Récit de la course : Le Balcon de Belledonne 2002, par LtBlueb

L'auteur : LtBlueb

La course : Le Balcon de Belledonne

Date : 7/4/2002

Lieu : Allevard (Isère)

Affichage : 1945 vues

Distance : 65km

Objectif : Terminer

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5 autres récits :

Le récit

Salut la foule,

Quelques jours de vacances prémédités m'ont empecher de vaquer
immediatement a la redaction de ce CR...
donc apres m'etre ressourcé au coeur de la Chartreuse, sans PC ni CAP...

Ce dimanche 7 Avril a eu lieu la 17eme edition des Balcons de
Belledonne, course sur route reliant Allevard
(Nord du Massif de Belledonne) a Uriage (Sud du Massif). Aux programmes
des festivités il faut noter 65 km, distance suffisante pour permettre
d'amortir les 1450m de D+.
Pour effectuer ces 65km, plusieurs solutions possibles :
- en individuel
- en couple (relais mixte)
- en equipe de 7 (réservé aux habitants des villages traversés par la
course)

Dimanche matin, 4h le reveil sonne... trot tot (-; je soupconne L'Papy
d'avoir réussi a contacter Jeremy (Mani) quand j'avais le dos tourne; en
effet la nuit a été entrecoupé d'un break "Mani" vers 2h30 qui a fait
crisé la Bluebette...L'Blueb, bien que protégé de par son statut de
"sportif se levant aux aurores" doit intervenir pour remettre de l'ordre
;-))
Bon bref, petit dej copieux, café, etc ...je saute ds les Asics Gel
Kayano "fetiches" (on en reparlera), puis dans la voiture histoire de
rejoindre l'arrivée de la course (située a 10 minutes de la maison).

Petit flashback sur la preparation du sac la veille au soir : impossible
de remettre la main sur ma réserve de Blueboide (Gel Maxim). Est ce que
L'Papy non content de ne pas avoir pu se rouler dans mon or, se serait
fait la malle avec mes gels ;-)))
Apres 30 minutes a retourner la maison ds tous les sens, je n'insiste
pas et je dois me rendre a l'evidence : ma reserve etait peut etre vide
;-) bougon, je place quelques gels DK et quelques barres ds mon sac...

Retour a Uriage ou il est 4h45, je monte dans le car navette qui doit
nous conduire au depart de la course
Arrivée a Allevard vers 5h30; largement le temps de se preparer pour la
course qui ne partira que vers 7h...
Je passe recuperer mon dossard et me rends ds la salle dortoir pour me
preparer...un petit café, decouverte de la liste des inscrits, tiens
dossard 83, c'est ... moi; tres peu de noms connus (par moi en tout cas
;-)
Je profite de ce moment de preparation pour effectuer les derniers choix
tactiques que j'avais repousse jusqu'a present :
- short plutot que calecon
- maillot Asics manche longue et col plutot que tee shirt
- porte bidon plutot que sac DK 5L (ravito tous les 5km)
- je prepare un sac de rechange pour la mi course au cas ou (vetements
en option si envie de se changer; gels et barres a recuperer
obligatoirement pour la 2nd moitié); les sacs mi course sont acheminees
en camion vers le point de relais de la course mixte

A 6h30 est donné le départ des coureurs dit a alllure libre (marcheurs
pour la plupart) accompagnés d'un concert de cor de chasse

Quelques etirements legers; je remet les 2 sacs mi course et arrivée au
service logistique et je vais tranquille vers la ligne de départ; je
croise Christophe Rochotte, une connaissance de Papy, qui apres le 10km
de ST Nazaire, vient de faire 100km tranquille a St Fons chez le Mille
Pattes ;-)) et prepare un 200km pour bientot ;-))) on discute en
attendant le départ... re-cor de chasse (fais pas bon habiter le
quartier et ne pas aimer la CAP ...ou la chasse ;-)) ) et c'est parti
pour, en ce qui me concerne, 6h30 a 7h d'effort( I hope so). Environ 150
coureurs inscrits sur le 65km individuel.

