Récit de la course : Marathon d'Anvers 2008, par guirlande

L'auteur : guirlande

La course : Marathon d'Anvers

Date : 20/4/2008

Lieu : Anvers / Antwerp (Belgique)

Affichage : 1680 vues

Distance : 42.195km

Objectif : Objectif majeur

6 commentaires

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Le marathon d'Anvers

Le soleil est au rendez-vous, la journée va être agréable pour une ballade que je souhaite faire moins de 4h voire moins de 3h50.
Les copains sont là, plus tendus les uns que les autres.  Perso, je suis très détendu.  J'ai confiance.  Je sais que ça va le faire.
Je suis plus affûté qu'il y a 6 mois pour Beloeil.
Tactique simpliste (sur papier): suivre les ballons rouges (3h45) jusqu'au 30e au moins et 33e si possible et puis survivre.  Je vais déjà faire tomber une partie du suspense en annonçant que j'aurais respecté cette tactique à la lettre mais n'allons pas trop vite.  L'objectif premier était de 3h50-3h52 mais après Velaines il semblait que 3h45 étaient possibles.  Perso, je me disais que moins de 3h50' serait formidable six mois après les 4h01'14" dont j'avais été enchanté à Beloeil.
C'est donc en compagnie du barman que je me place dans le dos des meneurs d'allure.
Directement, j'ai l'impression que ça va vite et qu'il fait chaud.  Je n'arrive pas à me mettre en jambes.  Au profit d'un virage coupé plus court je me place devant le groupe et ce vers le 2e km.  J'en profite pour essayer de trouver mon rythme mais déjà les puls flirtent avec les 150 alors que c'est une limite que je ne comptais dépasser que dans le deuxième quart de course.
Qu'à cela ne tienne, je veux garder ma tactique car je me dis aussi que mentalement 40 bornes seul, ça va pas le faire.  Phil navigue devant le groupe et semble, malgré sa maladie de la semaine, en toute grande forme.  Perso, alors qu'à Beloeil, je discutais gentiment avec Nikoach et Greg, ici, je suis déjà en mode course.  Mais bon, c'est aussi 20-25"/km plus vite qu'alors.
Les premiers kilomètres sont assez erratiques et c'est en 28'20" qu'on passe au 5e soit 1'40" de retard sur l'objectif.  Je connais mon allure et je sais qu'on va bien plus vite que les 5'40" ici renseignées.
On accélère très fort dans la descente du Waasland et les puls sont maintenant vers les 155 (GASP) mais on dirait que les jambes se libèrent et dans la remontée du tunnel, las de jouer des coudes dans le groupe, je passe devant non sans continuellement vérifier que je suis à bonne allure.
10e km passé en 54'06" (25'46" sur le bloc de 5) et je ne ressens plus la chaleur des 2-3 premiers km.  Je demande à Phil comment il se sent et il me répond que tout tourne très bien.
Au 12e km, surprise, nos 4 supportrices sont là et je suis tout sourire.  (Je sais par contre qu'elles n'auront pas le temps d'être au 17e mais une autre surprise bien plaisante nous y attendra).
Vers le 15e km (1h20'05" et 25'59"), je n'aperçois plus Phil mais le groupe étant assez imposant, je me dis qu'il est peut-être un peu derrière.  Je reste juste devant le groupe dont la tête me dépasse juste avant les ravitos avant que je ne reprenne les rênes suite à ces mêmes ravitos.
J'ai une petite baisse de régime en vue du 17e km et cherche les têtes connues du PDT pour me refaire une santé.  En lieu et place se trouvera une surprise au moins aussi agréable, Marie-Rose et Alain Delonville qui ont fait le déplacement pour nous encourager.  Mille fois merci car rien que leur présence me remet en selle pendant plusieurs km (véridique).
On entre dans le très agréable petit bois pour passer le 20e km en 1h45'53" (25'48") et pour la première fois nous sommes en avance sur les 3h45 mais mes puls sont de manière constante au dessus des 160!!!!  Je sais que je vais le payer mais il est trop tard pour reculer d'autant plus que je me sens de mieux en mieux.  Le semi est passé de mémoire en 1h51'33" soit un excellent temps.
Il semble que les ballons se soient maintenant rendu compte qu'on était en avance car je leur prendrai jusqu'à une petite centaine de mètres sans varier l'allure.  25e en 2h12'15" (26'23") De toute façon, je veux rester là jusqu'au 27e au moins point de ralliement de nos supportrices (plus Alain et Marie-Rose).
Là mon épouse me donne la barre prévue mais celle-ci ne passe pas et me scotche sur place.  Ouch premier coup de mou et je prends un gel rapide pour me remettre en selle.  Ca repart mais je sens que ça va être très très dur.  30e en 2h38'58" (26'43").  Je sens que je faiblis mais l'avance est toujours là, ce qui me tiendra durant les 5 kilomètres suivants (à partir de là les puls ne passeront plus qu'après les périodes de marche sous les 170).
Au 33e les ballons rouges me passent sous le nez mais de rapides calculs me disent que ce sont eux qui ont accéléré car ce n'est qu'au 35e que je passerai au dessus des 3h45 (3h07'15" et 28'17").
Ca fait toutefois déjà deux kilomètres que le chant du cygne a commencé et au 35e je n'ai plus qu'un objectif c'est mettre un pied devant l'autre.    A ce moment là deux réflexions me viennent en tête.  La première est que l'appui de mes amis à Beloeil avait eu encore plus d'importance que je ne l'avais pensé et ensuite je pense à une phrase de Desproges que j'avais lue cette semaine: "l'éternité c'est très long surtout vers la fin".  Je me dis que les 3h50 (objectif) sont encore possible mais non la tête ne suit plus et je marche une première fois une centaine de mètres (3 autres lâchés de tête suivront encore) et à ce moment là je calcule pour me dire qu'il faut pas que je traîne pour les 4h (alors que je pouvais tourner à du 8' au moins mais la tête ne suivait plus que je vous dis).
Au 39e ce que je redoutais depuis au moins 22 km se passent, je sens une cloche éclater sous mon pied droit (elle ne me génera toutefois pas pour finir) suivie quelques centaines de mètres plus loin d'une autre au pied gauche celle là (j'en ai dénombré 7 hier moi qui n'ai jamais la moindre cloche!!!!!).
40e en 3h39'38" (32'23") et je le savoure bien moins qu'à Beloeil ce panneau.  Je rassemble tout ce que je peu en me disant que les 3h55 sont encore possible (quand je vous dis que la tête ne suivait plus) et finis (sous les hourras de nos supporters) en 3h53'03" à bout, lessivé, pris de violentes crampes d'estomac et de quelques tournioles.
Louis fine me dit brièvement que ça n'a pas été la joie.  Jacques Vdh que j'avais dépassé vers le 27e arrive quasiment en pleurs.  On attend Nos deux compères et voyant l'heure tourner craignons l'abandon mais non Phil et Pascal l'auront fait et auront également gagné toute ma considération.
Au niveau traditionnel bilan, je commencerai par le fait que je me suis bien moins amusé qu'à Beloeil.
Le mental aussi qui m'a empêché de me battre jusque la dernière et atteindre les 3h52' (tout à fait envisageables sans les périodes de marche) mais n'aurais je pas fini encore plus mal sans ces brêves périodes de marche???
Le fait de finir aussi mal.
Ensuite j'ai tenu mon plan de course alors que je savais avant et pendant que les 3h45 étaient utopiques.  Comme le disait JL Deb c'est à partir du deuxième marathon que ça devient amusant car on prend des risques.  Ces risques, je les ai pris et non seulement je les assume mais prendrai les mêmes si c'était à refaire.  Si j'étais parti pour 3h50' rien ne dit que j'aurais mieux terminé et quand bien même ça avait été le cas, j'aurais alors eu des regrets de ne pas avoir pris les 3h45'.
8'11" de mieux en 6 mois (11-12"/km) est quand même une progression énorme qui ne peut que me satisfaire.  Certes, j'avais pensé faire moins de 3h50' (ce qui représente 3' mais seulement 4"/km on l'oublie un peu) mais peut être m'étais je un peu emballé après Velaines...
Je crois honnêtement que c'est ma valeur et qu'avec une gestion de course parfaite, je n'aurais pas fait mieux que descendre de justesse sous les 3h50' donc vraiment aucun regret d'autant plus que ça me laissera un objectif tout désigné pour le prochain lol.
Une comparaison me renforce dans cette idée (Hérinnes 2007 4'55"/km-Velaines 2008 4'42"/km   Beloeil 5'43"/km-Anvers 5'31"/km soit une progression identique).
Au final, je suis très content et tiens à remercier Xavier pour les conseils m'ayant aidé à atteindre un premier objectif de la saison.  Un ENORME merci aussi à nos supportrices et supporters qui ne mesurent pas à quel point leur présence est un vrai dopant.  En route maintenant vers Millau (après un peu de récup quand même).

