Récit de la course : Le Grand Raid des Pyrénées - Grand Trail 2009, par le breton

L'auteur : le breton

La course : Le Grand Raid des Pyrénées - Grand Trail

Date : 28/8/2009

Lieu : Vielle Aure (Hautes-Pyrénées)

Affichage : 1417 vues

Distance : 150km

Objectif : Pas d'objectif

1 commentaire

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Le récit

 

 

L' ultra Trail des Pyrénées 153km

à Vielle-Aure (65) de Yannick Bahon

 

 

 

JEUDI 27 AOUT ---VIELLE-AURE

 

Je me dirige vers le centre depuis le camping du Rioumajou. Il est 10-11 heures et ça commence à remuer dans le bourg. Beaucoup de concurrents sont déjà sous le chapiteau pour retirer leurs dossards. A voir les moyens mis en place et le nombre de bénévoles déployés, on se dit que ce n' est pas la même course que l' année passée. On sent une logistique beaucoup plus lourde et une grosse envie de bien faire

.

Un brin de ''causette'' avec Marc et son collègue de ''courir en Layon''. L' après midi on aura tous le droit à un breefing rondement mené. Après ce sera un petit demi avec JPV et Gilles accompagné de Michel le béarnais et ensuite une pasta party , puis s' est déjà l' heure des derniers préparatifs avant une courte nuit.

A 1 heure du départ, les concurrents arrivent un à un pour enfin remplir cette petite place de Vielle-Aure . La température est bonne à cette heure matinale et l' ambiance excellente. Les flashs fusent de partout. Dernières recommandations et embrassades avant le départ imminent puis c' est le décompte 5,4,3,2,1 et voilà c' est parti pour le 2eme Ultra du GRP

 

 

VIELLE-AURE 791m --- col de PORTET 2218m 1427m D+

 

Nous quittons la place sous les applaudissements pour gagner le village de Vignec où nous aurons encore le droit à de nombreux encouragements. Puis nous attaquons les premières pentes et chemins rocailleux. Plus haut ce sera des pistes plus faciles et des sous bois de hêtre très agréables qui nous amènerons à la station d' Espiaube. Nous nous hissons jusqu' au col de Portet à travers des pistes de ski bien pentues. Le lever du jour nous accompagne jusqu' au col. Première pause au ravito du col. Comme l' an passé je prends saucisson fromage pain pour le solide salé et quelques fruits secs pour le sucré en boisson ce sera eau et coca et parfois de la soupe quand ce sera possible. Il est 07h17 soit 2h17 de course 12km

 

 

Col de PORTET 2218m --- ARTIGUES 1190m 377m D+ 1415m D-

Via le col de Bastanet 2507m

C' est reparti en direction des lacs de Bastan et du col de Bastanet. Cette portion se fait sans problème jusqu' au pied du col. La couche nuageuse commence à se faire fragile. La dernière ascension est raide et très encombrée mais elle reste assez courte . De l' autre côté du col, les rayons du soleil nous éclairent, c' est d' une beauté inoubliable. Tous ces rayons qui inondent le vallon, ces lambeaux de nuages accrochés à la surface des lacs ou aux pentes environnantes. Rien que pour cela ça vaut le coup de se faire mal.

La descente se fait bien mais au niveau des lacs, en particulier celui de Greziolles, le chemin est plus difficile car beaucoup plus rocailleux . La progression en est plus lente et attention aux entorses . La vallée d'Artigues est baignée dans une mer de nuages, on passera dessous pour rejoindre le ravito un peu plus bas. Un peu exiguë ce local pour recevoir autant de coureurs, ce n' est pas facile de remplir le Camel ni de se ravitailler correctement. Peu importe on s' en sort tout de même.

Il est 10h 25 soit 5h25 de course pour 30km 1814m D+ 1415D-

 

ARTIGUES 1190m --- col de SENCOURS 2378m 1188D+

 

 

Le temps de répondre à quelques SMS et recevoir des appels des miens, je repars dans une bonne allure. La piste carrossable cède la place aux sentiers. Au départ l' ascension se fait progressive et régulière pour se relever nettement ensuite dans les alpages.

