tenu par l'armée). Mais rapidement le froid me saisit, l'humidité est toujours là et plus je refroidis, plus mon genou se fait sentir. J'en profite pour jeter un oeil suite aux nouvelles remarques insistantes: effectivement, la jambe est un peu mâchurée et il y a du sang qui a coulé jusqu'à la chaussette, mais bon, C arrêté, pas la peine d'y toucher maintenant. Le coup que j'ai pris est un peu plus problématique et à ce moment, j'espère juste que ça ne va pas empirer et me faire souffrir plus que ça. Il n'en sera rien et on ne parlera plus de ça jusqu'à l'arrivée.


Il faut décoller sinon, on va s'encrouter !! Départ, hésitant, puis un peu mieux alors que nous rentrons dans une section qui sera surement dans les mémoires de beaucoup (en tout cas dans la mienne): la descente dans la forêt de Bébourg. Un passage très technique comme on en rencontre peu, mains utiles plus que jamais, ne pas hésitez, une chute serait très problématique. Magnifique section.

La suite par contre va mettre les organismes à rude épreuve. Un long ruban d'asphalte tout d'abord dans une moiteur désagréable. Puis arrive une autre section à gros potentiel de mythification (oui, j'invente mes mots maintenant): la forêt de Bélouve. Une forêt primitive où le sentier va en vient au gré de ses envies, toujours à proximité et en contrebas de la route, dont on entend parfois une légère circulation, mais qu'on ne voit jamais, épaisseur de la végétation oblige. Un bénévole nous annonce 3,5kms avant le prochain ravito. Il faudra pratiquement 1h30 pour les franchir. Arrachant au groupe de quelques personnes qui sont autour de moi des bordés de jurons et des promesses de gibets pour ce bénévole et l'organisation en général... (Après étude rapide du GPS, il y avait bien 3,5kms, mais à vol d'oiseau... un gros double en kilométrage réel...)

Contraste étonnant entre les propos entendu avant l'entrée dans la forêt et pendant/après la section. Avant: "c'est super qu'il est supprimé cette section sur la route, on est des traileurs, on aime les sentiers et la végétation". Après: "putain, quelle merde, ça en finira jamais, c'est pas possible, on se fait chier la dedans pour rien, en plus on entend la route, ça aurait été quand même plus simple"... Comme quoi, contenter les foules est toujours un exercice périlleux !!!


On sort enfin de cette forêt de Bélouve pour tomber sur un petit ravito où le chef de poste nous fait rudement comprendre qu'il faut pas rester là, que d'autres arrivent et qu'il faut libérer les lieux et qu'en plus il a plus presque plus d'eau donc circulez. Je m'éloigne de quelques dizaines de mètres et fait une pause de 5 minutes. Cette section m'a beaucoup entamé, surtout moralement, pas très difficile mais interminable et sans repère de durée et de distance. J'attaque la descente sur Hellbourg tranquillement, d'autant plus que le sentier devient vite raide: il faut protéger le soldat quadri, on a encore besoin de lui !!

J'en finis avec cette descente et c'est un traileur un peu entamé que voit arriver le ravito d'Hellbourg (13h03).

Je ravitaille tranquillement, souffle, refait le point alimentation dans les pochettes (punaise, je mange rien par rapport à ce que j'avais prévu, je vais encore me trainer des kilos de bouffe pour rien...) J'ai Steph au téléphone, elle est juste derrière. Sachant que le cap anglais et ses 1500D+ arrive, avec son aura de difficulté, je décide de l'attendre. Ce sera toujours mieux à deux !

Elle arrive, fait son ravito, traite ses pieds (les prémisses d'échauffement qui poseront problèmes plus tard) et nous voilà repartit.


Hellbourg - Cilaos


Un gros arrêt pour moi, je suis donc en forme !! Les 2 premiers tiers de cette montée passent tout seul. On double Gino, une légende des forums réunionnais (je sais pas moi, l'équivalent d'un LtBlueb, d'un Loicm ou d'un Tercan chez nous quoi !!), il est dans le dur à ce moment là. Il nous redoublera plus loin, le lendemain je crois.

