Récit de la course : Boulieu Trail - Ultratrail - 106 km 2016, par Gazel

L'auteur : Gazel

La course : Boulieu Trail - Ultratrail - 106 km

Date : 1/10/2016

Lieu : Boulieu Les Annonay (Ardèche)

Affichage : 827 vues

Distance : 104km

Objectif : Terminer

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Mon deuxieme B.U.T.

Début septembre, je discutai avec Richard de la fin d'année en trail, et je lui annonçais mon intention de participer à l'ultra-trail de Boulieu-les-annonay : 104km pour 4600m D+ . Lui cherchait une course de 40 à 60 km, cela tombait bien car il y avait aussi le format 50km à Boulieu.

Quelques jours plus tard, il revient vers moi et me dit : c'est bon, je fais l'ultra avec toi! Ainsi était né notre pacte pour cet ultra :)

 Vendredi 30 septembre, 20h30 je pars de chez moi, la dernière bouchée du diner avalée, et les bisous à la famille effectués. J'arrive à Boulieu vers 21h40, 20 minutes avant que la remise des dossards du vendredi ne ferme. Je récupere le mien, et vais pouvoir me coucher l'esprit libre : j'ai tout mon matériel, mon dossard, je m'endors dans ma voiture Grand Espace sur un matelas à plat, et suis à 500m du départ. A part une grosse panne de réveil, rien ne peut me tomber sur la tête. Et cela, en tant que Gaulois, j'apprécie !

Réveil à 1h50, je m'habille, décide de ne pas prendre les bâtons, je veux tester la méthode de Richard, il n' a fait aucun de ses ultras avec. Je sors de la voiture et rejoins la ligne départ, je croise justement une personne de dos, fouillant dans son coffre , je crie "Richard ?", il se retourne, et c'est bien lui! Quelques moments après, Christian, coureur de Messimy déjà croisé à la Maxirace d'Annecy, de la team Monts du Lyonnais, m'aborde et on discute à trois...

On rejoint le gymnase, un peu d'attente, je regarde les autres trailers, et me fais deux réflexions : j'ai oublié de mettre ma lampe frontale, et je remets un deuxième t-shirt manche -courte, complétant mon t-shirt jaune fluo manches longues de la section Casino Running.

Le départ nocturne est donné à 3h du mat, avec la musique de Hells Bells, qui me fait hyper plaisir et me replonge dans l'énergie adolescente des années 80

 

 Les frontales allumées, nous faisons 2 km sur le bitume, et débutons la grimpette dans les sentiers, direction plein Nord-Ouest, vers Bourg-Argental.

J'avais compris que Richard et moi allions faire un bout de chemin ensemble, mais je n'avais jamais formulé de question : "on court les 10, 20 ou 30 premiers km ensemble ?" De mon point de vue, faire déjà 15-20 km ensemble serait super. Je n'avais jamais couru d'ultra complet avec quiconque, et là, c'était un peu l'inconnu... Du coup on discute un peu, chacun prend la tête du duo à tour de rôle, et on arrive au ravito de Burdignes au bout de 18 km.

On croise Christian qui était parti devant, on s'offre une pause assise dans la cour de récréation d'une école : remplissage de bidons,  dégustation de mon premier sandwich au jambon préparée par ma petite femme, grignote quelques trucs du ravito, et on repart assez vite.

Dès le premier chemin retrouvé, je bute sur une pierre et chute, je retombe sur ma jambe gauche, où je me suis fait mal le 28 aout au rail de St Hilaire. Un court instant, je voyais ma plaie se rouvrir, et mon ultra s'arrêter là ... En me relevant, je constate le peu de dégât : Plus de peur que de mal, comme on dit. Je me suis rattrapé avec les mains. On continue, mais à partir de là, on constate que nos deux lampes éclairent peu, des vieux modèles et des piles pas tout à fait neuves... Je charrie un peu mon coéquipier, ca sa lumière me fait penser à celle des veilles R5 à ampoule jaune.  Point à améliorer pour le prochain trail nocturne!

On continue de grimper, et on arrive au premier point haut, le suc des 3 chiens, à 1300m d'altitude.

