Récit de la course : Ultra Trail de Côte d'Or 2011, par amibugs

L'auteur : amibugs

La course : Ultra Trail de Côte d'Or

Date : 28/5/2011

Lieu : Marsannay La Cote (Côte-d'Or)

Affichage : 745 vues

Distance : 85km

Objectif : Terminer

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UTCO 2011

Ultratrail de Côte d'Or

1ère édition

28 mai 2011


14 novembre 2010, je participe au trail de La Madone à Velars sur Ouche ; petite remise en jambes bien sympathique et qui ne présente aucune difficulté particulière. C'est pour moi un véritable retour sur les courses organisées puisque ma dernière participation à une compétition date de décembre 2006 lors de la Saintélyon. Entre ces deux courses, des entraînements irréguliers et déstructurés, ma priorité étant de retrouver une situation professionnelle stable. A l'arrivée du trail de La Madone, j'échange quelques mots avec des concurrents et apprends qu'un nouveau trail aura lieu en Côte d'Or en 2011.

Renseignements pris sur internet (http://www.ultratrail21.com/index.html), cette course qui, en fait, en regroupe plusieurs (15, 45 et 90 km) se déroule à la fin du mois de mai 2011.

Tentant, très tentant... Reste à déterminer sur quelle distance je vais m'aligner. Il ne me faudra pas longtemps pour décider. C'est une première édition, c'est un ultratrail, c'est en Côte d'Or, 90 km est une distance de près de 15 km au-delà de ma distance maximum déjà courue. Ce sera donc 90 km ou rien !

Fin novembre, 72,5 kg sur balance (pour 1,80 m)... j'ai mon « poil » d'hiver... Minimum 3 kg à perdre assez rapidement pour retrouver un poids de forme conforme à mes derniers ultras.

Malgré un « fond » de course à pieds, je dois trouver plus de temps pour mes entraînements et surtout plus de régularité. Il ne m'est guère possible de courir les lundis, mardis, jeudis et vendredis ; je réserve les dimanches à la famille. Mercredis et samedis ? Les matinées sont occupées par la préparation des séances de classes des prochains jours. Reste les mercredis et samedis après-midi. Je sais que je ne travaillerai que le fond. Je n'éprouve aucun plaisir dans le fractionné et mes quelques expériences de 30/30 ou autres tortures du même genre ne m'ont rien apporté. Je continue donc mes entraînements sur des routes et chemins connus et reconnus, parcourus des dizaines, des centaines de fois. Le plus court avoisine les 15 km et alterne routes et chemins ( Dijon-St Apo-Rufey) ; un autre approche les 25 km avec une bonne partie en forêt (Dijon-Messigny-Hauteville-Ahuy) ; enfin et selon mes envies du jour, j'allonge ou raccourcis mes sorties sans jamais descendre sous les 15 km.

La décision est prise... Fin décembre, je suis inscrit. Je reconnais que durant les premières semaines, je ressens quelques difficultés dans les faux-plats ou dénivelés, même modestes. Travailler le dénivelé est donc une priorité mais, j'ai le temps... Reste près de 6 mois.

Les séances s'enchaînent. J'augmente les distances, diminue les durées. Mon bon vieux GPS Garmin Forerunner 201 est de toutes les sorties. Je tourne entre 10,8 et 11,5 km/h selon la distance et le dénivelé avec comme objectif de toujours arriver en forme suffisante pour être capable de continuer encore quelques kilomètres. Mes entraînements hebdomadaires restent modestes et varient de 35 à 55 km. Début janvier et malgré les fêtes de fin d'année, je m'approche de mes objectifs de poids puisque je suis descendu sous les 70 kg. Allez Steph, encore 1 bon kg ! Je crois qu'il est tout de même important de préciser que cette perte de poids ne s'est jamais faite avec contrainte ; j'aime le chocolat, alors je mange du chocolat, je sucre mes yaourts, je mange beaucoup de pain, féculents à volonté. Mais alors ? Simplement faire attention, ne pas se resservir, arrêter de manger quand la faim a disparu, la viande avec modération, ne pas grignoter, boire de l'eau...

Les semaines, les mois passent. Mon poids de forme proche des 69 kg est rapidement atteint. Je dois maintenant m'intéresser à l'équipement. Je considère mon sac Décathlon de 17 l trop volumineux pour ce trail. De plus, il a déjà bien vécu : au départ de 4 Saintélyon, 2 UTMB et quelques autres trails, il a bien mérité sa retraite ! Je trouve à Intersport un sac « raid - Mac Kinley Raidlight 10 l enduro ». Une seule sortie suffira pour me rendre compte qu'il ne me convient pas. Ballotant de droite à gauche, pas de stabilité, il ne s'adapte pas à ma morphologie plutôt fine ; je le revends sur Leboncoin à un traileur heureux de faire une bonne affaire. Retour chez Décathlon ; cette fois-ci ce sera le sac Quecha Chaskis 10 ultralight. Premiers essais concluants, il sera de la partie. Mes chaussures de trail (Quechua Diosaz Raid 700)marquent des signes de faiblesse ; l'amorti est mort et elles claquent dès que le terrain devient dur. Elles sont pourtant bien pratiques avec les mini guêtres intégrés. Tant pis ! Je consulte les forums, les docs, les revues pour trouver une paire de chaussures qui pourrait réunir amorti, stabilité, relance, accroche et confort... à un tarif raisonnable... Mon choix s'oriente vers Salomon ; plutôt XT Wings que XA Pro. Retour chez Intersport. Essais d'une multitude de paires. Echanges avec le vendeur, discussion avec un traileur qui vient s'acheter une deuxième paire de Salomon (XA Pro Gore Tex). Je multiplie les essayages mais n'arrive pas à me décider. Mes chaussures de route sont des Nike Pegasus ; je tente la Pegasus trail et là miracle, cette chaussure est un véritable chausson. Confort parfait. L'amorti me semble correct et mes prochaines sorties le confirmeront. L'accroche n'est pas celle d'une Salomon mais suffisante pour nos chemins côte d'oriens ; quoique sur le sentier Batier, certains passages auraient nécessité cordes et piolet...