D'abord technique, puis moins raide en forêt puis à nouveau très technique, on pose plusieurs fois les mains. Je m'attendais à pire, ça me rappelle le Salève, mon terrain d'entrainement de prédilection. On tient un bon 600m/h de vitesse ascensionnelle, tout va bien. La pluie nous cueille dans cette montée, mais rien de méchant, un bon rafraichissement. Bien.


Sauf que. Sauf que je ne comprend pas ce qui m'arrive tout à coup, le dernier tiers devient un calvaire, alors pourtant que les plus grosses difficultés sont derrière nous. Je suis crevé, je n'avance plus. Je verrais plus tard sur les horaires que la sanction du chrono est sans appel: j'ai larvé sur ce troisième tiers plus que de raison !! Le gite du Piton arrive, et une seule idée en tête: descendre, je n'ai plus envie de rien, j'ai froid, je suis vidé dans ma tête, je n'ai plus goût Vraiment, arrêter à Cilaos me traverse l'esprit. Je sais que c'est une connerie, que laisser passer du temps est indispensable, que l'envie reviendra, mais sur le moment, difficile de prendre du recul.

On rattaque la descente sur Cilaos dans la nuit tombante. Je suis Steph au radar. Je n'ai pas de grand souvenir de cette descente. Fatigué, c'est l'impression général. Et cette dernière longue, très longue, trop longue section de bitume pour descendre sur Cilaos. Enfin, le mileu de la course arrive: Cilaos, son stade, les sacs relais, des lits de camps, manger... Cilaos ( 20h / 22h de course)


Steph a de plus en plus mal aux pieds, elle décide d'aller faire voir ses ampoules au stand Déniv' et passe d'abord par la case douche (froide comme il se doit) après avoir récupérer le sac relais.

Je récupère aussi le mien, enfin, je le fais récupérer par une équipe de jeunes collégiens survitaminés qui virevoltent entre les allers de sacs plastique, une efficacité redoutable doublé de cerbères efficaces: on ne passe pas la rubalise qui détermine leur secteur d'action sans remontrances... Bravo les jeunes, beau travail !!

J'erre un peu sur le stade sans trop savoir quoi faire: manger d'abord, refaire le sac d'abord, me changer d'abord, rendre mon dossard d'abord... (non, pas à ce point quand même... Mais je me sens toujours très las).

Arrive alors deux SMS: mon fils "vas y papa, je suis sur que tu vas finir" et ma fille "va y papa, je suis sur que tu vas gagner ta course". L'émotion me prend quand même un peu... Comment envisager de lâcher après des messages pareils !!

Remise en ordre du cerveau (C déjà une 1ère étape) et décision du plan d'action: je me change (un homme neuf à des affaires neuves, je chausse mon maillot BV-sport anatomical short, modèle tenue de combat et je suis déjà un autre homme...), je vais manger (un repas chaud et j'ai déjà plus les yeux devant les trous). Steph et Aurélie (équipe Déniv, pas ma copine des pompiers) me rejoigne pour manger, du coup, je remets le couvert. On décide de s'octroyer une heure de sommeil. Indispensable pour moi !! Steph', qui n'a pas encore fait traiter ces ampoules devrait nous rejoindre sous la tente une fois les soins effectués.

Le temps de courir après les couvertures, de répondre aux SMS, d'en envoyer et l'heure de sommeil se transforme en grosse demi-heure, tant et si bien que quand Aurélie me réveille, j'ai l'impression de m'être à peine endormi. Je me lève, je met le radar en fonction et rejoins le stand Déniv' où Steph est finalement resté après des soins plus long que prévu.

Sac alimentation complété, piles GPS changées, bidon rechargé, bonhomme finalement réveillé, c'est le départ de Cilaos à 22h45, à 4 (Steph, Aurélie, Audrey (une autre Déniv') et moi).


