Récit de la course : Le Grand Raid de la Réunion : La Diagonale des Fous 2015, par nahu

L'auteur : nahu

La course : Le Grand Raid de la Réunion : La Diagonale des Fous

Date : 22/10/2015

Lieu : st Pierre (Réunion)

Affichage : 2224 vues

Distance : 164km

Objectif : Objectif majeur

6 commentaires

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Ma diagonale de fou !!!

Jeudi 15 Octobre:

Apres un long voyage et une nuit compliquée dans l'avion où j'ai eu le plaisir de revoir Jérôme Lucas que j'avais rencontré à la Ronda dels Cims. J'ai beaucoup de respect pour lui depuis cette course car finir second de cette course en habitant en Bretagne ça mérite le plus grand respect. Dans l'avion je croise aussi le cantalou un traiteur aguerri qui a de nombreux amis en communs.

 

On arrive au petit matin sur cette merveilleuse île de la Réunion où Manu nous attend et direction Saint Leu pour récupérer au plus vite de cette nuit blanche.Petit footing d'une heure et demie avec Guillaume Peyrot  mon cousin germain sur le front de mer de Saint Leu bien sympa.

Vendredi 16 octobre:

Sortie sur les traces du trail de la chaloupe à Saint Leu dont une partie que je connais bien ! Malgré le tracé sur ma montre et le tracé au sol encore visible par endroit, j’arrive vite au milieu de champs de canne à sucre non coupées où le chemin a presque disparu. C’est folklorique, je tombe, j'essaie de me frayer un chemin, bref les joies du trail.

Samedi 17 octobre:

Petit footing matinal à jeun en front de mer, un régal avec toutes les odeurs du marché de Saint Leu !!

Dimanche 18 Octobre:

Dernière et unique sortie longue sur le parcours de la diagonale, je pars de l'école de Sans Soucis direction le Maïdo (partie que l'on fera en descente lors de la course et qui m'avait laissé un mauvais souvenir l'an dernier). Cette descente est vallonnée au début puis ensuite très piégeuse dans la foret et pour finir elle comporte de nombreuses marches. Après cette reco je me dis que ça serait une bonne idée d'arriver à Sans Soucis avant la nuit.

 

   

En fin d'après-midi je rechausse les baskets pour mon dernier footing avec mon cousin sur le front de mer.

Lundi 19 octobre:

Petit footing en front de mer.

 

Mardi 20 octobre:

Dernière sortie trail avec un 800 m Vertical pour commencer. Je commence à reprendre beaucoup de céréales complètes et de légumineux en prévision de la course. Ça me fait du bien de stocker un peu car j'étais vraiment trop maigre  (j'ai même aperçu des veines sur mon ventre, c’est dire !).

Mercredi 21 octobre:

Dernier footing en front de mer avant le jour J, puis direction Saint-Pierre pour récupérer le dossard et les cheesecakes du « 16 » (un excellent restaurant aux influences New-Yorkaises dont le proprio va m'ouvrir spécialement son magasin pour me livrer en cheesecakes mon dessert préféré) pour que je puisse me régaler à l’arrivée à la Redoute. Porter le n° 32 est sympa car l’an dernier c’est à cette place que j’avais terminé ma premiere diagonale.

 

Jeudi 22 Octobre: Jour J

Après une bonne nuit de sommeil je finalise les derniers préparatifs pour la course et pour mon équipe d'assistance de choc (Pauline et mon cousin Guillaume, on ne change pas une équipe qui gagne!!). Egalement mon beau père qui vient nous rendre visite depuis Mayotte et qui les rejoindra pour la fin de la course. Toute cette aventure ne serait possible sans eux: en effet mon cousin nous héberge et nous reçoit comme des rois à la Réunion depuis 2 ans, et mon beau père qui a créé l’association Ultra passion.

Dernier vrai repas et vers 14h je pars à la sieste en mettant le réveil à17h30. Je m'endors assez facilement. Malheureusement dès le début de la sieste je suis réveillé par un mal de ventre, ma sieste se transforme vite en sitting sur les toilettes. Je ne peux m’éloigner des sanitaires car mon mal de ventre se fait de plus en plus intense. C’est la soupe à la grimace. Je me repose jusqu'à 17h puis je me fais une dernière collation face à l’océan à base de patate douce, riz blanc, barres de céréales germées et tartines de miel de châtaignier / purée d’amande.

