Récit de la course : La Piste des Seigneurs 2009, par claude41

L'auteur : claude41

La course : La Piste des Seigneurs

Date : 21/2/2009

Lieu : Rodez (Aveyron)

Affichage : 1002 vues

Distance : 65km

Objectif : Pas d'objectif

4 commentaires

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La Piste des Seigneurs

 

Si j’avais su avant, eh ben, j’y aurai pas été ! Na !

 

Pour être sûrs de faire partie des heureux élus, avec Régine, ma chère et tendre (enfin tendre, ….!) nous nous étions inscrits début janvier. Oui, mais j’avais compté sans mes soucis habituels d’après fête : quelques kilos (et plus) en trop et des mollets atteints par les toxines dues aux liquides alcoolisés. Sans compter une épine calcanéenne apparue subitement quinze jours avant le départ de la Piste des Seigneurs. Donc préparation aléatoire, pas beaucoup de kilomètres de course à pied et comme il faisait froid, pas beaucoup de vélo non plus.

 

Ça ne s’annonce donc pas bien cette histoire. Encore que j’ai la chance de rencontrer une podologue qui, devant ma détresse, me réalise une semelle spéciale trail exprès pour la course. Elle m’assure que tout se passera bien, mais j’ai quand même quelques inquiétudes, la douleur continue étant bien présente.

 

Vendredi, nous sommes sur place, visite du viaduc bien sûr, et des alentours, on ne peut pas dire que l’on reparte l’esprit libéré. Déjà, je ne vois aucun signe de parcours possible pour traverser cette fameuse pile P1. Mais bon, en 24h00, il peut s’en passer des choses.

 

Samedi matin, nous allons sur Rodez pour retirer nos dossards et jeter un coup d’œil à la ville, nous revenons à Millau en passant par Pont de Salars et Curan, ça ne nous rassure pas non plus !

 

On pose la voiture à 100m de l’arrivée et on prend une navette. Voyage sympa à travers la campagne, petite sieste, et nous sommes dans l’amphithéâtre de Rodez. On se trouve une petite place en tribune et on attend le spectacle ! C’est intéressant, nous assistons à la préparation des collègues, ça va de celui qui est tout prêt, camel bak sur le dos (comme nous), à celui qui arrive en costard cravate, si, si, je l’ai vu.

 

18h45, faut y aller ! Pour trouver le départ, on suit, c’est facile, tout le monde va au même endroit, ce soir, grand’ messe à la cathédrale. Sur le parvis, l’heure est au recueillement. Je suis certain que le curé de Rodez ne s’attendait pas à autant de monde.

 

Cathédrale de Rodez : 19h15, grand frisson, musique d’Era, feux de Bengale rouges, ça me rappelle quelque chose. Le starter nous libère. Dès les premiers mètres, je sens que la nuit va être compliquée, bien que l’on soit en descente, j’ai l’impression de monter. C’est sûr, j’ai pas la forme (les formes ça oui !), j’ai beau partir doucement, j’ai l’impression d’être à fond, Régine se retourne, l’air interrogatif. Je fais ce que je peux, et je ne peux pas faire mieux, ça va mal, très mal. A peine parti, je suis essoufflé, j’ai mal au talon, d’ailleurs j’ai mal partout.

A l’attaque de la première montée, pas bien raide, je suis contraint de me mettre à marcher. Régine s’inquiète sérieusement, d’habitude, elle reste derrière, elle n’aime pas courir la nuit, et compte sur moi pour la guider. Les rôles s’inversent, elle est constamment obligée de m’attendre, à tel point que je l’exhorte à m’abandonner à mon triste sort. Eh bien, non, elle ne m’abandonnera pas et elle ne cessera de m’encourager, de me tirer et de me pousser.

Je songe à l’abandon, mais j’ai une pensée pour Didier et Patrick deux copains d’entraînement en train de lutter contre une sale maladie, eux voudraient bien être à ma place, ils acceptent la souffrance, pour eux, je ne dois pas baisser les bras, comme eux, je dois me battre et ne pas m’appesantir sur mon sort. Petit à petit je retrouve des couleurs, la boue et les descentes techniques, me permettent de retrouver un rythme un peu plus élevé.