Cilaos – 2 Bras


Et ma foi, alors que je n'étais pas très optimiste, les premières minutes me font changer d'avis. On a un bon rythme avec Steph, on laisse un peu derrière les autres filles qui papotent et on y va tranquillement mais surement. Jolie section jusqu'au pied de la montée du Taïbit, avec des endroits que malgré l'obscurité on devine vertigineux: il est déconseillé de mettre un pied hors du sentier par moment. Mention spécial à la rubalise qui passe au dessus du vide dans un virage... Pas très "sécurit" mais bon, c'est la Diagonale !!!

Petit ravito au pied du Taïbit (0h52) (le café, ça fait du bien) et on attaque la montée au col. Toujours bon feeling, on monte bien, on a posé les 2 autres derrière et on fait notre rythme avec Steph. On passe le col et on attaque la descente. Je fais remarquer à Steph que, pour elle comme pour moi, nous venons de dépasser nos plus grandes distances couvertes en course, et que nous venons de rentrer dans le club des cent-bornards !!! C'est bon ça !!

On arrive rapidement sur Marla, où on décide d'attendre nos comparses. 5 minutes, 10 minutes, 20 minutes et toujours rien... On ne voit pas vraiment le temps passé car on papote avec le chef de poste, du parcours, de Bélouve, de la difficulté cette année, des échos entendu dans le peloton... Mais au bout d'un moment, il commence vraiment à faire froid, il faut y aller, on ne peut plus attendre, on perd vraiment du temps pour rien alors qu'on est en pleine forme !! Coup de fil pour dire qu'on décroche du ravito et action. Souvenir vague de cette fin de nuit, j'avance en mode nuit, dans ma tête comme dans mon corps. Roche Plate (6h45) nous voit arriver un peu dans le dur. Le matin pointe le bout de son nez, Steph a de plus en plus mal au pied, je ne suis pas au mieux: bof bof.

On repart tout les deux en chaussant les MP3, en mode "SUM 41" "Hawthorne Heights" et "New Found Glory": faut qu'on se réveille !! Et ben ça marche !!! On chauffe de plus en plus et on culminera dans la partie "Ilet Orangers / Passerelle sur rivière des Galets", avec une descente de folie où Steph est littéralement déchainée, je peine par moment à la suivre. J'ai l'impression à ce moment de courir un trail court, pas un ultra !!


Malheureusement, les meilleurs choses ont une fin et la section entre les 2 passerelles (Rivières des Galets et Bras d'Oussy) est un calvaire pour Steph, les pieds de plus en plus douloureux, moral en berne, chaleur étouffante. Si je suis un peu mieux, je dois dire que je n'éprouve que peu de plaisir, la chaleur commence à faire son oeuvre en ce matin et le soleil nous écrase. Arrêt sous un gros bloc après la seconde passerelle, ça discutaille sec avec d'autres concurrent(e)s qui s'arrêtent également pour profiter de l'ombre. Des locaux multi-finishers nous font part de leur dégout et de leur incompréhension devant la difficulté de ce parcours. Je ne me permettrais pas de juger, n'ayant pas leur expérience, mais putain, c'est vrai que c'est dur !!


Arrêt un peu plus loin à la rivière des Galets pour que Steph fasse faire trempette à ses pieds, le refroidissement leur fait du bien mais n'est que transitoire. On continue pendant quelques minutes à proximité du lit de la rivière, sous un soleil étincelant mais surtout écrasant, et enfin, arrive le ravito de 2 Bras (11h14 / 37h14 de course)


2 Bras – Possession


Pour moi aussi, la plante des pieds commence à chauffer, je pose les chaussures et m'offre un bain de pied d'une dizaine de minutes avant de changer de chaussettes et de prendre la direction de la cantine. Oulala, rougail-saucisse au programme. J'hésite, je suis pas du tout sensible niveau digestif, mais est ce que je prend le risque d'un plat plus, comment dire, "à potentiel digestif négatif"...

Bon, en fait, je me questionne pas longtemps, vas y, charge l'assiette et je reviens pour un second tour quelques minutes plus tard: très bon, félicitations au chef.

Steph est aller faire soigner à nouveau ses ampoules pendant ce temps, et elle veut dormir. Aurélie (déniv') nous a rejoint au ravito seule, lâchée par la 4ème de notre équipe de Cilaos durant la nuit dans Mafate. Elle veut aussi dormir. Je me propose de faire le réveil dans une heure.