 

Mes passages aux toilettes se multiplient et le moral commence à en prendre un coup. Derniers préparatifs et je prends un double smecta qui malheureusement ne fait pas l’effet escompté. On prend la route du départ et mon cousin me conseille de prendre de l’Imodium. Branle bas de combat pour savoir si ce produit est dopant et si je peux en prendre, il appelle un ami à lui qui est pharmacien et moi j’appelle Thierry Côme Aka le doc (mon ami de la team et médecin avec qui je cours). Feu vert donc je prends une double ration.

 

Arrivé au départ je rejoins le contrôle de matériel où je fais la connaissance de Stéphane Brogniart, on discute et une fois le contrôle ok direction le sas élite à 1h du grand départ. L'ambiance est détendue, je retrouve quelques connaissances et je fais connaissance de Maxime Cazajous (on se croise souvent sur les courses mais on n’avait jamais discuté ensemble). Au fond de moi je suis vraiment dégouté de ce mal de ventre qui ne passe pas mais cela fait parti du jeu et on n’est pas là pour s’apitoyer sur son sort. Ce sport est l'école de l’humilité car des mois de préparation peuvent être remis en question par un simple grain de sable.

H-30 min, la pluie fait son apparition et on s’abrite tant bien que mal sous une tente prévue pour protéger un énorme groupe électrogène. Je retrouve mon ami ariégeois Sebastien Buffard qui m'a intégré à son équipe "de Nantes à Toulouse ". Équipe composée d’Éric Clavery, Benoit Girondel, Sebastien et moi. Cherchez l'intrus !

 

On s'avance sur la ligne de départ où je retrouve Pauline, son père et Guillaume qui ont profité de la pluie pour avoir une place de premier choix juste à côté de l'arche de départ. L'émotion me gagne ! C’est la fin d'une longue saison d’Ultra qui prendra fin à la Redoute. Yapluka.

 

 

Même si par définition une course ne se passe jamais comme on l'a prévu, je pars sur une base de 28h avec un plan plutôt simple : atteindre Cilaos le plus frais possible, puis gérer au mieux Mafate avec la montée au Maïdo depuis Grand place. Faire la descente vers Sans Soucis de jour car elle est vraiment piégeuse, puis courir au maximum sur la fin du parcours car en étant frais sur la fin il y a vraiment du temps à gagner. Bien sûr tout cela avec l'aide de mon cardio et en respectant mes zones de pulsations et en respectant le fameux précepte de mon ami andorran Lluis Sanvicente POC a POC.

 

 

St Pierre / Mare à Boue (50km 5h57m) 28ème

Le départ de la diagonale est vraiment un moment magique. Ça part très vite et moi très vite je ne me sens vraiment pas bien (c’est la première fois de la saison que je me sens aussi mal en course) donc je gère au cardio avec un rythme cardiaque plus calme que prévu. Je commence à réfléchir aux barrières horaires car si mon mal de ventre continu ma diagonale risque d'être vraiment plus longue que prévu vu qu’il est impensable d’abandonner, les 2 premières heures sont vraiment horribles. Je n’avance pas, je n’ai pas de jus, je suis dans le dur. Je regarde ma montre le temps ne passe pas c’est horrible. Je pense que le médicament ne m’a pas aidé à être dans les meilleures conditions. Je ne suis pas loin de Sébastien et pour une fois on ne discute pas trop. Arrivé dans les pâturages je suis obligé d’aller satisfaire mes besoins naturels, c’est bizarre mais une fois fait je me sens de suite mieux.

Je commence à remonter doucement tout en restant dans les pulsations car la course est encore longue. Le temps est vraiment clément et je commence à prendre enfin du plaisir car depuis le départ j'étais plutôt dans le dur. Mon ventre par moment me rappelle ce qui m’oblige à quelques arrêts aux stands. Des images de l'an dernier me reviennent en tête et je me dis que cette année la météo est vraiment top. On arrive à Piton Sec où pour la première fois je retrouve Pauline et Guillaume. Petit ravitaillement avec changement de flask et un double smecta on the rocks !! Et c’est reparti.

