Récit de la course : L'Echappée Belle - 145 km 2015, par crazy_french

L'auteur : crazy_french

La course : L'Echappée Belle - 145 km

Date : 28/8/2015

Lieu : Vizille (Isère)

Affichage : 1646 vues

Distance : 145km

Objectif : Objectif majeur

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Well Done Belle Donne !!!

Sûr qu’elle est belle et faut vraiment se donner pour aller au bout !!!

L’aventure commence dès la Reco avec Nico, David et Fabio 3 semaines avant la course, nous partons sur 2 jours faire les 2 dernières sections dont le fameux col Moretan.

 

 

Nous ne serons pas déçus 23h00 passées sur les sentiers :

-       Appréciation des distances,

-       Gestion des points d’eau,

-       Visualisation des difficultés techniques.

Les moyennes ne sont pas élevées à peine 4 km/h, la faute à des descentes et des zones de plat peu courables. Toutes ces informations seront forts utile le jour J.

Le jour tant attendu est enfin arrivé, avec Fabio et Irene nous nous retrouvons à Chamousset pour organiser les derniers préparatifs. Puis après avoir récupéré tous les dossards (y compris ceux de Nico et David), nous allons à la Pasta Party nous ravitailler. Mention spéciale à Cédric le cuistot de l’épreuve, qui nous offre une Pasta que même nos amis italiens n’ont pas reniés. Quelques kikous à côté semblent aussi appréciés… le viking se ressert plusieurs fois.

Malgré toutes ces bonnes ondes, un mal tenace à la fesse me gâche la nuit, je prends de l’Advil pour calmer l’inflammation. 3h30, c’est l’heure du réveil, un petit déjeuner pris rapidement et nous voilà sur le chemin du départ vers le château de Vizille où nous sommes attendus. La descente de la voiture est épique, une décharge électrique pique la fesse, je pense au niveau du Fascia-latta. Après avoir posé la remorque, pas le choix, il faut y aller mais le moral dans les chaussettes.

 

A côté de Lionel Bonnel (le favori), Fabio et moi patientons 5 mn avant que le départ soit lancé ; je boitille sur 500m, puis petit à petit le muscle se chauffe et la douleur s’estompe pour disparaitre au bout de 2h00… si ça ce n’est pas un miracle ?

 Dans ma tête, la course se dessine en 3 sections :

-       De Vizille à la Base Vie du Pleynet, la partie Sud de Belledone, qui m’est totalement inconnu et que j’ambitionne de faire intégralement de jour,

-       Du Pleynet à Super Collet, la partie la plus technique (à moduler car dans Belledone y a beaucoup de parties techniques) dont le fameux col Moretan a priori partie nocturne,

-       Et enfin de Super Collet à Aiguebelle, la partie Nord l’altitude est moins élevée, il va y faire très chaud et ce sera de jour.

 

 

Vu comme ça, ce n’est pas très impressionnant !?!

La 1ère Partie Vizille-Le Pleynet (62km 6000mD+):

Bien au chaud dans le peloton, nous cherchons notre rythme, le 1er ravito se situe à Arselle, la station de ski de fond de Chamrousse. Je perds Fabio au bout d’une heure puis il recolle pour l’instant il a l’air d’aller bien… cela ne va pas durer car la gastro qu’il a contracté 4 jours avant, lui fait des misères. Mais quel mental pour avoir tenu jusqu’à Val Pelouse, terrassé par une tendinite au releveur !

Après le refuge de la Pra, les choses sérieuses commencent avec l’aller retour sur la croix de belledone (2926m), c’est raide et caillouteux à l’image du massif. Les bénévoles au sommet font la même blague à chaque concurrent « dossard 208, il est déjà passé celui-là ! ». Je suis un des rares à montées à la croix faire quelques photos et admirer le paysage.

 

La croix de Belledone                                                             

  Lac Blanc  

 

La descente est plutôt roulante et permet d’estimer les écarts avec les suivants.

Le col de freydane qui s’en suit est très technique et nous conduit au ravito du refuge Jean Collet. Accueil très sympa, je décide de manger une bonne soupe et discute avec les collègues.

Isa et Irene avaient prévu de venir mais la route d’accès a été fermée, elles décident donc de me rejoindre au Pas de la coche.

Quelques 500m à gravir et le Col de la mine de fer suivi de la Brêche fendue .Cette partie est très technique, il est presque impossible de courir dans la descente mais me voilà au Pas de la coche au bout de 9h45 de course.

