Récit de la course : Alençon-Médavy 2010, par Le polatouche

L'auteur : Le polatouche

La course : Alençon-Médavy

Date : 28/3/2010

Lieu : Alencon (Orne)

Affichage : 776 vues

Distance : 15.4km

Objectif : Faire un temps

4 commentaires

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Le récit

 

Au moment du départ, je me suis rappelé un commentaire sur cette course "c'est plus difficile chaque année" (de mémoire). Rassurez-vous. Ce n'est pas systématiquement vrai. J'en suis la preuve vivante. Et à mon avis, nous sommes des fourgons dans le même cas.

Comme à mon habitude, aucune préparation spécifique au-delà de ce que m'offre ma nature multisport. Malgré un passé de coureur demi-fond, ici c'est un footing par semaine en moyenne qui vient s'ajouter à du VTT (reprise récente de mes parcours préférés) et à de l'aviron. Ah... l'aviron. Je serais même capable d'en faire la veille de la course tellement j'aime ça.

Mais ladite veille, ce sera un petit footing tonique.

Et voilà le jour J. J'arrive à Alençon stressé par le retard. Pour moi, un "retard", c'est 45 minutes avant la course. J'aime m'imprégner de l'ambiance avant de courir. C'est à cause des courses interclubs sur piste, je pense. Le club arrivait toujours sur les stades le matin pour les sprints et les concours. Et les 1500, 3000 et 5000 avaient toujours lieu en fin de journée. Petit à petit, j'ai apprivoisé la sensation d'entrée très progressive dans l'atmosphère de course.

Ceux qui me connaissent savent à quel point je stresse quand je suis "en retard". Certains osent en rire même, l'air amusé de me voir m'affairer dans une pseudopanique qui me fait mettre mon t-shirt ou mon dossard à l'envers.

C'est pas beau d'se moquer.

Bon bilan, je fonce récupérer mon dossard, m'habille et commence à m'échauffer. Cela dit, inutile de courir des heures non plus. 20 minutes d'échauffement feront parfaitement l'affaire.

Mentionnons au passage le super t-shirt offert, respirant et technique, et surtout... manches longues ! (Enfin !). Il est vraiment à mon goût et je ne le quitte plus.

Les troupes s'amoncèlent au départ. Hors de question de répéter l'opération slalom des deux dernières fois. Ou pire, celle forcée du Paris-Versailles. Tel une anguille, je remonte la foule amassée pour me placer le plus près possible de l'arche gonflable.

Ce qui me plaît avec la course, à présent que j'ai 43 ans (ah merde quand même ! J'avais oublié), c'est que, question performances, je n'ai plus autant la bloblotte que sur la ligne d'un 1500 m. Je suis impatient mais pas transi de trouille. Et c'est un luxe que je savoure et qui participe au plaisir d'être présent.

Hop c'est parti ! Purée, je me suis mis devant pour être peinard et je slalome quand même. Certains coureurs ont visiblement trop présumé de leurs forces. Je double un peu partout où c'est possible.

Au kilomètre 3 environ les choses commencent à se stabiliser. Les coureurs que je côtoie ont une allure qui correspond à la mienne. Kilomètre 5 : 180 ppm et 21'03. Je m'installe à mon tour dans mes sensations. L'air est frais donc on ventile bien et le vent n'est pas vraiment fort. Il faut dire qu'à AM, j'ai vu les pluies diluviennes, la grêle et la neige et le soleil. Manque plus qu'une éruption volcanique et ce sera complet. Premier ravitaillement : un grand verre d'eau en pleine figure comme d'habitude. Je n'ai qu'un gel énergétique, je compte l'ingurgiter avant la grimpette, au ravitaillement qui suit les 10 km.

Pour l'instant, tout va bien à ces vitesses dont je semble capable. Je m'étonne sans trop me méfier. Je cherche l'efficacité. Je déroule la foulée, en cherchant l'amplitude. Dans les quelques côtes que réserve le parcours avant la grande ascension, je restreins l'amplitude pour monter en vélocité. Je joue aux jambes élastiques dans les descentes. Tout fonctionne parfaitement. La fatigue est normale. C'est louche. Je paie pour voir : j'accélère... Evidemment, dès que je prends un petit crédit, il faut rembourser la dette d'oxygène. Et hop 4'03 au kilomètre mais 185 ppm au tachymètre cardiaque. Bon le max étant perché à 202, j'ai encore de la marge mais je sens que le rendement s'effondre. Je rentre dans le rang car on va arriver au 10k et j'en garde pour la côte.

Parlant du 10k, le voilà. 42'44". Et toujours 185. La dérive cardiaque se fait sentir. J'ingère le gel énergétique. Au ravitaillement, cette fois, je ralentis histoire de ne pas laisser mon t-shirt boire seul.

Ca y est ! Cette fois, on y est. C'est la côte. Et c'est parti pour 5k de grimpette. Vous verriez le graphe du Polar, il fout carrément les jetons ! Bon cela dit, je suis resté véloce, je ne me suis pas désuni et mon kilomètre le plus lent est de 5'05. Tous les autres sont sous les 4'45". Arrivé au sprint à 196 ppm. J'aurais dû accrocher l'autre coureur (celui qui m'a doublé dans les 10 derniers mètres ; chapeau bas à ce monsieur) comme je le faisais sur 1500 m. Mon coeur aurait peut-être atteint 203. Allez savoir. Bon sang que c'était dur de ne rien lâcher dans l'ascension avec ce coeur qui vient murmurer aux jambes qu'elles seraient mieux dans un hamac. Bon j'ai serré les dents, pas d'endormissement donc. Et puis, quel plaisir ! Car c'est bien là la clé.

J'ai réussi à donner le goût de la course à pied à une personne, et ce uniquement par le biais du plaisir. Et ça aussi, ça a fait mon bonheur.

Et pour en revenir au commentaire du début. Non ce n'est pas toujours plus difficile chaque année :

1h11, puis 1h08, puis 1h09 et cette année 1h07 !

Elle est pas belle la vie !

Et je ne pourrais pas terminer sans remercier les bénévoles et l'organisation car cette course est parfaitement rôdée et le parcours est vraiment mythique, coiffé de cette belle côte.

A l'an prochain pour... 1h06

 

4 commentaires

Commentaire de Le Lutin d'Ecouves posté le 02-04-2010 à 19:22:00

Humour et décontraction. Voilà un récit sympa.
Tu as la progression inverse de la mienne : je faisais 1h07 il y a 4 ans et je suis presque à 1h11. On se croise !

Dommage que je n'ai pas eu l'occasion de te serrer la (pota)louche car nous ne devions pas être bien loin au départ...
A plus sur une autre course !
Th

Commentaire de Dom 61 posté le 02-04-2010 à 21:38:00

Beau récit, comme ta course: bien fluide !
C'est vrai que le Tee-shirt est superbe.
Bravo pour ton chrono et à l'année prochaine pour un nouveau record !

Commentaire de Mustang posté le 03-04-2010 à 09:12:00

bravo pour ton récit et surtout pour ta course! Une bien belle vision de la course à pied!

Commentaire de titi61 posté le 03-04-2010 à 22:18:00

bravo pour ta course.1h 07' a 43 ans ca va il me reste encore 4 ans pour faire aussi bien.sauf qu'il faudra que je gagne plus de 2mn pour y arrive.

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