Récit de la course : Trail Terra Modana Multisports 2007, par Gibus

L'auteur : Gibus

La course : Trail Terra Modana Multisports

Date : 22/7/2007

Lieu : Modane (Savoie)

Affichage : 3316 vues

Distance : 43km

Objectif : Pas d'objectif

6 commentaires

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C'est en cherchant un gros trail à faire en juillet et avec l'idée derrière la tête de refaire la 6000d que je suis tombé sur la pub du trail de Modane. 43 kms pour 2800m de déniv +, ça devrait faire à peu près pareil que le trail de La Plagne avec des montées et des descentes en plus. Limité à 250 coureurs pour la 1° édition, je m'inscris assez rapidement. Exceptionnel pour moi qui traîne toujours, je suis le 18° partant pour cette Terra Modana. Il y a aussi une épreuve en relais à 2, et également la possibilité de le faire en canicross avec son chien donc (faut pas avoir un bichon)..

J'arrive à Modane une heure avant le départ et récupère mon dossard avec un superbe tee shirt technique Raidlight. Il va faire mal aux yeux de ceux qui ne sont pas là, celui là.

 

 

Sur le parking, je retrouve Stéphane et Jean Philippe d'Ambérieu Marathon. Ils sont avec Sébastien qui a fini 2° du trail de 50 bornes de Bourg en 2004. Je lui dis qu'il va sûrement faire la course avec eux. Ce sont des cracks. Je me prépare : remplissage du camelbak avec de l'eau, les barres dans le sac, les gels dans les poches.

 

Il ne fait pas bien chaud mais une fois parti les manches courtes en haut et en bas suffiront. Pommade dans les plis, sparadrap sur les tétons, un petit café et nous prenons le bus pour aller au départ à 2, 3 kilomètres du stade de Modane, au Fréney exactement.

 

 

Le seul coureur avec un chien monte en dernier avec son molosse dans le car pour être devant et pour ne pas déranger ou mordre quelques jarrets poilus. Bon il y a des filles et aussi des cyclistes qui se rasent les guibolles. Mais bon le toutous reste bien devant.

 

 

Stéphane enfile ses chaussettes Salomon pour faciliter la circulation. C'est super, nous dit-il. Jean Philippe ne sait plus combien il a payé ses pompes. Il les a eu avec Pierrot, le président du club. Il couche avec lui nargue Stéphane. L'ambiance est décontracte.

 

 

On arrive sur le lieu de départ et j'aperçois une casquette Kikourou. C'est Safou, un nouvel inscrit depuis peu sur le site. On prend quelques photos et après le pointage qu'on a failli raté, on écoute le briefing d'avant course.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il y a 2 nouvelles : une bonne et une mauvaise. Ca sent l'histoire de Coluche. La bonne c'est que 300 m de déniv + on été enlevé, la mauvaise, il y a 3 bornes de plus. 46 au compteur. Bon, on doit être gagnant quand on sait que 100 m en hauteur = 1 km plat, sans compter les 300 de déniv négatif en moins.

 

 

Il y aura une podologue mais à l'heure qu'elle sera là à l'arrivée on sera encore je ne sais où : rire dans le peloton. Mais bon, si il y a un blessé, on ne sait jamais. 5,4,3,2,1 partez. Un vététiste ouvre la course pour le début. Ca part cool, on passe un pont, les hauts sont bien couverts, on ne va pas voir grand chose là haut. La route s'élève et déjà, je fais gaffe, car il y a pleins de coureurs avec les bâtons qui, au gré du mouvement des bras, frôlent les jambes des gars de derrière. Nous quittons la route et le chemin commence à monter secos. Les gens en battons me dépassent, ça à l'air plus facile pour eux. Faudrait-il à l'avenir différencier ceux avec et ceux sans pour le classement final. Le canicrossman me double. Le chien est encore plus efficace que les batons et le couple humain-ouafouaf disparaît assez vite de ma vue. Tout le monde est maintenant les uns derrière les autres.

 

 

Un passage de route et le chemin continue de grimper. Tout le monde en bave. On rigole quand même.

 

 

J'vais t'prendre toutes tes photos sur Kikourou, me lance un compagnon de route. 

 

 

Un peu plus loin, j'heurte un peu violemment mon pied à terre et mes oreilles se débouchent, c'est qu'on prend de l'altitude.  

 

 

 

 Des gens nous applaudissent et font du bruit avec des cloches ou des casseroles. 