Pour ma part, je suis bien, le sommeil ne me tente pas. Alors pourquoi je repars pas me direz vous ? Ben en fait, je crois que depuis Hellbourg, j'ai fait le choix de finir avec Steph. On en reparlera plus loin.

En tout cas, pour l'instant, je suis là, sur ce campement écrasé de soleil à trainer ma grole. Au bout de 45 minutes, je commence à préparer mon sac à partir du sac relais. Ce qui sera mis dans mon sac finira la course avec moi, il faudrait pas oublier quelque-chose. Finalement, Steph s'est reposé mais a peu dormi, Aurélie a été plus "chanceuse" et a dormi une heure. Elles viennent manger, elles préparent leurs sacs. Steph a vraiment mal aux pieds. Elle a atteint la "limite" des soins: maintenant, ce sera au mental pour elle.


On décolle tout les trois, direction Dos d'Ane, accompagné de Karim, le beau-frère d'Aurélie qui est venu à sa rencontre dans Mafate et ressort avec nous à Dos d'Ane. Les filles papotent ensemble derrière. Je suis devant avec Karim, et on papote aussi a qui mieux mieux. La montée si redouté se passe bien, je me freine pour attendre les filles. Aurélie s'en apercevra et me proposera de partir en avant. Mais j'ai fais le choix de rester, je m'y tiens. Je profite du paysage (le sentier de la canalisation des orangers, en face, à l'air très impressionnant !!), du panorama , du sentier. Les pieds ne font presque pas mal: tout est pour le mieux. Ce qui n'est pas toujours le cas de nombreux concurrents qu'on croise au fil de la montée, allongé au bord, assis dans le vague, ou encore en proie à des problèmes digestifs. On passe devant un concurrent qui vomit tripes et boyaux, je lui propose des médocs qu'il accepte. Suffisamment d' anti-émiétiques pour les heures qui viennent (j'aurais la joie de me faire taper sur l'épaule à la Redoute: c'était lui qui m'avait reconnu et m'a dit avoir pu finir après que ces soucis se soit calmé. C'est cool de savoir qu'on a servi à quelque chose !!)

La montée de Dos d'Ane se termine, on sort sur la route au milieu d'une foule impressionnante et particulièrement sonore, cri et musique: quel retour à la civilisation après presque 20 heures dans Mafate !! Dernière montée, raide, sur le ravito, sommaire, de Dos d'Ane (16h32 / 42h32 de course).

On y retrouve les parents de Steph, venus nous encourager.

Mais Steph est dans le dur. Elle est assis au fond de sa chaise, parle d'arrêter, ne veut plus se faire mal, ne trouve plus de plaisir depuis trop longtemps. Je me plante devant elle et tente tant bien que mal de la remotiver et de galvaniser les troupes.

On repart en laissant là Karim, merci à lui, je suis sur qu'on le verra un jour sur le semi et/ou le grand raid.

La descente sur la Possession est interminable. Tout d'abord de la terre poussiéreuse et inconsistante. Puis des lacets de bitume et de béton qui tapent et chauffent encore les pieds. Puis une section descente/montée dans des sentiers forestiers difficiles et surtout désagréables. Aurélie nous quitte, elle est plus rapide en descente, on ne l'a reverra plus avant le dimanche soir ! A partir de là, je me mets en mode "fonctionnement autonome" (c'est à dire sans utilisation du cerveau) tant et si bien que je me rappelle plus de rien jusqu'à l'arrivée à La Possession. Hormis que c'était long, pénible et inintéressant au possible.

Enfin, voilà le ravito.


