Récit de la course : L'Echappée Belle - Traversée Nord - 85 km 2016, par olneos

L'auteur : olneos

La course : L'Echappée Belle - Traversée Nord - 85 km

Date : 27/8/2016

Lieu : Vizille (Isère)

Affichage : 833 vues

Distance : 85km

Objectif : Terminer

13 commentaires

Faire connaître ce récit sur Twitter :

Faire connaître ce récit sur Facebook : Partager

82 autres récits :

L’Echappée belle : compte rendu sérieux et prcis

Ou « comment faire 41% de la distance et 50% du dénivelé en 11 heures »

Ou « dis le Patou, tu veux bien être mon ami le temps d’un week end -car j’ai trop peur de toi- »
Et « comment essayer de faire un compte rendu hyper technique sur la course à pied sans pouvoir le faire »
Et j’arrête pour les « Ou » et les « Et » sinon je n’en finis plus.


Il n’est pas loin de 6h30 ce samedi 27 aout au Pleynet et nous sommes plus de 400 à attendre le départ de ces 85 kilomètres et 6000 mètres de dénivelé (ouh la  la ça fait peur mais moi « même pas peur » enfin j’aurais dû me méfier)
Comme d’habitude je cherche une place stratégique en fin de peloton (je n’ai rien à faire du classement) ; ça me va comme un gant et puis on ne va pas vite sur cette course et là j’irais encore moins vite que pas vite.
Le départ est donné : on fait un petit tour de la station en profitant de la vue sur les jolies remontées mécaniques, le tout agrémenté d’un premier raidillon qui est un petit hors d’œuvre par rapport à ce qui nous attend.
Puis nous entamons une descente d’environ 5 kilomètres. Lors d’une grande ligne droite je vois une jeune fille s’arrêter au milieu du chemin, baisser son short et faire pipi devant tout le monde et donc devant moi : euh elles sont un peu rustiques ici les filles …
Je m’aperçois qu’une de mes flasques goutte légèrement, j’essayer de l’arranger comme je peux afin de solutionner le problème même si ça ne me gêne pas terriblement.
Il s’en suit une première montée de 5 km (et presque 1000 mètres de dénivelé pour les spécialistes) : je sens mes jambes un peu lourdes mais j’arrive à avancer cahin-caha. Le sentier est encore praticable (ce qui ne sera plus trop le cas par la suite). 
Aux premiers pointages je fais des sauts de ninja (enfin petit ninja vieillissant qui croit bondir haut mais qui bondit bas) afin que le bénévole puisse voir mon numéro de dossard ; saut de ninja = petit bond sur le côté les deux pieds écartés (je ne sais pas trop ce qu’il m’a pris mais j’ai trouvé ça amusant et le bénévole aussi).
Juste avant d’arriver au premier point chronométré je vois une dame avec un téléphone ; je lui dis : « vous attrapez les Pokémons ? » Elle me répond « non je prends mon mari en photo », celui-ci étant juste devant moi. « C’est aussi un Pokémon !» .
Je passe sur le fait que j’ai vu de nouveau une jeune fille faire pipi au milieu du chemin au vu et au su de tout le monde, ça en devient d’un banal  … et moi qui m’embête à chercher un endroit un peu excentré pour faire mes besoins, la prochaine fois je fais le rustique …
J’arrive au premier point chronométré (18K en 3h30 soit du 5.3 km heure) en 220ème position : fidèle à mon standing de ne pas côtoyer les premières places. Le ravitaillement est copieux, je mange pas mal de fromages vu qu’ils sont très bons et tout ce qui peut être salé.
Je repars le ventre bien rempli avec les deux flasques qui coulent légèrement : va comprendre pourquoi des fois c’est une, des fois les deux, font rien que m’embêter celles-là …
On aborde (euh aborder c’est un gentil mot) une montée de 6 km avec 1400 mètres de dénivelé (toujours pour les spécialistes, pour les autres je sais pas trop) jusqu’au Col Moretan que je vais boucler en un temps fabuleux de 3h25, soit une moyenne démoniaque de 1.8 km.
Bon là si les cailloux sont nos amis à la fin du col ils ne le sont plus … suffit de chercher sur Google le nom de ce col et de zieuter les cailloux qu’il y a pour comprendre : impossible de ne faire autre chose que de marcher et puis on ne peut même pas ramper comme je le fais habituellement… mais dieu que c’est beau !
Vers le milieu de la montée je vois un photographe et je lui demande s’il est venu en hélicoptère : j’ai l’impression qu’il a moyennement apprécié la plaisanterie. Arrivé au sommet je suis 276eme (24eme km) j’ai donc 56 personnes qui m’ont dépassées entre le ravitaillement et le sommet, pour me consoler je me dis que j’ai mis beaucoup de temps pour me restaurer et papoter ce qui m’a fait perdre des places.
