Récit de la course : La Mauritanienne Race 200 2006, par chacal

L'auteur : chacal

La course : La Mauritanienne Race 200

Date : 5/3/2006

Lieu : Atar (Mauritanie)

Affichage : 2088 vues

Distance : 200km

Objectif : Pas d'objectif

2 commentaires

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Un petit vent bienvenu se lève sur Azoughi. Le cœur léger, enfin
délivrés de la pression accumulée depuis des semaines, les 35
coureurs de la Mauritanienne race 200 s'elancent vers l'oued . Des
fous galopent déjà pour quelques minutes de souvenir en tête de la
course .
Je marche tranquillement en ajustant mes bretelles, concentré dans
une dernière verification de mon materiel hétéroclite. Pas trop sûr
d'avoir ce qu'il faut, je passe neanmoins au pas de course, pour
remonter un peu le peloton. Au bout d'une petite demi-heure, je me
remets à marcher, en suivant un plan répété maintes fois à
l'entrainement. Ceux qui me repassent s'inquiètent déjà de ma
santé , mais je les rassure d'un petit signe de la main.
Le coureur Mauritanien qui impressionne tout le monde avec ses 2h20
au marathon caracole déjà en tête, avec un autre coureur que je n'ai
toujours pas réussi à identifier .

On fait tous connaissance doucement avec ce coin de desert, à
petite touches, comme pour ne pas l'effrayer. Je suis étonné de ne
pas voir Jean-Claude devant moi, et en déduit qu'il à opté pour un
départ prudent . Pierre trottine avec Hilaire, l'étonnant coureur de
800 aux couleurs de la Bretagne ( Gwenn ha du pour ceux qui
l'ignoreraient), qui espère battre son record de distance etabli
à .. 20 km ! . J'ai repassé l'Electron, qui était parti promener le
drapeau UFO en tête de la course.

Les falaises nous entourent des 2 cotés , et c'est
pratiquement groupés que nous atteindrons le PC1, a 20 km,
l'occasion pour moi de poser le premier pansement sur mon talon
gauche, malheureusement déjà un peu pelé.
Et ça repart, mollement, en profitant bien des lieux, du
vent qui souffle doucement comme pour goûter au menu. On rentre
vraiment dans la course, et dans une portion de sable mou, Jean-
claude finalement me dépasse . Je sais qu'il ira bien jusqu'au
100ème. Après ce sera l'inconnu. Moi je continue mon bonhomme de
chemin, sans rien changer à ma cadence prévue . Je repasse à nouveau
Michel, plus rapide à ravitailler . et m'apprête à endurer la
chaleur , qui commence à monter. Vers le 35ème j'assiste à la
grosse défaillance du coureur local, manifestement mal préparé pour
ce type d'épreuve. L'équipe médicale l'ayant bien en main, je
reprends ma course.
Peu avant le PC2, je suis encouragé par un Français sorti
de nulle part, personnage étonnant dans ce village perdu. J'ai
maintenant remonté mon foulard sur le nez, pour eviter de trop
manger la poussière levée par le vent, qui heureusement rafraîchi un
peu l'atmosphère.

Au PC2, ils ne sont que 4 , déjà occupés , au moins pour
Pierre et Jean-claude à soigner les ampoules à la seringue , avec
une dextérité que je ne peux qu'admirer . J'ai l'air d'un amateur
avec mes pansements récupérés dans les restes de la pharmacie
familiale .
Ma première soupe chinoise est excellente, et je me décide par
acquis de conscience a préparer le seul plat lyophilisé (des
œufs ..) que je goûterai pendant ce raid. M'attendant à le trouver
dégueu ( non je ne l'avais pourtant jamais essayé), je ne suis pas
déçu. Je me force même à le finir pour bien prendre les calories
prévues Puis repars sur les talons des autres .

