Récit de la course : La Pierra Menta Eté 2017, par Leseb

L'auteur : Leseb

La course : La Pierra Menta Eté

Date : 30/6/2017

Lieu : Areches (Savoie)

Affichage : 547 vues

Distance : 69.5km

Matos : Des bâtons!!

Objectif : Se défoncer

3 commentaires

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Semaine kipik, acte II!

Une toute petite semaine après le premier acte (qui a déjà bien piqué), direction le Beaufortain pour l'acte II: la Pierra Menta Eté. 3 jours de courses sur les sentiers bien raides, du pas vraiment roulant, du technique et de l'esprit d'équipe pour enquiller grosso modo 70 km et 7000 m de D+ à deux.

Départ le jeudi midi de Grenoble (ça va, la route n'est pas trop pénible!) pour profiter à fond de ce long WE avec Matthieu, récupération des dossards et de la clé de l'hébergement. Nous voilà dans une chambre de 4, avec l'essentiel: des lits, une douche!

L'après midi passe vite entre l'étalage de tout le bordel (qui va passer tout le WE par terre...), un tour sur l'aire de départ/arrivée et le briefing de la journée de demain, sous un orage terrible!

Les conditions météos sont moyennes (mais en fait absolument parfaites pour courir: de la fraicheur, des nuages et un peu de pluie par moment). C'est un parcours de repli qui nous est proposé, mais quel repli! Franchement, si a chaque fois qu'une course propose un parcours de repli pour conditions météo difficiles il pouvait ressembler à ça, je signe tout de suite! Un peu moins de 30 km, un peu plus de 2800m D+, autour de Roche Plane, de la Grande Combe et du Cuvy. 2 grosses bosses de 1000m, puis une dernière de 500, le reste dans les liaisons, de la montée raide et de la descente qui l'est tout autant, le ration D+/km me plait bien!

Retour au centre d'hébergement, repas dans la salle commune, nickel, le buffet est bien garni, bonne ambiance et toujours sympa de manger pas loin des élites (qui sont pas mal nombreuses mine de rien!). On essaie d'être raisonnable sur les desserts (raté...) et direction la chambre pour le rituel qui va nous accompagner durant trois jours: choisir la tenue, la quantité de bouffe, faire le sac, vérifier le matos obligatoire...

22h, extinction des feux, le petit déj est à 5h, le départ à 7.

Jour 1: la gestion (en fait non, on n'a rien géré du tout...)

4h45, le reveil sonne, on s'habille vite fait et on est presque les premiers à descendre (et on a bien fait, la file devant la machine à café est terrible 15 minutes plus tard). Derniers préparatifs, remplissage des flasks, coup d'oeil au ciel (grand bleu!) et c'est parti en trottinant jusqu'au départ. Bipage du dossard et rentrée dans le sas. On est quand même bien loin de la première ligne, ça risque de bouchonner c'tte affaire...

