Récit de la course : 6666 Occitane 2011, par Bipedy

L'auteur : Bipedy

La course : 6666 Occitane

Date : 22/4/2011

Lieu : Vailhan (Hérault)

Affichage : 659 vues

Distance : 118km

Objectif : Pas d'objectif

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Une 6666 des plus humides

Au moins on ne peut pas dire que nous n’avons pas été prévenu. La semaine précédente la course, les bulletins météo oscillaient entre beaucoup de pluie et énormément de pluie, l’organisation nous annonçait par mail la création d’un parcours de repli «au cas où». Il y avait même eu des signes car les deux reconnaissances menées par Antoine Guillon le principal organisateur avait déjà subi fortement les caprices de la météo. Antoine avait posté sur Ultrafondu un petit avertissement qui s’est révélé prémonitoire.
Il a donc plu pour cette deuxième édition de l’Occitane, de la gouttelette à peine remarquée à la grosse averse qui vous rince totalement.

Étonnement, je ne pense pas avoir ressenti de gène particulière face à la météo, et ce pour deux raisons, j’étais bien équipé (collant R-dry, maillot long winter trail, veste 3 couche shelter XP) je n’ai donc pratiquement jamais ressenti le froid mais surtout je m’étais bien préparé mentalement, je savais que j’allais passer au pire une vingtaine d’heure dans l’eau.
Au final j’en aurai passé que 15h46 ! D’abord en raison d’un changement d’itinéraire à cause du brouillard sur les hauteurs qui nous a enlevé entre 10 et 15km et 1000m D+, et puis parce que le moral a tenu toute la course. Pour la première fois j’ai réalisé un Ultra sans passages à vide. Je ne me suis jamais posé la question si j’allais arriver au bout ou pas, je le percevais comme une évidence.

La préparation mentale aura payé autant voir beaucoup plus que les kilomètres de dénivelés effectués depuis le début d’année. C’est une vrai satisfaction car cela vient confirmer une théorie à laquelle je croyais mais que je n’avais pas encore réussi à ressentir : La douleur est une partie de l’ultra mais pas la souffrance.

Arrivé à Roquebrun : J’ai rejoins Killian (Aymeric sur Ufo) un peu avant midi et nous décidons de déjeuner ensemble sur le camping. Petite discussion avec Hervé Giraud Sauveur qui nous informe sur les dernières nouvelles que lui donne Antoine Guillon. La mauvaise météo se confirme. Je prépare mes sacs en conséquences puis c’est le départ en car pour Vailhan.

Départ à Vailhan : J’avais pris l’option repas d’avant course sans penser que ca serait surement des pates. Heureusement j’ai prévu le coup, je sors ma potion magique : Patate douce, chataigne, riz complet avec un peu de dinde. Nous discutons avec un Italien qui porte la polaire du Tor des Géants, ca force le respect. Il est 19h lorsque nous sortons de table, je trouve un petit coin sous un préau et m’assoupi une demi heure. Le temps de vérifier une dernière fois les sacs et c’est l’heure du briefing. J’ai opté pour les équipements chauds même si la température est assez douce en ce début de soirée. Je ne le regretterai pas. À 21h05 sous de fines goutes d’eau nous sommes parti.

Vailhan-Faugères : Je me bride au cardio, j’essaie de ne pas dépasser les 160, mais la course est parti vite, trop vite, je n’arrête pas de me faire doubler. Il me faut une grande force morale pour ne pas accélérer, je me persuade que de nombreux coureurs en relais sont devant moi. J’arrive au premier ravito en 2h10′ pour 19km 900D+. Soit 9km/h ce qui me semble raisonnable et pourtant, je ne le sais pas encore mais je suis 43ième à ce moment, ou il y a beaucoup de très forts ou il y a beaucoup de gens partis trop vite !. Juste le temps de remplir mon bidon avec nouveau stick d’effinov et je repars.

Faugères-Lamalou : Je me sens bien et je n’ai pas sommeil, je prends mon rythme petit à petit et commence à doubler du monde sans dépasser mes 160 au cardio, c’est bon signe et je reprends confiance dans ma stratégie. Les cotes se font plus prononcées, mais jamais bien pentues, je ne prends toujours pas de risque et les aborde en marchant ce qui me permet de faire redescendre le cardio. Les premières descentes un peu longues me font découvrir la grosse difficulté de cette édition : les pierres humides. Je crois que j’aurais perdu beaucoup de temps dans les descentes, mais les deux ou trois fois où j’ai voulu attaquer je me suis vite retrouvé par terre. J’ai compris mon erreur vers la fin. Je suis trop optimiste lorsque j’analyse le terrain pour poser le pied je vois très bien que la pierre plate est glissante, mais je me dits quasiment tout le temps que ça va passer. Ben non des fois ça passe pas et c’est la chute.
J’arrive à Lamalou en 3h21 pour 26km et 1000mD+ soit 7,7km/h. Avec du recul je me dits que j’aurais pu me lâcher un peu plus sur cette portion.

