Récit de la course : L'Echappée Belle - Traversée Nord - 87 km 2021, par Arclz73

L'auteur : Arclz73

La course : L'Echappée Belle - Traversée Nord - 87 km

Date : 21/8/2021

Lieu : Vizille (Isère)

Affichage : 364 vues

Distance : 87km

Objectif : Terminer

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Traversée Nord Belledonne 2021

 

Le CR avec les photos -> https://running.ludovicmoulin.fr/CR/20210821_EB2021/CR-EB2021.pdf

Le CR sans les photos : 

 

Traversée Nord Belledonne 2021
L’ Echappée Belle, plus dure, plus belle.

1/ Préparatifs

Un an jour pour jour après une blessure aux sésamoïdes, pas tout à fait guérie, je ne peux résister à prendre le départ d’un des plus beau trails à mes yeux.

Après avoir beaucoup souffert en 2020, avec pour cause le manque d’entrainement évident, d’expérience et cette maudite blessure, l’année 2021 sera différente.

Un début de saison mal parti, mais le tir sera rectifié avec une belle sortie de 30km au Revard, une de 42km dans les bauges, le marathon du Mont-Blanc et surtout le CenisTour (60km 3500m de D+). Ce dernier trail va me permettre de me rassurer au niveau des sésamoïdes qui, malgré une douleur encore persistante, me laisse continuer mes périples au-delà de 30km. Pour finir, 5 jours de vacances à raison de 15-20km de marche/jour pour relancer la machine.

Pour le matériel, je partirais donc sur la première moitié technique avec mes Salomon Slab Ultra 3, et finirai la 2e moitié avec les nouvelles Salomon UltraGlide.

Le sac sera un Salomon Adv Skin 12, préféré cette fois au Slab Sense 8, notamment pour sa grande poche arrière zippée, qui va permettre d’emmener tout le petit bordel superflu (Pansements, bandes, genouillères, crème Nok, piles, etc.).

2/ Départ pour le départ

Pour se rendre sur la zone de départ, j’utiliserai la navette mise en place par l’organisation.
Déjà prise en 2020, cette orga est plutot rodée, efficace et on se laisse porter jusqu’au sas de départ. C’est aussi le moment de commencer à rentrer dans l’ambiance, rencontrer les premiers coureurs. Ma navette étant prévue pour 4h, j’arrive sur le parking du Gymnase à 3h25.

Un bus est là, c’est le bus de la vague 2, que j’espère secretement prendre histoire d’être sûr d’avoir le temps au départ. Le bus est déjà complet...dommage ! Je pense que pas mal de kikous sont dedans, notre première rencontre ne se fera donc pas ici.

3h30, le bus s’en va. Je commence donc à sortir la seconde partie de mon petit dejeuner, pour continuer de m’alimenter doucement.

A 3h35, un groupe de jeune arrive...

- Bonjouuur, c’est le bus de quelle vague qui vient de partir ??
- C’est celui de la vague 2 :-)
- OK !
- ??
- Et ben c’est le notre ! :D

Bravo les gars, ils partirons donc dans notre bus de la vague 3. Le trajet direction Fond de France dure 1h. Le temps de discuter avec mon voisin de navette, fermer les yeux 10minutes et commencer à rentrer dans la course.

Arrivée sur zone de depart, le briefing dans le bus qui annonce la couleur. Etant ici pour la 2e année, je sais à quoi m’attendre, c’est donc avec 0 pression que je rejoins le sas. Nous déposons nos sacs d’allegement, que nous retrouverons à mi-course et en fin de course.

Je file discuter avec le speaker de notre course, Ugo Ferarri, 5e de l’intégrale en 2020. En tant que fidèle du Duc, ce n’est pas la première rencontre, nous refaisons donc le monde sur cette édition, la précédente, l’utmb qui arrive etc.

Le départ de la vague 2e est sur le point de partir, j’essai en vain d’apercevoir quelques kikous, dont Mazouth et Bubulle (que je croyais en vague 2) mais en vain. Vient ensuite le départ de ma vague, la 3.