Possession – La Redoute


Arrivée au ravito de La Possession (21h28 / 47h28 de course), on me tape sur l'épaule. Punaise, Aurélie (pompier, oui je sais, C dur à suivre qd on a deux personnages dans une histoire qui ont le même prénom... Désolé, je ferais mieux pour le prochain casting... ;-) Elle a été mis hors course par la barrière horaire du gite du piton et est venu là avec un copain commun que je n'ai pas revu depuis très longtemps, Cédric, Embrunman, qui se propose de m' accompagner jusqu'à la Redoute. C super sympa, je suis touché, mais je dois gentillement refuser. Le principe d'un "pacer" ou d'un accompagnant extérieur à la course est interdit, et même si à notre niveau peu de gens trouverait quelquechose à redire, et même si d'autres le font, et même si j'avais très envie de partager quelques kilomètres avec lui.

Je lui fais comprendre que je vais d'abord m'arrêter au moins 1 heure pour dormir, puis que à notre vitesse, il en a pour toute la nuit au moins. Donc que non merci, je ne peux pas accepter. Merci encore Cédric, CT cool d'avoir été là.

On mange, puis on va s'installer chez Deniv' pour dormir. Steph voudrait dormir au moins deux heures mais les Déniviens y sont fermement opposés: ce sera 1 heure max et ils nous réveillerons. Cette solution me va très bien et je sombre instantanément. Le réveil est difficile et je mets quelques minutes à émerger. On nous a finalement laissé dormir 1h30, du coup, dès le départ (OhOO), je sens que j'ai un bon péchon !! Malheureusement, Steph souffre beaucoup de ses pieds et chaque pas est un calvaire. Mais elle s'accroche et sert les dents.


Au programme des réjouissances, les pavés défoncés du chemin des Anglais. Tout le monde le décrit comme une calvaire et je suis assez étonné de ne pas trop souffrir dedans, hormis la descente sur La Chaloupe, très pentue, un calvaire effectivement.


Arrivée au Ravito de La Chaloupe (2h21 / 52h21 de course), je vois Dawa, que j'ai eu la chance de rencontrer dans son chez-lui quelques jours avant le départ pour la Réunion. Il me reconnait (C cool) et on papote une dizaine de minutes sur sa course, la/les difficulté(s) de cette édition, de la section qui reste encore... Une copine à Steph est également là. Steph souffre toujours beaucoup et voudrait s'arrêter dormir 15minutes. Je papote un peu avec sa copine pendant ce temps.

On repart après ce micro-sommeil mais je sens tous de suite que quelquechose ne va pas chez Steph. Elle est devenue distante et agressive. Quand je lui parle, je me heurte à un mur. J'apprendrais plus tard qu'elle m'a entendu parler avec Dawa et au bout de 50heures de courses, la moindre petite remarque ou commentaire, même émis sans intention de dénigrer, peut être dévastateur. Ce sera donc soupe à la grimace jusqu'à la fin, et il faudra attendre le lundi midi pour qu'on arrive à en parler et éliminer ce "point noir"...

En attendant, je suis pour le coup énervé au possible (je ne comprend pas ce qui me vaut ce comportement). Et je file devant histoire de me calmer en poussant la machine au max de ce que je peux donner, histoire de pas réfléchir. Je double comme un avion au bas mots 50 personnes. Pour mettre le clignotant en haut du sentier, m'assoir et attendre Steph. Les concurrents que j'ai doublé me repassent un à un, ils doivent me prendre pour un débile ! Steph arrive au bout de 30 minutes sans un regard et je repars avec elle.


Fin de la montée sur sentier, arrivée à St Bernard et on doit se taper des kilomètres de routes goudronnées pour rejoindre le sentier qui mène à la crête reliant La Fenêtre à Colorado.

Interminable, à nouveau inintéressant. Steph s'arrête à nouveau pour dormir quinze minutes dans un abri bus.

En même temps, on est pas les pires. Durant la montée, on voit un coureur cent mêtres devant nous faire demi-tour et revenir nous voir sans quitter les yeux quelquechose derrière lui. Il nous dit préférer passer le groupe de chiens errants plus loin à plusieurs car ils semblent gros et on sait jamais... En fait de chien errant, il s'agissait d'un... vieux chauffe-eau hors d'âge stocké au bord de la route !!! Sacré gabarit pour un chien ... Cet épisode nous fait sourire, mais on retourne vite à notre quotidien: mettre un pas devant l'autre et penser le moins possible.