Donc, sac ok, chaussures ok. Ma paire de bâtons commence à dater mais elle fera parfaitement l'affaire. Je profite d'une promo pour acheter un corsaire Millet avec deux petites poches latérales, super confortable ; il sera lui aussi de la course. J'opte pour mon « haut » Raidlight manches longues ; confortable, robuste et bien respirant. Pour le reste, je déciderai peu de temps avant le jour J.

Je continue mes entraînements comme prévu. La météo m'indiffère. Qu'il fasse froid ou chaud, qu'il pleuve, qu'il neige, je suis mon programme ; cela fait aussi partie de l'ultrafond. La volonté. A tous mes voisins qui me disent « tu as du courage pour courir de ce temps là ! », la réponse est invariablement la même « non, simplement de la volonté ! »

5 semaines avant le départ, une légère douleur sur le haut du pied gauche vient perturber le bon déroulement de ma préparation. Lassage trop serré ? Début de tendinite ? Toutes les sorties suivantes ne se font jamais sans que j'ai recouvert mon dessus de pied d'élastoplast. Massages quotidiens. Granules d'Arnica 9 ch. Sans résultat et à contre cœur, je ressors le Ketum. Toujours pas d'amélioration. Ce n'est pas insupportable, mais gênant ; et quelle peut être l'évolution sur une ultra distance ?

Au retour d'un entraînement, je m'étire plus longuement et tout particulièrement les doigts de pieds que je replie doucement mais de façon importante vers le haut. Aussitôt, je ressens un léger mieux, comme un déclic. Les jours suivants confirmeront une lente et progressive amélioration jusqu'à disparition de la douleur.

Mes entraînements se succèdent, simplement. Avec ou sans musique, avec ou sans Indochine. Mes temps sur parcours avec musique sont toujours inférieurs au même parcours sans musique.

Je n’éprouve plus aucune difficulté à grimper mais je m'impose quelques séances spécifiques « dénivelé ». Direction la forêt du Val Suzon, plus précisément à Sainte Foy. Je monte à Curtil sur Seine (26 min) par un chemin assez instable en sous-bois puis redescends (22 min) par la même voie ; j'enchaîne par la route départementale qui monte jusqu'à Saussy (22 min), redescend (18 min) et selon ma forme, je monte à Etaules par un chemin assez technique (16 min) et redescend à Sainte Foy par le GR 7 (20 min). Je ne mets guère plus de temps à monter qu'à descendre. Je parviens à conserver un rythme assez régulier lors des montées alors que je me freine lors des descentes en raison d'une appréhension et d'une crainte incontrôlable de chutes ; mon historique de coureur trail marqué par un nombre important de gamelles en est sans doute la cause...

3 semaines avant le départ, je me masse quotidiennement les pieds à la Nok (pommade anti-frottements) afin que la peau s'assouplisse et se renforce ; je continue les granules Arnica 9 ch et Ruta 9 ch.

Plus que 2 semaines ! Direction le coiffeur pour une coupe d'été bien plus confortable. La casquette me recouvre maintenant totalement la tête conservant ainsi la transpiration et l'évitant de s'écouler le long des mèches rebelles pour finir dans mes yeux.

La course commence le samedi 28 mai à 04h00. Je cours une dernière fois le mardi 24 en fin d'après-midi une quinzaine de km bien pépère ; j'utilise tous les vêtements que je porterai en course car il est fortement déconseillé de partir avec des vêtements propres ou neufs. Tous les voyants sont au vert. Pâtes (bio) à chaque repas mais aucune privation, du plaisir, que du plaisir ! De l'eau, de l'eau, encore de l'eau, un peu plus que d'habitude mais sans excès non plus.


Entraînements décembre 2010 à mai 2011


DEC 10

JAN 11

FEV 11

MAR 11

AVR 11

MAI 11

TOTAL

Distance

156

148

117

144

203

145

913

Nombre de séances

10

8

7

8

10

8

51

Moyenne km/séance

15,6

18,5

16,7

18

20,3

18,1

17,9

Poids moyen

71,5

69,3

68,7

68,6

68,7

68,9

69,2

Observations



Pas de séances entre le 19 et le 28 (malade)


Beaucoup de dénivelé



Le 25, séance rasage des jambes... Non pas par souci d'esthétique mais pour les soigneurs en cas de fracture ouverte ou si toute blessure musculaire m'imposait de m’enrubanner d'elastoplast... Il serait alors nettement moins douloureux de retirer cette large bande bien collée... sans poils ! J'en profite aussi pour me dégager la poitrine afin de me protéger les tétons avec une bande d'élasto et du coton pour éviter toute irritation. J'ai testé la douleur occasionnée par des frottements sur les tétons et je peux assurer que c'est réellement insupportable et motif certain d'abandon.

