La lyonsaintélyon n’aura pas été faite cette année. Dans le car qui me ramène vers Lyon ce dimanche matin je revois le film de notre aventure Bruno et moi.
Tout avait commencé la veille à 10 h devant le regard surpris de quelques coureur venu de bonne heure retirer leur dossard. Quelques UFOs sont là pour nous encourager (millepattes, le zèbre, jeancri).
Nous sommes parti tranquillement . j’avais pris de l’avance au niveau kilométrage en venant jusqu à Gerland à pied.
Des les premiers kilomètres Bruno m’informe de petits soucis avec ses chaussures, ce n’est pas la forme olympique. Je le rassure , un rhume me tient depuis le mercredi , il m’est très difficile de respirer par le nez. La veille j’étais shooté aux actifed. Notre objectif : arriver sur saint Etienne pour 22h, ne pas trop forcer, arriver en bon état et profiter de la journée pour relativiser sur le monde qui nous entoure et le temps qui passe.
Le parcours est assez simple au départ. Il est très difficile de faire une course en sens inverse. Le balisage est prévu pour les coureur venant dans le sens normal. Nous apprenons à naviguer, de déductions , en conclusions en passant par des suppositions sur l’emplacement puis la direction des panneaux.
La carte détaillée de l’organisation est là pour aiguiller. Mais elle n’est pas facile à lire car monochrome.
Nous mettrons 6h pour atteindre sainte Catherine. Il fait encore jour, le brouillard n’est plus là.
Le responsable du ravitaillement de sainte Catherine nous ouvre les portes pour nous offrir de l’eau pétillante….quel régale.
Nous ne nous étions pratiquement pas arrêter, c’était notre seul gros arrêt de la journée.
Nous repartons et la nuit vient doucement nous envelopper, le brouillard nous servant de couverture.
Je me rend compte que je n’ai pratiquement rien mangé depuis le début, les barres de céréales étant trop dur pour mes pauvres petites dents fragile (les saint foniard s’en souviennent…). Heureusement j’ai un bidon d’Isostar et un de caloreen.
Depuis sainte Catherine nous arrivons à courir dans les descentes mais elles ne sont pas nombreuses. Bruno est cuit. C’est son genou qui ne va plus.
Notre orientation devient de plus en plus pénible. Et les erreurs se succèdent. Comme notre progression ne se fait plus qu’à la marche (le ménisque de Bruno ne veut rien savoir) toute erreurs de parcours nous pénalisera sur notre heure d’arrivée. Apres saint Christo en jarrez nous sommes très vigilants. C’est effectivement là que l’an dernier nous nous sommes trompés. Mais comme trouver le bon chemin lorsque vous avez un sentier qui sépare en deux ? en sens inverse c’est simple , il n y a pas à réfléchir, vous suivez la flèche…mais dans l’autre sens….pile ou face ? gauche ou droite ?... nous prenons à gauche en suivant le GR…perdu, ce n’est pas le bon chemin. Nous alternons de courts moments de course dans la descente vers sorbier. Je pense que Bruno à du me maudire dans cette descente, malgré sa douleur au genou il arrivait à courir, mais je sentais bien que çà lui était pénible.
En arrivant sur sorbier un petit calcul nous permet de savoir que même en marchant nous serons vers 22h au parc des expositions.
Nous allons nous retrouver dans la foule. Des voitures s’arrêtent à notre hauteur pour nous demander ou se trouve le départ. Nous croisons des marcheurs partis 4h avant la foule.
21h45 nous arrivons au part des expos dans le plus grand anonymat. Une journaliste ne nous croient pas : il n’est déjà pas possible pour elle de faire la sainte dans le bon sens alors un aller retour… la première partie de notre aventure nous a pris presque 12h.
2 heures de repos, remise en état, un Bolino, changement de tenue, retrouvaille et connaissance d’ufos que je ne connaissais pas. Je perd mon compagnon de route dans cette foule.
23h30 le départ est proche, le retour s’annonce.
Résumé de l’épisode précédent.
Départ de Lyon le matin avec Bruno Ruiz et 11h de cheminement pour arrivée au parc des expos dans la plus grande discrétion…
23H30 je me suis habillé, je ne suis pas fatigué (malgré 77 Kms derrière). J’ai opté pour une tenue légère sans sac à dos. J’estime mettre entre 9 et 10 h (que je suis prétentieux….), mais la vue de tous ces coureurs prêt à bondir et furieux de partir me fait oublié mes kilomètres du jour.
J’ai perdu mon compagnon de route de l’aller, et impossible de le retrouver dans cette foule…boudiou quel commerce cette saintélyon.
Je me fais interviewer par une journaliste de tlm, je rencontre fr6, Michel cercueil et sa fille (trop trognon tous les deux), je pose mon sac et revient voir le départ des relayeurs.