Une partie de la descente du col se fait sur un névé : les organisateurs ont mis une corde afin de pouvoir descendre en se tenant à celle-ci. Ne faisant ni une ni deux, je me mets sur les fesses, je tiens ma main sur la corde et je descends telle une luge en priant qu’il n’y ait pas un petit rocher qui affleure la neige sinon aie … 
Sur la deuxième partie de la descente il y a également des cordes mais plus de neige : dans ce cas là je ne tente pas la luge humaine mais j’ignore superbement la corde et je descends ; j’ai eu de la chance de ne pas me vautrer (je suis un spécialiste du vautrage en figures non imposées) car ça aurait pu faire mal (dans la vidéo on voit les deux passages, le névé et celui sans la neige le tout bien pentu).
J’arrive à Périoule (km 27) en étant 269eme à une moyenne de 3.07 km : j’ai déjà pris la décision d’abandonner : les bénévoles me disent que si je dois arrêter là je devrai attendre le serre fil (la personne qui récupère les derniers, un peu comme la voiture balai mais sans la voiture ni le balai …), puis partir avec eux pour 1h30 de marche : je préfère continuer jusqu’au prochain ravitaillement ce sera plus simple pour repartir sur Aiguebelle.
J’arrive toujours à faire tant bien que mal les montées, à courir sur le plat et dans les descentes (certains que je dépasse ne le font plus) mais je n’ai plus l’envie ; j’ai aussi un trop plein de sucrés et je n’arrive plus rien à avaler (je ferai les 3 dernières heures sans m’alimenter) ; je pense donc que si j’essaye de continuer jusqu’à la fin possible que j’explose en cours de route ou bien que je finisse mal en point : pas trop envie de connaitre ça.
Je continue donc jusqu’à Super Collet et j’y arrive après 11 heures de « course » (on va plutôt parler de rando-course de 38 km, 3000 m de dénivelé, 250eme au classement au moment de l’abandon) : il est 17 heures j’avais donc 1h30 de marge sur la barrière horaire : peut-être aurais-je du me reposer, manger et repartir (c’est le moment émotion du compte rendu ou vous pouvez profiter des interrogations d’un coureur à pied …).
Après avoir rendu mon dossard je suis allé me ravitailler, je vois un autre coureur et je lui dis : « il suffit de venir ici et d’être habillé comme un coureur pour pouvoir manger et boire gratis ».
Je me restaure donc et je vais m’asseoir sur un petit banc, à l’autre bout se trouve une personne. Je suis en train de ranger mes affaires quand tout d’un coup je sens que je bascule, j’arrive tout juste à ne pas tomber ; en fait à l’autre bout du tabouret il y avait un coureur, et lorsqu’il s’est levé beh mon poids a fait le reste (ça m’a fait penser à des films de Charlie Chaplin).
Puis je vois arriver un coureur, sa femme vient à lui, il la repousse d’une façon un peu énergique et se précipite sur le ravitaillement comme un affamé ; mon regard a croisé un bénévole qui a vu la même chose que moi, nous sommes restés interloqués devant la réaction du coureur, sûrement due à la fatigue mais bon …
Je zieute quelqu’un avec un dossard complétement délavé, je plaisante en disant qu’il a dû le passer à la machine ou bien qu’il date de l’année dernière (ou qu’il en profite pour manger gratis).
Je vais voir les personnes en charge du pointage afin de savoir à quelle heure la navette part pour Aiguebelle (lieu du départ) : il me dit qu’ils sont obligés d’attendre le serre fil et que ça devrait être aux alentours de 18h30.
Je me faufile sur le parking où se trouve l’autobus et je papote avec le chauffeur. Je remarque que des coureurs arrivent sur le parking avec leurs épouses, celles-ci portent toutes les affaires tandis que lui ne porte rien : je fais la remarque au chauffeur et on plaisante un peu là-dessus …
Au bout d’un moment je me rends compte que nous ne partirons pas à l’heure prévue. Je commence donc à chercher une voiture qui rentre sur Aiguebelle. Un autre coureur voyant ce que je fais essaye de faire de même : on joue un peu à Pékin express sur le parking.
En fin de compte j’arrive à trouver une bénévole qui entre sur l’arrivée, elle m’y emmène ainsi que mon acolyte de Pékin express du parking.
En conclusion, je n’ai aucun regret sur cette course. Les paysages étaient beaux, les bénévoles aux petits soins et puis je me suis bien amusé, c’est bien là le principal.
Me reste plus qu’à attendre la prochaine couse dite du pois sauteur à Monetier les bains, l’année dernière j’avais dû abandonner car j’étais tellement gelé que lorsque je courrais je tremblais en même temps de froid … donc c’est la course du pois sauteur …

