Récit de la course : Le Tour des Fiz - Huit Refuges 2019, par VictorG

L'auteur : VictorG

La course : Le Tour des Fiz - Huit Refuges

Date : 28/7/2019

Lieu : Passy (Haute-Savoie)

Affichage : 184 vues

Distance : 60km

Matos : Veste Raidlight Top Extreme MP+, Brooks Cascadia 13, Sac Ultimate Direction AK

Objectif : Terminer

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Tour des Fiz 8 refuges humide...

Premier récit pour moi qui suis d’habitude plutôt un lecteur assidu de ce que chacun partage. Comme aucun post n’a été fait sur l’édition des Fiz de cette année je me lance donc. [Edit – il ne s’agit pas d’un récit mais d’un pavé…]

 

Tour des Fiz 8 refuges 2019 – 60km et 5000D+ annoncés vs 67km et 4541D+ à la montre

Sur ce dernier week-end de Juillet la météo était plutôt humide, orageuse le samedi avec l’annulation de la verticale de Platé et pluie continue le dimanche dans un brouillard bien épais sur Passy.

Samedi 27/7 : Compte tenu de la météo je prends la peine d’assister au brief de veille de course afin de glaner les dernières informations quant à la météo et au maintient du parcours. Tout se déroule au Quechua store de Sallanches, c’est rodé, bien animé et pour les retardataires c’est l’occasion d’acheter quelques articles de la marque bleue. On nous annonce donc des sauts d’eau toute la matinée avec une possible accalmie à partir de 14H00, l’orga attend que les ouvreurs montent Grenairon le dimanche matin pour juger si la traversée du Nant Sec se fait en sécurité, il faut dire qu’il y a très gros collecteur « Les Lapiaz » qui pourrait charger le ruisseau et le rendre clairement infranchissable, côté Moëde on ne prendra pas le sentier qui descend vers les chalets du Souay car trop casse g*** mais plutôt une piste pour le même combo km/D-.

 

Je passe la nuit sur Sallanches chez le speaker de l’épreuve, c’est lui qui m’a venté les mérites de l’épreuve il y a plusieurs années. J’ai donc déjà participé 3 fois au tour des 5 refuges et cette année je saute le pas pour le 60km, autre pair de manche. Sur mes 3 précédentes participations j’ai réalisé mon meilleur chrono (05H05) en ayant bu 2 Ricards, mangé du Magret de canard et bu 2 verres de Bordeaux la veille. C’est tout naturellement que la mère de mon collègue propose donc le même menu afin de mettre toutes les chances de mon côté. Le dopage RMB est adopté.

 

Dimanche 28/7 : réveil à 02H00 pour donner la main au collègue speaker en montant la sono sur la zone de départ, l’inconvénient c’est que je me lève très tôt, l’avantage c’est que je peux monter en voiture sur la zone de départ, je saisis donc l’occasion d’une sieste de 04H00 à 04H45 alors que les coureurs arrivent en navette obligatoire depuis la vallée et doivent donc patienter au frais d’ici au départ. 04H45, je sors de la voiture pour quelques min d’échauffement avec la veste imperméable avant de rentrer dans le sas. Par chance à 05H00 il ne pleut pas et le fond de l’air est frais sans être froid, je conserve ma veste sous le sac mais la garde grande ouverte pour éviter de trop chauffer. Dernier mot de l’orga, un glissement de terrain du côté du refuge de Moëde Anterne n’a pas permis de monter le ravito, il faudra donc prendre nos dispositions à Alfred Will pour être en « autonomie » jusqu’au refuge du Châtelet d’Ayères (environ 13km

 

05H00 – top départ en chemin descendant.  C’est moins la bagarre que sur le 30km c’est donc assez agréable. Je n’ai pour seuls objectifs que d’être finisher et d’arriver à la mi-parcours pour 09H30 10H00 puisque ma femme passe m’y voir malgré la météo exécrable et je ne veux donc pas trop la faire attendre. J’ai estimé mon temps de course uniquement jusque Salvagny afin de ne pas me mettre de pression sur la suite du parcours et ne pas me « tromper de course ».

 

Refuge de Varan – 10,9km 877D+ - 1H32

Nous faisons la première heure au sec puis une bruine fait son apparition au fur et à mesure que le jour se lève. Après le single joueur des premiers km la montée au refuge de Varan se fait par une large piste assez monotone et malheureusement sans aucun point de vue comme ce sera le cas toute la journée du fait de la météo. J’arrive à Varan en 1H32 avec les 3 premières féminines dont 2 papotes tranquillement, elles sont faciles. Super single après Varan, c’est dommage car ici nous devrions avoir le Mont Blanc pleine face. J’arrive au pieds de la montée de Platé (env 600D+ en moins de 3km), les futures 1 et 2 féminines mettent un pétard de dingue, je ne les verrais plus, je monte donc au rythme de la 3ème. Non pas que je fasse une fixation sur les féminines mais par expérience je finis dans les chronos du top 5 féminin, c’est donc un marqueur facile pour savoir où j’en suis.. Je vais mettre 1H10 pour arriver au col de la Portette, ravito compris au refuge de Platé (en gros 4km et 1000D+).