 

 

 

 

Je me retrouve derrière une relayeuse (dossard avec un A après le n°) qui est habillé comme Spiderman (ou Spiderwoman plutôt) avec ses chaussettes Salomon (décidemment) et un collant de la même marque en forme de toile d'araignée avec un S en jaune. Jolie proie prise dans le filet.

 

 

Nous arrivons au fort du Sapey un peu dans les nuages. Un ravito musical nous est proposé à l'intérieur de ce camp militaire.

 

 

 

 

Ca redescent aussitôt sorti du fort, puis on remonte sympa le long d'un ruisseau.

 

 

Je prends mon 1° gel, 1h20' de course. Il y a de beaux chalets en pierres.

 

 

 

 

 

 

On rattrape une route qui nous amène à Polset.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Encore de beaux chalets, puis en légère descente nous arrivons à L'Orgère superbe endroit où trône un refuge.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Je redouble ceux que j'avais laisser pour immortaliser l'endroit. Eh! Tu vas plus vite que nous et tu t'arrêtes tout le temps pour prendre des photos. Je réponds que ça ne va pas durer avec mon fractionné, à ma compagne de course avec son Buff rouge sur la tête. Le ravitaillement est proche et l'accueil est chaleureux.

 

 

 

 

 

 

Quelques verres de coca, 2, 3 quartiers d'oranges, et hop c'est reparti. 10° kilomètres 1h50' de course. On s'en fou, on est bien là.

 

 

 

 

 

 

C'est the descente tant crainte. Mais finalement ça va, c'est pas si terrible.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Doucement quand même. Je rattrape de nouveau la fille avec son copain : elle s'est tordu la cheville. C'est chaud, elle repart. On arrive dans Le Bourget puis on traverse le cours d'eau Arc.

 

 

 

 

 

 

 

 

Ca remonte sur la route. Je prends mon 2° gel. Hum c'est bon à la fraise ! Nous passons le long d'une falaise. Faut s'accrocher pour ne pas redescendre.

 

 

 

 

En haut on évite une sorte de tremplin en bois. Ca irait plus vite en le prenant ! Rigolade avec les bénévoles. De gros tuyaux descendent de la montagne vers une usine. Impressionnant.

 

 

On aperçoit au loin le fort Marie Thérèse.

 

 

Nous replongeons vers Villarodin ou un autre ravito nous attend.

 

 

Un gars ouvre une bouteille de coca qui éclabousse tout le monde. Elle a du prendre chaud. T'as mis un Mentos dedans ? Rires.

 

 

On redescend vers la fameuse usine.

 

 

Puis après Avrieux, c'est la montée vers la chapelle et la cascade de St Benoit. Dans le champ ça grimpe mais le paysage nous fait oublier tout ça.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Un p'tit coup de rein et de suite à droite après la chapelle direction la cascade.

 

 

On rejoint la route. C'est par là, à droite. Non, non, je prends juste des photos, je ne me trompe pas.

 

 

 

 

Je repars sur le macadam que l'on quitte vite pour un chemin qui va nous amener au fort Marie Christine.

 

 

 

 

 

 

 

 

Longs méandres interminables à flanc de coteaux dans la caillasse. En plus il commence vraiment à faire chaud.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ca y est la dure grimpette est terminée.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Direction Aussois, C'est à gauche par le chemin. L'épouse d'un partenaire avec qui j'ai pris d'assaut le fort me redirige dans le droit chemin avant de ravitailler son traileur.

 

 

 

 

 

 

Après une traversée de route Aussois est là. Ravito et point de relais pour les binômes. Que de monde dans ce village. 3h35' de course. Je prends mon 3° gel. Je fais le plein de mon camel. Quartiers d'orange, coca et je repars.

 

 

 

 

La ville est blindée de touristes et dans la rue séparée en 2, les piétons avec des exposants sont à gauche, les coureurs à droite. Attention aux piétons. Ca redescend sur la route et ça fait déjà mal aux cuisses. Je rejoins le couple de devant. La fille taille tout droit. Fait gaffe Marie, c'est à droite, lui lance son copain. Ca remonte secos avant de contourner le camping par derrière cette fois. Une fille nous double. Elle le fait en relais et vient de démarrer. Elle est fraîche. La vue est superbe avec en arrière plan les montagnes.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En contrebas, j'aperçois le tee shirt jaune, casquette rouge d'un gars qui était souvent avec moi.

 

 

La descente va commencer. Je m'étire un peu et c'est parti pour la descente assez abrupte.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

On aperçoit le fort Charles-Félix et celui de Victor-Emmanuel., ce sont les forts de L'Esseillon.