Altitude de depart : 475m
Traversée du village, puis rapidement on se retrouve sur un chemin
(m'enfin zavait dit qu'il n'y avait que du bitume) pour un premier
troncon tout plat le long du lac EDF (environ 2km). Comme d'habitude je
pars tres lentement (plutot ds le dernier tiers) Peu avant le km 4,
juste apres un 1er ravitaillement, ca commence a grimper. Passage au km
5 en 34' : je ne pensais pas etre parti aussi lentement quand meme. Le
pourcentage moyen de montee sur ce 1er col est de 6.5%. Je monte
tranquille a mon rythme et commence a reprendre un coureur de temps en
temps; j'echange a chaque fois quelques impressions avec le coureur que
je rattrappe mais pour l'instant aucun de repond positivement a ma
demande (recherche du "train de 7h") ;-)) J'ai decidé de boire 2 gorgees
de Maxim tous les 1/4 d'heure entre chaque ravitaillement officiel, la
ou je consomme plutot du thé. Gorge Noire, Les Granges, Les Chapieux,
autant de nom de lieu-dit traversés ds ce premier col

Altitude : 1041m . Km : 12.3. Temps 1h15 . Je suis au col du Barioz Il
fait frais et je suis pour l'instant satisfait de mon choix de tenue.
Tres bonnes sensations. Il faut dire que le conseil N°1 des habitues ds
la salle "d'echauffement" c'etait surtout de monter hyper cool dans le
1er col...conseil appliqué a la lettre

Je profite de la descente, courte mais pentue (quelques passages a 14%)
pour revenir tres lentement sur d'autres coureurs, donc la 2nde feminine
dont nous reparlerons plus tard. Nous sommes a Theys (Alt 615m) Quelques
mots avec un jogger de St Nazaire (abandon au 50eme) et c'est reparti
pour la 2eme difficulté. Cette fois ca attaque sec et dans les
pourcentages les plus elevés (superieurs a 12%) je préfère marcher en
tirant sur les bras ; je ne perd quasiment rien sur ceux qui "courent",
du coup lorsque je me decide a re-courir, j'avale quelques imprudents...

Altitude : 944m . Km : 21.3. Temps 2h08. La seconde difficulté du jour
est franchie (col des Ayes). Je suis toujours
bien (enfin c'est ce que je crois ;-))) . Je profite du ravitaillement
au col pour ingurgiter thé chaud, pain d'epices et faire quelques
etirements...

Et hop c'est reparti. Une courte descente, puis une remontée a 8% vers
Prabert (km 24.3). Ds la descente je reprends un groupe de 3 coureurs
qui semblent plus correspondre a mon allure actuelle . Nous attaquons
ensemble la 3eme difficulté de la journée (6% de moyenne). Est ce
l'approche immidente de la mi course : le rythme a forci et on entend
facilement le souffle de chacun d'entre nous. Nous sommes doublés par 2
"avions" ds les derniers 500m; il s'agit des 2 premiers relayeurs de la
course mixte dont le depart a été donnée 30' apres celui de la course
individuelle

Altititude 1016m. Km : 27.8. Temps 2h50. Le Col des Mouilles situé a la
"mi-course" . Gros ravitaillement. Point kiné/massages. Récuperation
possible des sacs mi-course pour ceux qui l'avaient prevu au départ.
Etirements et bilan des presque 3 premieres heures : j'ai l'impression
d'avoir été un peu vite ds la dernière montée (la suite va le
confirmer...)

Un peu entamé par les efforts deja effectués, inquiet quant a mes
capacités d'aller au bout, je repars donc du col des Mouilles (Km 27.8)
en abordant une descente en pente lègére (-6%). Et d'un seul coup,
horreur, je realise que je suis reparti sans les barres et gels que
j'avais prevu de recuperer au col (((-; deja 1km de parcouru, il est
hors de question de revenir en arriere, je décide de continuer en priant
pour echapper a un eventuel coup dur, circonstance ou les gels auraient
pu etre determinants... Le petit groupe de la montée précédente se
reconstitue assez rapidement et nous abordons maintenant une section
plus exigente (-10%). Est ce un debut de PDT ( a propos des gels) ou
alors tout simplement de la lucidité, je ne me trouve plus si facile que
ca et je décide de lever un peu le pied, en laissant partir mes
compagnons...
Je passe la "vraie" mi-course (km 32.5) et commence a eprouver certaines
difficultés, les jambes commencent a devenir lourdes et les muscles de
plus en plus dur; je suis maintenant vers le 35eme km et je me demande
si je ne suis pas en train de me prendre un "mur". Ravitaillement du
36eme, je m'alimente avec soin et décide d'une sceance d'etirements
prolongés... allez me dis-je "plus que 30 km ;-))"...

La météo est moyenne en ce jour et ne nous permet pas de bénéficier de
toute la splendeur du paysage : la chaine de Belledonne a gauche, et
notamment le glacier de Freydane qui apparait maintenant; a gauche la
vallée de l'Isère qui nous sépare du massif de la Chartreuse...