Le 26, rassemblement de toutes les affaires, confection du sac en configuration course ; matériel obligatoire : sac (325 g), maillot de rechange (250 g), couverture de survie (95 g), sifflet, ravitaillement (gels et carrés de pâte d'amandes)(240 g), ma frontale Petzl (80 g) et une lampe à led (150 g) que je porterai à la main, 2 bandes de contention (50 g), mon gobelet fabrication maison (le fond d'une brique de jus de fruits plié – idée piquée sur le net) (30 g), la poche à eau avec 1,5 l d'eau (1645 g). Matériel non obligatoire : mes bâtons (500 g), mon téléphone (140 g), mes lunettes avec verres jaunes pour la nuit et verres foncés pour la journée (35 g), un coupe-vent/pluie (85 g), un gant de toilette pour m'éponger (37 g), mes tubes de granules (15 g), quelques feuilles de papier wc (10 g), ma carte d'identité, la clé de voiture (!) et un billet de 10 € (3 g). Poids total du sac au départ : 3700 g. Ce poids variera tout au long de la course en fonction du jour ou de la nuit, l'utilisation ou non des bâtons, le remplissage de la poche à eau, l'évolution de mon ravitaillement.

Au sac s'ajoute les affaires que je porterai : casquette, haut à manches longues (que je garderai finalement toute la course), boxer Athena sport, corsaire qui me couvre jusque sous le genou, booster (chaussettes sans pieds de contention) qui me couvre du genou à la cheville, une première paire de chaussettes Kalenji Run 900, une deuxième paire de chaussettes course à pieds basique, Nike pegasus trail, gants de VTT Oktos gel (pour les bâtons et les chutes), GPS Garmin au poignée droit, montre Casio au poignet gauche, dossard, la puce fixée à la chaussure.

Je décide finalement de ne pas prendre mon Mp3... Donc, pas d'Indo... Mais bon, mes expériences antérieures n'ont pas été concluantes sur ce point ; en course je préfère sans musique, à l'écoute de la nature, de mon corps et des collègues coureurs.

Le 27, 17h00, aussitôt les derniers élèves récupérés par leurs parents, direction Marsannay-la-Côte où je récupère mon dossard. Ce sera le 29. Sympa, le prénom apparaît en grosses lettres permettant aux innombrables spectateurs d'encourager les coureurs par leur prénom ; j'avais déjà vu ça sur l'UTMB et c'est vrai que ça fait réellement plaisir d'entendre son prénom scandé par des milliers... des centaines... des dizaines... quelques malheureuses personnes égarées au bord d'un chemin. En réalité, au moment où je passe, la grande majorité des participants est déjà loin, très loin et les spectateurs aussi !

18h30, de retour à mon domicile, je vérifie une fois encore le matériel. La tension monte ; petit à petit je bascule mentalement dans la course. Repas classique : des pâtes, des pâtes et un peu de pâtes... Agrémentées de fromage et sauce tomate, le tout arrosé d'eau.

21h30, l'heure d'aller se coucher. La nuit va être courte. 22H00, 22h30, 23h00, je n'arrive pas à m'endormir !

28 mai, 00h30, c'est l'heure ! Direction la salle de bains puis la cuisine. Petit déj sans lait et sans café, juste du thé vert bio sucré. Tartines à volonté avec beurre et confiture. Classique. Puis commence alors les rituels de l'habillage. Une couche épaisse de Nok sur les pieds, une autre sur les épaules pour les protéger du frottement du sac, la protection des tétons, la protection du petit doigt de pieds droit qui a tendance à souffrir...

01h15, je suis prêt ! Tout va bien. Pas de stress, pas d'appréhension. Florence se lève pour un dernier bisou. La porte se referme. La course est presque commencée. J'écoute une dernière fois Indochine dans la voiture durant les 15 minutes de trajet jusqu'au parking où la navette doit emmener les coureurs jusqu'à Chagny.

01h45, je suis garé. Quelques coureurs patientent déjà dans la fraicheur du matin (10°) ; le vent refroidit encore la température ambiante. Je décide de rester dans la voiture jusqu'à l'arrivée des bus. Certains coureurs semblent frigorifiés, les jambes et les bras nus ; j'ai froid pour eux !

02h15, les bus arrivent. Je monte rapidement dans l'un d'eux et constate qu'il fait vraiment frisquet. Le bus n'est pas chaud et j'ai l'impression qu'il y a la clim ! Je caille...

Le bus avance. Je souris en pensant que le trajet retour se fera à pieds. Ca paraît long et c'est long ! Mes yeux papillotent et je m'assoupis quelques minutes.

03h10, arrivée à Chagny. Direction une salle chauffée où attendent déjà quelques coureurs. Croissants et café à disposition ; sympa mais pas pour moi. Un dernier passage aux toilettes et encore près de 30 minutes à attendre. J'observe les équipements des différents coureurs. Il règne une ambiance calme et sereine. Chacun semble prêt. Je me sens bien au milieu de toutes ces personnes. Quelle humilité ! Pas de tape à l’œil, pas de bruit. Chacun est là à attendre ; chacun se concentre, se prépare, se projette. Franchement, je suis épaté par tant de quiétude. Bravo les traileurs.

03h45, nous sommes sortis de notre torpeur par un appel général pour se diriger vers la ligne de départ. Chacun fixe sa frontale sur son front et ajuste son sac à dos.