Musique, décompte, et bim! les énervés sont lachés. Ce premier jour, le plan est de gérer l'effort, donc pas d'affolement, la route est longue, on part sans trop s'affoler sur un peu de bitume pour diluer le troupeau et on se cale dans le petit train de coureurs au premier single. Première montée de 500 D+, régulière, dans les alpages, le temps de se chauffer et de s'imprégner de l'ambiance et du niveau. Force est de constater que malgré notre place de milieu de peloton, ça ne traine pas, quelques élastiques sont déjà de sortis (donc un espagnol, baptisé le tractosor, qui passera son we à tracter sa copine sans faiblir... impressionnant!). On essaie de doubler gentiment sans se mettre dans le rouge. 30' plus tard, lac du Clou et du Couvert et petit replat technique roulant, c'est déjà moins dense, on peut aller à notre rythme. Mais rapidement la pente se redresse et la progression reprend jusqu'à un final bien raide qui nous amène à Roche Plane par quelques barres rocheuses à franchir. L'ambiance monte d'un cran avec pas mal de spectateurs bien motivés, l'hélico qui filme tout prêt de la crête, ça booste! Pliage de batons et c'est parti pour une section d'arête bien technique avant d'entamer une première descente grassouillette et très humide (ça sera une constante du WE: de la gadoue, de la flotte et les pieds trempés!). Petit coup de cul pour remonter 150 m, encore quelques places de gagnées et c'est parti pour une bonne descente qui alterne pistes et singles bien joueurs, super agréables à courir. Quelques alpages à traverser et ravito du Planay. Un petit plein des flasks, une poignée de fruits secs et on repart rapidement pour le deuxième gros morceau de la journée, la remontée jusqu'a la pointe de la Grande Combe. Matthieu n'est pas dans un grand jour, mais on essaie quand même d'imprimer un bon rythme et ça avance pas mal. On dépasse un peu durant cette deuxième montée qui s'achève par une petite arête bien sympa, un peu envahie par le brouillard. Pointage, un bout de descente hyper raide, mini remontée sur une piste de ski et nouvelle bascule. C'est reparti pour près de 800m D-, qui passe bien, les chemins sont super agréables, Matthieu reprend un peu de poil de la bête et on finit par arriver au Chornay. Pointage et c'est parti pour la dernière montée du jour et le premier d'une série de passage au Cuvy (qu'on va pas mal fréquenter les deux premiers jours). La montée débute par un bout de tout droit dans une piste bien raide qui casse bien et enchaine par une agréable single en forêt, étroit et au sol tout souple. Sur cette première étape, on a décidé de ne pas prendre l'élastique et on va un peu le payer: je suis super bien et encore très frais, derrière, ça coince un peu... Mais Matthieu s'accroche bien, on double encore un peu, je le saoule un peu avec mes encouragements, mais on finit par basculer sur la crête. Début de descente laborieuse pour le ventre de mon coéquipier, qui se refait doucettement et malgré quelques places de perdues dans cette descente encore bien raide, on rallie l'arrivée en 4h50, 52ème. Moyenne pas pire vu le profil! Eau gazeuse, ravito, quelques instants de recup et on reprend le chemin de l'hébergement (je sais pas combien de fois on va le faire durant ce we ce chemin, mais un paquet de fois!). La douche fait un bien fou, direction la salle de repas et petit debrief de la journée. Le plaisir a été moyen côté Matthieu qui a du faire avec un bide brassé une bonne partie de la journée.

On file s'inscrire aux massages (un bataillon de masseurs aux petits soins!), ça nous arrache quelques cris mais ça fait un bien fou!

Vers 17h, direction le brieffing de la journée du lendemain. Encore une étape de repli (mais toujours ausi classe le repli!), avec un bout d'arête qui necessite baudrier et longes: 27km et 2600 D+ autour du col de la Forclaz. Retour au centre, repas, on essaie d'être sage sur les desserts (encore raté!) et re rituel du soir, avec la préparation du nouveau copain de la journée de demain: l'élastique! 22h, dodo, demain le départ est encore à 7h...

Jour 2: le foirage du départ et élastique qui fume.

4h45, reveil, les premiers pas sont un peu plus raides qu'hier, déjeuner, habillage, sacs, echauffements (tiens, ça pique!), sas de départ. On est toujours aussi mauvais niveau placement, encore plus loin qu'hier... c'est pas quon vise le poduim, mais vu le profil des montées, ça va être bouchons garantis...

La météo est plus chagrine qu'hier, petite bruine et sommets bouchés, pas grave, on n'est pas là pour acheter du terrain!. Musique, décompte et bim! c'est reparti pour un tour. Ca part à peine moins vite que la veille, on essaie de remonter tout ce qu'on peut sans se cramer mais rapidement les singles arrivent et les ralentissements aussi. C'est pas des bouchons denses, ça avance même bien, mais c'est un petit ton en dessous de notre rythme de croisière et ça fait un peu l'accordéon. Un bon moyen de perdre du temps et de l'énergie...

On reprend une partie de la descente finale de la veille, sur une section bien raide et étroite. On avait décidé de sortir l'élastique magique (enfin, on espérait...) sur la deuxième montée, mais je me sens bien, Matthieu a repris des couleurs, je lui propose d'avancer un peu le timing. On s'accroche et à la faveur d'un chemin un peu plus large, on commence à doubler. C'est trop cool, ça fonctionne au top, on se cale enfin dans notre rythme, j'ai la peche pour bien tirer, derrière ça suit, l'esprit de cordée version speedy gonzales! Cette première partie de ficelle s'achève vite, début de la première descente, bien roulante, en direction du Chornais et c'est parti pour la longue montée de 1000m vers le col de la Forclaz. Le début se passe en forêts, sur un joli sentier étroit pas très propice aux dépassements. Mais ça avance bien devant, on se met au chaud dans un peloton en essayant de s'économiser. La sortie de la forêt vers les lacs est tout de suite plus minérale, l'ambiance est superbe, la pluie se transforme doucement en neige (on n'est qu'à 2200 et au mois de juillet!) et surtout il commence a y avoir de la place pour doubler, héhé! Un petit bout de plat pour se mettre en jambes et on attaque la partie de manivelles dans la montée finale vers le col. On avance bien, l'élastique soude bien l'équipe, ça couine un peu derrière mais le col n'est pas loin! Descente, décrochage d'élastique et on dévale vers le ravito/pointage. Le ravito est zappé, petite remontée pas roulante du tout vers l'arête du Grand Rognoux. Il y a de la place maintenant, on est sur que ça ne bouchonnera pas sur l'arête. La section encordée arrive, elle est vraiment très courte mais sympa, la fin de l'arête se fait un peu au ralenti pour moi, j'ai besoin de recuperer un peu après avoir joué les tractosors...