Altitude 740m. Km : 42.1. Temps 4h06. Mas Julien. J'ai atteint la cote
marathon ds les temps prevus (environ 10 km/h de moyenne) en ayant avalé
environ 1200m de dénivelé mais en ayant pas mal puisé dans les réserves,
notamment au niveau musculaire. Je fais un bout de chemin avec un
coureur Stephanois, 55-60 ans, inscrit par sa fille a l'insu de son
plein gré ;-))
Celui ci escorte depuis quelques kilometres celle qui deviendra par la
suite 2eme feminine...
Ce qui nous amène, apres une descente en pente légère, aux environs du
km 45 (4h24 de course) ou nous attend un gentil petit mur de 1.5km a 10%
;-)) A mi pente, je suis saisi par une crampe au niveau de la cuisse
droite; je m'arrete, essaie d'etirer (talon fesse) et declenche une
autre crampe au niveau du mollet; assis par terre au bord de la route,
le doute m'assaille, pas moyen de faire disparaitre ces crampes et je ne
me voie plus du tout aller au bout ; les souvenirs de l'abandon Raid28
me reviennent et je ne peux me résigner a accepter un second abandon en
2 courses cette année... je tente tout type d'etirements, y compris la
speciale Papy, que je lui ai vu faire toutes les 10 minutes a St Nazaire
(accroupis) et là, miracle, la crampe au niveau du quadriceps gauche se
calme; je bois 2 gorgées de Maxim et décide de rallier le prochain
ravito pour faire le point...plusieurs coureurs m'ont depassé pendant ce
passage difficile et chacun n'a pas ete avare d'encouragements...
Un peu plus loin l'une de mes images préférées de la course; un père et
sa fille (~8 ans), dont la maison est située sur le passage de la
course, ont dressé un ravitaillement "fantome" fort sympathique; le père
remplissant les verres pendant que sa fille s'avance au milieu de la
route pour proposer ce verre improvisé a chaque coureur; je bois mon
verre avec reconnaissance, échange quelques mots et repars après avoir
distillé quelques remerciements...

Altitude 874m. Km 50. Temps 5h01. Le Rousset. J'ai épuisé mes réserves
de Maxim (un sache de 60gr de poudre m'attend encore a la mi course ;-)
). Je décide de tenter le tout pour le tout et je choisis l'option
Coca, dont je remplis mon bidon a moitié... Je cours désormais avec la
"future" seconde féminine ; chacun de nous serre les dents et cette
coopération rend les kilomètres suivants (au moins pour moi) moins
difficile. Toujours mal aux jambes, mais l'alternance coca/etirements me
permet de tenir le choc... Après une nouvelle partie en descente, nous
attaquons la dernière difficulté, un faux plat de qqs % long de 5 km...

Altitude 800m. Km 55. Temps 5h32. La Croix de Pinet. Encore 1.5 km de
cette ultime montée qui n'en finit plus... Nous sommes fréquemment
doublés par des coureurs du relais des 7 communes...heureusement que
leur dossard nous permet de les identifier; sinon le coup au moral
pourrait etre décisif...Km 56.5, le Pinet, avant dernier ravitaillement,
il ne reste plus de sections montantes; j'étire la mécanique, avale un
verre de coca et décide de repartir...tranquillement dans un 1er temps,
puis je m'applique a developper une foulée la plus efficace possible. Je
sais que plus rien ou presque ne peut m'arriver; la descente devient
alors plus pentue (10%) et j'essaie de ma relaxer le plus possible pour
éviter tout retour de crampes (je laisse aller le plus possible). Sans
reellement "voler", je vais rattrapper ainsi 4 coureurs d'ici le dernier
ravitaillement situé a 3km de l'arrivée (St Martin d'Uriage). Je profite
de ce dernier ravitaillement pour boire un coup tout en etirant une
nouvelle fois...

Pour la 1ère fois depuis le départ, nous abandonnons alors le bitume
pour emprunter le chemin du Chateau qui descend a travers la foret vers
le Parc d'Uriage. Je rattrappe un dernier concurrent a 800m de
l'arrivée, l'invite a me suivre puis je termine en roue libre après
avoir effectué un tour de Parc. Temps total : 6h15'12"...inespéré a 10,4
km.h

Je retrouve sur la ligne d'arrivée 2 coureurs avec qui j'avais effectue
le 2eme tiers de la course (avant mon "coup de barre"). Ils sont arrivés
depuis respectivement 3 et 4 minutes. L'un des deux me dit "s'entrainer
~150 km par semaine; et toi ? " ;-) et bien moi c'est plutot 50km
hebdomadaires ;-))

puis je me traine jusqu'aux douches ;-))...