3/ Top départ ! - Boucle de Fond de France.

km0 - 0h de course - Il est 6h15

Le départ est donné !
Nous commençons de suite en trottinant doucement dans un champs et surtout, attention de ne pas se faire la cheville. Nous rejoignons assez vite un chemin assez large, permettant de monter tranquillement.

Certains sont déjà à la peine... la journée va être longue pour eux.
Je me cale derrière un coureur, qui, toutes les 30s se raclera la gorge avec un bruit similaire au hennissement d’un cheval... bon rigolo au début mais pénible au bout de 5-10min.

Je continue donc ma progression en marche rapide, lâche ce concurrent et dépasse beaucoup de monde au passage pour me retrouver en début de vague.

Les sensations sont bonnes, même si mon métatarse droit, m’alerte déjà. Celui de gauche à l’air nickel, solide. Ca ne sera qu’une alerte passagère et les sensations vont s’améliorer au fil des minutes.

Je continue de doubler. Heureux d’être là !

Nous continuerons la légère montée à 4, dans un petit groupe qui discute.

On parle de nos ambitions pour la journée, mais surtout on décide de rester ensemble au moins sur cette section… enfin entre les arrêts aux stands de chacun :D

km 5 - 0h45 de course - Il est 7h

La première descente, que je reconnais de 2020 se fera assez rapidement. Mais sans se cramer.

Problème ! Mes chaussettes glissent dans mes chaussures ! Obligé de m’arrêter serrer plus fort les lacets. Et c’est là que j’apprécie le QuickLace développé par Salomon, qui permet de resserrer tout ça en 15s et repartir sans stress. Merci le QuickLace !

Le terrain à beaucoup de racines, il faut rester attentif à chaque instant. Dire que c’est la partie la plus facile de la journée.

4/ Les choses serieuses commencent - Montée Jusqu’au Chalet de la Grande Valloire

km10 - 1h30 de course - Il est 7h45

Nous sommes toujours à 4 dans ce début de montée qui devient franchement plus raide, et c’est là que nous nous séparerons. Certains vont partir à une sacrée allure, d’autres vont rester plus calme… ceux dont je ferais partie.

Je sais ce qui nous attend, ce n’est pas le moment de se cramer. En discutant avec mes frères d’armes du moment, je découvre que beaucoup ne savent pas vraiment où ils ont mis les pieds...ca va être une sacrée surprise pour eux !

Une belle montée de 3h et pas mal de cailloux au menu.

Une femme qui s’est plié la cheville, est en pleurs, de rage d’abandonner, accompagné par son mari.

Petit rappel qu’il faut rester attentif. Le soleil commence à se lever, nous pouvons ranger nos frontales. Le paysage commence petit à petit à se révéler. Magnifique. Nous étions dans le brouillard et le froid en 2020 à cet endroit, aujourd’hui je suis là, en forme, et il fait beau !

km 13 - 2h45 de course - Il est 9h

Petit à petit, après 1h30 de montée, nous arrivons au premier ravitaillement, le chalet de la Grande Valloire. Il est là, si simple et en même temps au mileu d’un environnement sauvage. Il suffit d’aller franchir le petit pont pour y être. Allons nous ravitailler

Je ne m’y arrêterais pas très longtemps car un petit vend froid se fait ressentir d’un seul coup. J’enfile vite une couche supplémentaire, je refais les niveaux et on s’en va. A l’attaque de la combe de la Grande Valloire ! Du lourd !

5/ Challet de la Grande Valloire - Col de la Valloire

Le début de l’ascension est plutôt doux, mais petit à petit, les cailloux font leur apparition. Les voilà enfin ! Je les attendaient, car finalement on vient un peu pour ça aussi. La montée va être longue, 4km pour 1000m de D+

Pas mal de monde sur cette section, au début un peu disparate sur le chemin mais toute la partie technique va nous rapprocher. Physiquement, car doubler va devenir plus pénible, mais aussi entre compagnon de galère. Enfin galère...pour être honnête, je me sens sens super bien. Aucune souffrance, si ce n’est qu’on avance doucement mais surement. Je profite ! Les paysages commencent à être incroyables.