13 commentaires

Commentaire de Yan 44 posté le 31-08-2016 à 16:41:36

T'es grave toi, heureusement que je ne t'ai pas croisé "roi de la déconne". Tu aurait mieux fait de gérer ton alimentation plutôt que de passer ton temps à te marrer sur les autres...et puis peut être que le gars avec son dossard délavé, il a fini lui, et qu'il l'a mener à bien son aventure. Je te rejoint juste sur la beauté des paysages, c'est vrai et tu as loupé e couché de soleil sur les Férices magnifique !!

Commentaire de olneos posté le 31-08-2016 à 19:03:38

Bon je me suis posé la question de savoir si je supprimais ton message ou pas et puis en fin de compte il faut bien que tout le monde s'exprime.
J'aime bien la phrase "heureusement que je ne t'ai pas croisé": j'ai presque l'impression que ce sont des menaces.
Je n'ai pas l'impression d'avoir passer mon temps à me moquer des autres, j'ai juste relevé des choses que je trouvais amusantes pour en faire un compte rendu amusant mais qui ne t'a pas fait rire ça c'est sur.
Et puis si tu lis bien tu remarqueras que je me moque beaucoup de moi.
A la limite tu as peut être raison sur le passage du coureur avec le dossard délavé et j'espère juste qu'il a fini sa course et qu'il a pu voir le coucher du soleil que tu vantes tant.

Commentaire de Yan 44 posté le 01-09-2016 à 09:59:40

Désolé aussi de mon agression j'ai pas bien compris ton récit, je suis plus adepte des récits axés sur les descriptions de parcours, l'ambiance, la difficulté et les sentiments . Je trouve dommage qu'autant de monde ai abandonné sur cette course, et je suis sur que tu aurais pu finir, car tu ne flirtais pas du tout avec la barrière horaire, çà valait le coup et ton récit aurait eu peut-être un peu plus de profondeur.
Dans l'expression heureusement que je ne t'ai pas croisé, ce n'est pas une menace, je le dis pour moi car à Super Collet je venais de gerber et un autre coureur m'a encouragé à ne rien lâcher plutôt que de me faire des blagues...ces paroles m'ont tenu jusqu'au bout pour aller taper la cloche. L'orga de cette course est irréprochable, le parcours fabuleux, un défi hors norme,.
Après si tu as la même optique et que tu débrifes de manière dérisoire ok, toutes mes excuses.

Commentaire de olneos posté le 01-09-2016 à 12:43:56

Pas de problème Yann je comprends mieux ta réaction.
Si je t'avais vu en train de gerber je n'aurais pas du tout plaisanté tu peux me croire.
En plus je ne suis pas le genre à discuter tout le temps je plaisante juste de temps à autre (j'essaye d'éviter les gens qui ne font que parler pendant la course).
Sur le chemin j'ai demandé plusieurs fois à des coureurs si ça allait leur proposant même de l'eau de mes flasques (vu qu'il y avait beaucoup de sources) et sur pas mal de courses j'ai "poussé" des gens à finir quitte à finir ensemble : c'est ce qu'il y a de sympa sur ces courses : l'entraide.
On a la même vision : c'est bien un défi hors norme et je t'en félicite d'autant plus de l'avoir fini.
Au plaisir de se voir un des ces quatre et bonne continuation.