 

J' ai du partir trop vite d'Artigues, j'ai du mal à suivre ceux qui marchent à mes cotés. Deux femmes espagnoles nous doublent à une vitesse impressionnante, d' ailleurs une d' entre elles finira 2eme du raid.L' arrivée au col se fait longue et pentue, je me pose déjà des questions sur mon état de forme et j' en suis qu' au 35eme km. J ai mal aux jambes et par la dessus j' ai l' impression d' halluciner. En effet je vois maintenant des brebis bleues!!!!!!! Y' a comme un souci.

Enfin à l' horizon se profile, en haut du col, la tente du nouveau ravito; Je baisse l' allure en me disant que la portion Sencours Hatacam me sera plus favorable. En même temps le soleil se fait de plus en plus rare et la grisaille s' installe.

Il est 12h25 soit 7h25 de course pour 38km 3002m D+ 1415D-

 

 

Col de SENCOURS 2378m ---HAUTACAM 1720m 756 D+ 1414 D-

Via les cols de la Bonida 2302m --d' Aoube 2369m – de Bareilles et la

Hourquette d' Ouscouanou

 

Il me faut prendre une bonne pause à ce ravito. Il faut dire que si un quart du parcours est effectué nous avons déjà avalé aussi un tiers du dénivelé, L' entrée en matière était donc assez ardue pour la négocier trop rapidement.

JPV, mon compagnon de route de l' an passé, arrive un peu après moi, mais repars presqu' aussitôt. Il a des jambes le garçon!!! Un coup de fil à ma petite femme,Babeth, pour donner des nouvelles avant la grande traversée puis me relance dans l' aventure avec des jambes incertaines.

Dans cette portion très sauvage on domine le lac d' Oncet (2200m) puis on passe les cols de la bonida et d'Aoube. Dans la calme descente qui nous emmène au lac Bleu, que l' on surplombera plus tard, il règne une ambiance particulière avec ce plafond assez bas et cette douceur de l' atmosphère. Plus loin, après le lac Bleu? Les paysages nous renvoient directement en Irlande. A ce moment là je suis seul au milieu de nulle part, pas un bruit si ce n' est celui des brebis redevenues de teinte normale de ce coté -ci du pic du Midi . J 'ai vraiment à ce moment là des moments de plénitude , de quiétude, je ne sais trop comment expliquer mais c' était une impression très agréable.

Après le col de Bareilles et la Hourquette d' Oucouanou le chemin file presqu' à niveau vers Hautacam. Ces 2 cols sont faibles en dénivelé mais ils m' ont fait mal .Je compte maintenant sur la descente vers Villelongue pour me refaire une santé. Malgré mon manque de jambes j' ai apprécié cette traversée par son ambiance sauvage et feutrée.

Il est 16h13 soit 11h13 de course pour 55km 3758m D+ 2829m D-

 

 

HAUTACAM 1720m --- VILLELONGUE 504m 1216m D-

 

Ravitaillement toujours aussi bien garni et servi par des bénévoles au top malgré la fraicheur et l' humidité du brouillard très proche. La descente se fait sans encombres et passe donc un peu de temps au téléphone vers la Bretagne mais aussi vers les Alpes. En effet Bruno est à 1 heure du départ de l' UTMB qu' il finira dans les temps d' ailleurs, bravo et respect. Villelongue est en vue je fais les derniers hectomètres avec Dédé puis arrive à cette première base de vie. J' y retrouve JPV on échange quelques mots puis étant prêt il repart déjà, je ne préfère pas le suivre, j' ai besoin de me poser un peu. Je prend le temps de me changer et de ravitailler correctement et décide de repartir 1 heure plus tard pour affronter la longue montée vers le cabaliros 2334m

Il est 19h00 soit 14h00 de course pour 65km 3758 D+ 4045 D-

 

 

VILLELONGUE 504m --- CAUTERETS 925m 1859 D+ 1438 D-

via le Turon de Bene 1549m et le pic de Cabaliros 2334m

 

On passe Pierrefitte par des routes puis on s' élève progressivement vers le Turon par des pistes d' abord puis par des sentiers plus ou moins gras et glissants. En effet le temps s' est dégradé, on est maintenant sous la bruine et parfois dans le brouillard. La météo n' altère pas ma détermination,au contraire, j' ai l'impression de retrouver des jambes; De toutes façon je préfère largement la fraicheur à l' humidité. Je me hisse donc à bonne allure jusqu' au turon de Bene où un nouveau ravito nous attend. Il fait bon dans cette cabane et les bénévoles sont eux aux petits soins pour nous. Au sortir de cet endroit c' est le froid qui nous surprend. Il ne doit pas faire plus de 5 à 6 degrés. On s' y fait tant bien que mal. Nous sommes six maintenant et resterons ensemble durant toute l' ascension du cabaliros.