 

 Je surprends les filles et fait rire les bénévoles. J’ai presque 2h00 d’avance sur mes prévisions, je récupère une compote et un babybel, je n’ai plus rien à manger.

 

Le gros morceau de cette 1ère journée est le col de la Vache 600m de D+ dans… pas de chemin : du caillou de toute taille qu’il faut contourner, escalader, enjamber. Le soleil cogne sur la tête mais le moral reste intact.

Je me refais plaisir dans la descente et retrouve un chemin plus roulant aux abords du lac du Pleynet, Akuna est posté, il prend quelques photos.

 

Je sais à présent que je vais arriver avant la nuit au Pleynet mais le chemin est malplat, on croit arriver quand on entend le speaker, on contourne à flanc de montagne la vallée pour arriver enfin à la base de vie n°1.

La 2ème partie Le pleynet – Super Collet (34km 3000mD+)

Arghhh, j’arrive mais mon assistance n’est pas là. Pas grave, j’ai le sac d’assistance qui lui est bien là. La Base Vie est difficile à comprendre : la douche, le ravito, les kiné, le restaurant tout est dispersé. Je vais à l’essentiel : passage en mode nuit, nokage et changement de chaussette. Irene et Isa arrivent au moment où je décide de partir ; j’apprends que Fabio est à 2h00 et qu’il ne reviendra pas comme je l’espérai.

 

Cela repart pour une belle descente jusqu’à Fond de France où j’allume la frontale puis un 900m de D+ jusqu’à montagne de Tigneux et un petit ravito au chalet de Léat puis redescente jusqu’au Gleyzin.pour 800m de D-.

 

Refuge et lac du léat

 

Isa et Cédric sont là pour m’accueillir, les bénévoles sont au top, ils m’offrent le couchage, je saisis l’opportunité pour un petit somme de 20’. La suite est compliquée, il faut que je reparte « frais ».

A minuit 30, je reprends la route, pas complétement réhydraté. La boisson glucosée à l’orange isostar me colle les dents… beurk, ça passe pas, plus, jamais plus !!! La nausée commence à m’envahir, je bois de l’eau pour diluer, je contiens le mal au ventre. Pas de compagnon d’infortune, je trace droit jusqu’au refuge de l’Oule 700mD+ plus haut. Miracle un coca offert généreusement par un bénévole, cela va me faire tenir jusqu’au Col Moretan encore 700mD+. Effectivement, la course n’en est plus une, je suis en mode survie. A 4 pattes la fin du col, le bénévole en haut sourit ; « tous les moyens sont bons ! ».

 La descente a été équipée de corde, pourtant en plein jour ça passait bien. Après une belle chute sur les fesses, je perds mon pied et ma confiance, la corde me gêne, je galère dans la moraine… La Batterie de la lampe est HS, je fais le changement dans le noir (heureusement pleine lune) mais galère encore.

Les gros blocs du bas sont passés sans problème ; par contre je n’arrive plus à courir et j’arrive au refuge de Périoule lessivé.

Quelques minutes pour avaler juste un bouillon de sachet liophyllissé, je repars parce qu’il fait froid. Redevenu marcheur, je perds du temps et ne prends plus plaisir. Pourtant la montée de Pierre du Carré est gravie à la fraiche et j’enchaine sur le replat jusqu’à Super Collet : le jour est entrain de se lever.

 

La 3ème partie Super Collet – Aiguebelle (47km 3000mD+)

Il est 7h45 sur Super Collet, Isa a dormi dans la voiture et je lui fais part de mon envie d’abandonner… message non reçu. Alors, j’attends Fabio : il est 6h00 derrière. Pas le choix, je continue. Mais cette fois-ci, je bois de la grenadine et 2ème miracle, l’estomac reprend sa place.

 

On repart par le KV de la station, je remarque au-dessus un coureur avec un bon rythme. Sur les crêtes, on tape la discut’, on va passer les 13 prochaines heures ensemble.  Au chalet de la Balme,  2 de ses potes nous accompagnent ça nous booste bien. Tandis que dans le même temps, les leaders du 47km nous enrhument.

 

Crête des férices

La reco me permet de mieux gérer mon effort, j’aide Samuel à évaluer le reste à faire. Au col d’Arpignon, j’ai une pensée pour Franck qui est entrain d’en faire le tour (au top le Franky en 29h30). Après le col de la frêche, la descente au refuge de la Perrière, on court enfin, cela faisait longtemps.

 

Le Mont Blanc vu du col d’Arpignon

Plus que quelques kms avant le ravito de Val Pelouse toujours en courant malgré la chaleur.