6 commentaires

Commentaire de hagendaz posté le 22-04-2008 à 10:09:00

passionnant et passionné ce récit merci

Commentaire de Diduv posté le 22-04-2008 à 12:44:00

Bravo cher Tony !

Pour ton CR, bien sûr, rédigé avec toute ta verve, ton ressenti et ta passion... On s'y croirait.

Pour ton résultat qui prouve bein que tu progresses bien et que tu as encore de la marge.

Mais surtout pour ton courage. Dans les périodes longues d'entrainement, et sur le parcours... particulièrement les derniers kilomètres.

Très amicalement,

Diduv

Commentaire de calimero posté le 22-04-2008 à 18:23:00

Tu t'es fait plaisir et en plus tu bats ton record, c'est déjà bien non?
Pour le reste chaque chose en son temps et il n'y a pas de raisons que tu ne progresse pas encore!!

Commentaire de agnès78 posté le 24-04-2008 à 19:45:00

merci pour ce récit que j'attendais avec impatience depuis le temps que je suivais ta prépa! BRAVO pour le record... Effectivement, l'objectif pour le prochain marathon est tout désigné. Maintenant, bonne prépa pour le 100kils!
Bises
agnès

Commentaire de hellaumax posté le 25-04-2008 à 15:34:00

Très beau récit et bravo pour ton record!

Commentaire de Le Lutin d'Ecouves posté le 27-04-2008 à 00:43:00

Bravo pour ton record perso, c'est ce qui fait vraiment plaisir !

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