On redescend vers Vanosc et la vallée de la Cance, et on alterne montée-descente. Le jour se lève, la lumière du soleil perce les nuages... on éteint les frontales.

je sens que je force par moment, mais cela tient.

 On arrive au 2ieme ravito, à Monestier, 40 km de parcouru ensemble. On croise Christian Berger qui a fini sa pause et repart aussi sec. Richard et moi, on prend 15 minutes ; je me dis que c'est vraiment sympa, mais connaissant la différence de niveau, surtout en montée, je me dis que cela va finir un jour! Pause WC, J'attaque mon deuxième et dernier sandwich, mais ne le finit pas, je range mon deuxième t-shirt mais garde mes gants. Un instant, on croit que la pluie, qui nous avait épargnés jusque là, se met en route. Il s'avèrera que c'était une fausse alerte, 3 minutes de pluie pour nous faire peur, puis, plus rien.

L'absence d’affichage de plan et de profil de dénivelé au ravito provoque des échanges entre coureurs : en tant qu'ancien ( je l'ai déjà fait l'année dernière), j'indique à un nouveau que le profil jusqu'au prochain ravito est une grosse montée de 10km vers le sommet du grand Felletin, puis une grande descente de 6 km. Le voilà renseigné, à défaut d'être rassuré!

 On repart et attaque  la montée au grand Felletin, Richard part devant, et je prend un rythme plus lent, je commence à ne plus avoir de jus dans les jambes. Je m'arrête pour prendre une ou2  photos, au seul moment de la montée où on devine le sommet ( si, si, derrière les nuages)

 

 La monté au point le plus haut (bon, d’accord 1470m, on n’est pas dans les Alpes non plus !) se fait en solo, à allure tranquille. L’arrivée au sommet permet d’admirer la vue :

 

 

 Je reconnais la descente, et profite de la gravité pour accélérer. J’arrive au 3ieme Ravito (55km), et en entrant dans le village de St Julien Vocance, le ciel me tombe sur la tête : une violente averse commence. Dois-je m’arrêter pour mettre ma veste imperméable ? je décide de continuer et le ravito arrive quelques dizaines de mètres après. Au sec dans un garage avec 3 veilles voitures de collection, sympa et typique.

Je ne vois pas Richard, je me dis qu’il a du prendre une bonne avance et être déjà reparti. Je retrouve mon sac de rechange apporté ici par les organisateurs. J’y ai laissé notamment une salade de pâtes froides, avec tomates cerises et morceaux de poulet… On soigne le moral, mais finalement je ne mange pas plus de 5-6 cuillères. Et là, je vois  Richard qui entre ! Que s’est-il passé ? ben ,  il s'est trompé à un moment de parcours avec 3 autres coureurs et estime avoir fait 2km supplémentaire sur cette portion. C’est dommage (pour lui J) !

 

 Il se refait aussi une santé et on repart ensemble. La pluie s’est quasiment arrêtée, et une personne du cru affirme que le vent a changé et que la pluie va fortement diminuer. Ce qu’on constate . Grosse montée pour démarrer, et de nouveau Richard prend la poudre d'escampette. Je n'ai plus du tout de jus dans les jambes, et je me trainerai pendant 30km.

 Un ravito-point d’eau 14km plus loin fera une bonne halte, les 2 bénévoles nous disent que c’est la première fois qu’ils ont 4 coureurs en même temps… c’est vrai que les ultras avec moins de 100 personnes au départ sont très agréables pour cela, on ne sent pas oppressé par la foule… Je finis mon sandwich et repars, sans grande conviction.

Se succèdent dans la forêt des chemins monotraces, des chemins forestiers et des tracés en pleine pente, faut quand même faire les 4600m de dénivelé annoncé. Cette portion est comme l’année dernière : une portion où je perds le sens d’orientation, j’ai parfois l’impression de tourner en rond ou d’emprunter des sentiers que je viens de quitter. L’absence de batons se fait sentir, mes genoux commencent à crier dès que la descente est bien raide, et l’énergie en montant me fait défaut.