On attaque très vite la première côte, qui nous amène sur un
plateau caillouteux, ou l'harmattan, libéré des obstacles à commencé
un ballet inquiétant. J'ai l'estomac un peu lourd et commence à
regretter mon déjeuner. J'ai augmenté la part de marche dans mon
rythme, mais garde toujours de la course, le soleil maintenant voilé
par le sable ne tapant pas trop mon crâne dégarni . Nous arrivons
bientôt dans les dunes . Le vent de sable souffle fort maintenant,
et à la première bifurcation de la piste, je ne manque pas de tirer
tout droit, détour sans grande conséquence , puisque je m'aperçois
assez rapidement de mon erreur et fait demi-tour . Je commence à
être un peu barbouillé, et augmente encore la part de marche, tout
en buvant largement. Les grandes dunes font bientôt place à l'une
de ces zones de sable et d'épineux qui parsèment une grande partie
du parcours. Je vais devoir bientôt m'arrêter pour libérer ce poids
dans le ventre par un bout ou par l'autre . J'essaie de temporiser
encore un peu, mais doit bientôt bifurquer vars un buisson pour me
libérer. En guise de délivrance, j'ai droit à une vidange totale
qui me laisse sans force, à quatre pattes dans le sable . Des
coureurs passent en m'encourageant, alors que je n'arrive pas à me
relever, et cherche une position plus confortable. Avec l'arrivée
de plusieurs 4x4 d'assistance, je deviens vite le centre
d'attraction du moment. Moi qui n'y suis que très peu sujet
d'habitude, ; j'ai maintenant des crampes à répétition dans les
jambes. Tous les muscles y passent à tour de rôle : mollets, quadri,
ischios, fascias .
La jolie Prune, apprentie médecin, m'arrose doucement le front
avec ma gourde , alors que les cuisses charnue de jacquouille, notre
cuistot national me servent d'oreiller. Je ne lui offre en
remerciement que la vue delicate de ce qui meublait mon estomac
quelques instants plus tôt . Avec de tels arguments, David, son
fiancé et benjamin de la course n'a pas grand chose à craindre..
L'Electron est devant moi maintenant et Cyrille, notre joyeux
compagnon de chambre. Ils ne s'attardent pas trop devant le tableau
et repartent vite après quelques mots réconfortant. Bonne course les
gars , pour moi ça se présente mal .
Une heure maintenant que je suis planté là . Le 4x4 ouvert me tend
les bras mais je n'ai pas encore renoncé complètement, même si à ce
moment je ne me fais guère d'illusion Mes amis de Mondeville
m'encouragent à marcher le dernier kilomètre qui me sépare du CP3.
Marcher, oui, je peux le faire, j'en suis sûr, mais pour cela il
faut tenir debout, et mes précédentes tentatives se sont finies dans
le sable . Tout ça pour à peine 60 km ! Il faut essayer encore. Je
me mets d'abord à genoux un moment , essayant de respecter un «
palier de décompression », puis je me redresse. Une seconde, deux ..
oulà .. marcher , tout de suite , sinon je vais encore tomber ..
Jacquouille, en bon samaritain m'accompagne jusqu'au CP, ou enfin je
peux m `écrouler sur une banquette bienveillante , pour me tenir
tranquillement le ventre sans risquer l'élimination. 19h : la
prochaine barriere est a 20h le lendemain aux CP5 (100 km)On verra

Je ne dors guère, La nuit est peuplée d'ombres passant et
repartant, alors que quelques coureurs ne semblent pas mieux que
moi ..

Minuit 30 : Branle-bas de combat. L'organisation doit plier le
CP , et Karim , le toubib de la course à ces mots lapidaires :
S'ils n'ont pas récupéré maintenant, ils ne le feront plus a temps,
alors autant y aller , ne serait-ce que pour aller se reposer au CP
suivant.

Le groupetto des derniers avance dans la nuit . Nous progressons en
marchant, en attendant de temps à autre Nicolas, toujours sujet à
des problèmes gastriques . Patrick, le maître pisteur vient bientôt
l'accompagner, ce qui nous permet d'accélérer un peu . L'immodium
avalé la veille à fait son effet, et je prends bientôt la tête du
trio . Il me faudra 4 heures pour atteindre le CP 4 , ayant lâché en
route mes compagnons sans m'en apercevoir . Je me ravitaille
rapidement d'une soupe chinoise et d'un pudding de riz de même
métal, amenés heureusement en backup des lyophilisés , auxquels je
me suis maintenant juré de ne plus jamais toucher . J'ai décidé
depuis un moment de continuer directement jusqu'au CP5, ( 100k),
pour être sûr de ne pas rater la barrière horaire .

Les petits luminaires ne sont pas toujours évidents à voir , et je
tourne un moment autour d'un buisson en cherchant le suivant et en
faisant très attention à ne pas perdre la direction . Apercevant une
frontale au loin, sans doute un concurrent venant du CP4, je décide
d'aller vers lui pour reprendre l'alignement : C'est Christian, un
peu inquiet de me voir marcher à contre-sens ( dans ces cas-là , on
se demande toujours ..) Je le rassure vite et nous voilà repartis.
Il a de meilleurs yeux que moi et nous passons la zone sans
encombre.
Dans l'aube qui pointe, je peine à suivre son pas énergique, ne
m'étant jamais entraîné à la marche rapide. Il me vient alors une
idée qui sur le moment me paraît incongrue : Et si j'essayais de
courir un peu ? Les premières foulées sont douces à mes talons :
pas de doute, je suis bien un coureur …

CP 5 : 100 km . Une nouvelle soupe chinoise avalée rapidement. Les
baguettes que j'ai disposé a chaque CP en font rire plus d'un dont
mon amie Françoise l'infirmière de service.. J'ai décidé de profiter
du reste de fraîcheur, toute relative, pour continuer jusqu'au CP 6,
afin de profiter ensuite de la chaleur pour faire une petite
sieste . Pascal,compagnon de la précédente et mon voisin de la
commune d'à coté vient de repartir, je devrais pouvoir le
rattraper .. Avec lui, vu le nombre de conneries qu'il peut sortir
au mètre carré, on est sûr de ne pas s'ennuyer.

