Récit de la course : Trail de Haute Provence - Marathon - 44 km 2017, par Pieromarseille

L'auteur : Pieromarseille

La course : Trail de Haute Provence - Marathon - 44 km

Date : 27/5/2017

Lieu : Forcalquier (Alpes-de-Haute-Provence)

Affichage : 1627 vues

Distance : 44km

Objectif : Se défoncer

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Bientôt à la maison !

Bientôt habitant de Forcalquier (j'emménage en août), je m'inscris sur le maratrail (44km et 2300 D+) du THP pour découvrir mon futur terrain de jeux. Je partais, quoi qu'il arrive, et prêt à mobiliser toute ma mauvaise foi marseillaise si besoin en était, pour ne pas être déçu. Et peuchère, en toute bonne foi, je n'ai pas été déçu du tout Cool. Ravi même par ce grand tour de mon futur quartier !

Plutôt en forme en ce début d'année avec quelques bons trails et un RP accroché de justesse sur semi-marathon en avril, je suis quand même un peu interrogatif sur la façon dont il faut gérer ce type de distance pour finir dans les 25% (j'avoue, j'aimerais bien, et j'ai essayé de m'entrainer suffisament pour ça : en gros, cela implique de finir dans les 50 premiers sur ce trail ou 204 coureurs sont annoncés au départ - deux fois plus que l'an passé -, soit d'après mes estimations en 6h30 à peu près - 6h38 après vérification). Je commence par ouvrir un fil 3 bonnes semaines avant pour prendre quelques conseils (http://www.kikourou.net/forum/viewtopic.php?f=21&t=38849), dont je ne retiens que ce que j'ai bien envie d'entendre Langue tirée : partir sans s'enflammer mais quand même assez vite et durer le plus longtemps possible en limitant la casse sur la fin. Me connaissant d'une part, et vue la grosse chaleur annoncée d'autre part, c'est la stratégie qui m'a semblée la plus adaptée pour prendre ce qu'il y avait à prendre d'avance avant qu'il ne fasse trop chaud.

Levé 5h pour un départ à 7 heures, la nuit est courte (et agitée, d'autant que j'ai une petite crève) mais je suis normalement suffisament entrainé pour m'élancer sans trop de doutes dans le peloton de tête des coureurs. Je suis assez surpris par le rythme assez raisonnable des 20-30 premiers avec lesquels je ferai tout le parcours, nettement moins rapide que le dernier trail auquel j'ai participé, les Cinq Calanques (25km, 1000D+), ce qui somme toute est logique pour une distance double. Je peux suivre en tout cas facilement à cette allure sans trop forcer.

Les premiers kilomètres attaquent très vite dans la pente et je reste assez prudent, à une allure d'EF. La première demi-heure est néanmoins assez inconfortable ; pas totalement réveillé sans doute. Je n'en garde pas grand souvenir, si ce n'est une grosse descente assez longue et bien raide vers les 5-6ème km qui commence à bien chauffer les quadris. Et puis progressivement, je rentre dans la course et tout se met en place. Je me sens très bien notamment dans la longue montée pleine de feuilles mortes qui mène jusqu'au sommet du Contras (5-6 km pour 800 à 900 D+ environ), sous l'ombre d'une forêt profonde dont je me dis qu'il faut profiter vu l'annonce météo du jour. Je monte quasiment entièrement en courant, alors que la plupart a décidé de marcher, et reprend 6 à 7 coureurs qui m'avaient distancés sur les premiers kilomètres, dont la première féminine juste avant le ravitaillement (qui repartira juste avant moi et que je ne reverrai plus...). Arrivé à la 18ème place au sommet du Contras en 1h49 (12km, 1320 D+, 308 D-), je prend un peu de temps au ravito (3-4 mn) alors que certains s'arrêtent à peine, et laisse filer 3-4 places pour profiter de la belle tablée qui nous a été préparée.

