Récit de la course : Grand Raid du Queyras - 128 km 2014, par domnin

L'auteur : domnin

La course : Grand Raid du Queyras - 128 km

Date : 28/6/2014

Lieu : Aiguilles (Hautes-Alpes)

Affichage : 930 vues

Distance : 134km

Objectif : Faire un temps

3 commentaires

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Le Queyras, des hauts et des bas…

J’arrive au départ du GRQ, mon objectif principal de cette année en bon état de forme. 4 semaines après mon arrêt au 95ème km du Grand raid occitan, j’ai bien récupéré, et j’ai une énorme (trop ?) envie de bien réussir ! Un plan de marche en 18h, ce qui nous donnerait une arrivée avant la nuit, et en avant !

Jour-J : réveil à 2h30, petit déjeuner rapide et on file au départ. Sur la ligne a côté de Sébastien NAIN, je l’entends dire qu’il vise de boucler en 16-17h. Je sais que c’est injouable (ça ferai un équivalent en un poil plus de 15h sur une TDS, soit le temps du vainqueur 2013…). Mais il est trop tôt pour réfléchir et se dire qu’il ne faut surtout pas tenter de suivre son allure au départ… Et c’était écrit, le départ est très rapide, après 30’ de chemin de balcon on attaque avec Sébastien et Gwen la première bosse (environ 1000mD+) que l’on monte en un peu moins de 55’. A ce moment là, évidemment, j’aurai bien du me dire qu’il fallait lever le pied, mais non, on veut toujours se voir plus beau qu’on est, et on se dit qu’on a sacrément la forme aujourd’hui ! La redescente est rapide, je laisse un peu filer devant, et je passe au km18 un peu après 2h de course.

Je connais bien la longue montée qui nous attend vers le col vieux, je prends le temps de m’arrêter au ravito et je repars doucement. J’aperçois les deux compères un peu devant à 2’ et je reprends Sébastien au train avant le premier lac puis je reste à vue de Gwen jusqu’au col. La montée est longue mais assez facile, pas mal de neige sur la fin, mais aucun problème. Je sens juste que mon souffle est vraiment court passé des altitudes (2000-2200m) où d’habitude je n’ai pas de problème. Je sens bien mon cœur battre dans mes tempes, plutôt mauvais signe, mais je me dis que pour l’instant les jambes suivent alors pas de raison de s’inquiéter ! Et puis les paysages sont tellement extraordinaires, c’est à oublier ces petits problèmes ! On rebascule sur le ravitaillement du refuge Agnel, pas de raison de s’arrêter, d’autant que le parcours a été modifié pour éviter le col de Chamoussière, trop enneigé et passer par le bois des amoureux. On gagne une centaine de mètres de D+, mais on ajoute 2km environ. Cette portion est assez pénible, d’autant que le début emprunte un ancien chemin en dévers ravagé par les trous de marmottes, gaffe aux chevilles !! Sébastien m’a repris dans la descente et j’arrive tranquillement à Saint Véran en 3ème position. A ce moment j’ai environ 15’ d’avance sur mon planning, c’est peu, mais au regard du reste de la course, c’est beaucoup, beaucoup trop !!

Mon père fait mon assistance personnelle (une aide inestimable !!) et m’apporte mon ravito perso. Au-delà de l’avantage de pouvoir manger ce que l’on souhaite, pouvoir se poser et discuter est vraiment très agréable ! Je repars, et reprends Sébastien assez rapidement, il me semble dans le dur, je poursuis et je rattrape Gwen qui a quelques soucis de digestion, on finit l’ascension ensemble. Enfin je me fais violence pour le suivre, parce que rebelote, passé 2200m mon cœur s’emballe et je galère en silence… Heureusement que je connais bien ce secteur et que je sais que la descente est très facile ! Du coup on rejoint au pas de course Ceillac où l’on arrive pile dans mon horaire prévu. 15’ de perdues dans cette portion, mes prévisions étaient un peu optimiste parce qu’on n’a pas traîné ! Au ravito, ma femme et mon père sont là, je mange un peu, mais je commence à saturer un peu niveau bouffe, et je mise sur les calories du coca dilué dans l’eau. Un bidon de 700mL devrait bien suffire me dis-je : j’imagine à ce moment là que les ravitos noté « EAU » contiennent aussi du coca…

Toujours deuxième juste derrière Gwen, je monte bien cette portion que je connais, mais rapidement, de nouveau j’ai le souffle court et j’attends avec impatience le ravito Andrevez. Coup de massue quand j’y arrive, il n’y a que de l’eau. Ben oui, quand on marque « eau » comme ravito, c’est bien de l’eau rien de plus !! De rage, je ne m’arrête pas et je ne recharge même pas en eau… D’autant que Gwen est juste devant et que je compte le garder à vue. Mais je commence à avoir la tête qui tourne et un voile devant les yeux. Heureusement, une petite pluie me rafraichit, je fais des pauses pour n’importe quelle mauvaise raison et je progresse à l’arraché. Ça y est plus d’eau non plus ! Bah une paille sois je fais demi tour mais je perds 30’ ou alors je pousse, mais il me reste plus de 12 km jusque Guillestre. Allons bon, tentons le coup, droit devant ! Je vois l’écart avec Gwen qui grandit de plus en plus vite, puis je le quitte des yeux pour ne plus le revoir. En haut, je me rends compte que mon cœur pulse comme un fou, mais que mes jambes sont encore bien, je peux donc envisager une descente rapide. Le moral remonte un peu, d’autant que je découvre une fontaine inespérée à mi-descente et que je peux boire un bon coup avant de finir cette portion. J’arrive à Guillestre et on m’annonce 20’ de retard sur Gwen, ce qui me rassure plutôt compte tenu des difficultés éprouvées.