Je passe bientôt Hilaire, qui à déjà pulvérisé son record de
distance et ne va pas s'arrêter en si bon chemin, ainsi que quelques
autres. Pas de Pascal.. Je le soupçonne de s'être planqué derrière
un buisson pour me faire une farce . je ne le rattraperai qu'en fin
de parcours, ou il s'est arrêté pour regarder un serpent quasi
immobile, mais vivant. Je sais que ce n'est pas une vipère des
sables mais je ne peux l'identifier. Nous repartons ensemble dans
le vent de sable qui forcit à nouveau, pour atteindre bientôt le CP
6 en ne se parlant guère, le vent sifflant dans nos oreilles nous
empêchant de nous entendre .

Pas de tentes au CP6 Elles menaçaient d'être emportées par le vent,
et Nicolas, le commissaire s'est replié dans une maison de gardien
de puit . Le point d'eau est bienvenu pour une douche improvisée
et , après m'être fait panser les pieds cette fois par Wilfried, de
l'équipe médicale décidément au petit soin, je me lance dans un
sieston de 45 mn alors que pascal repart vers le CP7

Il me faut encore mobiliser mon énergie pour ne pas resombrer apres
cette petite heure , mais les premiers km me rendent vite la pêche .
Mes problèmes gastriques sont maintenant bien loin, et j'ai repris
mon allure de début de course. Cette partie sans grande
difficultés passe très vite, et je rattrape Pascal 20 m avant le CP7
(140 km) avoir dépassé un autre coureur . Il y a là David, dont
j'ai déjà parlé, qui fait très fort pour son entée dans ce monde de
brutes qu'est le grand raid, et Gilles, un V2 beaucoup plus
chevronné .
Je m'élance rapidement derrière David et Gilles qui courent de
conserve, avant de faire demi-tour pour rechercher les piles de
rechange pour ma frontale que j'ai oublié de prendre au CP7 .
Parcal et Ruben ( le commissaire) se marrent. C'est fou ce que j'ai
pu faire marrer les gens dans ce raid . Mais après tout , je me
suis moi aussi pas mal fendu la gueule ..

Je rattrape David et Gilles, alors que la nuit s'apprête à tomber à
nouveau . Juste le temps de profiter des dernières lueurs pour une
petite photo., et c'est reparti pour une nuit d'anthologie ou la
tempête de sable va nous sabler les bronches jusqu'au fondements, et
va causer bien des inquiétudes à l'organisation.

Je retrouve au CP8 L'Electron et Cyrille, déjà prévenus de ma
résurrection et qui s'attendaient à mon retour ( autant pour l'effet
de surprise ..) Soupe chinoise, pansements et vidange de sable ( mon
système de guêtre à base de bas en lycra est inefficace dans ces
conditions difficiles), le ravitaillement est rapidement expédié et
me voilà reparti , alors que le vent forcit toujours.
Entre 170 et 180 ème, je vais vivre les conditions
extérieures les plus difficiles de ma vie de coureur . Le vent hurle
maintenant aux oreilles, le ciel est balayé de lueurs rouges d'un
improbable orage, dont les eclairs traversent à peine l'épais
brouillard de sable qui nous entoure, et dont les grondements sont
couverts par les hurlements du vent.
Il n'y a plus aucunes traces sur lesquelles s'appuyer, et les seuls
repères sont les petits lumignons verts , accrochés aux arbres ou
traînant par terre. De loin en loin, un petit caillou blanc nous
rappelle qu'on est sur la piste. La peur de se perdre dans cet enfer
est permanente, et je progresse d'un lumignon a l'autre, avec des
petits passages sans repères vite angoissants.
On a tous vu une dernière montée avant le CP9, mais il paraît
qu'elle n'y était pas , sans doute un couloir de vent ( toujours de
face dans cette partie) un peu plus fort que les autres , que notre
cerveau fatigué a pris pour un dénivelé !

