Récit de la course : Roc'Orientation 2003, par Mathias

L'auteur : Mathias

La course : Roc'Orientation

Date : 25/10/2003

Lieu : La Couvertoirade (Aveyron)

Affichage : 2379 vues

Distance : 20km

Objectif : Pas d'objectif

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Le récit

J’arrive en avance à la Couvertoirade : ça me laisse le temps de visiter cette petite cité templière au sud de Nant. Pour l’anecdote, j’y trouve, sous un porche, une rangée de stalactites qui donnent une idée du froid qui règne dans la région…

J’ai réussi à oublier mes chaussures (mizuno trail) ! Heureusement, j’ai une deuxième paire (NB 870). Seul problème : les semelles sont dans les mizuno :-((
Je vais essayer d’utiliser les « semelles de propreté » de mes NB de route, qui sont un peu trop grande pour les NB de trail. On verra bien…

Le départ est donné en masse. Certains se sont donnés 1 heure pour chercher les 27 balises, d’autres comme moi se sont donné 2 heures. Après quelques centaines de mètres de sprint, on nous distribue nos cartes. Je me freine pour ne pas continuer le sprint avec les allumés qui regardent la carte 3 secondes et partent à bloc. Du calme, du calme, t’es là pour te promener… pas pour faire une perf’ !

Je prends 30 bonnes secondes pour établir une stratégie. Prendre la distance en compte, ça va, mais je ne suis pas assez fort pour intégrer le D+ dans mon choix du meilleur itinéraire. Ne soyons pas mesquins, le D+ c’est rigolo. Et zou, c’est parti…à bloc !

J’essaie de me fier plus à mon orientation qu’aux grappes de coureurs qui s’agglutinent autour des balises, mais c’est pas évident. 1, 2, 3, 4 balises, woooow ça va vite ! Tellement vite que j’en rate la balise 15, tiens je suis trop loin, oups 1/2 tour, ça y est je commence à faire n’importe quoi…

5, 6, 7, 8 balises, ça s’enchaîne et tout se passe bien. Tellement bien même, que je me suis complètement pris au jeu, et je donne tout ce que j’ai pour tenter de rallier les 27 balises dans le délai fatidique des 2 heures… sans m’économiser le moins du monde. Bah, les Templiers, c’est demain : j’aurai bien le temps de récupérer !

9, 10, 11 balises. Je suis ravi de me balader au milieu de ces paysages : rien à voir avec les Alpes, mais c’est chouette aussi les collines pelées à perte de vue ! Soudain, en revenant de la 21 vers la 13, je suis surpris par un chevreuil, qui déboule à toute berzingue, à 20 ou 30 m à peine ! Je ne sais pas dans quel buisson il était planqué, mais c’est beau…

Tellement beau que je me retrouve à la balise 26, que j’ai déjà poinçonnée, alors que je me dirigeais vers la 13. Hum hum…

Je me maudis et mets le cap sur la 13. La végétation clairsemée permet à des bœufs comme moi de pratiquer l’orientation « rapide », c’est-à-dire un œil sur la carte et on trace grosso modo dans la bonne direction, espérons que l’attaque du poste soit potable…

12, 13, 14, 15 balises… ayé, j’ai fait toute la partie sud-ouest de la carte, en terminant sur la balise 14. Je déplie la carte, pour préparer la suite de ma course. Oh, surprise, j’aperçois 2 « nouvelles » balises tout au sud-est. Damned, quelle idée de plier la carte en 4 !
Pour rattraper le temps perdu, je me fais un bon raid sur la 7, puis cherche la 10 en revenant. Impossible à trouver… et c’est tout penaud que je retourne à la 14. Je regarde ma montre : 23 minutes aller-retour pour 1 seule balise, bravo ! Je risque de regretter ces 23 minutes, surtout si je ne réussis pas à chopper toutes les balises restantes…

Il me reste une vingtaine de minutes… allez, 17, 18, 19 balises… courage, j’ai le temps d’aller cherche la 17, complètement à l’Est. Elle est si proche et si loin à la fois…
La 9 est encore moins loin, mais il faut grimper un sacré raidillon… et il reste moins de 10 minutes ! C’est un véritable sprint maintenant… après avoir fouillé un peu pour la trouver, je descends en sprint, choppe la 5 qui est sur le passage, aie aie aie il reste 4 minutes, je décide quand même de ne pas contourner la colline, afin de récupérer la 3 au sommet.

Il me reste moins de 2 minutes, et je mets les gaz dans la pente pour rejoindre le village que je vois là bas. Je sais qu’il reste la balise 27, quelque part dans le village, mais je n’ai pas le temps de regarder la carte. Je suis vraiment à bloc, et plus très lucide. Les organisateurs ont parfaitement minuté le coup, et au moment où je déboule dans le village, j’entends le speaker qui dit : « plus que 14 secondes, 13, 12, … »…

J’aperçois sans vraiment y penser une flèche orange qui part à gauche. Non, ils n’auraient tout de même pas fléché la 27 ? Je n’y crois pas, et prends ma décision en une fraction de seconde : je prends le pari que la 27 est à côté de la ligne d’arrivée, et me tape le sprint de la dernière chance…

J’arrive hors d’haleine, un bœuf tout fou à 25kms/h, en jetant des regards à droite, à gauche. J’ai dépassé le temps d’une poignée de secondes, mais, une fois engagé dans le sas d’arrivée, je n’ai pas le courage de demander au bénévole qui me souris : « vous z’auriez pas vu une balise 27 par hasard ? »

Niveau orientation, c’est clair : j’ai été assez mauvais. 2h et quelques secondes pour 23 balises de collectées (curieusement, je suis chronométré en 1h59’46’’, 56ème/153). Le meilleur, François Gonon, a mis 1h19 pour tout ramasser !!! Plus rigolo : le « meilleur itinéraire » était estimé à 12kms et 450m D+. Je ne sais pas combien j’ai couru de kms, mais pour faire durer le plaisir, j’ai fait 650m de D+ pour ramasser 23 balises seulement, trop fort ! ;-)

C’est intéressant de choisir son itinéraire, mais j’ai trouvé encore plus amusant que, plus je me rapprochais de l’arrivée, plus le temps manquait par rapport aux balises restantes, plus je perdais ma lucidité, et plus les décisions étaient importantes !

Niveau CàP, par contre, j’ai bien carburé. Il est tout content de lui, submergé d’endorphines, le gros malin. En dégustant son agneau du Larzac (sympa le ravito d’arrivée), il ne pense pas trop aux lendemains qui déchantent, ce gros malin… il ne pense qu’à s’allonger dans l’herbe pour profiter du soleil, même s’il fait toujours un peu frisquet…



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