Ce que j'ai aimé :
------------------
- l'ambiance et la convivialité entre les coureurs
- la cadre de la course
- la mise a disposition des coureurs apres la course des thermes
d'Uriage (douches, piscine, kiné)
- les presents offerts a chaque participant (1 sweet shirt, 1 bouteille
de vin, 1 arbuste, 1 fromage local, 1 pot de miel) : autant c'était
quasiment mesquin pour la SaintéLyon autant les organisateurs ont été
ici exceptionnels
- les ravitaillement, nombreux, conviviaux et toujours bien fournis
- la présence des spectateurs sur certains endroits stratégiques de la
course ( notamment les cols)

Ce que j'ai moins aimé :
------------------------
- l'absence d'orchestres aux principaux ravito (sachant qu'ils étaient
annoncés sur la brochure)
- le nombre d'accompagnateurs en voitures qui ne cessent de doubler et
s'arreter (entre chaque ravitaillement) pour attendre leur coureur; ceci
alors que l'organisation avait distribué des plans d'accès aux
différents points de passages de la course
- que Pouic Pouic en profite pour "pulvériser" mon record marathon de
15" ;-))))))))))

Voici livrée pele-mele quelques elements d'analyse de cette course (en
general) et de ma course (en particulier)...

Au niveau des chiffres :
* Je suis classé 36eme sur environ 140 arrivants (j'ignore le nombre de
partants), ce qui me parait assez surprenant ; en effet, j'ai eu
l'impression que cette epreuve etait un repere de specialistes de
l'ultra et je ne ne me considere pas du tout comme un specialiste de ce
type d'epreuve...
* Le premier termine en 4h32, le dernier en 9h07; le record de JM
Bellocq de 1989 me parait surnaturel (4h11)
* Faible participation (moins de 150 inscrits) pour les raisons
certainement enoncées par LTDB il y a peu : une forte concurrence en ce
mois d'Avril, traditionnellement celui des Marathons de printemps; qt
aux amateurs de trail, ils preferent sans doute courir sur les chemins.
On trouve essentiellement des coureurs locaux et quelques etrangers
(Espagne, Italie).

Au niveau des erreurs commises :
Avant de detailler ces erreurs, il est peut etre bon que je signale que
j'ai echoué ds mon premier objectif ("finir sans etre cassé"). En effet,
j'ai fini mais bien cassé ;-))) je compare un peu mon état musculaire en
fin de course a celui du Shadock a St Nazaire; je remarche sans aucun
probleme uniquement depuis ce jour (vendredi) et j'ai donc été assailli
par les courbatures pendant 4 jours. Il faudra que je me penche de plus
pret sur ce probleme "musculaire" qui pourrait me jouer des tours dans
le futur (je l'imagine comme etant le point bloquant en cas d'aventure
de plus de 10heures) ; en effet il me semble y etre beaucoup plus sujet
que la moyenne des coureurs et ce pour toutes les distances a partir du
semi. Impossible de trouver trace chez moi d'une récuperation
instantanée type "Papy a St Nazaire"...

alors voila...
1) aucune sceance de D+ effectuée dans les 3 derniers mois (hormis les
1200m D+ passés dans mes escaliers depuis le 1er Janvier ;-))) )
2) utilisation d'une paire de chaussure (certes fetiche) mais usée (((-;
des Asics Kayano utilisées en prepa marathon debut 2001 (500 km), puis
regulierement depuis (20km /semaine) en alternance avec une autre paire
Je mets sur le compte des deux points précédents, les crampes ressenties
au mollet (je n'ai jamais eu un seule crampe au mollet de ma vie)...a
tord ou a raison ??
3) l'oubli des gels : j'ignore le lien direct avec ce possible coup de
barre du 45eme km, les problemes musculaires qui l'ont acccompagné, ...

Au niveau des point positifs :
1) Il est possible de faire cette course avec seulement 4h de cap par
semaine et aucun denivelé...meme si je conseille d'en faire un peu plus
quand meme
2) J'ai explosé mon objectif N°2 (finir en moins de 7h)
3) En arrivant au bout, je réalise un reve fait il y a 3 ou 4 ans; a
l'epoque je regardais comme un "Dieu" un collegue de boulot qui le
faisait tous les ans et je considerai cet objectif comme hors du commun
... et bien il n'en est rien et pas la peine d'etre Dieu pour en venir a
bout ;-)
4) En proie au doute a mi parcours, j'ai reussi a continuer au mental
(gros mal de jambes pendant 30km), ce qui m'a permis d'aborder la fn de
course plus cool; le tour du Parc avant l'arrivée et le passage sur la
ligne ont été très fort...

Je pense que j'y retournerai...

Ciao
L'Blueb





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