 

 

 

 

 

 

 

 

Après un passage de route, une gentille bénévole nous indique le chemin en face. Purée, ça remonte. Ca yoyote ce parcours. Allez un petit effort pour courir le temps qu"elle ne me perde pas de vue. Eh, j'ai une image de moi même à tenir ! Ca y est elle ne peut plus me voir, alors je marche. Ouf , quel effort. Bon ça ne monte pas longtemps et je reprends mon allure de traileur-balladeur. Le magnifique fort, le plus beau, arrive. On va le traverser en entier. A droite, à gauche, on le descend cul sec, on suit ses remparts, ses coursives, génial.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Puis un peu plus loin, plus bas, c'est le fameux passage du pont du diable. Videphobes, ceux qui ont peur du vide quoi, s'abstenir, le ravin est profond.

 

 

 

 

 

 

 

 

De l'autre coté, ça remonte vers un parcours accro branches. J'en profite pour grailler un peu. Barre Isostar et Ovomaltine. J'ai pas tellement faim, mais faut bien remplir le bonhomme. Puis c'est la surprise. Au fort Marie Thérèse (celle qui rit), nous passons dans les souterrains légèrement éclairés. Quelle fraîcheur. Super truc. J'y prends d'ailleurs mon temps.

 

 

 

 

 

 

 

 

A la sortie, tout ébloui par la luminosité, en se retournant on laisse un dernier regard sur le fort Victor-Manu.

 

 

Allez plus que 20 bornes. Aaarrrrhhh. Tais toi ça me casse le moral d'entendre ça. C'est une terrible montée dans les bois avec un balisage limite, mais à trois, nous retrouvons not' chemin. Un chemin puis une route nous amène à La Norma. Je commence à en avoir ma claque et le moindre faux plat montant est très montant. Ravito. 5h30 de course, la barrière horaire est à 8h30 de course, ya d'la marge. J'remplis de nouveau le camel. Il était tant, j'était à sec. Puis c'est reparti pour la descente vers Modane.

 

 

 

 

 

 

 

 

Un petit cours d'eau à traverser, le ruisseau de St Antoine. Les pieds dans l'eau, ça rafraîchi.

 

 

 

 

 

 

Modane est là. A tout à l'heure. J'fais un saut à Valfrèjus et je r'viens. Sœur Modane, Sœur Modane, ne voit tu rien venir au loin ? Non , je ne vois que le ciel qui bleuoie, et le Gibus qui rougeois. C'est qu'le coco y commence à taper, et j'ai les bras et les jambes et la tête (alouette) tout bronzés. Je prends un gel coup de fouet car la montée m'attends. Elle est terrible. Modane s'éloigne très vite.

 

 

En face le fort du Replaton, le final de tout à l'heure, semble bien loin.

 

 

 

 

Ceux devant sont les mains sur les cuisses. Je ne leur reprends rien. La vue est splendide.

 

 

 

 

Nous rattrapons quelques fois la route en lacets. Nous la coupons par des similaires de sentier de chèvre. Je m'ouvre d'ailleurs les mains en m'accrochant à la pente. Ca monte un peu moins et nous arrivons à la chapelle de Notre Dame de Charmaix.

 

 

 

 

 

 

Encore un petit effort et c'est Valfréjus, station de ski déserte. C'est là qu'ils ont tourné le film de Stéphen King Le Fléau ? Ou bien le final de la série Héroes. Ils sont où les gens ? Elle est où la neige ? Vite un gel fraise.

 

 

 

 

 

  

Bref les fléches rouges à terre m'indiquent le chemin à suivre jusqu'au dernier ravitaillement. Purée qu'est c'j'ai bu. Allez patron encore un p'tit camel pour la route et re un litre 5 dans le dos, 4° fois et j'ai pas envie de pisser. Eh eh vous avez vu la tronche de ma vessie ? Le copain de la fille de tout à l'heure me rejoint avant que je reparte. A bientôt. Salut Valfréjus.