Enfin je profite...mais je rate le premier lac planqué dans les cailloux ! Je ne suis pas le seul, et notre groupe découvre ce Lac Blanc vu de dessus, au loin. Magnifique ! Turquoise, au milieu des sommets et cailloux. Ca donnerai presque envie de redescendre...mais non d’autres surprises nous attendent !

Nous continuons donc notre chemin. Cette montée se découpe en 3 grosses parties, comme 3 paliers avec 1 lac par palier. Lac suivant, le Lac Noir ! Et effectivement, le reflet de l’eau est noir...plutôt surprenant. Nous n’iront pas vérifier au bord. Pas que ce soit inaccessible… mais on est un peu dans le dur sur cette section. Sur l’échappée belle, il n’y a pas de répit possible, il faut toujours être dans l’effort. Nous admirons tous la beauté de cette combe, en nous rappelant de la chance que nous avons d’être ici. La chaleur est pesante sur ce palier. Je me change rapidement sur un rocher pour laisser passer les copains. Aaaah ce qu’on est mieux en t-shirt ! C’est reparti !

 

C’est parti direction le Lac Glacé, le terrain devient franchement technique pour y accéder. Mais ces cailloux de Belledonne, je les aime bien ! Je trouve que c’est plus facile d’évoluer dedans. Même si chaque pas peut être sujet à une cheville qui tourne, un tibia fracassé...on évolue de rocher en rocher. On souffre moins, voir pas du tout (en tout cas pour ma part).

Km 16 - 4h de course - Il est 10h15. On s’approche donc du Lac Glacé. Impressionnant, avec ses Icebergs au milieu, son eau cristalline. C’est la star de la matinée. Avec le soleil qui commence à taper, je file mettre la main...vérifier d’abord si le lac porte bien son nom, je confirme ! J’en profite aussi pour m’arroser un peu le visage, car la chaleur commence à tomber.

Le 3e lac ayant été découvert. Il ne nous reste plus qu’à atteindre le sommet, enfin... Le col Et la c’est un peu long, je vous parlait des 3 paliers ? en réalité, c’est plutôt 4 ou 5 palier, dont on ne distingue jamais vraiment le bout. Le palier 4 sera donc un grand Neve qu’il qu nous traversons d’abord sur le plat. Pas mal de coureurs ont besoin d’une pause à cet endroit. Et c’est vrai que je suis pas mal essoufflé. Mais je m’interdis la pause. Juste le temps de faire 2 photos en marchant.

Mes flasques sont bientôt vides.. Je calcule qu’il reste 45min de montée et que le prochain ravito est dans 10km à peu près. Donc encore 3h ! Je m’éloigne un peu sur le névé, creuse dans la neige pour y remplir mes flasques. Ensuite, il va falloir attaquer la montée. Glissant, difficile. Il faut parfois creuser soi même des petites marches dans la glace. Le cardio va monter rapidement.

Cette montée en Névé va un peu me sécher. Je profite d’un nouveau passage de rochers pour m’asseoir 2 minutes, regarder mes confrères passer tout en profitant du paysage. Ca fait du bien de sentir le cardio ralentir immédiatement. Il ne manque plus que le sauciflard et c’est parfait, on ne bouge plus. Certains au passage blaguent avec moi, l’ambiance est au top ! «Oh t’es bien là pour bronzer !» «T’a prévu ta serviette ?» «Ca fait du bien de souffler un peu hein ?» Bref je profite. En relançant j’entend le coureur devant moi crier «Tiens 11h, c’est bientôt l’heure de l’apéro les gars !» Petit fou-rire collectif. Une belle journée de montagne.