Commentaire de le_kéké posté le 31-08-2016 à 17:06:18

Excellent olneos, tu m'as bien fait marrer.
Je suis juste jaloux car perso les filles qui font pipi au milieu du chemin ben moi j'ai jamais eu cette chance (ou pas)
Dommage d'avoir abandonné sans se laisser une chance d'attendre un peu pour voir, mais si le plaisir n'est pas là à quoi bon se forcer.

Commentaire de olneos posté le 31-08-2016 à 18:08:19

Merci le kéké c'est le but de ne pas se prendre aussi au sérieux et bravo pour ta course réussie !!

Commentaire de JuCB posté le 31-08-2016 à 21:01:02

oh mazette !!!
je vais te copier-coller un commentaire qui deviendra ma ligne de vie en trail.
Je préviens c'est long mais au combien génial.

J'espère que tu auras l'occasion de revenir, ce trail est un des plus durs.
A l'année prochaine si tu viens !!!


franck de Brignais:
Sur ce point ça n'est donc pas l'orga qu'il faut désigner, mais bien le non respect des coureurs et/ou accompagnants.
Je fais (et tu dois le faire certainement) le constat sur quasiment toutes les courses où il y a un peu de monde : les coureurs ont bien peu de respect pour les autres, (à l'image de bien d'autres choses que la CAP d'ailleurs...). Il est malheureusement trop fréquent de voir des bancs squattés par un coureur "qui est vraiment trop fatigué"... des conn..ds se remplir les poches de barres sans penser qu'il peut rester quelques centaines de coureurs derrière... des chaussures dégueulasses posées sur les chaises "pour se détendre les jambes"... des bénévoles interpellés parce que la soupe est trop salée et "vraiment dégueulasse... excusez moi !!"...

Bref... le traileur est un être humain... un vrai con, égoïste, qui ne pense qu'à lui et qui a toujours raison...

Maintenant, vous pouvez aussi faire comme moi : vous asseoir sur les pieds du champion qui squatte le banc " s'cuse j't'avais pas vu" (St Gervais).... demander au conn..d si il compte revendre les barres énergétiques (La Balme)... retirer la chaise squattée par les pompes dégueulasses et demander à Jean Robert si il a un mouchoir pour nettoyer pour que je puisse m'asseoir (Courmayeur) et assurer aux bénévoles avec le plus grand sourire possible que c'est la meilleure soupe de vermicelle que j'ai jamais goûtée...(La Fouly) .... ça fait un bien fou.... :wink:


Commentaire de olneos posté le 31-08-2016 à 21:56:55

Oui je compte revenir sûrement sur le 47 qui m ira comme un gant. J'ai adoré le coin et les bénévoles magnifiques avec les coureurs, à vous remplir les flasques, je n'avais jamais vu ça.
Le dernier paragraphe m'a bien fait rire, celui juste au-dessus bien fait réfléchir mais cet égoïsme on le trouve plutôt aux ravitaillements qu'en course où on est les premiers à aider l'autre (enfin pour moi). Je me trompe peut-être

Commentaire de Vik posté le 01-09-2016 à 20:03:08

JuCB <3

Commentaire de Kashmir57 posté le 31-08-2016 à 21:43:31

Excellent récit ( comme d'habitude ) .J'ai bien ris de tes galeres ( et je m'en excuse ....) .Continue a faire tes courses et a te faire plaisir .Et oublie le premier commentaire ( celui avec plein de fautes :-)).Bonne continuation à toi

Commentaire de olneos posté le 31-08-2016 à 22:02:50

Merci Kashmir si ça t'a fait rire c'est bien ce que je recherche. Bonne continuation aussi !

Commentaire de shef posté le 31-08-2016 à 22:48:58

J'ai bien ri également !

Commentaire de olneos posté le 01-09-2016 à 12:37:56

Merci !!

Il faut être connecté pour pouvoir poster un message.

Votre annonce ici !

Accueil - Haut de page - Aide - Contact - Mentions légales - Version mobile - 0.17 sec
Kikouroù est un site de course à pied, trail, marathon. Vous trouvez des récits, résultats, photos, vidéos de course, un calendrier, un forum... Bonne visite !