2ème tronçon, Contras - Station de Lure : je reste sur mon rythme, sans forcer ni trainer. Partie haute magnifique, sans doute la plus belle du parcours. Ca descend et ça remonte sans arrêt, avec de belles parties en sous bois et des remontées hors sentier très raides. La remontée finale se fait un peu dans le dur : je suis à la lutte avec un ou deux trailleurs, qui finissent par me passer. Tronçon assez cassant et premier coup de moins bien, aux alentours de 3h de course, où je me surprend à marcher de temps en temps dans les faux plats montants. J'arrive finalement au ravito en 23ème position après 3h06 de course (21,5km, 1838D+, 943 D-). Je recharge la poche à eau, prends le temps d'une soupe, d'un sandwich au fromage et de quelques fruits secs salés pour reprendre du sodium car je transpire beaucoup.

Je repars après 5 bonnes minutes d'arrêt (en 28ème position nous annonce un bénévole : décidément les gens ne savent pas profiter des ravitos par ici !), me disant que la deuxième partie risque d'être dur dur mais que j'ai un peu de marge, donc il n'y a plus qu'à gérer. Un coureur s'est élancé juste avant moi, après un arrêt éclair lui, en annonçant bruyamment que c'est maintenant que la course commence ! Un peu impressionné, je me met dans son sillage sur le sentier boisé qui redescend vers Saint Etienne-les-Orgues (929 D- sur 10km), terrain roulant et agréable que je trouve parfait pour finir de récupérer. Nous ferons ensemble tout ce tronçon en discutant, en un peu moins d'une heure (58mn). Super sensations dans cette descente (à part une petite chute de tout mon plat mais sans gravité à cause d'une souche cachée sous les feuilles), où le coup de mou semble complètement passé. Le coureur est d'expérience (20 ans de trail, plusieurs UTMB, marathon en 2h54...), il avance bien, sans excès ; je suis impressionné par la régularité de la gestion où sans être jamais dans le rouge, on reprend quand même 4 coureurs qui ne trainent pas non plus. Arrivés à Saint-Etienne en 24ème position (4h05 de course, 31km, 1858D+, 1872 D-). Après un court arrêt, nous repartons avec mon comparse pour les 14 derniers km (et 650 D+). Je me dis que c'est chouette de courir à deux. Ca ne m'arrive pas souvent, et je compte sur son expérience pour faire un beau finish, et jouer peut-être le top 20 ?... Il est 11h, le soleil commence à bien taper. La reprise après cet avant dernier ravito est Ok pour moi, très plate et roulante, et je me sens même mieux que mon collègue qui commence à être un peu dans le dur me dit-il... Ce qui ne nous empêche pas de remonter encore un, puis deux, puis trois coureurs. Le 20ème est en vue, à 200 mètres, mais mon compagnon semble en difficulté, et sans que je n'accélère, il décroche légèrement. Et là, j'avoue, j'ai honte, mais je ne l'attends pas, plus focalisé sur le 20ème que sur une gestion de course plus prudente et conviviale... Je ne mets pas très longtemps à rattraper le coureur de devant d'ailleurs, et c'est bien installé en 20ème position que je continue seul, décidé à mordre la piste.