Km 17 - 4h56 de course. Il est 11h15

Arrivé au sommet, la vue est dingue. On distingue chaque sommet jusqu’au Mont Blanc qui domine au fond majestueusement (qui parait si petit en photo pourtant). Certains sommets suisses seront aussi visibles à l’oeil nu, comme le Cervin. De l’autre coté, une vue plongeante sur Grenoble, pourtant bien loin.

Je balaye du regarde l’environnement qui nous entoure et surprise ! Qui vois-je... Ugo ! En compagnie de Nicolas Martin (2e de la skyrace, vice champion du monde 2016... 2 bonhommes dans le milieu quoi !) Ugo me conseille de ne pas trop trainer et de profiter de la descente pour me reposer. Je fais une ou deux photos du sommet, je profite un peu et c’est parti !

6/ Descente par le col de Comberousse et son glacier

Chaque sommet est toujours sujet à un bon regroupement, puisque nous sommes plusieurs à nous arrteer profiter de la vue. Certains plus longtemps que d’autres. La descente commence assez raide, ou on a vite fait de glisser, il faut faire gaffe.

Nous allons ensuite attaquer le Glacier. Les bénévoles nous ont prévenus, faites gaffe les gars, c’est super glissant, ne vous faites pas mal ! La descente sous le col est tendue.

Un petit «chemin» gravillonneux au milieu des rochers. Très très raide. Je ferais un passage assis sur les fesses. Tant pis pour le short.

La frayeur du moment, je m’assoie sur un gros rocher plat pour me laisser glisser, et d’un coup le rocher commence à basculer, avec moi dessus !

Le coureur derrière moi m’attrape par le col pour m’aider a stabiliser le bouzin. Il en a fallu de peu pour partir en surf minéral style Legolas. J’arrive au Glacier, on va pouvoir souffler un peu dans la descente. Enfin je l’espère.

 

Sacrée descente ! Qui durera 1h, alternant entre descente sur les fesses, parfois forcée.

Un passage assez raide et glissant, avec des rochers au milieu sera delicat à passer. Certains le passeront dans toutes les positions possibles, finalement on se marre tous devant ces figurent artistiques. Quelques conseils d’un groupe de coureurs dont je fais partie au quotidien, me permettrons de descendre sans grande peur, un peu mais sans plus. Un bon souvenir supplémentaire ! La descente étant un peu tendue, je ne ferais malheureusement pas d’autres photos sur cette partie.

7/ Remontée direction le Moretan !

km19 - 6h de course. Il est 12h15

La remontée vers le col du Moretan n’est pas si marquante. Plutôt rapide puisqu’on l’attaque directement depuis la cabane des Patous. Les bénévoles au sommet sont toujours aussi en forme, on entend les cris et la cloche depuis tout en bas.

Arrivée au sommet, les mecs sont bien installés. Toujours le petit mot qui encourage. Je distingue le Neve, qui est identique à l’an dernier finalement. Je me pose 1 minute pour enfiler des gants de voile, acheté spécialement pour l’occasion. En 2020, la corde me brulait les mains, cette année je suis serein.

8/ Descente du Moretan

C’est parti pour la descente sur le Neve, j’en effectuerai une partie en mode luge sur les fesses, pendant que beaucoup se ramassent en essayant de descendre debout.

Puis la 2e partie, moins glissante se fera avec la corde en position de rappel. Quel bonheur d’avoir ces gants, je peux dérouler jusqu’en bas très facilement. Je gagnerai 12minutes par rapport à 2020 sur cette section. Ce qui est énorme !

Reste la moraine à descendre. Pareil, je prends la corde en mode rappel. Je me serais fait 2 frayeurs ou je remercie les bénévoles d’avoir tiré cette corde...sans elle, je serais surement descendu en moins de 2min, mais mon aventure se serait arrêtée là.

9/ Lacs du Moretan

La moitié de la moraine est descendu, je lève les yeux et ca y’est...j’y suis !