 

Direction Mare à Boue (où je retrouverais mes assistants) via Piton Textor. Cette partie est plutôt roulante malgré l’altitude. Comme l'an dernier j’arrive en compagnie de Nathalie Mauclair au sommet puis on bascule pour rejoindre Mare à Boue. La descente est sympa, plutôt joueuse avec quelques pièges. Je pense déjà au ravito de Mare à Boue où je compte prendre mon temps et bien me ravitailler en vue de ma montée au Kervegén qui est exigeante et surtout la descente sur Cilaos qui peut être périlleuse. Arrivé sur la route bitumée qui nous amène au ravito je commence à vider mes flask. Le ravitaillement se rapproche je scrute tous les spectateurs et les accompagnants pour essayer de retrouver Guillaume et Pauline. Je me rapproche de plus en plus du ravito et toujours pas de trace d'eux ni même de la voiture. Je me dis que comme l’année dernière ils doivent m'attendre à l'entrée du ravito. Mes flasks sont vides et je me rend compte que je viens de perdre la tétine de l’une d'entre elles et donc elle devient inutilisable. Heureusement que Pauline en a deux de rechange et que dans quelques minutes je vais pouvoir procéder à un échange standard. Je rentre dans le ravito et je comprends que je ne les verrais pas. Je remplis donc ma seule flask encore utilisable. Je prends un peu à manger et je repars avec un groupe.

Mare à Boue/Cilaos (8h36m 66 km) 21ème

Un coureur du groupe impose un bon rythme, je lui emboite le pas et on effectuera la montée jusqu'au sommet ensemble en doublant pas mal de coureurs.

En arrivant au sommet de cette première grosse difficulté on assiste au levé du jour de toute beauté et je suis vraiment content d’effectuer la descente du Kervégen de jour. Cette descente est vraiment piégeuse, c'est le genre descente que j'apprécie mais je préfère bien la gérer sans trop prendre de risque car en cas de chute la diagonale peut vite s'arrêter mais surtout pour m’économiser (fibres et le cardio) car la course commence vraiment à Cilaos. La descente s'effectue bien, toujours non loin de mon compagnon de montée. Une fois sorti de la forêt on découvre les merveilleux paysages du centre de l'île qui à chaque fois m’émerveillent. Quelle verticalité!

 

Je rentre dans le stade de Cilaos où un reporter de la radio m'interviewe. Il m’annonce que je suis en 20ème position et me demande si mon but et de rentrer dans les 10 premiers à la Redoute et je lui répond spontanément que mon but et d'arriver coûte que coûte à la Redoute pour boire des dodo (40 jours sans alcool ça laisse des traces).

 

Je traverse le ravito où je retrouve mes assistants. Je vais enfin pouvoir changer ma flask et manger quelques trucs un peu plus consistants (pain au lait miel ou dakatîne et pain mie jambon ou pâté de foie made in Ariège).

 

 

Cilaos/Maido (19h00m 112 km) 14ème

Je repars vers le début de l'ascension au Taibit. J'ai vite un coureur en point de mire que je rejoins assez vite. On continue ensemble notre chemin jusqu'au ravitaillement suivant. Tout d’un coup en croisant des randonneurs je me rends compte au vu de leurs nombreux encouragements que mon compagnon est Thomas lorblanchet. Je suis presque confus de ne pas l'avoir reconnu et j’engage la conversation. Quel champion et quel état d'esprit! Chapeau bas !! En parlant de chapeau la chaleur commence vraiment à se faire sentir et je suis vraiment heureux d'avoir mes 2 flasks opérationnelles.

Arrivé au ravitaillement je prends le temps de me changer, de remplir mon sac de provisions car je ne reverrais mon assistance qu’au Maïdo dans plus de 40 km. Je profite de Pauline malgré que le ravitaillement sur la route au milieu des voitures et des bus et pas de tout repos. Il fait tellement chaud que je décide de mettre la casquette officielle de la course, et j'imagine déjà les rires de mes amis quand ils vont me voir avec. On n’a pas le droit à l’erreur avec mes amis de la team Bonnery car le moindre faux pas vestimentaire ou en course peu nous poursuivre longtemps dans nos discussions quotidiennes. Je quitte ma chérie direction Mafate via le Taibit (que l'on avait monté ensemble l'an dernier), je monte à mon rythme poc a poc !! On bascule dans Mafate et on prend la direction de Marla. Après le ravitaillement à l'école on continue en direction du col des bœufs dans le sens inverse de l'an dernier. Évidemment la montée est plus dure que la descente de l'an dernier mais les encouragements des nombreux randonneurs sont un vrai plus. De plus un premier randonneur m'offre un excellent chocolat blanc suisse artisanal qu'il conservait dans une poche isotherme.

