Récit de la course : Altriman - XXL 2020, par La Tortue

L'auteur : La Tortue

La course : Altriman - XXL

Date : 11/7/2020

Lieu : Les Angles (Pyrénées-Orientales)

Affichage : 556 vues

Distance : 242km

Objectif : Pas d'objectif

6 commentaires

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altriman déconfiné

Cr altriman 2020

 


17 mars 2020, toute la France est confinée et toutes les épreuves sont annulées, toutes sauf une : l’Altriman. Tels les irréductibles gaulois du petit village d’Armorique, Benoit et son équipe ont résisté à l’envahisseur covid et n’ont jamais abandonné l’espoir de maintenir cet Altriman 2020.


Dans le doute, je l'étais déjà fait un petit Altriman dans mon jardin en avril pendant le confineent ;-)

https://www.facebook.com/340947356081864/videos/2626847807588688/


Force est de constater que si tous les concurrents de l’Altriman avaient la même volonté et la même persévérance que Benoit et son équipe, il n’y aurait que des finishers ! Merci Benoit pour tout ce mal que tu t’es donné pour les coureurs. C’est bien là l’esprit Altriman, une course où le coureur est au centre de tout, et où tout est fait pour lui faire plaisir.

Nous voilà donc, en ce 11 juillet 2020, 70 au départ, au bord du lac de Matemale, toujours aussi magnifique au lever du soleil.

Le lac le lendemain


L’épreuve n’est pas une course officielle, mais une randonnée, sans classement, sans chrono. Cependant l’organisation n’a rien à envier à une année « normale ». Il n’y a que très peu de différences :

-          Placement libre et très espacé dans le parc à vélo

-          Pas d’arbitre pour nous gonfler pour un sac mal rangé ou un dossard mal placé

-          Départ en rolling start, les uns derrières les autres, pour éviter le départ en masse.

-          Sécurité et balisage parfaits sur l’eau.

-          Toujours les 2 sacs perso pour les gros ravitos vélo.

-          Parcours vélo légèrement changé

-          Un gros gravillonnage la veille de la course dans la descente du col de Jouel, nous oblige à descendre tout au fond des Garrotxes comme par le passé, ce qui n’est pas pour me déplaire car c’est l’un de mes passages préférés avec le rocher de l’indien et la traversée du magnifique village de Railleu qui domine toutes les gorges.

-          Nouveau gravillonnage du Pla à Rouze, donc passage par la route du haut pour arriver directement à Mijanès

-          Le sac perso et le ravito de Mijanès sont déplacés au sommet de Palhière (c’est beaucoup mieux comme ça je trouve)

-          Pas de Big à Pailhère hélas, il est en vacances en Bretagne

-          Holliday on ice dans la descente du Pradel gravillonnée du sommet à la Flajole . Déjà en temps normal, cette descente est hyper tarte, mais cette année, c’était on serre les freins…et les fesses !

-          Le col de Dent dans le sens ouest-est au lieu du sens est-ouest par Cailla. On y a gagné une bonne demi-heure sur ce coup-là.

-          Ravito toujours aussi sympa à Bessèdes

-          Rien de changé sur la fin avec l’enchainement infernal : Garavel (sans qu’il fasse chaud, c’est beaucoup plus facile), Carcagnières, col des Hares

 

Aygheteba


Railleu


Photo prise le lendemain au sommet de Pailhère, je jour de la course on était au dessus des nuages, et donc on avait pas cette vue dont je ne me lasserai jamais


Les vaches qui attendent la neige à Ascou pour faire un peu de ski...


Le Capcir dans toute sa beauté sauvage


Aucun changement sur le marathon, toujours 2 aller retours parc à vélo-bout de la digne-lac de Balcère, avec toujours les mêmes bénévoles : cathy et copain au barrage, l’équipe de la mairie au cinéma, Casa en haut de la cote de Balcère, les dames charmantes au lac… Pas de chaleur, et même un peu frisquet sur le deuxième tour à la nuit tombée.