Col de Portette – 17,7km 1901D+ - 3H11

D’ici débute une longue descente jusqu’à Salvagny (env 13km) qui sera entrecoupée d’un ravito aux chalets de Sales (4/13km). Je prends un instant pour fermer ma veste et manger une bawou avant d’attaquer la descente. La 3ème féminine part comme une gazelle dans la descente, impressionnante de facilité. Le programme est simple, descendre en facilité et surtout penser à m’alimenter toutes les 30min. Le risque sur une longue descente c’est de la faire d’une traite sans manger, en général c’est le carton dès les premiers hectomètres de D+ (mauvaise expérience de l’UT4M Vercors…). Depuis le col de la Portette jusqu’aux chalets de Sales c’est du joli single roulant entrecoupé de relances dans les lapiaz bien plus techniques, je prends clairement du plaisir et me dis que si je garde cette fraicheur jusqu’au bout de la descente ça devrait être bon pour la suite. 1km avant les chalets nous progressons à bonne allure dans « Le Grand Pré », mi pâture mi tourbière, j’ai un peu de peine pour le troupeau de Tarines qui court au gré du passage des trailers, on les stress très probablement, je préfère me mettre à marcher à ce moment-là. Arrivé aux chalets de Sales je croise certainement leur éleveur qui est entrain d’enfiler sa côte. Mieux vaut les mettre au calme..

Après Sales il faut être vigilant car on enchaine sur une piste de cailloux et le D- s’accentue fortement puisque l’on va perdre 1000D- en environ 8km. En 2018 j’étais bénévole signaleur 1km avant Salvagny et il y avait du gros dégât chez les coureurs.. la fin de la descente se fait en coupant la route à de multiples reprises et en passant au pied de la cascade du Rouget, monstrueuse de débit pour l’occasion.

Salvagny – 29,9km 2125D+ - 04H40

Pile à l’heure pour voir ma femme et mon beau-père, je prends le temps de changer de teeshirt qui est humide de transpiration et d’enfiler un buff. 2 semaines plus tôt j’ai acheté une veste 20000 schmerbers de notre marque Chartrousine, alors oui ça coûte un rein mais clairement elle fait le boulot puisque je ne suis humide que de ma transpiration. 2 soupes, de la tomme et des tuc plus tard je pars tranquillement à l’assaut de Grenairon (env 1100D+ en 6km). A ma montre sans compter le ravito je mettrait 1H30 à monter là-haut, ce qui me semble très honnête à ce stade de la course. On attaque sur une piste forestière sur 1km qui enchaine sur un single dont la progression est aisée du fait des très nombreux lacets. La traversée du Nant Sec a été équipée d’une corde pour éviter tout pépin mais aux vues des précipitations ça reste acceptable. Sur cette montée je vais faire le yoyo avec un groupe de 4 coureurs qui n’a pas compris le concept de respecter le sentier et qui coupent dès que l’occasion se présente. Le plus bête c’est que vu l’état du terrain les mecs se crament plus qu’autre chose à essayer de gratter 50m de chemin. Je finis par les dépasser et leur fais remarquer, pas de réponse… Ravito à Grenairon où il fait assez frais mais la température, par chance, reste toujours très acceptable, ici aussi le Buet nous est invisible. J’attaque la descente par cette satanée piste forestière, par chance elle est bien moins technique que la section Sales – Salvagny. Ici aussi il s’agit de ne pas s’enflammer car nous faisons 900D- en moins de 6km. Au pieds de cette descente nous enchainons sur 3,5km et 300D+ jusqu’au Refuge des Fonts. Ca pourrait se courir mais nous ne sommes qu’à 42km et gagner 10min pourrait être dommageable pour la suite. Je fais la connaissance d’un traileur donc c’est le premier format de ce type, sa plus grande course était 30km 1500D+ jusqu’à présent. Il semble à l’aise et monte vite, il s’interroge beaucoup sur la gestion d’une telle course.