On quitte enfin la route, puis après encore quelques dizaines de minutes, C enfin la Fenêtre. A partir de là, je connais, j'ai reconnu cette section, je sais donc que dans moins de deux heures, nous serons à la Redoute.

Je reçois un SMS des parents de Steph, je leur donne mes prévisions horaires. Un SMS de Seb (un des pompiers engagé sur le Bourbon) qui me dit être entrain de monter à Colorado pour nous voir. Je l'arrête aussi sec, il aura pas le temps d'y être, vaut mieux qu'on se retrouve à La Redoute.

Arrivée à Colorado (7h20 / 57h20 de course). Arrêt express. On sent l'écurie et ça galvanise les troupes. C repartit et Steph faisant fi de ses douleurs nous mène un train d'enfer devant. J'envoie tant bien que mal un SMS à ses parents pour leur dire qu'on risque d'être en avance si elle continue comme ça !!


Enfin, les derniers lacets, le bord de la route, le pont, la dernière ligne droite (y a du monde, faut qu'on court, que les spectateurs "en aient pour leur argent", ils sont venu voir l'arrivée de coureurs, de guerriers... ), le dernier virage, l'entrée sur le stade, le tartan rouge de la piste, encore 100m avant l'arche de chronométrage.

A quoi je pense 100m avant l'arrivée ? A rien, le vide, le néant tout d'abord. La déception ensuite: de cette fin de course gâchée, d'un objectif chrono non tenu, de l'impression de ne pas avoir maitriser la course mais d'avoir par moment subit sa loi et la loi de mon corps, d'avoir mal planifié mes ravito (trop de bouffes et de poudre portés pour rien), tant de choses à regretter...


MAIS MERDE, je passe l'arche et je suis finisher. Je passe l'arche et je finis mon premier ultra-trail. Je passe l'arche et on me donne ce T-shirt brodé attestant que "j'ai survécu". Je passe l'arche et... Je suis fatigué !!


La suite: St Yorre, repos, sac relais à récupérer, Seb arrive (pour le coup il a raté aussi l'arrivée !!) et on refait la course, on va boire une bière et manger, et on rentre à la maison (non sans avoir changer un pneu avant, carcasse déchirée.. Quand on a la poisse !!). Dormir !!


Épilogue


Que tirer de cette course ? Que tout d'abord, même si les sentiments étaient très mitigés à l'arrivée, dès le lendemain, le positif avait pris le dessus et le lundi soir, je crois avoir déjà dit quelquechose comme "Ouais, faudra revenir pour la 20ème édition..."


Dire surtout qu'elle aura été riche en enseignement.

Sur moi, sur la gestion de course, sur les objectifs que je pense important, sur ma façon d'être avec moi même et d'interagir avec les autres...

J'ai eu la confirmation que je ne suis pas un coureur social. J'aime beaucoup aider les gens, je m'arrête facilement pour prèter assistance. Mais je ne trouve pas de plaisir dans l'échange avec l'autre durant la course. Je ne trouve pas de place pour le partage, la communion avec les autres coureurs tels que certains le décrive dans leur CR.

J'ai appris que on ne peut pas faire la course pour quelqu'un d'autre. Et que même avec toute la bonne volonté du monde et des tonnes d'empathie, on peut parfois être un fardeau en restant avec quelqu'un qu'on voudrait aider. Désolé (certaines comprendront)

Je ferais mes prochains ultra pour moi et pour moi seul. C'est la seule façon, pour moi, de réussir.


Merci à tous pour le soutien. Steph pendant la course évidement mais aussi Cyril (Tercan), Manu(Rapace), Stephanie (l'autre), Laëtitia et mes deux loulous, mes parents, les collègues du boulot et de la caserne et j'en oublie mais bon, on est pas aux oscars donc, arrêtons nous là et pardon aux manquants !


Bilan:

J'ai appris ce qu'était l'ultra sur la MontagnHard 2009.

J'ai terminé mon premier ultra sur la Diagonale 2010.

Je réussirai mon premier ultra en 2011 !!!



