Récit de la course : La Montée des Jonquille 2008, par Gibus

L'auteur : Gibus

La course : La Montée des Jonquille

Date : 22/3/2008

Lieu : Coligny (Ain)

Affichage : 2702 vues

Distance : 20km

Objectif : Pas d'objectif

6 commentaires

Faire connaître ce récit sur Twitter :

Faire connaître ce récit sur Facebook : Partager

5 autres récits :

On dirait qu'ça gène de marcher dans la boue

On dirait qu'ça gène de marcher dans la boue

 


 

Pas un temps à mettre un grizzly dehors en cette semaine. Neige, froid. La montée des jonquilles de ce samedi s'annonçait avec un temps de chien. En allant à Coligny; lieu de ce trail, une averse de grêle balaye le pare brise. Purée, je ne vois plus rien. A 60 à l'heure les essuies glaces à donf, je sors du nuage. Arrivé sur place le temps à l'air de se mettre au beau, enfin il ne pleut plus, ne neige plus. Je retrouve les gars d'Ambérieu marathon, Pierre, Djamel, Serge, Sandrine, Philippe et Anne. Plus loin Nico et Sébastien discutent, ils sont les favoris. Dans le gymnase c'est la bousculade, c'est normal, c'est la première édition.

 

 

La file d'attente est longue et un des orga nous annoncent le décalage de 5 minutes du départ. On nous remet une bouteille de vin blanc et notre précieux dossard.

 

 


 

Un petit échauffement s'impose car la pente va être raide vue le graphique. 600m de déniv en 20 bornes.

 

Je discute avec Sylvain de l'EAB. Je lui dis que je pars derrière pour remonter petit à petit. Lui fait un départ photo, comme il dit. Pascal de Photogone est aussi là. Nous parlons de courir en ultime hommage à Laurence, décédée il y a 2 semaines déjà. Je vais courir d'ailleurs avec le buff kikou comme le portait Lolo. Les coureurs de rassemblent sur la ligne de départ. Une concurrente a une envie présente et fait rire toute cette assemblée. Allez on va l'attendre. Le drapeau bleu, blanc, rouge, agité par le maire donne le départ. Le peloton d'une petite centaine d'âmes s'étire doucement. Nous montons (déjà) sur la route. Un bénévole s'esclaffe :Oh ils sont nombreux, combien sont-ils ? 150 dis-je en passant. Un autre coureur rigole. Je lui aurais dit 12000 c'était pareil. Bref, je me rentre dans la course. Sandrine est là bas devant moi. Je la passe en l'encourageant. Avant le haut de cette route Serge qui est parti encore plus lentement que moi, me double. Je le laisse filer et me retourne pour voir si Sandrine suit. Elle est là bas derrière. Ca redescend secos et je redouble Serge. La pente est vraiment raide et la gadoue n'arrange pas notre équilibre incertain. En bas nous tournons à droite et ça remonte de suite. Un long faux plat sur un chemin, s'ouvre à nous. Je double Rémy puis Philippe qui suit son épouse Anne. Allez Ambérieu. La fin du chemin devient plus raide et nous rejoignons la route qui nous fait rentrer à St Jean d'Etreux. Virage à droite et nous rentrons dans la montagne. Mains sur les cuisses, nous marchons dans la côte. Ca y est nous sommes sur la neige. Cette progression me fait penser à la 6000d. En haut Pierre nous encourage. Allez Gibus, allez Anne, ah elle n'est pas loin. Droite, gauche et nous remontons de nouveau. Faut prendre l'échelle me dit Pierre. En haut cette fois c'est Pascal qui nous tire le portrait et nous oblige à recourir.