 

 

 

 

La descente arrive. Faut taper la mef avec la fatigue. Une dame nous joue un air de pipeau et nous dirige sur la droite dans le mur final. Ce n'est pas une fantaisie (pour le final) car c'est raidos. 17 minutes de sentier de chèvres, j'ai chronométré. Très dangereux avec des pierres du sable de la boue, tout pour se casser la gueule. Et ceci en balcon, single track avec précipice sur notre droite. Je me fais doubler par un italien. Le viaduc de la route est devant nous et très vite on est en dessous. Ca descend vraiment fort. Je rattrape mon maillot jaune, je vais donc lui prendre …, il a mal aux genoux. Nous traversons Fourneaux ensemble. On manque d'ailleurs de se tromper, récrié de justesse par les bénévoles. Plus que 3 kms. Plus que 4 kms. Faudrait savoir. Faut pas les écouter. Allez les gars 2 kms de montée et 2 de descentes. Dans la fin de la montée, je laisse mon compagnon qui me dit d'y aller. 8 heures de course et j'arrive encore à courir. Dingue. Passage près du fort du Replaton, on les aura tous fait ces forts, et c'est la descente vers Modane. L'aire gonflable est là. C'est fini. 8h13'40, j'suis 90° c'est normal, j'suis d'Belfort. 97 arrivants sur l'indivuel.

Safou, le kikoureur, à mis 5 heures. Il me tire le portrait.

 

 

T'as entendu ? Il y avait finalement 50 bornes sur ce parcours. Ouah la vache. On se tape dans la main avec la fille au Buff rouge. J'attends mon campagnon au tee shirt jaune et casquette rouge.

 

 

La douche est la bienvenue. On discute en anglais avec l'italien de la descente finale. Le tee shirt jaune me dit qu'il a de la route pour rentrer, plus de 5 heures, car il habite Vesoul. Ah Vesoul, La Motte. Souvenir de Haute Saone. Le repas fait du bien. Tirage au sort,  remise des prix.

 

 

 

 

J'ai gagné un bouquin et des produits Maxim, sympa. Le haut-saônois est content pour moi. Ca vaut le coup de rester ou d'arriver dans les derniers plutôt.

 

 

Stéphane n'a pas fini apparemment, Jean Philippe a mis un peu plus de 6 heures, Sébastien 5h56. Un dernier regard aux compagnons de route, le couple de jeunes est crevé, ils sont affalés dans l'herbe. La montagne en pic joue avec les nuages. Ca sera toujours elle qui gagnera. Sacrée nature !

 

6 commentaires

Commentaire de Grizzlyski posté le 26-07-2007 à 17:45:00

Enorme, que de photos !!!
Un gros, gros CR
A+
Safou en 5h ... 51'

Commentaire de titifb posté le 26-07-2007 à 18:51:00

FANTASTIQUE CR Gibus...Un vrai régal ! Le texte qui tient en haleine, les photos qui montrent ce que tu décris, vraiment TOP ! Ca donne vraiment envie et ça m'a rappelé la Via Ferrata du Diable...BRAVO !

Commentaire de NoNo l'esc@rgot posté le 27-07-2007 à 11:12:00

Ben j'ai bien fait de te dire que tes récits manquaient de photos !
Du coup, là, je suis servie, et bien servie ! Magnifique ton récit,
Gilbert ! Vraiment, trop beaux tous ces paysages sous cette météo.
Félicitations pour ta course, qui, pour citer un certain "Pinston",
n'est pas une course de tafiole, c'est sur !!! Encore bravo !
Je vois que les côtes ont bien tenu le choc, c'est une bonne nouvelle.
Et merci pour la jolie balade que tu nous a offert aujourd'hui.

NoNo_j'espère_qu'on_va_enfin_se_croiser ;-))

Commentaire de thunder posté le 28-07-2007 à 17:52:00

Superbe CR, le coin à l'air vraiment sympa et le parcours original. Dire que tu rallais pour 12 km et 700 m de D+ car là mon coco tu t'es gavé, tu donnes presque envie de sortir les trails ;)
@bientôt dans les environs de lyon ;)

Commentaire de boblastar posté le 24-04-2008 à 09:50:00

Je relu ce CR avec plaisir, les photos sont magnifiques et m'ont permis d'avoir des souvenirs de ce magnifique trail (d'autant que je suis en photo sur le parking !).
Bravo pour la perf' car 50 bornes c'est pas rien, en 2008 je tenterai peut-être le solo...

Commentaire de PetitChat posté le 15-10-2008 à 02:08:00

Merci pour ce récit si imagé. C'est là que j'habite, que je cours, c'est dans ces montagnes là que je prend plaisir a marcher, skier, et la grande toute pointue de ta dernière photo c'est l'aiguille Doran, je la regarde tout les jours de mon bureau !!
Super CR, super course, ca donne vraiment la sensation que tu t'es fait plaisir.

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