1 an que je rêve de revenir à cet endroit, de revoir ce paysage, à la fois vert et minéral. Ce lac turquoise...le Lac Supérieur du Moretan. Tout est grandiose, les pics montagneux, les pierriers, les couleurs.

La fin de la moraine est un plaisir. Je crois que c’est le meilleur moment de la journée. Je vois ce lac en bas, je sais que le parcours s’y dirige tout droit, qu’il faudra encore danser dans les rochers, mais quel bonheur. Allons-y vite !

km 22 - 7h50 de course - Il est 14h05

Par contre, je n’ai déjà plus d’eau. Je quitte la moraine quelques minutes à travers le pierrier, pour rejoindre un petit torrent qui arrive droit du Névé du Moretan. Un peu d’eau fraiche pour remplir les 2 flasques ne ferons pas de mal !

Nous voilà maintenant dans les rochers, juste avant le lac qui se trouve au milieu. Et voilà, je me sens chez moi ici. j’ai envie d’immortaliser chaque pas. Comme pour ne jamais oublier à quel point j’en ai profité, et à quel point j’aime cet endroit. J’arrive donc au lac ou je perdrais un peu de temps, aller y mettre la main. J’y tremperai même la casquette finalement. Si on avait le temps j’y aurai trempé les pieds mais on a un trail à continuer, et j’entends que ça arrive derrière moi. Allez. Assez profité, allons à Périoule, où j’ai pris une claque visuelle en arrivant l’an dernier.

10/ Périoule

Le chemin entre le lac et le cirque de Périoule est anecdotique. Petit sentier de terre qui serpente. Je le ferais en marche rapide par facilité (là encore, j’aurais pû...dû courir). La vue sur le cirque est toujours aussi sublime.

La vue du ravito au milieu de rien est toujours aussi incroyable. Allez...c’est l’heure de la soupe !! (La soupe de Périoule fait partie de la légende de l’échapée belle)

Arrivé au Ravito de Périoule, je prends ma soupe, je refais les niveaux d’eau en expliquant à un bénévole que je bois dans la rivière depuis 5h, j’en ai marre, mais elle est bonne !

«Encore heureux qu’elle est bonne ! C’est l’eau de Belledonne !»
«L’échappée belle est plus dure, plus belle...et l’eau de Belledonne est bonne !»

Voilà les 2 phrase que je retiendrais. Je file m’asseoir à l’ombre. Retirer les chaussure pour soulager les pieds qui commencent à faire mal. Et me reposer un peu. Un malheureux sera rapatrié en hélico...force à lui.

Je repart à 14h49 (contre 15h15 en 2020)

11/ Direction Super Collet !

Avec tous les souvenirs de 2020 qui remontent à ce moment là, je repense à l’ancien qui m’a emmené à toute allure dans la descente l’an dernier. A discuter de tout et rien, a remonter tous les coureurs qui marchaient.

Cette année il n’est pas là (ou loin devant !) et j’ai du mal à relancer tout seul. Raah. Les coureurs autour sont en mode marche, et je fais de même. Encore une erreur. La descente se fera tout de même assez rapide, mais moins qu’en 2020.

L’avance que j’avais prise a été perdue. Mais sur le coup, je ne m’en rend pas compte.

Rien de spécial sur cette descente. Nous croisons un barage ou des gens se baignent... courageux... La descente n’est pas piegeuse. Fini les pierriers sur cette partie. Mais elle n’est pas si roulante non plus. Quelques racines, quelques rochers mal placés. Je commence à entendre des coureurs devant appeler leur famille au téléphone, pour leur dire que la barrière horaire est cuite. En vrai, elle n’est pas encore cuite. Mais ca commence à être tendu !

Cette vision de Super Collet au loin me rappelle 2020.

Cette année c’est différent ! Je n’ai pas envie d’arrêter. Mais l’ancien n’est pas là, et j’ai du mal à relancer. C’est dingue cette force mentale qu’il faut pour relancer simplement à ce moment. Et je ne l’ai pas. Je reste là dans mon confort.