03h55, dernières recommandations de l'organisateur sur la ligne de départ. Musique de départ. Quelques volets s'ouvrent. Quelques têtes apparaissent, hirsutes, hésitant entre l'admiration, l'indifférence et l'incompréhension.

04h00, et bien voilà ! 6 mois d'entraînement pour être là ! Au milieu de tous ces passionnés. Je suis sur un petit nuage. J'attends le top départ. Les bons coureurs et les relayeurs sont devant. Je suis derrière sans autre ambition que d'aller le plus loin possible.

04h05, c'est parti ! Dans un enthousiasme général. Plusieurs km à effectuer sur route pour sortir de la ville. Quelques coups de klaxons de fêtards et de noctambules nous encouragent. Comme prévu, j'ai mes lunettes avec les verres jaunes. Très agréables à porter, avec une impression de luminosité importante mais tamisée. Les bâtons sont dans le sac car non indispensables pour ces premiers km. Après 3 ou 4 km, mon sac est bien calé sur mon dos, je peaufine le serrage du velcro de la ceinture ventrale. C'est bon, ça ne bouge pas !

Fin du bitume ; premiers pas sur les chemins. Fin des lampadaires ; chacun allume sa frontale. J'ai ma deuxième lampe à la main pour éclairer les parties de terrain qui m'apparaissent moins stables. Rapidement, je me rends compte que mes verres jaunes gomment les aspérités du terrain ; j'ai du mal à voir les trous, cailloux ou racines qui couvrent les chemins. Naturellement, je les retire et les mets dans la poche de mon corsaire. Des petits groupes de coureurs commencent à se former et le peloton s'étire lentement laissant place à des espaces dans cette longue chenille lumineuse. Certains progressent de petits groupes en petits groupes pour éviter de laisser un trop gros écart se creuser. Le groupe de 7 ou 8 coureurs et coureuses avec lequel je suis en ce début de course a un rythme qui me correspond bien. Certains semblent se connaître et s'échangent des vannes ; il n'est pas rare de trouver, surtout en début de course, un ou deux coureurs qui cherchent sans doute à exorciser leurs craintes et appréhensions en partageant à haute voix quelques blagues « carambar »... Pour ma part, je suis concentré, silencieux, la tête dans les étoiles. J'apprécie chaque instant, chaque foulée. Je suis dans mon élément, je suis bien. Un premier dénivelé me fait lever la tête et me permet de constater que les premiers sont déjà loin et que la lumière de leur frontale disparaît peu à peu dans l'obscurité. Cette première petite montée étire encore le long serpent lumineux. Plutôt grimpeur, je garde un rythme constant et me retrouve rapidement seul avant de faire la jonction avec un premier groupe, puis je rattrape un deuxième groupe avant d'atteindre le haut de cette première mise en jambe. Je m'hydrate environ toutes les 30 minutes en aspirant 5 à 6 fois la pipette de ma poche à eau. A peine 7 km de parcourus et je sens que quelque chose ne va pas. Du point de vue physique, tout va relativement bien ; le réveil de la douleur sur le haut du pied gauche vient me titilller. Du côté équipement, tout est ok ; ben alors ? Sans doute le moral qui a un peu de mal à entrer dans la course. Incroyable de pouvoir passer, en quelques centaines de mètres, d'un optimisme démultiplié à un mal être profond. Et c'est dur, très dur. A un tel point que j'envisage un possible arrêt au prochain gros ravitaillement, soit dans une douzaine de km, à Pommard.

Depuis déjà quelques minutes, ça descend. Et pour le coup, je suis vraiment un piètre descendeur ; tous les coureurs dépassés lors de la montée me repassent. Je n'hésite pas à marquer le pas sur le bord des sentiers trop étroits pour laisser passer les plus pressés. Le premier ravitaillement en eau est en vue. Je ne sors pas mon gobelet et comme tous les coureurs présents à ce moment, attrape une bouteille d'eau, avale quelques gorgées avant de la passer au suivant. Je profite pour avaler un premier gel endurance abondamment arrosé. Je repars sur un étroit chemin avec un fort dénivelé négatif ; attention aux cailloux et aux racines qui menacent chaque foulée. Je lutte contre un moral encore bien bas. Une des facultés du coureur d'ultra-distance est justement de pouvoir puiser au plus profond de lui-même pour trouver des ressources qui lui permettront de retourner une situation (surtout morale) difficile. Depuis quelques km, ça monte et paradoxalement, cela me fait du bien. Enfin ! Je retourne la situation à mon avantage. Ces 7 derniers km ont été longs, mais me voilà reparti ; tous les feux sont de nouveau au vert. La douleur au pied gauche est oubliée. Le plaisir est de retour ! Les km s'enchaînent sans grosses difficultés ; l'obscurité laisse place aux premières lueurs du jour. Nous voilà sur un chemin bien roulant. Un monsieur est là, à côté de sa voiture ; il est sans doute venu observer le levé du soleil sur les vignes. « Vous venez d'où comme ça en courant ? », « De Chagny et on va à Dijon ! », « Hein ? Quoi ? C'est possible ça ? » et là je souris en lui souhaitant une bonne journée... La nature se réveille et je suis presque gêné de la déranger à une heure aussi matinale. Je pense à ma famille encore dans les bras de Morphée. Et moi, je suis là, au milieu de nulle part, il est 06h00 du matin et je profite de ces instants magiques : le soleil levant, les oiseaux qui chantent, le calme, des paysages encore endormis, la météo idéale... Je n'ai pas l'impression de courir, d'être dans l 'effort. J'aimerais pouvoir partager ces moments de bonheur avec la terre entière. Bon, je sais, je suis shooté aux endorphines, mais c'est aussi ça l'ultra, non ?