 

De cette édition je retiendrais surtout le plaisir d’avoir pu la boucler, après avoir redouté pendant plusieurs mois que l’épreuve soit totalement annulée ; et je retiendrai aussi le souvenir de Monique Berlingot, la maman du raspa, qui nous a quitté pendant le confinement et dont la mémoire était honorée ce week-end en terre berrichonne. So sourire et ses encouragements m’ont accompagné pendant tout le parcours vélo.

Sur le plan chronométrique, ce fut une cata quasi intégrale.

Avec 2 entrainements natation depuis le mois de mars, il fallait pas s’attendre à un miracle. J’ai déjà eu du mal à finir le premier tour, et le deuxième a été une longue agonie avec des crampes dans les jambes et des bras en mou d’veau. Un kayak m’a accompagné pendant toute la dernière ligne droite. Ma nage devait être tellement poussive qu’il devait craindre que je coule à pic ! A la sortie de l’eau, complètement cassé : 1h30, là où je mets entre 1h15 et 1h20 d’habitude ; et surtout frais comme un gardon

 


Vélo : ça part pas mal avec un soleil magnifique qui inonde toutes les Garrotxes. Hélas, dès le col de Creu, au retour dans le Capcir, on se choppe un brouillard purée de poix qui mouille comme s’il pleuvait. Ce n’est que dans les derniers lacets de Pailhère que l’on retrouve le soleil, mais dès la bascule sur Ax ; on retrouve un temp gris et maussade. Le point positif, on ne souffrira pas de la canicule comme l’an dernier. J’ai bien aimé la nouvelle partie de Belfort à Bessède, en passant par le col de Pradel. A Bessèdes, je retrouve mon ami Jean-Marc, multi-finisher aussi de l’Altriman qui est passé du côté des bénévoles depuis 2 ans. Je m’assied dans un fauteuil de camping bien profond, dans lequel je vais m’attarder au moins 30’ à refaire le monde avec jean-marc et les concurrents qui nous rejoignent les uns après les autres.

Allez, il faut repartir, pour les 60 derniers km, dont 40 d’ascension. C’est la partie vélo la plus difficile que je connaisse parmi les très nombreux triathlons de montagne et xtrem tri que j’ai pu faire. Je sais qu’il me faut 3h30 à peu près pour rejoindre Matemale.

Garavel sous les nuages et par temps frais passe très bien cette année, sauf le terrible passage entre le tunnel et Roquefort. Carcagnière aussi passe pas mal, d’autant qu’on la fait à 2 avec un compagnon de route en papotant.

A la posée du vélo, je suis assez content de ma moyenne roulante, assez proche des dernières années, mais le temps total est catastrophique avec 1h15 d’arrêt sur l’ensemble du parcours !

 

 

profil vélo : c'est simple à mémoriser, il n'y a pas de plat...

 

 


A la transition, je prends tout mon temps. SMS à la famille et aux copains et c’est parti pour 5H30 de CAP  en temps ordinaire. Le temps de trouver mon souffle à cette altitude, et  je commence à courir pas trop mal sur le retour du barrage. Montée prudente au village, coucou à Vincent et Aurélie venus m’encourager, merci les amis, puis marche rythmée jusqu’en haut de la cote de Balcère et trottinage sur l’aller-retour au lac. Dans la descente, tous les ans, c’est là que le jus commence à revenir. Je suis même un peu en avance sur mon prévisionnel : 2h35 pour le premier  semi. J’attaque le deuxième tour mais arrivé au niveau de chien de traineau : plus de son plus d’image, les jambes qui flageolent et la tête qui tourne. Je me traine tant bien que mal jusqu’au bout du barrage pour faire la bise à Cathy, je mange le bon jambon offert par « copain », mais rien n’y fait, ça veut plus, c’est la panne sèche et le sommeil qui m’envahit…je monte dans la nuit noire au village, je coupe la petite boucle d’Angléo et je monte toujours en ayant l’impression d’être dans du coton jusqu’à Casa. Je suis à 2 doigts de redescendre direct. Mais casa me dit : « maintenant que t’es là autant aller jusqu’au lac ». Une petite pensée à Monique et zou me voilà reparti, en marchant, même dans le faux plat descendant, en baillant comme une carpe, si je m’arrête, je m’endors.