Rebascule, on repasse très vite au ravito du col. On s'arrête quelques instants le temps de refaire les pleins, d'avaler une compote et quelques fruits secs et c'est parti pour une nouvelle longue descente. D'abord une piste un peu casse pattes, petite remontée et single freeride dans les rodhos. Ca dénivelle très vite et on récupère un bout de la dernière montée de la veille mais dans le sens de la descente. Le sentier est toujours aussi agréable dans ce sens là, on commence à se regrouper à 7-8 équipes, dont les deuxièmes filles et deux duos mixtes bien placés.

Ravito / pointage du Chornais, pas d'arrêt et dernière montée, encore 350m D+ pour repasser sous le Cuvy avant la descente finale. A partir de là, ça va bagarrer jusqu'au bout pour un final de 50' plus qu'intense. On remet l'élastique et cette fois ci on se donne sans trop de retenue. Ca lache rien derrière, ça lache rien devant, on double difficilement, ça repasse, c'est top! J'ai encore la patate, derrière je sens de Matthieu est bien mieux qu'hier et qu'il relance sans faiblir. On débouche enfin sur la piste qui nous reserve encore une bonne relance sur un faux plat montant boueux à souhait, on garde l'élastique et c'est parti pour courir. On bascule pour le final, avec toujours le troupeau aux fesses et quelques coureurs devant. On arrive encore à doubler un peu, on se fait repasser, jusqu'à la ligne d'arrivée ça tire dans tous les sens! Ligne franchie en 4h18, 38ème place, heureux! On a bien marché tout les deux, super journée! Malgré tous nos efforts, on constate que décidement le niveau est dense, on ne gagne que quelques places au général, 46ème. Bon, faut dire que la gestion de notre départ dans le peloton a quand même été catastrophique!

C'est reparti direction le centre d'herbergement, sous la pluie, la douche est toujours aussi bonne et le repas de plus en plus copieux! Re-massages, café vautrés dans les fauteuils et encore quelques litres d'eau gazeuse, chaussettes de recup et chocolat (pour le moral).

Et deux gouters, ça creuse tous ces efforts!

Vers 17h rebrieffing, la dernière étape (déjà, sniff!) est bien plus courte, ça s'annonce bien nerveux! Au programme 14km et 1240 m D+, 2 km de plat legerement descendant pour se mettre dans le rouge, une première montée de 700m, 2,5 km de pseudo plat qui monte et qui descend tout le temps, le mur de la Roche Pastire et une descente en deux temps, entrecoupée d'une mini remontée 60m (mais qui va bien piquer!).

Rituel, repas, on essaie de rester sages sur les desserts (ha mince, encore raté...), et stratégie. Tout le monde doit avoir à peu près la même: on part à fond et on lache rien! Ho purée, ça va être bon ça! Du coup, on double l'élastique, ça tirera plus fort!

22h, dodo, même si demain, c'est grasse mat' départ à 8h!

Jour 3: a donf!

Cette fois ci on ne se fait pas avoir, on arrive dans les tous premiers sur l'aire de départ. Ca resquille un peu à l'ouverture du sas, mais on est quand même sur la troisième ligne, enfin bien placés, ça va pouvoir envoyer!

