Récit de la course : Le Grand Raid des Pyrénées - Grand Trail 2009, par Yvan11

L'auteur : Yvan11

La course : Le Grand Raid des Pyrénées - Grand Trail

Date : 28/8/2009

Lieu : Vielle Aure (Hautes-Pyrénées)

Affichage : 2020 vues

Distance : 75km

Objectif : Terminer

3 commentaires

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Le récit

Vendredi 28 Aout 2009

Fin d'apres-midi tranquille à Vielle-Aure, entre retrait des dossards, discussion en terrasse du café, derniers achats ( ravito salé )...



Entre la salle des Fetes ou nous avons pris la Pasta party et le chapiteau du briefing, Michel ne peut résister à l'appel d'une crêpe au Nutella.




Pendant le briefing



Bernard ( Caroux434 ) écoute mais entend-il bien que le départ sera donné à 5 h 00 ? ;-)



Samedi 29 Aout


Réveillé à 2h45, je suis plutôt serein à l'heure de prendre le départ de cette grande aventure.





photos Badgone

5 h 00.
On passe sous l'arche pour se faire "badger" ( puce sous le dossard ),puis c'est le départ ( sauf pour ceux qui dorment encore )


photo Badgone


A ce moment là, je ne sais pas encore que je vais faire les 75 kms en compagnie de Francis.
 Nous profitons juste du moment présent, de la libération que représente ce départ après des mois de préparation, des semaines d'entrainement, des jours de doutes et les dernieres heures de stress...





Nous quittons les lumieres du village pour nous enfoncer dans la nuit et la bruine.



Passage à Espiaube (  km 8.7 )



Nous poursuivons la montée vers le Col de Portet,alors que le ciel s'éclaircit malgré la brume.





Nous sommes étonnés,Francis et moi, de ne pas voir Michel nous rattraper dans les parties les plus pentues.





Nous passons le Col de Portet ( km 11.7 ) après une courte pause au ravito.



La brume disparait peu à peu, laissant découvrir les lacs de Bastan et les crêtes environnantes.







Je fais une petite pause "technique", à l'écart du sentier.Quand je reprends ma route , je rattrape Michel en train de mitrailler, profitant de la lumière magnifique ( vivement ses photos !! )



La même photo un peu retouchée...




photo Michel



On laisse derrière nous la mer de nuages pour progresser sous le soleil.



Je refais route commune avec Francis et nous avons à nouveau distancé Michel qui, à la fois gère son effort pour éviter sa mésaventure de l'an dernier, mais aussi doit continuer à photographier les magnifiques paysages qui nous entourent.



A l'approche du Col de Bastanet ( km 19.3 ), Bernard nous dépose, nous expliquant qu'il est parti une demi-heure en retard , suite à une panne de réveil.



Col de Bastanet 2507 m

Il est 8 h 51, nous sommes encore en pleine forme physique et morale, dans les temps précis de mon tableau pour un final en 15 heures.
Francis est persuadé que notre "collaboration" va s'arrêter là, convaincu qu'il est que je suis meilleur descendeur que lui.
Sur trail court peut-etre, mais aujourd'hui je suis en mode endurance et n'ai pas envie de me griller rapidement en attaquant dans les descentes.

photo Michel

Michel, par contre, nous distance dès le début de cette descente.





Refuge de Campana ( km 21.4 )



Nous profitons du soleil car nous allons replonger dans la brume.





Nous descendons vers Artigues ( km 29.6 ).

Juste avant d'arriver au ravitaillement, nous apercevons Michel qui en repart.

J'ai l'impression de ne pas avoir assez bu jusque là mais quand je sors la poche du sac, il ne reste que quelques centilitres d'eau dedans.Je mange salé, ainsi qu'une soupe servie par Mélanie, la compagne de Thomas.
Pendant que Francis repart pour téléphoner à sa famille, je fais le plein en eau .
J'ai  dans mon sac une poche congélation Zip avec petits saucissons et Bretzel dans laquelle j'ai déja pioché et que je complete avec des tucs.
J'envoie un SMS à Estelle,bois un coca et je repars à mon tour.
Le profil affiché à coté de la porte est on ne peut plus clair : une montée continue de 1200 m de D+ nous attend jusqu'au Col de Sencours.




La montée est "avalée" à un rythme régulier.Approchant la partie finale, Francis me dit que nous n'allons pas tarder à doubler des coureurs qui calent.



C'est effectivement le cas mais je  sens à mon tour que j'ai du mal à poursuivre cet effort sans fin.

Thomas, plus régulier,me rattrape.





Nous arrivons enfin au Col de Sencours (km 37.3).

Il est 13 h, cela fait déja 8 heures que nous "gambadons" dans la montagne.

Je suis éprouvé par la montée et décide de faire ici une grosse pause ainsi qu'un vrai repas.


Photo Francis




Francis repart devant, m'indiquant qu'il ira lentement pour que je le rattrape dans la descente.

J'aurais en fait du mal dans le début de la descente, un peu alourdi par mon repas.





Vers la fin de la descente, sur une partie de bitume, je relance la machine et cours à vive allure.

Je rejoins ainsi Francis et nous arrivons à Tournaboup ( km 44.5 )




Thomas y est déja et se fait poser des strappings pour atténuer ses douleurs tendineuses aux genoux.