Lamalou-Colombières : Je m’arrête au ravito juste le temps de faire le plein du bidon énergétique et de prendre quelques fruits, par contre je prends toujours une boisson chaude thé ou café que je bois en marchant en sortant. Les choses sérieuses commencent, je n’ai pas le temps de finir mon café que ca grimpe sec. En haut c’est le début du brouillard, je l’aborde avec un autre Bruno qui me raconte sa mésaventure (ils se sont perdus à plusieurs et retrouvés dans un village à plusieurs kilomètres de Lamalou. Après avoir contacté l’organisation ils sont revenus sur Lamalou en voiture. Heureusement pour eux l’organisation les a laissés repartir sans les disqualifier). C’est bien d’être à deux frontales car le brouillard est vraiment épais et nous jardinons un peu pour trouver les balises. Quelques kilomètres plus loin, je dois changer de frontale car les piles de la myo rxp me lâchent, en repartant j’en oubli un gant, marche arrière et je tombe sur un groupe de coureur qui venait de le repérer (très bonne idée le réfléchissant sur les gants !). Nous repartons ensemble et retrouve Catson avec qui nous avons fait un OFF en Picardie l’année dernière. C’est un excellent descendeur et je vais devoir m’accrocher pour le suivre dans la descente sur Colombières. Heureusement elle n’est pas encore trop trop technique. J’arrive au ravito en 2h29 pour 14km et 900D+. La moyenne tombe à 5,63 c’est un peu lent mais j’ai encore de bonnes jambes en arrivant à la mi course.

Colombières-Mons : Je me pose un peu sur une chaise avant d’attaquer le gros morceau de la course mais nous apprenons qu’en raison du brouillard nous ne monterons ni le Caroux ni le Montahut. Je ne sais trop quoi penser, à la fois déçu de ne pas faire l’intégrale de la course et content de me dire que je serais plus vite rentré pour la douche !
Après une petite montée, nous empruntons une route qui contourne le Caroux puis monte pendant 500d+ avant de rejoindre le parcours initial sur la descente du sentier des gardes. Autant j’ai apprécié la monté sur les grandes pierres plates du caroux autant la descente est une horreur. Mes pieds sont balotés de cailloux en cailloux et je me ramasse deux fois dont une bonne qui m’égratigne tout le coté droit. Le jour se lève lorsque j’arrive en bas et rejoins les 2km de routes vers Mons. 1h57 pour 10km et 500d+ environs, soit à peine plus de 5km/h j’ai du mettre autant de temps à descendre qu’à monter.

Mons-Olargues : Les 6km et à peine 200 ou 300d+ pour 57mn de petit footing sur route et piste soit 6,5km/h, je ne force pas l’allure en prévision des deux grosses montés à venir. Ça fait tout de même du bien de sentir qu’on avance un peu.

Olargues-Vieuhssans : Je repars du ravito après une grosse pause aux toilettes plus que nécessaire. Avec deux concurrents basques, nous entamons le début de la monté en discutant un peu mais je les passe assez rapidement, la pente est douces ca me convient, puis c’est 3-4km de piste large en relance, quel bonheur de courir sur du plat sans se cogner les pieds sur des rochers pointus, je suis un peu euphorique et je crois que je force un peu l’allure, surtout que je n’avais pas bien évalué la montée de 300d+ avant la grande descente. Pour le coup elle est super pentu et je vais ressentir pour la première fois l’accumulation des kilomètres, je vais y laissé pas mal d’énérgie d’autant plus que la longue descente qui suis est très technique, surtout sur ces satanées pierres glissantes. Me rémomérant ma belle chute sur le caroux je la joue prudemment trop peut être car mes deux collègues me rattrape au ravito de Vieussan tout comme la première féminine que je croyais bien devant. 2h10 pour 15km 730d+ soit 6,92km/h. Je ne le sais pas a ce moment mais je suis allé plus vite que sur les 6km de «plats».

Vieussan-Roquebrun : Mes deux collègues basques sont repartis devant, je me donne 1 ou 2 mn de plus pour récupérer, il me reste 16km et une bonne montée vers la tour des Pin. J’y vais plutôt tranquillement, trop même car je commence à prendre froid et je me rend compte pour la première fois que je suis trempé jusqu’à la ceinture (on se fait rincer tous les 20m par les arbustes trempées le long des monotraces). Vers le haut je suis rejoins par la deuxième féminine et un garçon qui l’accompagne, mais au même moment je retrouve un surcroît d’énergie et je vais courir pratiquement tous les 10 derniers kilomètres de superbes monotraces. C’est un vrai plaisir de pouvoir relancer après plus de 90km dans les pattes. J’arrive à Roquebrun en 2h44 pour 16km et 700d+ soit 5,8 km/h. 1min à peine derrière les deux coureurs basques .

Je n’ai aucune notion de ma place à l’arrivée, c’est seulement après la douche que mon ami Guillaume qui a suivi la course sur internet m’informe par téléphone que je suis 14ième en perdant 3 places dans la dernière partie (les 2mn de plus au ravito !), mais surtout que je suis 3ième senor !! c’est une grosse surprise.

Je suis très heureux de faire mon premier podium sur l’Occitane qui est un trail magnifique de pars la qualité de son tracé même sous une météo exécrable. Pour moi ce podium ne récompense pas tant un classement (après tout je ne suis que 14ième au scratch) que la réussite de mon premier ultra sans passage à vide grâce à une préparation mentale efficace.
Je suis conscient que j’ai encore pas mal de chose à améliorer mais j’ai l’impression d’avoir passé une nouvelle étape dans ma pratique de l’ultra-trail.

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