Quelques foulées sur une départementale et Pommard est en bas. Les premiers relayeurs encouragent les coureurs qui se succèdent à ce premier ravitaillement

solide et liquide. Environ 2h20 pour ces 20,5 premiers km. Accueil bien sympathique par les bénévoles. Je retire mon sac pour y prendre mes bâtons et ma casquette. J'échange mes verres de lunettes jaunes contre mes verres foncés. Je sors mon gobelet, avale quelques bonnes gorgées de Coca, mange plusieurs morceaux de banane et un gel endurance, envoi un sms à la famille pour lui dire que tout va bien, recharge ma poche à eau et reprends, après 10 mn d'arrêt, mon petit train-train direction le camping de Savigny-les-Beaune à 11 km. Les kms s'enchaînent, 24, 25, 26... succession de montées et de descentes. Quelques centaines de mètres le long de l'autoroute sur route goudronnée me font du bien. J'ai conservé sensiblement la même allure et je joue au yoyo avec une coureuse qui me passe dans les descentes et que je repasse dans les montées. 29, 30, 31... déjà le ravitaillement suivant. Quelques minutes d'arrêt ; j'ai perdu mon gobelet en route ! Je ne vais pas retourner le chercher ! Les bénévoles me servent à boire dans le fond d'une bouteille plastique découpée ; je ne dois pas être le seul à ne pas ou plus avoir de gobelet car de nombreux fonds de bouteilles ont été préparés...

Sur les manches de mes bâtons sont collés les dénivelés et les barrières horaires ; je sais qu'après ce ravitaillement nous attend la première difficulté technique. Et c'est vrai que les 2000 m suivants nous font gagner près de 100m de dénivelé +, soit 5% en moyenne. Mais le terrain n'est pas régulier et certains passages sont à plus de 10% ; ça tire fort sur les cuisses et mes bâtons me sont bien utiles. Arrivé en haut de cette première difficulté, je recommence à trottiner mais un début de crampe au mollet droit m'oblige à adopter une démarche peu classique pour un coureur de fond ; peu importe, le temps que les muscles se réapproprient un terrain un peu plus régulier et cette douleur momentanée aura disparu. J'en profite pour aspirer quelques gorgées d'eau supplémentaires. Je continue de m'étonner par une force morale à toute épreuve. Et en effet, quelques mètres plus loin, plus de crampe et je reprends une foulée un peu plus présentable.

Arrive le 35ème km. Incroyable ! En quelques mètres, une sensation soudaine de faim : une fringale ! Plus de jambes, plus de jus, plus rien. Le besoin immédiat de manger, de dévorer, d'ingurgiter quelque chose. Je suis bel et bien entrain de faire une hypoglycémie et il faut que je réagisse et vite ! Bien sur, j'arrête de courir... mais je continue à marcher. Je prends une pâte d'amandes dans ma poche et la dévore. Je sens un mieux mais mon organisme réclame. Une deuxième pâte d'amandes. Encore, encore. Un gel tube coup de fouet et tout de suite je ressens une nette amélioration. Ouarf ! Ca fait drôle ! Quelques minutes plus tard, plus rien, plus aucun symptôme. Je reprends ma petite foulée. Les km se succèdent, tout va bien. Mes pensées s'égarent, vagabondent. Quelques airs d'Indo dans la tête ; ma première année de prof qui s'achève, mes premiers élèves. Des souvenirs qui ressurgissent ; mes nombreuses missions à l'étranger dont plusieurs à Sarajevo... Mladic a été arrêté hier après toutes ces années et va enfin pouvoir être jugé pour toutes ses horreurs et ses crimes contre l'Humanité... Toutes ces guerres dont tout le monde se fout... Tout s'entremêle dans ma tête, des événements les plus réjouissants, aux plus dramatiques.

En haut d'une bonne côte apparaît le ravitaillement eau et solide suivant : Changey-Echevronne – km 42. On approche du marathon ; à peu près 5h00 de course depuis le départ. Encore et toujours les larges sourires des bénévoles, quelques paroles encourageantes. Je recomplète ma poche à eau et mon ravitaillement, un sms à la famille, du Coca, je passe sur le tapis et entends le bip comme quoi j'ai bien été comptabilisé. C'est reparti !

Je passe le village d'Arcenant sans rencontrer grand monde avant d'entrer dans un bois. Je suis seul depuis quelques km et observe bien le balisage. Ca monte pas mal depuis quelques temps et une nouvelle crampe vient me tenailler le mollet. Je m'arrête à l'approche d'un arbre de bonne taille et prend appui pour m'étirer les triceps. Je repars quelques secondes plus tard, tout droit, sur le même chemin. La descente est déjà bien amorcée quand je me rends compte que je n'ai pas vu de rubalise depuis pas mal de temps. Je continue de descendre, sors du bois. Je surplombe le paysage mais rien, pas de balisage ; aucun coureur en vue ni devant, ni derrière. J'aperçois un village droit devant. Sur ma droite, tout petit, très loin, deux maillots rouges entrain de courir. Mince ! J'ai loupé une intersection vers la droite ; exactement à l'endroit où je me suis étiré ! Je décide de ne pas faire demi-tour et d'aller jusqu'au village. J'arrive aux premières maisons. Deux enfants jouent et me regardent avec curiosité. « Nous sommes où ici ? », « A Chevannes », « Vous n'auriez pas vu des coureurs passer ? », « Si, si, ce matin mon père leur a indiqué le chemin, ils étaient perdus ! », « Tu peux aller chercher ton père s'il te plaît ? », quelques minutes passent, « Vous redescendez sur 100 m, puis à gauche, puis tout droit et vous devriez les retrouver... », « Merci, Monsieur ! »