 

 

Arrivée à Val Pelouse avec Samuel

 

Sous la tente, il fait 40°, on s’installe dehors aidé par Isa pour remplir les réservoirs et manger du salé.

Comme dit Sam, on sait maintenant qu’on verra l’arrivée mais pas à quelle heure ? Il pense 22h00 moi plus optimiste 21h00.

 Il est 14h00 quand on repart sous un cagnard de plomb ; petite alerte dans la montée du Gargotton puis tout se régule et on avale le col de la Perche en souplesse. On manque d’eau et les bénévoles nous promettent de l’eau au col du Champet à 2,8km, je sais qu’il y a plus… on serre les dents en passant le col du Chat.

Au Champet, il y a peu d’eau à se partager entre 5-6 coureurs : la seule fausse note de l’organisation.

Grosse descente de 1200m et le ravito des Granges est en vue.

 Samuel ne veut pas trainer, j’acquiesse, Isa nous voit partir.

 Il reste 450mD+ jusqu’au Fort du Mont Gilbert et une longue descente de 1000mD- jusqu’à l’arrivée. Le moral est bon et le binôme fonctionne toujours bien. Nous avons l’impression de finir fort, arrivons à Aiguebelle à 21h30 et pouvons enfin faire sonner la cloche.

  

La cloche à Aiguebelle

 

 Bilan :

Un trail d’Anthologie c’est certain mais plutôt qu’Ultra Trail, je pense qu’il faudrait parler d’Ultra Trek. C’est avant tout une belle aventure à partager. La difficulté est à un niveau extrême, il faut souhaiter que la météo reste au top comme cette année.

Les bénévoles sont au top : mention spéciale au ravito du Gleyzin, j’ai cru que j’étais à la maison.

 

 

 Arrivée des derniers accompagnés par Emilie Lecomte (1er F), Kenichi Yamamoto (2èmeH) et de Benjamin David (1ère H).

9 commentaires

Commentaire de Arclusaz posté le 03-09-2015 à 17:48:53

partir pour une telle aventure en ayant mal .... à la fesse, fallait oser ! bravo.

sinon, certaines photos ne se sont pas affichées et tu as "un peu" écorché le nom du vainqueur, Benjamin David.

Commentaire de crazy_french posté le 03-09-2015 à 17:55:32

Le texte était encore en travail... je pense que c'est OK maintenant.
Pour la fesse, je ne sais pas expliquer ? mais je ne pouvais pas renoncer avant d'avoir essayé.

Commentaire de bubulle posté le 03-09-2015 à 20:05:24

Pfffff, arrivée à 21h30, non mais pfff, quoi...:-). A cette heure là, j'étais....à Val Pelouse. Les écarts sont vraiment monstrueux sur cette course. D'un autre côté, bon, le Morétan de nuit, je ne suis pas sûr que je t'envie (par contre, la p.....de montée de la Pierre du Carré "à la fraîche", alors là, mon cochon, c'est de la torture mentale !)

Commentaire de JuCB posté le 03-09-2015 à 21:45:27

pffffffffff aussi

Ultra Trek....en moins de 40h et la marmotte, ....

Ca envoie du gros, du très très gros.
Bravo les gars

Commentaire de Rafouille posté le 04-09-2015 à 07:42:13

Course gérée de main de maître Denis. Pour ma part , j'avoue n'avoir pas pu faire le 1/4 de la 1/2 du 10ème de ta prépa de dingue.... Tes efforts de cette année ont bien payé et tu le mérites mon pote!!!
Déjà une semaine de passée et je sais pas pour toi, mais pour la 1ere fois de ma vie, je suis encore un peu dans Belledonne à refaire la course!!!
Bravo Champion!

Commentaire de TomTrailRunner posté le 05-09-2015 à 18:35:03

Dis comme cela , tout semblé simple, un seul mot : respect

Commentaire de crazy_french posté le 05-09-2015 à 19:22:12

Merci pour vos commentaires.
La semaine de travail a été très dure... pas là... toujours dans Belledone.
Dès lundi, j'attaque une courte prépa Marathon Toulouse et espère retrouver de la vitesse.

Commentaire de riri51 posté le 06-09-2015 à 18:03:31

Félicitations mon Denis encore un ultra dans ton escarcelle...Riri heureux d'avoir débarqué juste à temps pour partager l'une de tes dernières sorties de prépa. tu étais prêt comme jamais! Encore bravo et la bise à Isa (vous êtes superbes sur la photo)

Commentaire de Trimoreo posté le 07-09-2015 à 21:43:33

Belle prépa, belle photos, beau récit et Quelle course!!! bravo

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