 

 


 

Photo Pascal 

Nous sommes sur la route qui est bien enneigée. Plus loin nous tournons sur la droite sur un chemin. Et là c'est (le drame) la bérézina. Il y a les traces de roues de chaque côté gorgées de flotte, au milieu c'est boue et neige. C'est la grosse marrade, la grosse glissade. Nous progressons tant bien que mal.  J'allonge la foulée pour garder un rythme correct. C'est terrible, jamais vu ça. Un coup sur la droite, un coup sur la gauche, parfois carrément en dehors du chemin dans la neige. J'imagine la bataille des Ardennes pendant la deuxième guerre mondiale. Bon faut pas trop comparer ce qui n'est pas comparable, mais neige et merdasse quand même. 6° kilo en 4'12; les premiers 5 kms en 28'43. Vu mon départ prudent de derrière, je continue mon bonhomme de chemin et remonte petit à petit les concurrents, quoi que je commence à trouver ma place au sein de la bataille. De grosses plaques de rochers se dissimulent sous la neige et cela glisse. Virage à gauche, je manque de me rétamer. La descente brève qui s'en suit est dangereuse. Nous arrivons au ravito sur le plateau de Vergongeat, Sympa. Demi tour et c'est reparti en sens inverse vers les bois. Je croise Serge et Anne. Brefs encouragements et j'attaque la deuxième partie délicate du parcours. De nouveau un chemin piégeux en légère descente cette fois. Attention toujours aux pierres plates. Je cours sur la partie (boueuse) droite. Derrière un concurrent me suit de près. Kms 8, 3'59. Ouh là, ça envoie. Je reviens sur les gars devant. Le chemin remonte un peu et la progression devient plus dure. Nous sortons des bois et flash pour les yeux : la partie du champ est toute enneigée et le soleil reflète dessus. Virage à gauche et 2° reprise de justesse du gars qui va tomber. Je me suis enfoncé dans la neige jusqu'au mollet. La route est là et Pierre aussi. Je discute avec le gars de derrière qui m'a rattrapé. T'as fait le trail des Carbonis. Non non lui dis je. Il y avait pleins de gars avec le même buff que toi, qu'est ce qui c'est passé avec la fille? Je lui raconte un peu l'histoire de Lolo. Malheureusement la vie continue, putain de camion. Un jour t'es là, tu vas au boulot et tu n'en reviens pas. Ainsi est la vie, ainsi va la vie. Dure semaine avec le décès de Laurence le lundi et le vendredi le tournant dans ma carrière professionnelle. Le sport, notre sport est là aussi pour nous faire relativiser. Philippe m'encourage sur le bas côté. Avec mon compagnon de voyage, nous parlons du trail des Carbonis. Génial me dit il. Mon lacet est détaché et je suis obligé de m'arrêter car j'ai la clé de la bagnole accrochée avec. Les trois gars derrière me doublent et j'essaye de raccrocher à la patrouille mais l'écart est fait et demeure le même pendant un moment. Le chemin est en descente se fait au taquet. 3'32 au kms 12, j'ai des doutes sur la position de ce panneau mais on a bien dérouler et j'ai comblé mon écart. Nous revenons sur le point de ravitaillement du plateau de Vergongeat. Un petit coup d'eau et hop c'est la descente sur la route. Je double un gars en jaune qui se ravitaille en gel. En bas à gauche. Pascal nous photographie de nouveau. Allez Gilbert. Pierre est là aussi. Allez Gibus. Ca  remonte sec et un panneau nous indique dernière difficulté. A gauche dans le chemin, c'est les mains sur les cuisses et en marchant que nous escaladons cette der. Je marche plus vite que le gars en jaune et rattrape Julien De Paoli complètement à l'agonie. Je redémarre en même temps que lui mais je le sème très vite. Drôle de sensations, lui qui est souvent devant. Le gars en jaune est derrière moi. Attention dans 300 mètres, descente dangereuse. Le pré oblige du nez vers l'avant et il faut presque s'accrocher aux branches pour ne pas tomber et pour arrêter les glissades. Les écarts sont faits pour le compte je pense. 31° me dit un gars. Nous évitons une épingle à cheveux que fait la route, par l'extérieur par un petit chemin, génial. Traversage de route. Allez allez, les encouragements des bénévoles résument la bonne tenue de cette course. Kms 17, les deux derniers en 8'08. Je me laisse aller dans la descente du chemin. Qu'est ce que je suis bien là. Loin sont mes soucis. Kms 18, 4'04, ça dépote. Faut faire gaffe quand même, rester concentrer sur le chemin. Le 19° en 3'45 quel pied. Petite montée. Je double David Goy qui marche. Il a laisser tomber depuis le 15°. Donc je suis dans les 30. C'est le final sur la route dans Coligny. Le dernier kilo est un peu plus long donc plus de 20 kms au total, mais il y en aurait eu 30, on n'aurait pas rechigné. Je passe la ligne avec le doigt pointé en haut une nième pensée à Lolo.