Effectivement, 10 minutes plus tard, à un rythme assez soutenu, j'arrive face à un groupe de coureurs qui suit les indications d'un bénévole. Ce dernier leur indique le chemin ; il m'interpelle : « Vous venez d'où par là ? », « Je me suis trompé de chemin, c'est pas grave... ». En fait, juste 2,5 km de plus ! Mon GPS a très souvent perdu la synchro dans les parties boisées et je ne suis pas convaincu par les distances. Mais je souris. Ces quelques hectomètres supplémentaires n'entament pas ma bonne forme. Commence alors une nouvelle partie technique qui va m'obliger à puiser dans mes réserves physiques. Je décide de ne pas prendre de gel endurance avant le prochain ravitaillement à Segrois.

J'arrive péniblement à ce nouvel arrêt. Ces derniers km parcourus à travers champs ont été longs et monotones. J'ai perdu pas mal de temps sur cette étape et mon GPS m'indique 51,89 km pour 07h10mn. Comme prévu, j'avale mon gel endurance, beaucoup d'eau, du Coca. Sympa, je retrouve la coureuse avec qui je yoyotais et que j'avais perdu de vue depuis mon malencontreux tout droit. Je repars après seulement 3 ou 4 minutes d'arrêt. Je suis prévenu que les prochains km vont être pentus ! Un véhicule klaxonne dans le village ; je me dis qu'il doit être dérangé par des coureurs. Ce même véhicule me dépasse au beau milieu du début d'une bonne côte et se remet à klaxonner ! Qu'est ce qu'il me veut celui là ? Y cherche la bagarre ? Soudain des enfants du village sortent de chez eux : « Voilà le boulanger ! »... Bon, ok, profil bas, je continue... Mangerais bien un bout d'pain moi...

Et c'est vrai que ça monte. Le chemin est très praticable et ne pose pas de problème à part son dénivelé. 230 m + en 2,5 km, soit plus de 9 % en moyenne ! Ouarf, je les sens passer ! Après cette difficulté, j'ai besoin de souffler un peu. Bien que le chemin qui suit soit plat, je décide de marcher un peu. Ce chemin blanc, large, n'en fini pas d'être droit ! 1,5 km sans varier d'un mètre ma trajectoire ! Tout droit, toujours tout droit ; c'est usant. La plupart court. Et moi, je continue de marcher. J'échange quelques mots avec un coureur qui s'était assis et endormi au pied d'un arbre et qui repart requinqué. Enfin, un changement de direction ! A droite puis un chemin descendant qui s'enfonce dans la forêt. Mes jambes réclament un changement de rythme. Bon ben allons-y ! Reprise de la petite foulée. Et en effet, ça fait du bien de courir !

58, 59, 60, arrive la première d'une longue série de combes. Pour descendre, ça descend ! Et à chaque fois, la même réflexion : dire qu'il va falloir remonter tout ça ! Dans des conditions « aussi pires ! » S'accrocher à une branche par ci, à une racine par là ; enjamber des pierres é n o r m e s, glisser sur les fesses empêtré dans les bâtons, sauter des rochers d é m e s u r é s...

Totalement concentré sur le terrain, j'oublie de m'alimenter. Pourtant, après déjà près de 09h00 d'effort et un terrain beaucoup plus exigeant, l'organisme a besoin d'un surplus d'énergie. Je prends néanmoins la décision d'attendre le ravitaillement de Morey Saint-Denis pour reprendre des forces. Fatale erreur !

Après 09h40 de courses, j'arrive effectivement au ravitaillement, mais dans quel état ! Je passe une phase très difficile où peu à peu le rêve laisse place au cauchemar. Je bois mes verres de coca et mange quelques morceaux de pain d'épices sans plaisir. J'avale un gel endurance qui m’écœure. Je suis resté trop longtemps sans m'alimenter et maintenant, plus rien ne passe. Je discute avec les bénévoles et tente de me remotiver pour finir tant bien que mal cet ultra. Il reste à peu près 25 km et je sais que j'irai au bout dans les délais impartis. Mais autant le faire dans des conditions convenables en profitant de chaque instant. Je repars après une quinzaine minutes d'arrêt. Je croise quelques coureurs qui arrivent au ravitaillement et leur souhaite bon courage pour la suite. J'enjambe quelques hautes marches d'escalier, continue de m'enfoncer dans les bois, monte toujours et encore et débouche sur une route où sont rassemblés quelques bénévoles qui encouragent le petit groupe de trois coureurs auquel je me suis rattaché. « C'est à droite ou à gauche ? », « Tout droit ! ». Et là, il n'y a pas le choix, il faut escalader. D'ailleurs des cordes ont été mises en place pour s'accrocher et se tirer. Pas facile avec les bâtons dans une main et la corde dans l'autre de se hisser... Mais comme je suis trop fatigué pour ranger les bâtons, je me débrouille comme je peux pour grimper. Et ça fini par passer avec, en cadeau au sommet, une vue superbe sur la cime des arbres. S'ensuit une longue, très longue période de marche. Régulièrement je tente de relancer la machine mais ça ne veut pas. Je cours une centaine de mètres et n'arrive pas à conserver un rythme, même très lent. Quelques coureurs me doublent mais je n'essaie même plus de m'accrocher préférant calculer mon heure probable d'arrivée en marchant, soit vers 20h00. Je parviens tout de même à marcher à un rythme correct et toujours au-delà des 5 km/h. Par instant, j'ai l'impression que mes chevilles ne me soutiennent plus ! Comme si elles allaient casser. C'est vraiment désagréable et ma démarche s'en ressent. J'avance avec la sensation de ne plus poser le plat du pied au sol mais le côté extérieur de chaque pied ; je me demande si mes malléoles ne vont pas finir par toucher le sol... Cela dure quelques centaines de mètres et je retrouve une démarche normale.