NB: pour info, sur les quatre autres pompier(e)s, malheureusement, nous n'avons pas d'autres finishers. Le sort c'est acharné sur certains. Et d'autres ont manqué de peu le petit quelquechose qui vous fait passer juste à temps au bon endroit. Ce n'est que partie remise !! ;-)

6 commentaires

Commentaire de laurent35 posté le 23-11-2010 à 21:47:00

Je comprends tes regrets mais quand on n'a jamais fait la diagonale (c'est mon cas), boucler cette course de ouf, l'une des plus difficiles du monde, c'est un super exploit. Et aussi un privilège d'aller courir à 10000 km de la France dans une île paradisiaque.

Commentaire de Xavhië posté le 23-11-2010 à 23:33:00

C'est dur de rester avec quelqu'un sur des dizaines de km... Rien de mieux pour se f.. sur la figure si on n'est pas habitué à courir ensemble!
En tous cas, bravo pour cette saison malgré les petits incidents de parcours, ça fera plein de choses à raconter à tes petits enfants pendant les longues soirées d'hiver!!

Commentaire de Françoise 84 posté le 24-11-2010 à 16:45:00

J'ai bien aimé ton récit, avec tous ces petits détails qui font une course. Tout était sans doute loin d'être parfait, mais tu l'as finie, bravo!!!
A une prochaine "folie"?!! Bises!

Commentaire de Tercan posté le 25-11-2010 à 11:27:00

J'ai pris du plaisir à te suivre et à te lire.
Vraiment une édition de ouf cette diagonale !!!
Tu l'as bouffer ton premier 100km ! Premier d'une longue série je te souhaite :)
Allez... cap sur la prochaine balade :)

Commentaire de Bacchus posté le 28-11-2010 à 22:52:00

Bravo pour ta course, merci pour ton récit, je me suis poilé en lisant l'anecdote entre Steph et toi à la grande Chaloupe, ça va mieux maintenant? mais qu'as tu dit à Dawa, on veux savoir !

Commentaire de steph74 posté le 30-01-2011 à 08:40:00

Vous allez enfin savoir quelle est "la moindre petite remarque ou commentaire" qui a fait basculer la fin de l'histoire.....:

"ON est en mode SURVIE car Elle a mal aux pieds"...dit-il à Dawa à La Grande Chaloupe.

Alors certes les kilomètres parcourus, les heures de sommeil manquantes, les douleurs intenses...peuvent potentialiser l'interprétation de cette "petite " remarque.

Mais à vous qui etes derrière votre ordinateur, ne pouvez-vous pas y voir quelquechose du style "je suis cool, je traine mon boulet et en gentleman que je suis je l'attends. Faut pas le dire mais ca me fera une bonne excuse pour mettre 60h au lieu des 50 prévues à terminer ce GRR..."
Ca fait pas un peu matcho tout ca?

Effectivement cette "petite" remarque a fait l'effet de la moutarde forte, vous savez celle qui vous monte au nez....

Pour qui il se prend celui-là?

Et là ca ne fait qu'un tour dans votre tete, vous vous remémorez ce semi-raid 2009 que vous avez terminé (sans lui), ces abandons à lui dans d'autres courses, mais surtout le "je vais arreter à Cilaos" et vous de lui répondre "tu ne peux pas faire ca, on va descendre, faire notre pause à Cilaos et on avisera ensuite."

Alors effectivement à ce moment là on se dit, il n'a qu'à finir seul, je ne veux pas lui servir d'alibi pour cette course ratée et forcément ca se termine en soupe à la grimace!

Vous pourrez vous dire " ELLE" est féministe ou "ELLE" a sale caractère, mais vous pourrez vous dire aussi j'aurais fait pareil.
vous avez maintenant tous les tenants et les aboutissants de cette histoire.

On ne peut pas revenir en arrière, on ne peut pas savoir qu'est-ce qui se serait passé si on n'était pas resté ensemble dans cette deuxième partie de course...

On ne peut jamais dire jamais, mais force est de constater que vous ne me prendrez pas de si tot à faire une course à 2.

Profitez de vos courses, enjoy
"La liberté ne se donne pas, elle se prend!"
Steph

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