Ca part vite, certains ont déjà la frontale d’allumée…je ne vois pas pourquoi, mais ça a l air de leur faire plaisir.
C’est maintenant le tour des solistes de se mettre en place. Boudiou qu est ce qu il y a comme monde. Je n ai pas envie d être emporté par cette foule et malgré mes efforts je ne réussirais pas à me mettre en queue de peloton. Je me retrouve avec quelques animos. J’explique aux coureurs autour de moi que je viens de faire 77kms mais personnes ne me croit, ils me prennent pour un illuminé. Bah tant pis pour eux ….
Pan, c est parti…..il faut presque 1 min pour franchir la ligne de départ. Et des que je peux courir je me rend contre que je ne suis pas dans la même course que les autres.
Au bout d’un quart d’heure je me retrouve au milieu de marcheur, qui visiblement sont parti dans la tête du peloton. Certains marcheurs sont même en train de courir…
Des que cela monte je marche.
Je retrouve Bruno Ruiz :
« Salut Bruno ça gaze ?
–oui j ai couru un peu mais je vais plutôt marcher, j ai mal au pied.
– ok, lui répondis je, je vais continuer à mon rythme j’arrive un peu à courir je me sens bien…. »
Premier ravito à sorbier et j ai vraiment l impression d être dans les derniers….pourtant il y a du monde derrière.
Le temps à changé. L’air est devenu humide, et il tombe des petits flocons. La route blanchit, je n’en crois pas mes yeux.
Avant d arriver sur saint Christo je vois l erreur que nous avons fait à l’aller (hé oui c’était à droite qu il fallait prendre).
A saint Christo je retrouve la journaliste de la télé locale de saint Étienne qui ne nous à pas cru à notre arrivée.
Déjà près de 90kms. Cela devient dur. La musique m accompagne et je repars.
Je ne peux courir dans les cotes, seulement dans les descentes….je vais même vite par rapport à ceux qui m entourent.
Mais les cotes deviennent un vrai calvaire. 1 kilomètre après saint Christo j avance au ralenti.
Je me rends compte que ma tenue est inadaptée à la marche. J ai froid. De plus en plus froid.
En dix minutes tout bascule. Je sens le froid qui rentre à l intérieur de ma peau, c est comme si mon sang était en train de se refroidir. A ce moment précis je réalise que rejoindre Lyon ne sera pas possible sans y laisser des plumes. La course à pied doit être un plaisir, si c est pour être encore plus malade après et ne pas bouger de la semaine ce n est pas la peine.
J’ai envie de dormir. J’ai envie de m allonger sur ce sentier et de m’endormir….je trébuche dans la boue cela me réveil….bon sang quel galère, il n y avait pas tant de boue tout à l heure….
Les marcheurs me dépassent en masse. Nous ne sommes pas dans la même course.
Au ravitaillement intermédiaire j ai envie de sauter dans le camion de la protection civile.
Je retrouve un gars du club et sa femme. Je continue avec eux jusqu a sainte Catherine, c est décidé j arrête là bas. Tant pis je ne ferais que 108 kilomètre ce week end je me rattraperai sur mes sorties solo.
L’arrivée sur sainte Catherine est un soulagement. Je file ma frontale à mon couple d amis qui n ont plus de lumière , je rentre me ravitailler avec un thé chaud, je rend ma puce et je fonce dans le bus.
5h30 le bus démarre, 108 Kms , je suis satisfait et sur d avoir pris la bonne décision. Je ne me voyais pas marcher encore 6h, les souvenirs de marche de cet été sont encore trop présent à mon esprit.
Une seule question….comment va Bruno…je l’aurai au téléphone vers 6h30 quelques minutes avant son malaise.
L arrivée à Gerland est magique, il y a un monde fou….c est marrant on rend la puce mais on garde le dossard….comme cela on a l impression d avoir fini.
Tout ceux qui m ont vu à Gerland à cette heure matinale ont été surpris et ont du au premier abord se demander comment j avais fait.
Je suis bien content d avoir pris cette décision.
Je n’étais pas assez fort dans ma tête pour cet aller retour, et puis des choses folles comme cela doivent , a mon avis , être entreprise en off complet….ou alors dans l autre sens : saintélyon_sainté….
En tout cas j ai envie de courir et j espère sevrer mon envie le week end prochain…..
Merci à tous les ufos et autres animos pour votre gentillesse et bonne humeur, c’était impressionnant de vous voir arriver.
Epilogue : le lendemain j’étais chez le toubib car j’avais encore plus la crève que la veille.
Cette année cela ne m’aura pas guéri comme l’an dernier.
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fredou_cela_m'apprendra_a_laisser_mon_sac
http://coureurs.ultrafondus.com/coureurs/fredou/lyonturin.htm
PENSEZ A RESERVER LE DRAPEAU POUR VOS ULTRAS http://coureurs.ultrafondus.com/coureurs/fredou/calendrier.htm
wheclerf@aol.com
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