Refuge des Fonts – 45,55km 3371D+ - 7H26

Au refuge des Fonts l’ambiance est assez étrange, nous sommes une 10aines de coureurs à arriver ensemble. Je connais le profil de la course et je prends clairement le temps de me ravitailler ici. Ca correspond également à l’heure du repas pour mon ventre et il faut lui donner du volume à manger et pas uniquement des gels et des barres. Il y a une certaine tension et des coureurs arrivés après nous grignotent 3 fois rien avant de partir en trombe, nous sommes pourtant dans les places 80 à 100... Le collègue avec qui j’ai passé les 3 derniers km m’interroge du regard, inquiet de voir tout le monde s’en aller. Je lui indique que je vais prendre le temps. Il nous reste encore 700 et 500D+ sur les 10 prochains km il faut donc avoir le gasoil pour emmener la machine là-haut. Il décide de partir avec la troupe. Je reste avec 2 autres coureurs qui font la même réflexion de concert « ils ont un train à prendre ? ». Nous repartons donc à 3, en gestion pour les 700 prochains D+, il nous faudra 1H20 en discutant de divers trails du coin, mon accolyte de discussion ayant fait tous les trails imaginables dans la vallée de Chamonix… le 3ème larron ne dit pas un mot et mène notre groupe, il finit par couler une bielle à 100m du sommet, il nous a trainé toute la montée le pauvre. A la redescente sur Alfred Wills je me détache de mon coéquipier bavard, ses genoux commencent à grincer, on se donne rendez-vous à l’arrivée. A partir de ce moment je n'ai aucun doute quant au fait d’être finisher, sauf blessure, et je commence à revoir des personnes parties vite du dernier ravito.

Alfred Wills – 50,6km 4265D+ - 09H09

Ce que j’aime bien en arrivant sur Alfred Wills c’est que l’on voit la montée vers le lac d’Anterne, j’arrive donc aisément à voir l’avancement des coureurs qui se sont « échappés » du refuge des Fonts et constate que l’écart n’est pas tant élevé. Au ravito je retrouve le collègue qui après interrogation était parti avec le groupe, il est cramé, il concède s’être « trompé de course » comme on avait pu en parler… Pas mal de biscuits apéro ici, je prends une soupe et une poignée de biscuits et enchaine en lui souhaitant bonne chance. Les bénévoles nous indiquent que la descente du col d’Anterne vers Moëde sera « conceptuelle ». Il y a un joli coup de cul entre le refuge et le lac, je connais très bien ce passage pour l’avoir randonné à de nombreuses reprises, je sens que pour 50km passés je suis « à l’aise » dans la montée et relance dans la descente ainsi que la traversée du lac d’Anterne (enfin relance à 9km/h il ne faut pas exagérer). La montée au col se fait tête basse, de toute façon avec le brouillard le photographe n’est pas là, le rocher des Fiz et le Mont Blanc sont invisibles… Le col d’Anterne est normalement le point « waou » de la course avec un panorama de fou.

Col d’Anterne – 55,79km 4530D+ - 10H05

Au col je croise un Normand qui en a marre de la pluie, c’est dire.. Et en voyant le chantier laissé par les coureurs du 30km et les 80 et quelques personnes du 60km qui nous précédent il se demande comment descendre dans cet amas de terre glaise.. Mon conseil, « plus tu cours moins tu glisses », une attaque talon là-dedans et ce sont les fesses qui finissent par terre. Je vais doubler 5 personnes dans cette descente de moins d’1km ou tout le monde est sur les freins. Au pieds de cette descente je retrouve la troisième féminine qui a visiblement eu du mal avec le bain de boue offert par la réserve de Sixt-Passy. Enfin je la retrouve avant qu’elle ne se mette à courir sur cette fameuse piste qui doit nous ramener à l’arrivée (5min nous séparent au final). D’après ma montre nous avons eu droit à 8km de piste avant de rallier l’arrivée, ce n’est pas le meilleur souvenir de la course pour moi mais ce type de passage monotone fait partie des courses longues et forge le mental, je me suis forcé à courir dès que cela était possible. 8km et 1H00 plus tard je passe la ligne d’arrivée dans une purée de pois, on ne voyait pas l’arche à moins de 50m..

Arrivée – 67km à la montre – 4541D+ - 11H15 – 82/277 (466 inscrits..)

 

J’avais pas mal de doutes quant à ma capacité à finir cette course dans ces conditions météos, c’est justement cette météo qui m’a permis de bien finir. Outre mon rendez-vous de la mi-course je ne me suis jamais imposé de tenir des temps de passage mais ai plutôt évolué au ressenti. Le point sur lequel j’ai été très strict cependant est le respect de l’apport énergétique à raison d’un gel (SIS) ou d’une demi-barre (Bawou) toutes les 30min max. et puis le cocktail Ricard Magret Bordeaux de la veille a encore fait des miracles.. Un petit ravito (repas d’après course en supplément mais je n’ai pas d’appétit après de telles courses) et une douche chaude plus tard je prenais la navette qui me redescendait au Quechua store et ma voiture. Le dernier finisher est arrivé à 21H00 après 16H00 de course, respect, Michel Lanne a remporté l’épreuve en 7H31 quant à lui..

 

L’un des plus beaux trails auxquels j’ai participé (quand il faut beau 😉), balisage sans défaut et contenu des ravitos qui donne envie de manger (ce qui n’est pas toujours le cas). Sans doute un peu onéreux (70€ pour le 8 refuges) mais s’explique par des ravitos héliportés vus leurs emplacements et également un service médical spécifique

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