Tiens ! J’ai une petite douleur aux doigts de pieds depuis un moment. Je pensais la trainer pendant les heures qu’il reste avant Super Collet mais finalement0 , je m’arrete dans la descente, enlever chaussure, chaussette, en fait c’est le pansement utilisé pour éviter les ampoule qui s’est barré, et fait un peu strangulation au doigt de pied.. A savoir, n’utilisez pas ces scotch un peu doux. Ca ne tient pas dès qu’on transpire ou met le pied dans la flotte.

Je retire le scotch, et le pied va de suite mieux. Curieusement je me sens toujours très bien. Mais mentalement, je n’arrive pas à relancer. Et je commence à voir le timing se resserrer pour la barrière horaire.

Vient le moment où l’esprit cogite. Je suis partagé : - me mettre dans le rouge pour être dans les temps, mais avec de grandes chances d’être cramé complet. - ne pas me mettre dans le rouge, et continuer cette fabuleuse journée ou j’ai apprécié, de A a Z... et voir ce qui va rester comme timing à la fin. Je choisi l’option «on verra». La je suis bien, j’en profite (Mental faible...en réalité j’aurai mérité un bon coup de pieds aux fesses)

La montée vers le refuge de Pierre Carrée va tout faire basculer.
Quelle chaleur !! Je reste littéralement scotché sur le chemin. Impossible d’avancer. Chaque pas est une lutte. Je rattrape quelques concurrents, aussi à la peine. Je me fais à mon tour rattraper.
Nous serons 3-4 a quelques dizaines de mètres d’écart. Et un «jeu» de pauses va s’installer. A la recherche d’un coin d’ombre, on va s’asseoir au milieu du chemin, derrière les buissons. Chacun notre tour. Certains repartent plus tôt pour finalement s’asseoir 50 mètres plus loin. Et nous allons avancer comme ça, de pauses en pauses.

Je finirai la fin de la montée en compagnie d’un coureur venue de Lorraine. Super sympa. Nous avons déjà passé du temps ensemble à s’asseoir à l’ombre, nous allons discuter un peu. Je lui dit que je suis content de ma journée, je l’ai apprécié de bout en bout. Et je ne me sens pas de partir comme une flèche à finir dans le rouge complet. Lui non plus. Nous finirons tranquille jusqu’à la base vie.

Arrivé à la base vie Super Collet, le bénévole qui nous badge nous fait signe
«C’est fini» ?
- Oui oui fini, j’arrête la je lui répond
- Il vaut mieux...enfin, il vous reste 5 minutes avant que le serre-fil ne reparte...mais si vous êtes entamé là...en 5min vous êtes foutu pour la suite.

Je tente quand même d’aller me ravitailler sans rendre mon dossard (on ne sais jamais), changer de chaussure mais le serre-fil s’en va déjà.

Je valide et arrête là définitivement. Fin du game, fin du rêve.

Finalement c’est le plus raisonnable... le prochain ravito est à 7h de route. Sans repos, ce n’est pas serieux de se lancer la dedans.

 

12/ L'heure du bilan

Ce bilan de 2021 est plutôt bon !

Comme quoi, on peut s’arrêter au même endroit mais avoir un meilleur bilan.

Santé : Ma métatarsalgie va beaucoup mieux ! Ce n’est pas encore l’idéal mais la douleur est devenue supportable le risque de fracture semble s’éloigner mois après mois.

Forme / Entrainement : J’arrive fatigué, mais aucune douleur particulière. Je n’ai pas les Quadri explosé, ni les ischio, ni les genoux. C’est quand même pas si mal ! Il ne manque pas grand chose pour arriver avec ce qu’on apelle «la forme olympique».

Mental : 0 ! Nul ! Il va falloir travailler ça. Savoir se forcer. Le fameux coup de pied aux fesses qu’il manque. Les zones de confort c’est bien, mais ca n’emmène pas assez loin.