Je lui fait part d'une douleur qui vient d'apparaitre sur ma jambe droite, il me refroidit en m'indiquant qu'il s'agit du releveur et que je souffrirai plus en levant le pied ( cool, 1000 m de dénivélé positif compose la partie suivante !!! ).


Je tourne un peu en rond au coeur de la base-vie,au milieu de nombreux concurrents ( nous faisons à partir d'ici route commune avec les Ultras ), de familles et de bénévoles.

Je me fais donner une noisette de Voltarene pour mon releveur.

Dès le début de la montée suivante, je sens que la suite va être moins drole : la douleur au releveur droit est assez vive et je souffre également quand je plie la jambe gauche au niveau du tendon intérieur arrière .





Cabane d'Aygues Cluses (km 51.1 )



Ce passage est dur pour beaucoup de monde





Col de Barèges (km 52.6 )



La montée a été très dure et éprouvante ( la douleur est omniprésente ) mais la descente sera pire !

La partie boisée, avec ses marches à descendre, est un vrai calvaire pour qui voudrait bien ne pas avoir à plier la jambe.




Francis me distance à de nombreuses reprises mais m'attend toujours.

Je lui conseille à plusieurs reprises de faire sa course sans m'attendre, afin qu'il puisse sans probleme finir en desoous des  17 h qu'il s'était fixé comme objectif.

J'argumente en disant que je sais maintenant que même en souffrant je finirai la course, au vu de la marge avec les barrières horaires.

Mais Francis insiste, il veut que l'on termine ensemble.

Nous arrivons au Lac de l'Oule ( km 57.9 )



La fraicheur commence à tomber.Le moral revient, car sur cette partie plane et la montée qui suit, je n'ai plus à plier la jambe.



Nous remontons donc au Col de Portet ( km 62.6 ).

Francis se fait soigner l'oeil chez les pompiers. Je l'attends , statique dans le froid qui tombe.



Au moment de reprendre la route, la dernière descente de cette journée, je n'ai plus de jambes, elles semblent tétanisées.



Je laisse donc filer Francis et je m'arrete pour me changer. Je mets collant,manches longues, veste, buff, chapeau,gants.
Le temps de l'arrêt, Francis a repris une sacrée avance.
J'essaye de marcher vite mais je souffre. J'ai peur de ne pas arriver à rattraper Francis cette fois. J'essaie donc de courir et là, miracle, les douleurs s'estompent et j'arrive à courir à bonne allure dans la descente.
Je rattrappe Francis et nous trottinons ensemble jusqu'à ce que le manque de visibilité nous oblige à marcher.




Nous arrivons à Soulan ( km 69.8 )



Avant Vignec, le sentier arrive dans un virage de la route. Alors qu'il nous semble qu'il faudrait descendre, des balises nous orientent vers la montée.
Nous empruntons donc la route qui monte, mais au bout de 500 m le doute s'installe.
J'appelle le PC Course et après quelques minutes on en déduit que nous avons repris le parcours du départ.
Nous faisons demi-tour et "ramassons" ainsi 3 autres coureurs.
Revenus au virage, on cherche et on trouve le bon chemin . Je débalise la partie qui monte et pose les balises vers le bas afin que d'autres ne commettent pas la même erreur.

Nous poursuivons la descente, alternant marche et trottinage,sauf pour le dernier kilometre que nous parcourons à un bon rythme de footing ( adrénaline ? ).

La ligne d'arrivée en vue, je prends la main de Francis afin de célébrer cette collaboration amicale qui m'aura permis de finir mon premier ultra .


 Tengo la camiseta !!!!!



Je vous conseille les récits de mes compagnons de galère :

 En premier évidemment, le récit de Francis, course jumelle de la mienne, et qui m'a pris en photo autant que moi je l'ai pris !

http://audeladudela.blog4ever.com/blog/article-249828.html

Ensuite le récit de Michel, Mr Citadelles ou Mr Photos...Superbe gestion de début de course pour finir en 13h59'59" pour un objectif de 14 h !

http://sentier-libre.blogspot.com/2009/09/grand-raid-des-pyrenees-2009-au-royaume.html

Le récit de Thomas qui, nous croyant devant après Tournaboup, a accéléré pour essayer de nous rattraper, ce qui lui a permis de finir en moins de 16 h.

http://tooom.sport.fr/747850/GRP-2009-Yesssss

Enfin le récit de Romain qui a pris sa revanche de 2008 en finissant fort en un peu plus de 19h après une trés bonne gestion de course.

http://grumlietraileur.blogspot.com/2009/09/grand-raid-grp-2009-que-cest-bon.html




3 commentaires

Commentaire de lule posté le 02-09-2009 à 15:10:00

Que de belles photos; ça donne envie!! :D
Et chapeau, tu l'as fais, plus rien de devrais t'arrêter dorénavant.. héhé.
VITE VITE, LA SUITE PLEASSSEEEEE!!

Commentaire de laulau posté le 05-09-2009 à 14:41:00

Bravo Yvan. Belle réussite pour une première. Et joli travail d'écriture !
Laurent

Commentaire de martinev posté le 06-09-2009 à 19:10:00

Bravo pour ton récit et ta course et pour toutes ces photos (que du bonheur et quel beau souvenir)
A bientôt

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