Un coureur me passe à vive allure et je suis étonné de sa forme à ce stade de la course. Quelques kilomètres plus loin, je le retrouve assis sur une pierre. Ses pieds sont couverts d'ampoules et il souffre beaucoup. Je lui dis que l'arrivée est proche et qu'il faut s'accrocher encore quelques heures. Il m'assure qu'il ira au bout. Je lui souhaite bon courage et continue, toujours en marchant. J'attends avec impatience le dernier ravitaillement synonyme d'arrivée toute proche. Les combes se succèdent, ça monte, ça descend, j'en bave mais j'avance. Un pied devant l'autre, un mètre après l'autre. Paradoxalement, j'ai le moral car je sais que je vais passer la ligne. Je ne sais pas à quelle heure mais je vais y arriver. 72ème km, un bénévole est là, au milieu du bois, seul. Il m'indique le chemin. Ne sachant pas où j'en suis et mon GPS ne me garantissant pas des données très fiables en sous-bois je lui demande la distance jusqu'au prochain point d'eau et là, il m'annonce environ 5 km ! Mon moral en prend un coup car je pensais sincèrement être beaucoup plus proche. Voyant qu'il avait une bouteille de Coca, je lui demande s'il peut m'en donner un peu. Je n'abuse pas de son ravitaillement perso et en boit une seule et unique gorgée. Ca, ça fait du bien ! Ca arrache la gorge sur le coup, mais ça fait du bien au moral. Le calcul est rapidement fait, il doit rester une quinzaine de km soit moins que le plus court de mes entraînements ! Je repars tout ragaillardi, le final est proche. Fin d'autonomie pour mon GPS après 12h06 de course pour 74,06 km ; il avait tenu plus de 16h00 sur l'UTMB 2005, il commence à se faire vieux le pépère !

Tiens une combe... Mais en haut de celle ci, enfin le dernier point d'eau. Eau, Coca et je me lance pour cette dernière étape. Je parcours 100, 200... 500 mètres et plus de balisage ! Cette fois-ci, je fais demi-tour. Mais non, je n'ai pas fait d'erreurs ; je suis sur la bonne voie et reprends mon petit bonhomme de chemin.

Des combes, encore des combes. Je croise au milieu de l'une d'elle des jeunes 14/15 ans en VTT, sans protections, sans casques, musique du portable sur hp, plus acrobates que vttistes, on s'échange quelques mots ; sympas ces deux jeunes ; libres et insouciants.

Des randonneurs partagent aussi ces combes. Etant donné la difficulté de certains passages, je suis réellement inquiet. Notamment lorsqu'une jeune maman s'y aventure en portant son bébé dans le dos ou encore lorsqu'une personne âgée s'apprête à emprunter la descente de la dernière combe (des bénévoles et la sagesse lui recommanderont un autre itinéraire)

Cette dernière descente est vraiment difficile et toutes les difficultés semblent rassemblées sur ces quelques mètres comme pour me dire « voilà, c'est la fin, profites-en bien ». Je glisse comme sur des skis. Je m'essaie au schuss avec planté du bâton. Mais c'est pas le moment de faire le zouave et de s'exploser. Alors je continue, tranquillement, jusqu'au bas de cette dernière difficulté. Suit un faux-plat descendant très agréable où je tente de relancer la foulée. Mais après 500 mètres je préfère marcher et garder le peu de jus qu'il me reste pour les derniers mètres, pour la ligne d'arrivée. Encore 2 km ! Encore 1 km ! Je sors du bois, Marsannay-la-Côte est en vue. Je vois l'église et l'arrivée est à ses pieds. Ca y est, j'y suis. Je l'ai fait ! Je retrouve cette sensation étrange de béton sous mes pieds, de sol dur. Des vignes à droite, des vignes à gauche. Une route, des voitures, des piétons, des encouragements, des applaudissements. Je cours. Je marche. Au fond de la rue à droite et c'est la banderole d'arrivée. Je cours et je ne m'arrête plus. J'oublie que je cours. Il n'y a plus grand monde mais je m'en moque. Je claque mes bâtons pour remercier les personnes qui m'encouragent sur ces derniers mètres. Quelqu'un m'appelle par mon prénom. Mais je connais cette voix. Fred ! Il m'a attendu une bonne partie de l'après-midi après avoir couru le 15 km. Sympa !

Je passe la ligne. Sans émotion. Juste heureux. L'organisateur me félicite et m'explique comment récupérer mes cadeaux mais je n'entends rien. Je suis ailleurs. Ce moment est le mien et je reste là, debout, à papoter avec Fred. Je n'ai même pas envie de m'asseoir. Je ne veux rien, juste ressentir, savourer. Je suis vidé mais je suis bien ; je n'ai jamais été aussi bien.