Je continue la montée à mon rythme qand je croise une famille qui goûte, je les salue et je me vois proposer un snickers (ca doit être écrit sur ma tête que je suis gourmand). Ce snickers dans Mafate restera un grand moment (plus émotionnel que gustatif) je bascule au col des bœufs jusqu'au ravitaillement où la personne qui fait le ravitaillement de Nathalie Mauclair s’occupe de moi spontanément. Un grand merci à lui car il a été aux petits soins. Je me regale de patates douces et je pars dans l'inconnu jusqu'à Roche Plate. En effet ce sont les seules parties de la course que je ne connais pas et je ne suis pas déçu !! Cette partie est splendide. Après quelques kilomètres sur les hauteurs de Salazie où la fraîcheur est appréciable, on replonge dans Mafate. Ce sentier scout est vraiment un régal et je suis encore une fois émerveillé par le cadre. Courir dans de tels lieux est vraiment un luxe! Après une longue descente j’arrive au ravitaillement d’Ilet à Bourse, je suis au milieu de Mafate et les habitants nous ont préparé du manioc bouilli, c’est vraiment très gentil et très bon. Je reprends mon chemin direction Grand Place, en arrivant au ravitaillement je prends le temps de bien manger et bien boire et je suis rejoins par Sylvain Couchaud et Nuria Picas.

A partir de maintenant les choses sérieuses commencent. Une bonne montée puis une descente sèche jusqu'à la rivière des galets pour attaquer la montée au Maïdo via Roche Plate. L'an dernier on n’avait effectué que le tronçon Roche Plate/Maïdo et à vrai dire par rapport à la réputation du Maïdo je m'attendais à pire. Mais cette année c’est pas la même musique. Sylvain m'informe via son iPhone qu'on est à 40 min du 10ème puis il prend les devants dans la première montée. Moi je reste à mon rythme suivi par Nuria. Apres 500 m de D+ on attaque une descente bien raide direction le nid de la rivière des galets. La jonction s’effectue entre nous trois. La chaleur est de nouveau très présente. Arrivé au pied de la montée il y a un poste de secours où on peut se désaltérer, Nuria en profite pour se jeter dans la rivière. Nous voilà donc parti à l’assaut du Maido. Le début de la montée est bien raide puis ensuite on arrive sur un sentier de rando marqué en blanc. Etant donné que cela fait plusieurs minutes que l’on marche sans voir une rue balise. Sylvain et Nuria s’inquiètent de peur de s’être perdus. J’avais vu écrit en blanc sur une pierre Roche Plate donc je pense que l’on est sur le bon chemin, ce que l’hélicoptère qui nous survole nous confirmera.

 

Après 700m de dénivelé on voit au loin le village de Roche Plate au pied du dernier tronçon de la montée au Maido. De ce point de vue la verticalité de la montée est vraiment impressionnante.

Arrivé au ravitaillement de Roche Plate on retrouve Grinius Gediminas qui avant l’épreuve était leader de l’Ultra Trail World Tour, talonné par Antoine Guillon. Il est très marqué et nous explique qu’il va abandonner. On repart avec Sylvain suivis de Nuria et Gedimas.

 

La montée au Maido se fait petit à petit au rythme des fameuses indications sur les rochers qui jalonnent la montée (25/75 50/50 75/25).

 

Arrivé au sommet je retrouve Pauline et Guillaume, je commence a vraiment ressentir une douleur le long du tibia, cela me fait un bien fou de revoir mes proches. Ces quelques petites minutes de contact auprès d’eux est un véritable moment de bonheur intérieur et cela me rebooste. J’en profite pour bien me restaurer avant d’attaquer la descente jusqu'à l’école de Sans Souci et ces 1700 m de D-.