 

1h37'49. Je taille chercher mon APN à ma voiture. Nico a gagné, Sébastien est 4°. Anne arrive avec Serge.

 

Elle gagne la course. Serge est 1° v3. Arrive après, Véro 3° femme.

 

 

 

 

 

Djamel m'a mis 3'. Il termine avec mon traileur des Carbonis. Sylvain est 20°. Philippe a eu un pb et a abandonné aussi. Il est crevé et a sommeil. Je vais prendre la douche. Hyper froide. Un gars à côté de moi fait le malin en disant que lui a de l'eau chaude alors que c'est le même tuyau. Ce stupide individu est en train de laver ses pompes sous la douche et fout de la terre partout. Vachement intelligent. Il faut de tout pour faire un monde. Le table de ravitaillement est bien achalandée. Café, choco, thé. Il y a à manger aussi. Pascal a tiré XXX photos encore et fait la promotion sur son stand.

 

Philippe est vraiment pas bien et va s'assoir sur un banc. Je lui propose un verre de coca. Il dit qu'il va aller dormir dans la voiture. Sandrine est contente de sa course. Les petits groupes se forment.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Tous reconnaissent la beauté du parcours. Certes cette première édition restera dans les annales avec sa boue et la neige, mais le bouche à oreille va fonctionner et les prochaines années vont être, j'en suis sûr, plus fortes en participations. Je quitte Coligny avec mes chaussettes qui vont finir à la poubelle et mes trails d'une couleur indéfinissable.

 

Sur le parking le moteur de la kangoo verte de Philippe tourne, chauffage à donf. Il est couché sur la banquette. Il rêve surement de jonquilles maculées de neige et de boue.

 

6 commentaires

Commentaire de seapen posté le 28-03-2008 à 09:54:00

Un bon récit par un coureur très performant, ça donne un très agréable moment de lecture. Merci. Saluts sportifs.

Commentaire de taz28 posté le 28-03-2008 à 11:10:00

Quelle course !! Moi qui m'attendais à un cheminement bucolique parmi les jonquilles printanières ... ;-))

Bravo à toi, et merci pour ce récit et ces photos..!
(fais de la pub pour les buffs kikourou...certaines ont mis des faux !!)

Taz

Commentaire de gdraid posté le 28-03-2008 à 15:02:00

Merci Gibus pour ton récit intéressant. Les difficultés du terrain ont dû casser plus d'un coureur.
Bravo pour ta perf et ta relative facile fin de course.
JC

Commentaire de franciss posté le 29-03-2008 à 16:10:00

Admirable Gibus...Comme quoi, courir est un moyen d'évasion spirituelle...
Voilà qui donne à réfléchir et ce n'est certainement Julein De Paoli qui me contredira !

Commentaire de agnès78 posté le 30-03-2008 à 19:31:00

un superbe récit! Merci! Bravo pour tout.
Bises
agnès

Commentaire de lulu posté le 30-03-2008 à 19:43:00

BRAVO pour ta course Gibus et comme d'hab....tout pour la fin !!!!!!!!

A bientôt

lulu

Il faut être connecté pour pouvoir poster un message.

Votre annonce ici !

Accueil - Haut de page - Aide - Contact - Mentions légales - Version mobile - 0.14 sec
Kikouroù est un site de course à pied, trail, marathon. Vous trouvez des récits, résultats, photos, vidéos de course, un calendrier, un forum... Bonne visite !