 Ce n’est que quand on traverse de nouveau la vallée au niveau du village de Villevocance, qu’on change de paysage et que la vue se dégage. En plus avec 80 km dans les pattes, on se sent plus proche de l’arrivée. Le moral revient, un peu plus d’énergie dans les jambes, j’avais gardé des gâteaux sucrés que j’aime bien, des palmiers, et même un peu émiéttés , ils me font du bien. Du coup les 6 km avant le dernier ravito sont avalés, je commence à dépasser quelques coureurs marcheurs. Au ravito, on tombe sur un groupe de bénévoles bien sympa et qui ne se laissent pas abattre, la bouteille de Ricard en arrière boutique est bien entamée, et les discussions entre eux sont animées. Un peu d’eau, un verre de Coca,  assis 5 minutes, et je repars. Curieusement, boire l’apéro maintenant ne me fait pas envie.

 J'arrive à courir des bonnes portions de plat et de descente ; dans la dernière grosse montée, une éclaircie de plusieurs minutes me fait stopper : photos !

 

 

Arrivé à ce sommet, rebelote :

 

 

 

La dernière partie se fait essentiellement sur de larges chemins carrossables, où on peut courir facilement ( l’année dernière, des ruisseaux coulaient dessus)

A l’approche de Boulieu , on retrouve des petits chemins forestiers, la pénombre du soir tombe, et je me résigne à reprendre ma frontale au fond du sac et la rallumer. A l’entrée du village, je retrouve la civilisation et les derniers supporters. 50 m avant l’arrivée, un homme me demande mon numéro de dossard puis court vers l’arche d’arrivée, consulte son ordi et annonce mon nom en même temps que je franchis l’arche. Un grand soulagement !

Je rentre dans le gymnase, aperçois Richard au loin, mais je m’arrête au stand de boissons chaudes avec une gentille dame. J’obtiens mon énorme médaille métallique, et Richard me rejoint. On fait une photo souvenir, mais ce n’est pas la meilleure tête qu’on offre à l’objectif…

 

  Arrivée vers 20h, donc les 104km en 17h01 , une bonne heure de plus que l’année dernière,  Richard déja douché a fini en 15h58.  

Je mange avec lui, les bénévoles à coté commencent une soirée dansante et mangent également, les pichets de bière se succèdent ( à leur table).

Richard part. je file vers la douche, l'eau est chaude, putain que c’est bon !

Les premières constatations au niveau des pieds sont bonnes , presque pas d’ampoules. Pas de crampes non plus.

Retour sans problème en voiture tout de suite après ma douche, juste le temps de prévenir ma douce et tendre. J’ai bien de ne pas attendre, car les 10 dernières minutes de conduite , je baille avec acharnement. Je vais pouvoir me plonger dans un bon lit. Une surprise m’attend à la maison , un énorme panneau d’encouragement, que je photographie le lendemain

 

 Merci à tous mes supporters, ceux qui m'ont envoyé des SMS, mes partenaires d'entrainement et de sorties trail

Merci à tous les curieux, ceux qui ne courent pas mais qui me lisent et me posent des questions... je vous souhaite de trouver et garder l'activité physique qui vous plait et vous équilibre !

6 commentaires

Commentaire de PhilKiKou posté le 06-10-2016 à 06:56:14

Belle gestion et course... bravo pour ce 100kms roulants...

Les photos et la course c'est mieux avec du soleil

Commentaire de Gazel posté le 06-10-2016 à 22:29:32

oui, pour le CR, cela fait chaud au coeur et aux autres. pendant la course, fallait dégainer vite son appareil photo pour capturer le soleil !

Commentaire de toto50110 posté le 06-10-2016 à 11:40:38

Bravo pour cette course sans bâton (je suis un adepte de cette pratique), les paysages et la chanson pour le départ donne envie de venir :-)

Commentaire de Gazel posté le 06-10-2016 à 22:26:49

merci, mais je me préparerai plus s'il y a une prochaine fois sans baton. tandis que la chanson du départ, c'est plus facile à se la repasser :)

Commentaire de cedric42 posté le 06-10-2016 à 21:45:48

bravo et cela vaut le coup rien que pour le panneau d'encouragement de la famille

Commentaire de Gazel posté le 06-10-2016 à 22:28:15

c'est vrai, d'autant plus que c'était une vraie surprise . Bravo aussi pour ta victoire ! on se verra à la Saintélyon peut-être ( avant le départ je veux dire ;) )

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