Sauf qu'à peine la faute commise, la punition tombe. Je me sens toujours bien mais il fait chaud et il faut croire que je n'ai plus toute ma lucidité... car je loupe un virage sur la gauche et continue tout droit sur une piste descendante, sans plus me soucier des rubalises. A peine plus de 3mn30s avant de me rendre compte de mon erreur, mais je vais le payer très cher. Il faut déjà remonter tout ce que je viens de descendre, et P... ça fait C... !!! :evil: :evil: :evil: (ma montre GPS toute neuve m'indiquera un détour total de 7mn30s). Je vois au loin les coureurs que nous avions dépassés filer loin devant, et par mauvais réflexe de routard, j'accélère un peu pour tenter de ne pas les laisser trop me décrocher en me disant qu'ils sont peut-être reprenables après tout. C'est que j'y tiens d'autant plus que je ne m'y attendais pas du tout à cette 20ème place, et avoir réussi à déposer mon spécialiste de l'UTMB en 2h54 au marathon a achevé de me projeter dans un léger excès de confiance :roll: :lol: ! Il est près de midi, ça tape dur (28°C à l'ombre mais il n'y en a presque plus sur cette portion, les forêts de Lure sont derrière maintenant), plus de 4h30 de course à bonne intensité et un moral qui... en fait, qui relâche. En vrai, je suis complètement dég ! Car j'ai beau monter dans les tours de cardio, ben je vais pas beaucoup plus vite pour autant (peut-être même plutôt un peu moins vite), et je ne vois pas comment je pourrais rattraper tout ce retard en 10 - 11 km. J'insiste malgré tout, notamment sur une grosse remontée hors sentier pas très longue mais très très raide, comme ce trail s'en est fait une marque de fabrique. Et juste en haut, le cardio au taquet, je me prends le méchant coup de bambou. Ca tombe presque d'un coup d'un seul et ça laisse complètement KO. Je marche. Je trottine. Je marche... et je fini par m'allonger sous un arbre pour récupérer. Un autre coureur me passe... et me demande si je vais bien... je le rassure en lui disant que c'est juste un coup de chaud et vais repartir... ... ... et... et effectivement, je repars, en ayant en tête les nombreux retours d'expériences où après un passage à vide la machine finit par redémarrer (à condition d'arrêter de forcer dessus comme un abruti). Et puis j'ai dû écrire quelque part que j'étais prêt à en baver. Donc voilà, tu y es. Assumes coco :? :x ! Bref, je me dis qu'en continuant juste à alterner marche et course très lente, je devrais quand même réussir à rallier la fin (et je mentirais si je disais que je ne pense pas encore un peu au classement... :mrgreen: ). J'arrive enfin, presque épuisé au dernier ravito de Fontienne, à la 31ème position. Il reste 8 km et 238D+ à parcourir. C'est à cet endroit que les coureurs du 27km nous rejoignent. Je prends encore bien mon temps au ravito, mange et bois un peu trop, et repars pour la dernière étape de ce beau trail, sans conviction et avec une légère envie de vomir.
Je ne vais vraiment pas vite, mais étrangement, je n'arrête pas de dépasser. Je dois être dans le dernier tiers de la course du 27, et avec la chaleur, beaucoup de coureurs sont aussi cuits que moi. Le fait de revoir du monde et de doubler en continue a pour effet de me rebooster et je retrouve un semblant de second souffle, notamment sur le dernier massif des Mourres, juste au-dessus de Forcalquier, aux paysages magnifiques et qui, entre coureurs du 27 et spectateurs venus encourager nos efforts, est plein de monde. Sur le plateau, je reprends d'ailleurs trois coureurs du maratrail (ceux là je les avaient déjà doublés sur la descente vers Saint Etienne) et arrive enfin, bien claqué, dans les rues de Forcalquier. Dernier virage : et c'est toute la petite famille et quelques amis qui m'attendent et m'encouragent bruyamment. Je suis vraiment content de les voir tous là !! Je n'ai pas la force de beaucoup accélérer mais entouré de quatre enfants, dont deux des miens, c'est avec un énorme sourire que je termine cette course, les bras au ciel, en 6h10mn et à la 28ème place :D .

Après un coup d'oeil post-course sur le classement, mon sage compagnon aura lui terminé 21ème, en 5h54. Et s'il a regardé comme moi le classement, il a du bien se marrer :wink: :roll:.

Mais le truc chouette, c'est que j'avais laissé à ma fille mon tableau de course qui prévoyait une arrivée pour 13h30. Or je suis arrivé à 13h06. Et la famille était sur le parcours depuis 13h seulement : donc sans sortie de route, je n'aurais pas eu une si belle arrivée :D :D :D !
La vie est finalement bien faite :wink: !

4 commentaires

Commentaire de Sylvain IT posté le 29-05-2017 à 19:17:17

Super... vraiment, ça donnerait presque envie de entrainement pour en être capable ;)

Commentaire de Pieromarseille posté le 29-05-2017 à 19:34:36

Merci Sylvain, ainsi que pour tous tes conseils de préparation par MP. Toujours importants quand ils viennent de quelqu'un qui connait bien la région :-)

Commentaire de looping posté le 31-05-2017 à 11:31:56

Bravo, belle course, et beau CR

Commentaire de Pieromarseille posté le 31-05-2017 à 11:44:49

Merci looping ! Encore bravo également à toi également pour ta belle course sur l'ultra !

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