La progression se fait très humide mais sans problème d'orientation (le balisage est au top depuis le début ). Malgré les mauvaises conditions on n' est pas plus de 5 à 10 secondes sans voir une balise. Au pic 2 pointeurs, emmitouflés dans une bâche, sont là pour enregistrer notre passage. Franchement chapeau ce n' est pas un métier facile. La descente dessine de grands lacets assez faciles à empreinter . Plus bas dans les prairies ça devient plus gras. Il n' est pas rare d' entendre quelqu' un râler parce qu' il a mis le pied dans la boue. Faut dire qu' on n' y voit pas grand chose. Pas à pas on arrive sur des pistes et la fin de la descente s' annonce plus aisée. Je rejoins donc la salle de Cauterets et pense déjà à la 2eme difficulté de la nuit : le col de Riou 1945m.

Il est 2h00 du mat soit 21h de course pour 91km 5617 D+ 5483 D-

 

 

CAUTERETS 925m --- LUZ ST SAUVEUR 717m 1075 D+ 1263 D-

via le col de RIOU 1945 m

 

Après une nouvelle pause chaleureuse je repars en direction du col de Riou qui ne présente pas de difficultés particulières. Si ce n' est le dénivelé, pas négligeable, et une fin qui m' a paru interminable. Pour l' instant mes jambes vont bien et en même temps la météo va mieux, pour ce qui est de l' humidité tout au moins. Je passe le col et file tout de suite vers le ''cheik point'' car il ne fait pas très chaud là haut.

Je prend trois verres de soupe et encore du saucisson pour me caler puis reprend la route pour Luz. La descente est là aussi, assez facile, et se fait par des prairies et des sentiers puis sur la route bitumée qui descend de la station de Luz Ardiden. Entre temps le jour s' est levé, comme l' an passé pour moi, sur la vallée de Luz St Sauveur.

2eme base de vie au gymnase de Luz. Bilan au 111eme km: l' envie est toujours intacte, la nuit s' est bien passée finalement et je suis largement en avance sur mon temps de référence de l' année dernière (42h30).

Il me reste surtout qu' une seule grosse pente à digérer mais j' ai un petit souci , j' ai les dessous de pieds qui commencent à me chatouiller. A force d' être dans l' humidité depuis la veille j' ai les coussinets tous flétris;

Il est 7h20 soit 26h20 de course pour 111km 6672 m D+ 6746 m D-

 

 

LUZ ST SAUVEUR 717m --- TOURNABOUT 1464 m 797m D+ 50m D-

 

Après trois quart d' heure de pose, il est temps de repartir. Cela se fait de plus en plus doucement, les kilomètres commencent à parler. Je passe le château Ste Marie et poursuit vers de Viey. Je passe le village en compagnie de deux charmantes concurrentes , Ghislaine et Françoise, mais nous ne verrons pas le chemin qui part sur la droite en direction de Sers. On va galérer un bon moment à essayer de trouver le fameux passage. Plus loin nous apercevons de la rubalise mais malheureusement ce n' est pas celle du raid. Ghislaine appelle le PC course qui nous dit de suivre la route jusqu' à Barèges. Nous rejoignons donc ainsi le parcours officiel pour poursuivre vers Tournabout;

Il est 11h00 soit 30h de course pour 123km 7469 m D+ 6796m D-

 

 

TOURNABOUT 1464m --- LAC de L' OULE 1818m 1005m D+ 651m D-

via le col de BAREGES 2469m


 

Il reste 30km à parcourir, je sens que ça devient bon. Le soleil a refait son apparition. Je m' attaque donc à ce plat de choix qu' est l' ascension du col de Baréges. En 2009 nous ne passions pas par là mais plus à gauche par la Hourquette Nère. La montée à partir de Pountou devient compliquée. Le chemin est très encombré, il n' est pas facile d' avancer régulièrement tellement il y a des roches dans tous les sens; Quelques replats sont les bienvenus et soulagent l' état douloureux de mes pieds. Il fait chaud maintenant parmi ces derniers pins.