La porte de l'ancien village fortifié, 4 passages dessous en CAP



Merci Aurélie pour la photo


Enfin, la dernière descente et ce moment, tant attendu tous les ans du passage de l’arche. Certes il y a moins d’ambiance que les autres années, mais Benoit est toujours là pour accueillir jusqu’au dernier. La polaire de finisher est superbe avec le virus à la place du rond du logo de l’Altriman.

Et de 11....



19h15 pour la totalité, recours explosé. Je crois que mon plus mauvais temps était de 17h30, mais qu’importe, avec un préparation quasi nulle en nat et en CAP, et seulement 2 mois de vélo depuis le déconfinement, je boucle cette édition assez frais musculairement et surtout en ayant pris beaucoup de plaisir malgré tout, mesurant pleinement la chance que j’avais d’être là.

Pont du 14 juillet obligé, je vais rester encore qq jours aux Angle et bouffer du kilomètre de montagne, avec notamment la  boucle nord en Ariège faite à l’envers cette fois. C’est marrant de monter Palhière dans l’autre sens et surtout de le descendre par la petite route pastorale. Ca parait beaucoup plus court dans ce sens-là ! Un peu de D+ accumulé avant la traversée de Alpes en septembre avec les copains montagnards de haute Savoie, pour essayer de ne pas être trop le boulet

Altriman 2020, il n’y avait donc pas de course, pas de classement, mais le plaisir était identique, malgré une météo très moyenne sur les ¾ du vélo, grâce à la beauté de ce parcours, grâce à la gentillesse extrême de tous ces bénévoles et grâce à une organisation au top, merci Benoit !!!

Et rdv en 2021 ; car même après 11 polaires de finisher, je ne suis pas encore rassasié et tant que j’arriverai à passer les barrières horaires, je continuerais cette course fantastique. Le temps et les années ne jouent pas en ma faveur, mais je pense pouvoir encore en boucler 1 ou 2…..si Dieu (et mes jambes) le veulent bien !!!

 

Polaire spéciale covid !!!


après l'effort, le réconfort !

6 commentaires

Commentaire de philkikou posté le 20-07-2020 à 06:38:01

Bravo à toi qui, avec la même volonté que Benoit et les autres organisateurs, a réussi à boucler cette édition très spéciale tant le jour de l'épreuve que pour ta préparation ! Après des balades pyrénéennes, bonnes virées dans les Alpes !

Commentaire de la buse de Noyarey posté le 20-07-2020 à 11:13:05

"Un peu de D+ accumulé avant la traversée de Alpes en septembre avec les copains montagnards de haute Savoie, pour essayer de ne pas être trop le boulet"

Je pense qu'il n'y aura pas de soucis de ce coté là .Il devrait y en avoir au moins un derriére toi , a savoir ma pomme .

Commentaire de MashaLaLapine posté le 20-07-2020 à 14:22:17

Je suis dans l'admiration totale devant toi, La Tortu! Merci pour ce récit, et bravo, t'es vraiment très fort à t'avoir lancer la dedans

Commentaire de LtBlueb posté le 20-07-2020 à 22:47:33

19h15... quand même !! Respect l'ami !

Commentaire de philkikou posté le 21-07-2020 à 06:59:29

Relecture avec les photos et LA vidéo de ta préparation tip-top aux petits oignons ( Ah, l'intégration des photos et vidéos dans un récit ;-) .... Bravo encore avec un entrainement loin d'être optimale, réussir à boucler de gros défi ( mais non tu n'es pas gros :-) .. vélo y'a Pailhère mai pas que. Nom de ton chie : Altriman ? ... prochains objectifs vélo dans les Alpes ? D'autres triathlons ?

Commentaire de La Tortue posté le 25-07-2020 à 15:37:40


merci les copains !

phil, mon programme : je bosse dur tout l'été et ensuite en septembre : grande traversée des Alpes (Annemasse/ Menton avec le blueb et ses copains), puis Bearman à Amélie les bains, si le principe de précaution bien français ne fait pas annuler la course....

et mon chien ne s'appelle pas Altriman mais "Boussole ". la C.O. mon autre passion sportive avec le triathlon 😉

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