Epilogue :
  • Une grosse ampoule sur chaque pied entre le talon et le dessous de la malléole. Mes Nike Pegasus Trail sont limites pour le maintien surtout sur les parties techniques.

  • L'impossibilité de manger pendant plusieurs heures après la course en raison de douleurs intenses au fond du palais à chaque passage d'aliments. Asséchement de la bouche ?

  • Encore et toujours ce problème d'alimentation en course. J'ai réussi à m'alimenter pendant 60 km ; il faut que je parvienne, malgré la fatigue, à m'obliger à manger durant toute la course !

  • 68,9 Kg au départ / 66,5 kg à l'arrivée. Le tout repris en 2 jours dont bien sûr, beaucoup, beaucoup d'eau.

  • 3 jours après, mes jambes me titillent pour aller courir. Le 4, je vais courir 16 km. Ca tire un peu sur les cuisses.

  • Superbe organisation, supers bénévoles, superbe parcours. Bravo ! Sincèrement.

  • 10 km de plus l'an prochain pour atteindre la barre symbolique des 100 km...


Ah oui, mon temps ? 14H37mn29s. Aucune importance. Ce n'est pas le temps qui m’intéresse mais la durée dans l'effort. Et là, je n'ai pas battu mon record de plus de 17h36...

 

11 commentaires

Commentaire de Mame posté le 19-07-2011 à 16:20:01

Merci pour le récit : je m'y suis un peu retrouvé en termes de sensations...C'est marrant mais nous avons du cheminer au moins quelques moments ensemble vu que je termine 11 minutes derrière toi; après le dernier ravito, mon pote intuitiv et moi, nous avons decidé de terminer tranquillo en marchant... A une prochaine

Commentaire de amibugs posté le 20-07-2011 à 10:02:09

Tu as raison, on a certainement parcouru quelques km ensemble, accompagnés d'intuitiv.
Pour une première édition, c'était vraiment une réussite.
A bientôt.

Commentaire de intuitiv posté le 19-07-2011 à 16:33:50

Extra ! bravo
On ne devait pas etre loin l'un de l'autre , voir se doubler et se redoubler.
je ferais un CR , promis.
en attendant , super sympa la description de ton arrivée .

Commentaire de amibugs posté le 20-07-2011 à 10:06:06

J'attends avec impatience ton CR. Je pense déjà avoir rencontré la majorité des kikoureurs de Côte d'Or lors d'une sortie aux balcons du Suzon, il y a quelques mois (années ?). Peut-être en étais-tu ?

Commentaire de fulgurex posté le 20-07-2011 à 12:23:43

ce n'était pas ça?:
https://picasaweb.google.com/fulgurex.CAP/20091018OFF#5395106262554811938

Commentaire de amibugs posté le 20-07-2011 à 19:28:15

Si, si. Ca fait déjà près de 20 mois !
Je suis tout à droite sur la photo 82 et de face sur la 21.

Commentaire de tidgi posté le 19-07-2011 à 22:44:04

Ah ! Toi aussi tu as jardiné à peu près au même endroit que moi (cf mon récit)...
Bravo pour ta course et merci pour ce récit très détaillé.
Au plaisir.

Commentaire de amibugs posté le 20-07-2011 à 10:08:06

J'avais lu avec attention ton CR et m'y étais retrouvé lors de certains passages. Je regrette de ne pas avoir pris de photos ; ce sera pour la prochaine édition en espérant qu'elle dépassera les 100 km...

Commentaire de amibugs posté le 20-07-2011 à 10:19:34

J'avais lu avec attention ton CR et m'y étais retrouvé lors de certains passages. Je regrette de ne pas avoir pris de photos ; ce sera pour la prochaine édition en espérant qu'elle dépassera les 100 km...

Commentaire de fulgurex posté le 19-07-2011 à 22:57:55

Félicitations pour avoir terminé alors que tu te posais les premières questions au 7eme km.
Merci pour ce récit bien détaillé qui permet de revivre sa course et qui nous fait partager ton expérience.


Tes problèmes gastriques viennent peut être de la boisson et pas de la nourriture. tu ne bois peut être pas assez régulièrement: perdre 3.5% de ton poids en eau, ça affaibli énormément. (voir post sur le sujet = http://www.kikourou.net/forum/viewtopic.php?f=21&t=21455#p437741)
Et pour l'entrainement en côte: la combe de Vic! une partie roulante, une partie raide et un chemin assez dégagé pour travailler avec les bâtons...(http://fulgurex.kikourou.net/billet.php?idbillet=39)

comme Intuitiv, je ferai un CR, c'est promis... mais je n'en suis encore qu'à la moitié ;o(

Commentaire de amibugs posté le 20-07-2011 à 10:26:47

Merci pour tes conseils et particulièrement la combe de Vic où il me semble m'y être aventuré une ou deux fois lorsque j'effectuais quelques entraînements du côté de Velars. Je suis aujourd'hui plus attaché à la forêt de Val Suzon car je peux y aller en courant (depuis la Toison) sans être obligé de prendre la voiture...
Je continue de tester toutes solutions alimentaires ; si je n'avais pas "oublié" de m'alimenter et boire sur la fin de l'UTCO, je pense que ça se serait bien passé...
Au plaisir de lire ton CR.

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