 

 A la cabane d' Aigues Cluses des personnes sont là essentiellement pour nous encourager, munies de cloches et de bonne humeur; merci encore. Le col se profile plein ouest et les pentes s' élèvent comme souvent à l' approche des sommets. Plus que quelques mètres et la barre des 2469m est passée une nouvelle fois sous quelques applaudissements . Par contre dans la descente j' ai beaucoup plus de mal , mes cuisses commencent à fatiguer (on le serait à moins!!!);Mais je m' accroche et ne lâcherai pas le morceau aussi facilement, il ne reste plus que 22 km à faire. Mais une autre douleur survient, cette fois ci c' est au talon, et elle se montre de plus en plus présente voir même pesante; Je n' arrive plus à marcher vite;Cette douleur me prend la tête et m' empêche de contempler les magnifiques paysages et pourtant !!!!!!!!


 

Depuis le laquet de Coste Queillère je trouve la descente éprouvante et interminable jusqu' au lac de l' Oule, je n' avance à rien ça n' en finit pas; Il fait très chaud dans cette forêt de pins à crochets sans vent. De longs moments plus tard se dessine enfin le lac et son ravito;

il est 14h50 soit 33h50 de course pour 137km 8474mD+ 7447m D-

 

LAC de L' OULE 1818m --- VIELLE-AURE 791m 393mD+ 1444m D-

via le col de Portet 2218m

 

Toujours aussi sympa les ravitos merci pour leur patience. Ce ne sont pas les 400m de dénivelé positif qui m' effraie le plus mais bien les 1400m de descente .En longeant le lac de l' Oule je ne parviens plus à accélérer, pourtant la piste est plate mais j' ai décidément trop mal au talon. Je me hisse au train vers le col de Portet, dernier ravito de la course .J' ai maintenant face à moi l' ultime descente de cet Ultra 2009. Gardons le moral et allons y doucement , l' objectif de finir une nouvelle fois est presque atteint.

 

Les premières pentes sont douces et permettent d' avaler les km sans trop de souci. J' arrive même à trottiner quand je me penche sur la pointe des pieds. Mais en surplomb du Cap de Pède, les pourcentages sont trop forts et m' obligent à me servir plus que jamais des bâtons;Un nouveau coup de fil de Babeth va me faire le plus grand bien. Je passe le village de Soulan et là encore j' ai le droit à de nouveaux encouragements.

Plus que 4 km mais qu'est ce qu' ils sont longs. On rejoint une piste puis des chemins empierrés déjà empreintés la veille. Enfin le village de Vignec et Dédé (courir en layon) m' attend pour faire le final avec moi, c' est y pas sympa ça!!!!

Je prends sur moi et réussi à trottiner jusqu' à Vielle- Aure, encore merci Dédé. L' arrivée est grandiose avec tout ce monde pour nous porter jusqu' à la ligne de la ''libération''.Juste derrière moi arriveront les deux femmes de Viey, finalement nous aurions pu continuer ensemble. Elles finiront toutes les deux sur un podium.

ET voilà comment j' ai réussi à remporter ma 2eme étoile sur le GRP en 37h32 soit 5h de moins que l' an passé. Mais une seule nuit dehors, un balisage au top et une météo très favorable (pour moi) ont largement contribué à cette amélioration de chrono. De toute façon le but n' était pas là mais bien de boucler la boucle.

Chapeaux bas aux organisateurs et encore de même pour tous les bénévoles. Merci pour votre soutien les amis bretons Je pense évidemment à André le coach,à Anne à Bruno mais aussi à Anne -Laure et Yann et enfin à Marco. Je n'oublie surtout pas Eric de la Réunion (RDV dans quelques semaines pour la diagonale).

Mais évidemment merci à ma petite famille Babeth et Floriane Thibault et Antoine qui m' ont inondé de SMS et de coups de fil.

Merci de faire en sorte que je vive pleinement ma passion!!!!!!!

 

 

PS: les photos sont piochées sur les albums d' akunamatata et de capture action nature

sauf celle-ci

1 commentaire

Commentaire de jogger49 posté le 17-09-2009 à 09:17:00

bravo à toi!!! Toujours admiratif de ces coureurs d'ultra qui vont au delà d'eux mêmes et qui font beaucoup de sacrifices (faut limiter le layon, non...) pendant les longues préparation.

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