 

Pont de Salars : 21h50  plein du camelbak, je réclame du salé, y en a plus ! Nous repartons dans la nuit qui entre parenthèses est noire de chez noire. Plus que 45km, prochaine étape à 17km. De temps en temps, mon accompagnatrice favorite, s’enquière de mon état, elle voudrait courir tout le temps, mais moi j’peux point ! Elle fait preuve d’une patience inouïe. Cette partie du trajet, me semble plus facile, je retrouve des sensations, j’en arrive à oublier les douleurs dues à mon épine calcanéenne, les semelles semblent efficaces. Le temps passe, j’essaie de déchiffrer le paysage, mais à part les feux des éoliennes, on ne distingue rien.

 

Curan : 0h53 J’ai de plus en plus de mal à m’alimenter, ça pâte, la tartine de fromage reste collée au plafond, envie de vomir. Un bénévole annonce le départ du car des abandons, vite, il faut partir de là sinon … Plus que 28km, prochaine étape à 12km. Tiens, une petite étape, sur le topo, c’était celle qui était censée être la plus facile. Effectivement, tout se passe bien, la montée sur la ruine romaine s’effectue à bonne allure et dans la descente qui suit, nous doublons plusieurs concurrents, ça fait du bien au moral. Traversée somptueuse de Comberoumal, un grand souvenir, une photo et c’est reparti pour

 

St Beauzély : 3h05 Là aussi, décors médiévaux extraordinaires pour le dernier ravitaillement, maintenant, c’est sûr j’irai au bout. Le moral est revenu, nous reprenons la route pour le bonheur de voir la pile P1 du viaduc et surtout la ligne d’arrivée. Bonheur de courte durée, je glisse sur une plaque de verglas, j’y mets le menton et le nez et ron et ron petit patapon, ça saigne sérieux, c’est la Piste des saigneurs. Je me relève sous le regard inquiet de la bergère, je suis endolori de partout, c’est pas mon jour ! A partir de ce moment, quelque part vers Moulibez, je ne pourrai quasiment plus courir. Dans la sévère montée, juste après Peyre, c’est au tour de Régine de s’affaler lamentablement, le diagnostic est rapide, petite entorse, évidemment, aujourd’hui,  je n’ai pas pris l’élasto. Elle repart courageusement après quelques minutes de repos, je lui propose de contacter les secours, elle m’envoie balader, elle veut sa pile de viaduc aussi, comme les autres.

Bon, on est à égalité, pas pour longtemps, comme l’articulation est chaude, la douleur n’est pas trop violente, et comme elle est restée constamment sur la réserve à m’attendre, elle a encore de la ressource. Traversée émouvante de la pile P1, silence de cathédrale, y’a que nous, photo !

On voit les lumières de Millau, mais il nous en faudra un temps pour y arriver. A 4km de l’arrivée, Régine n’y tenant plus me laisse à mon train de sénateur et s’en va jeter ses dernières forces dans une descente effrénée. Je tente de suivre en trottinant mais en 4km, elle me mettra 11mn dans la vue !

Dans la dernière ligne droite, je savoure mon bonheur d’en avoir terminé, mais j’en ai bavé, bavé comme rarement, bavé des ronds de chapeaux, ronds bien sûr.

 

Millau : 7h34 Il est temps d’aller au lit.

 

Finalement, même si je suis resté 2 jours sans pouvoir descendre les escaliers, j’suis content d’y être allé !

 

 

4 commentaires

Commentaire de Mustang posté le 26-02-2009 à 08:34:00

Beaucoup de volonté! 7h41 pour 65 km, c'est une moyenne bien honnête au vu du terrain!! bravo à vous deux!

Commentaire de eric41 posté le 26-02-2009 à 12:06:00

Bravo pour ton courage Claude et merci pour le CR.

J'espère que ton pb au talon ne sera pas trop grave car je me suis arrêté 6 mois après l'Ardéchois l'année dernière pour une aponévrose plantaire.
Eric

Commentaire de caroux posté le 26-02-2009 à 18:01:00

Quand la piste des Seigneurs devient un trail de guerriers ...félicitations à vous deux.
@ bientôt en forêt de Blois

Commentaire de caroux posté le 26-02-2009 à 18:01:00

Quand la piste des Seigneurs devient un trail de guerriers ...félicitations à vous deux.
@ bientôt en forêt de Blois

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