Gestion de course : Satisfait. Pas de fringale, pas de grosse baisse de régime. Le seul regret est de ne pas avoir essayé de gratter du temps, partout ou c’était possible.

Finalement, j’abandonne triste de ne pas aller au bout, mais heureux des progrès réalisés. Cela faisait plus d’1 an que je n’avais pas effectué une sortie sans souffrir. J’ai profité du parcours de A a Z, et c’est bien là le principal, je termine des étoiles plein les yeux (à défaut de les avoir vu pour de vrai).

Je ne pense pas avoir le niveau suffisant pour terminer ce parcours. Pas encore. Il faut gagner plus de temps, et arriver à Super Collet avec 1h de moins pour être serein. Mais les progrès sont là.

En 2020 : 11h de souffrance pour 12h de course.
En 2021 : 2h de souffrance pour 12h de course.

Je ne pense pas y revenir l’an prochain. Ou sur le parcours des crêtes alors... Mais j’aimerai peut-être voir autre chose, continuer de progresser. Enfin je dis ça...mais on fini toujours pas re-signer.

8 commentaires

Commentaire de Mazouth posté le 25-08-2021 à 09:11:35

Joli récit, jolies photos, jolis progrès ! Ca passera un jour, mais faut-il y revenir dans plusieurs années après s'être aguerri sur d'autres parcours (comme les crêtes), ou battre le fer tant qu'il est chaud et y revenir pour faire mieux l'année prochaine ? Cruel dilemme, on n'a pas une vie facile ^^
Au moins ce qui est sûr c'est que Belledonne cé bôôôô !!

Commentaire de Arclz73 posté le 26-08-2021 à 11:28:59

Des progrès qui donnent envie de continuer :-) Ca passera un jour, même si il faut la tenter 10x !
Le dilemme d'y revenir se pose effectivement. Reste 6 mois pour y réfléchir.

Commentaire de TomTrailRunner posté le 25-08-2021 à 19:53:44

on sent le plaisir des yeux derrière ta plume...qui semble effacer la frustration : à méditer pour revenir finir le chantier.

ceci dit, tu as vu le plus beau :)

Commentaire de Arclz73 posté le 26-08-2021 à 19:43:30

Merci Tom. Effectivement pas de frustration cette année. Que du positif !

Commentaire de bubulle posté le 26-08-2021 à 18:23:07

Comme pour Mazouth : 100 fois sur le métier, remets ton ouvrage. Il ne manquait pas grand chose pour passer, juste un peu plus de vitesse, ou un peu moins de chaleur dans la Pierre du Carré.

Désolé de ne pas t'avoir vu quand je redescendais et que j'ai croisé la deuxième vague. On a encore des occasions à trouver pour se croiser!

Commentaire de Arclz73 posté le 26-08-2021 à 19:45:02

Je crois malheureusement que la chaleur est là jour et nuit la bas ! Comme tu le dis si poétiquement, je vais travailler tout ça encore et encore.

En espérant une rencontre kikouesque sur une prochaine. Une MH,un GR73 ou autre :-)

Commentaire de L'Dingo posté le 26-08-2021 à 20:20:08

Superbe CR.

Moi qui ne l'est jamais fait, mais qui garde le secret espoir de pouvoir faire cette échappée, je me suis régalé à la lecture, imaginant les paysages, tout en profitant que les photos soient hors de ma vue, logées dans le pdf :-)))

A te lire, je crois bien que la tentation "EB intégrale" restera un rève irréalisable, mais que cette version plus courte va me titiller pour les 3 mois à venir.
Advienne que pourra.

Merci Arclz73

Commentaire de Arclz73 posté le 26-08-2021 à 20:48:07

Merci pour ton retour !
L'intégrale est aussi un de mes rêve, si ce n'est le rêve ultime.

Pour qu'il soit plus beau, il faut qu'il soit difficile :)
La version courte est vraiment belle aussi, à tenter sans hésiter !

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