Je profite du ravito où je reste une petite demi-heure pour boire, manger autant que mon estomac le permet et me faire violence pour repartir alors que l’on est si bien ici ! Je repars bien lourd et donc tout doucement pour garder ce que j’ai péniblement ingurgité, et je m’attends à partir de là à voir revenir les autres concurrents ! Voyant mon état, j’ai déjà une heure de retard sur mon planning, je choisis donc de continuer tranquillement, peu importe la place, il faut finir à tout prix. Ben oui, il reste quand même 59km et 3500D+, donc mieux vaut essayer de gérer son effort (mieux vaut tard que jamais). Je gère donc jusque la cabane Valette où une soupe aux vermicelles et 15’ de pause me font un bien fou, mais la pluie tombe un peu plus fort accompagnée par le vent, je passe en vêtements de pluie. Un signaleur assis dans le vent me fait me dire que je suis largement mieux à avancer péniblement qu’à attendre dans le froid ! ça continue doucement jusqu’au col de Furfande, toujours des grosses difficultés avec un voile devant les yeux et un cœur qui s’emballe au-delà de 2000m d’altitude plus un peu de temps perdu suite à du débalisage, mais la redescente est roulante donc j’allonge un peu et j’arrive à Arvieux un peu avant 19h.

Pour moi c’est le point clé, si je repars d’ici, j’irai au bout, mais impossible d’avaler un morceau, je n’ai rien mangé depuis 5 heures et même le coca ne passe plus… Mentalement, un petit calcul me fait remarquer que je suis au niveau d’une distance CCC (100km / 6600D+) en un peu moins de 15h, soit l’équivalent d’une 30ème place, et ça me fait un bien fou de me dire ça ! Je tente une sieste et même si je ne dors pas, mon estomac accepte un peu de soupe, un peu de boisson énergétique. Pause de près d’une heure, je perds une place et je repars avec Mathieu en 3-4ème place. Sans lui, je ne sais pas si j’aurai été au bout, à partir de là il m’a tiré pendant de longues heures, un grand merci à lui. Mon heure de pause m’a fait du bien, et je connais la montée jusqu’au lac de Soulier (environ 1000D+), le rythme est bon, en tout cas au maximum de mon potentiel à ce moment là. Et je dois même demander un pause juste avant d’arriver au lac, mon cœur en passe d’exploser, on en profite pour enfiler les frontales. Après la bascule ça va mieux et on arrive sur Soulier où le ravito nous attend. Petite soupe, mais pas de boisson énergétique ici, merde ma seule source calorique depuis Arvieux qui disparait…

Tant pis, il ne reste que deux petites bosses alors on y va ! La montée vers Péas ne me laisse aucun souvenir, je suis vraiment à la ramasse, on redescend et on attaque directement la montée vers le col de la crèche, mais impossible pour moi, je m’assieds sur un rocher et j’attends. Je ne sais pas quoi mais j’attends. Le cinquième arrive, il me motive, très sympa, il tente de me trainer mais impossible, cette montée de 250m de dénivelé est beaaauucoup trop longue, il me faut plusieurs arrêts pour arriver en haut et aller me mettre près du feu organisé par deux bénévoles. Je ne reste pas très longtemps, je manque de m’endormir debout, et je sais que mon père ainsi qu’une amie viennent à ma rencontre depuis l’arrivée alors je relance un peu. Quand je les croise c’est la délivrance, ça y est on devine le but. Encore 7-8km de descente/plat sous une belle pluie effectués en bien plus d’une heure et c’est l’arche d’arrivée tant attendue ! J’aurai mis près de 7h pour boucler les 32 derniers kilomètres qui ne sont vraiment pas les plus difficiles… quelle galère…

 

Le bilan de la course est mitigé. Largement positif pour ce qui est de l’organisation et du parcours. Bien sur certaines choses peuvent être améliorées (certains ravitos par exemple), mais dans l’ensemble c’est très bien ficelé et ça a largement un gout de reviens-y. Le paysage est magnifique et le parcours assez varié et sauvage tout en restant assez roulant pour se faire plaisir (pour ceux comme moi qui ne sont pas forcément adeptes du trop technique).

Par contre la gestion de course a été calamiteuse : départ bien trop rapide, aucune préparation à l’altitude (je n’imaginais pas que ça allait autant me perturber) et encore des difficultés à m’alimenter au-delà de 10h de course.

A refaire en 2015 en préparation du grand raid de la réunion ??

3 commentaires

Commentaire de Rudyan posté le 01-07-2014 à 00:16:07

Bravo pour ce beau résultat malgré tes quelques difficultés en fin de parcours! C'est une belle perf!

Commentaire de crazy_french posté le 01-07-2014 à 09:56:10

Tu as fait tes conclusions toi-même... le résultat est bon mais nous savons tous que tu es capable de mieux faire. Repose toi bien et profite de ta petite famille, 2015 est bien loin.

Commentaire de BOB MORANE posté le 02-07-2014 à 23:46:54

Merci pour le récit et bravo pour la perf

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