Récit de la course : Marathon de Bessans 2010, par marmotte_parano

L'auteur : marmotte_parano

La course : Marathon de Bessans

Date : 10/1/2010

Lieu : Bessans (Savoie)

Affichage : 1066 vues

Distance : 42km

Objectif : Pas d'objectif

2 commentaires

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Marathon de Bessans

Marathon de Bessans

 

42km

10 janvier 2010

 

Fartage : (dans l'ordre) base en vert / HF8 (bleu) de Swix / HF6 (violet) de Swix / HF8 (bleu) de Swix (pour être bien nourris, ils étaient bien nourris !)

 

La route est mal dégagée, ce matin. Il a neigé tout samedi et à 7h, le ciel est encore bien couvert.

En arrivant en Haute-Maurienne, le ciel se dégage petit à petit et les montagnes se détachent, tandis que le thermomètre de la voiture descend toujours plus.

 

-10°C à Bessans, l’impression de froid est saisissante à la sortie de la voiture. Il a beaucoup neigé hier à Bessans (environ 50cm), il faut s’attendre à brasser beaucoup de neige.

 

Dossard 44. Je suis en première ligne, c’est un bon point ! Comme d’habitude, le temps passe super vite et j’ai déjà froid aux pieds et aux mains pendant le rapide échauffement. Je me place sur la ligne 5min avant le départ où mes skis m’attendaient.

 

Ça y est, c’est parti ! J’avais oublié ce que c’était un départ en masse en ski de fond. Faire attention aux autres, accélérer au bon moment pour dépasser un skieur particulièrement large. Des gens qui jurent, des amoncelements de skieurs ici ou là... Après 1 km, c’est maintenant une certitude, les 42km vont être longs, les appuis sont incertains sur une neige qui, malgré les efforts des dameurs, ne tient pas.  Ce n'est pas une piste, c'est un champ de bataille où il faut trouver la colonne vertebrale un peu plus ferme pour pouvoir skier correctement. J’ai le souffle court, j’ai du mal à respirer. Je ne suis plus habitué à exploser au départ, et avec ce froid, tous les efforts coutent beaucoup plus chers.

 

Je fais un effort pour glisser un maximum, bien poser mon ski. Ça marche bien, dans les parties glissantes, je reviens sur les autres participants mais je peine en montée. Je manque de dynamisme et j’ai l’impression de m’écraser mollement dans toutes les bosses. Le passage au soleil fait du bien mais je ne sens plus mes pieds, ni mes doigts.

 

Premier arrêt au ravitaillement de la Bessanaise. Le verre de thé fait du bien et je reprends rapidement les 3 autres participants qui, eux, ne se sont pas arrêtés. J’ai décidemment une meilleure glisse qu’eux, ou en tout cas j’en profite d’avantage. Le passage sous l’Arc réveille les douleurs aux doigts de pieds. Après le passage dans le village, la montée sur la piste de ski alpin au soleil finit de faire passer l’onglée douloureuse aux pieds. Dans la descente qui suit, je constate, dépité, que ma gourde a gelé la tétine est un gros glaçon et j’en profite pour perdre son embout. Je vais donc faire la course avec une bouteille pleine dont je ne pourrais pas me servir. Je m’arrête au ravitaillement qui suit.

Je double le dossard 56 que j’encourage. Il s’accroche à moi et je le sens derrière moi dans la longue montée de la rouge. Ça colle un peu ici. Je skie n’importe comment dans les premières centaines de mètre. J’essaye de me reconcentrer, je relève le buste pour éviter que les spatules charrient trop de neige. Allez il faut faire glisser. Je trouve le truc et mon poursuivant décroche dans la relance qui suit cette longue montée. La montée du Ribon se fait de la même manière.

J’attaque le second tour plutôt serein, car je me sens encore en forme tout en sachant que la piste va être encore pire.

Le participant qui me précède est loin devant, j’aurais du mal à le rattraper.

 

Mais dans un virage, je constate avec horreur qu’un gros groupe d’une vingtaine de skieurs est à ma poursuite. Ça va être très dur de tenir 21km avec ce groupe aux trousses. Je n’ai vraiment pas envie de perdre 20 places. Et je sais que s’ils reviennent, j’aurais du mal, psychologiquement à tenir.

 

J’essaye de ne pas y penser, de skier du mieux que je peux et de me concentrer sur rattraper le skieur en bleu devant moi.

Je ne sens plus mes doigts mais pour le moment le froid les a endormis. Je reviens petit à petit et pour le moment je garde mon avance sur le groupe. C’est assez stressant. La neige glisse bien mais la piste est défoncée et le ski est assez physique.

 

Je commence à sentir mes forces faiblir dans le passage sous l’arc. Il me manque du sucre. Il faut que je tienne jusqu’au prochain ravitaillement. Si j’arrive à ne pas me faire reprendre avant le dernier ravitaillement, il me restera encore une chance. Je passe comme je peux la montée au soleil sur la piste de ski alpin.

J’arrive au ravitaillement, il y a de nombreux participants du 21km qui ont du mal à finir. Je leur crie de se pousser. Je me vautre à moitié sur la table du ravitaillement en passant allégrement sur quelques skis.  (désolé aux participants présents...) Je prends une pleine poignée d’abricots secs et un verre de thé. Ça devrait le faire.  J'ai la bouche toute pleine d'abricots. Le dossard 56 avec une femme au dossard préférentiel 10 et un autre me doublent à ce moment là. Je n’arrive pas à les tenir. Le groupe a laissé quelques skieurs s’échapper. Ainsi 3 participants me doublent dans la montée de la rouge où j’ai l’impression d’être collé. Il me tarde de finir.

Je sais que c’est maintenant bientôt fini, mais j’hésite un instant à m’arrêter au ravitaillement du Ribon.

 

Ça y est, c’est fini. 2h29min pour mon premier marathon de la saison. C’est pas si mal. Ce qui donne 53ème sur 365 alors que l’objectif est de faire dans les 50. Le groupe arrive juste derrière moi.

Les vins chauds et le thé auront raison d’une onglée particulièrement douloureuse à l’arrivée.

 

Bravo à David_le_minou qui termine juste 6 min derrière moi.

 

Finalement une édition très correcte en termes de résultats et de sensations avec une organisation nickelle. On pourrait juste regretter une ambiance un peu froide avec peu d’encouragements.

A noter que mon père a pour une fois terminer la course ;-), que ma sœur a bien souffert de cette neige molle, et des crampes (tu feras mieux à la Transju) que ma mère a terminé entière le 21km et que ma belle commence à avoir la participation à une course en ski de fond qui la démange !

 

2 commentaires

Commentaire de @lex_38 posté le 11-01-2010 à 18:31:00

Et bah ça avait l'air particulièrement dur avec ce froid!
Mais tu as quand-même bien assuré!
Bon courage pour la suite de la saison de ski ;-)

Commentaire de Davidou le minou posté le 12-01-2010 à 00:24:00

T'es vraiment impressionnant ! Mais maintenant je comprend, les 6 min d'avance c'est parceque t'étais première ligne ;-)

Pas de transju pour moi : la savoyarde fait cette année 73km, ce sera ma transju. En espérant te recroiser sur une autre course, j'essairaie bien de t'accrocher pour voir.

Bravo encore pour ton classement hallucinant !!!

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