J'arrive au CP 9 en 7ème position,, mais les conditions de courses
vont m'empêcher de continuer ma progression. Le dernier parcours
n'est en effet pas balisé de luminaires ( ceux-ci ayant été sur-
utilisé dans la tempête, il n'y en a plus .. Cyrille est revenu et
nous avons rattrapé Samia. L'organisation nous envoie sur une piste
de 4x4, ou malheureusement, après avoir passé un col nous nous
trouvons devant 3 possibilités : nous suivons la plus fraîche , mais
finalement ce n'était pas la bonne, et contraints de faire demi-tour
pour chercher un guide au CP, nous perdons 2H, ce qui permet à
l'Electron qui vient de revenir de profiter du wagon . C'était
vraiment son jour, à celui-là !!
Remis sur le bon parcours ( a pied en suivant le 4x4, bien sur),
nous pouvons enfin continuer, avec encore quelques passages ou la
piste est délicate.
C'est avec un certain plaisir que je débouche sur la piste
carrossable, qui va serpenter dans les villages pour les 10 derniers
kilomètres . Une frontale me suit à distance depuis un moment : sans
doute Cyrille, qui fait lui aussi une grosse entrée dans le raid .
J'hésite un peu à l'attendre, mais la piste en dur est trop
tentante. Mes pieds limés par le sable sont en assez triste état,
mais j'ai encore la pêche, et j'ai une grosse envie de remplacer ces
derniers kilos réputés interminables par l'organisation par un
dernier baroud d'honneur, sans aucune utilité au classement, vu les
2heures perdues au CP9. Je me lance alors dans un train euphorique à
10 km/h, qui me paraissent à ce moment là beaucoup plus. Les km
défilent par enchantement, et je passe très vite le fameux tacot en
panne depuis les premières éditions, et rentre dans le village comme
un boulet de canon. Je finis de me raper les pieds, mais je suis
vraiment heureux.
J'aperçois soudain une pierre peinte : R200 arrivée, avec une
flèche. ah, sûrement à 200 m !
Je fouille la colline sur la droite , ou je pense que se trouve
l'auberge de depart/arrivée mais ne vois rien . Je continue donc ,
pour finalement commencer à me poser des question après plus d'un
km . mais ou est donc cette arrivée ? Le jour se lève et le village
est désert . Je tourne un moment et trouve une femme qui m'envoie
au bout du village dans la mauvaise auberge ( Saad, notre hôte,
construit une nouvelle auberge de l'autre coté du village ) . Du
coup ça commence à me gonfler sévère et je m'énerve tout seul, ne
sachant plus ou aller , et commence à hurler à la cantonade . « Mais
ou elle est cette bon dieu de P%*µù@ de B§çà d'arrivée !! «
Je me calme et me décide finalement à faire demi-tour, en me disant
qu'au pire je retrouverai Cyrille et qu'on pourra chercher
ensemble .
C'est en repassant devant le caillou blanc que je comprends mon
erreur : R 200 c'est la race 200 et non pas 200 m et l'arrivée est
bien là : à 10 m tout au plus , bien a ma droite effectivement,
maintenant que je viens de l'autre sens ! .

Cyrille qui vient d'arriver, met un moment à réaliser que je ne
viens pas le féliciter mais que j'arrive moi-même, vu qu'il me
savait devant et qu'il ne m'a pas vu sur la piste .

Et les autres qui se marrent… MAIS SE MARRENT ….

2 commentaires

Commentaire de gdraid posté le 20-11-2006 à 17:10:00

Re bravo chacal, j'avais dû lire déjà ton récit, mais en diagonale...
Cette fois-ci j'épluche tes observations. Elles sont intéressantes et précieuses. Elles recoupent les miennes de mars 2004.
Je documente au mieux ma participation à l'édition de mars 2007.
Nous avions eu la grande chaleur.
Vous avez eu la tempête de sable , c'est pas mieux !
Qu'aurons nous la prochaine fois pour nous pousser à l'abandon ?

Commentaire de gdraid posté le 25-03-2007 à 10:33:00

Encore chapeau chacal, pour le récit de ta course en mars 2006.
Nous avons profité, Michel SAVELLI et moi, de l'expérience de tes malaises gastriques, pour progresser lentement, en mangeant peu et buvant normalement jusqu'au 80 km du CP4.
Michel SAVELLI s'est littéralement envolé jusqu'à l'arrivée, sur les CP suivants, terminant facilemet, et sans blessures en 47h26'. Le bonheur, après ses tentatives manquées de 2003 et 2004.
Nicolas AUTRET contraint et forcé de suivre notre exemple de sagesse jusqu'au CP4, nausées insupportables obligent, a, pour la 1ère fois en 3 éditions, 2004, 2006 et 2007, enfin rejoint l'arrivée avec un bonheur non dissimulé.
Quant à moi, j'ai poursuivi tranquillement mon chemin de randonneur, en 3 jours et 3 nuits de spectacles extraordinaires, pour terminer en 71 heures, sans fatigue ni blessure.
Je fus même accueilli en héros vendredi matin à 9 heures, en plein soleil, par de nombreux supporters Mauritaniens et Français...
Fort de ces exemples, j'y retournerai pour une "perf"... en beaucoup moins de temps .
JC

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