Musique, décompte et bim! Ca part comme un cross, les flasks ou les bouteilles mal rangées volent dans tous les sens, ça galope à 16 de moyenne d'entrée. On reste au contact avec Matthieu et on est bien placés au virage à droite qui marque le début de la première montée. Matthieu est déchainé et attaque direct, je le rejoints, on se remet en ordre de marche, l'élastique est sorti et c'est parti pour la partie de manivelle. On est dans un mini groupe qui se fait un peu détacher de celui de devant, on tergiverse un peu mais on fini par passer, relances sur chaque bout de plats pour recoller devant. La jonction est faite, tous les voyants sont au vert, on continue sur la lancée. Chaque dépassement est un bel effort, malgré ça ne décroche jamais vraiment, voir ça dépasse encore! Pourtant le rythme est bien élevé. On en remet une couche avant la partie plate, dans un éclair de lucidité je me dis qu'on doit quand même être un peu en sur régime quand on double Dawa Sherpa!! La pente se calme, c'ets la partie roulante, l'élastique est rangé. Petit coup de mou de mon côté, Matthieu passe devant et m'encourage, je prend un gel et essaie de retrouver un rythme pour tenir jusqu'au bout. Cette section se fait à vive allure, malgré quelques bosses à passer, mais on continue à grapiller quelques places. Le col des Prés arrive vite avec sa haie de spectateurs et ses cloches! Ravito zappé (de toutes façons, on a du boire 0,25 litres à deux sur l'étape!), quelques hectomètres de plat et virage à droite, pour un peu plus de 300m de mur pour rejoindre le sommet. Re élastique. La première partie permet encore de dépasser, on en profite tout ce qu'on peut, la suite est plus technique et se fait en file indienne en pensant à la descente qui nous attend. On recolle aux filles de têtes, on passe la crête dans leurs talons. Le début de la descente est une patinoire terrible, 10cm de boue grasse recouvre tout le sentier, l'herbe est hyper glissante à cause la pluie, ça tient plus de la descente à skis! Cette descente, on est bien décidé à la faire à fond, on lache donc les chevaux en grapillant encore une place ou deux, mais en subissant autant de dépassements. Les parties plus roulantes (enfin, moins droit dans le pentu!) sont relancées, slaloms entre les bouses de vaches, les clotures, les virages, les trous, l'altitude décroit à vitesse grand V! Repassage au col des Prés, bout de route, section sur les fesses dans un devers surgras, sentier, encore une place de gagnée, mais derrière ça revient, un troupeau de 4-5 équipes est là! Une section de piste plus large nous sera salutaire, on envoie tout sur cette partie, on dépasse deux équipes un peu en difficulté et on creuse quelques secondes derrières, et c'est enfin le dernier pré! L'arrivée est 200m plus bas, on a un peu par hasard reconnu cette section lors de l'échauffement du premier jour, dernière glissade dans le champ du bas, 50 m de bitume sur raide, virage à gauche et la ligne est franchie main dans la main, exultant d'être allés au bout et d'avoir bataillés sans faiblir toute l'étape! 1h49 et une 17ème place inespérée au scratch sur ce troisième jour! On sera 7 équipes arrivent derrière nous dans la même minute! Personne n'a rien laché!

Retour sur terre, derniere descente pour rallier la chambre, une dernière douche encore savourée et on refait la course 50 fois en rangeant les bagages et en entassant les affaires de trails degeux... Lessive obligatoire ce soir!

Direction l'aire d'arrivée pour le repas final et retour à la maison, avec un peu de lassitude malgré la brieveté de la route. Respect à ceux qui ont du rouler plusieurs heures!

Au final, un super WE, une organisation au top, des parcours où il n'y a rien à jeter (et dire que c'est des parcours de repli!!), une ambiance géniale et un beau moment partagé avec Matthieu! Assurement une course qui me laissera longtemps des souvenirs et qui marquera ma "vie" de coureur des montagnes!

Bravo a tous les bénévoles, aux petits soins, enthousiastes, disponibles, bravo à l'organisation pour ce super boulot, bravo aux photographes/filmeurs pour le boulot présenté chaque soir, bravo aux spectateurs qui ont su mettre le feu malgré une météo pas terrible!

A peine la dernière épingle du dossard enlevée, on parlait dejà de revenir pour une prochaine édition!

Le niveau est quand même très dense (élites mises à part), quand on voit les écarts au général et le rythme tenu par tout le monde.

Quelques jours de repos maintenant, et on va reprendre des sentiers plus connus pour les objectifs de fin d'été...

Deux mois sans dossard, ça va être long, mais une petite coupure s'impose et j'aurai les crocs pour la prochaine!

 

 

 

 

 

 

3 commentaires

Commentaire de Philippe8474 posté le 04-07-2017 à 08:06:42

Quelle course, hein!
Quel pied!
Enorme le niveau!
Bravo pour votre classement, Impressionnant!
L'an dernier, j'avais dit : One shot... et j'y suis retourné cette année ;-) Comment résister?!?

Commentaire de Leseb posté le 04-07-2017 à 12:35:28

Ha ouais, le pied total! On reviendra c'est sur, par contre on fera le forcing pour être devant au départ tous les jours!

Commentaire de miniping posté le 12-01-2018 à 09:19:57

Alors, t'as ton dossard ? :D
Si oui, RDV sur la ligne de départ !

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