 

 

 

 

 

 

Petit making off de mon équipe de choc !!

 

 



Maido/La redoute (28h21m 164 km) 14ème  exaequo

 

Je compte bien arriver au prochain ravitaillement avant la nuit car cette descente, bien que facile en apparence, peut se révéler piégeuse. Je descends sur les sentiers que j’ai arpenté il y quelques jours, dans la dernière partie mon pied heurte le bout de bois vertical qui soutient les rondins de bois des marches et je fais un vol plané avec un atterrissage vraiment pas maitrisé. L’expression mordre la poussière résume bien la scène, je me relève et repars en me maudissant. A part des saignements et des coupures les dommages sont très limités.

 

 

Arrivé au fameux ravitaillement crêpes de l’école de Sans Soucis, j’en profite pour changer de chaussures. En effet mon début de tendinite sera peut-être atténué avec des chaussures avec un peu plus d’amorti. Exit les Peregrine et je repars avec les XODUS.

 

 

 

 

En nettoyant ma montre de la terre emmagasinée lors de ma chute je me rends compte que la batterie de celle-ci est bientôt vide. Lors du paramétrage en mode ultra trail j’ai fait une erreur ce qui ramène l’autonomie à 20h au lieu des 30h que je voulais paramétrer, je vais donc devoir finir la course à la sensation. Après un passage dans la rivière des galets on remonte en direction du stade Halte Là qui l’an dernier était une base de vie mais cette année le stade est vide. On continue la montée entrecoupée par quelques petits villages où l’accueil des réunionnais est vraiment super. Dans l’un d’eux lors de mon passage j’ai le droit à une ovation personnalisé, en effet lorsqu’ils voient mon numéro de dossard j’ai le droit à des « allez Pamiers, allez l’Ariège » et l’on explique qu’une personne du village vit sur Pamiers et qu’il leur a demandé de m’encourager. Malheureusement je me rappelle plus du nom de ce monsieur mais je le remercie car ce moment était irréaliste. Après la montée et une descente j’arrive au ravitaillement où je retrouve Maxime Cazajous et ses proches. On décide de faire une partie du chemin ensemble. Maxime est un super coureur de ma région que je ne connaissais que de nom avant la course mais nous avons fait connaissance dans le sas élite. Il prend les devants dans cette partie vraiment pas facile qu’il a reconnu dans la semaine avec Nathalie Mauclair puisqu’il fait partie de la même team. Le fait de discuter nous permet de ne pas voir le temps passer. En arrivant dans la descente direction l’école de la Possesion on aperçoit une frontale qui reviens sur nous, il s’agit de Nuria Picas, elle nous double et je décide de la suivre pour arriver plus vite au ravitaillement. On lui emboite donc le pas jusqu’au ravitaillement.

 

On prend le temps de bien se ravitailler avec Maxime et au moment de repartir on aperçoit Sébastien Buffard qui rentre dans le ravito. On décide donc de l’attendre et de repartir à 3 à l’assaut du fameux chemin des anglais. Seb et Maxime se connaissent bien depuis leur passage dans le team Brooks. Dès le début de la montée de cette partie qui pour moi est le «Paris Roubaix » du trail. On rattrape vite Andrea Huser qui à ce moment-là est deuxième à 45 secondes de la première. On continue notre montée en pensant que la suissesse va nous emboiter le pas mais elle semble marquée par l’effort et ne peut se joindre à nous. On rejoint assez vite Nuria qui elle se joint à nous. On lui explique que sa concurrente est pas loin derrière mais loin d’être en grande forme (enfin on essaie car mon catalan au bout de 140km n’est pas exceptionnel). On avance en file indienne sur les pavés du milieu, ce chemin est quand même un sacré casse pattes surtout à ce moment de l’épreuve. J’apprécie énormément l’Angleterre et la culture anglaise mais le chemin des anglais ce n’est vraiment pas ma tasse de thé !! On arrive tous les quatre à la Chaloupe où je vois pour la dernière fois Pauline, Guillaume et Gérard. On se ravitaille j’en profite pour me faire plaisir avec un bout de tarte aux lardons oignons que les amis de Maxime lui ont proposé sans succès. Je mets le t shirt obligatoire de la course et on repars direction le Colorado. Je m’étais promis toute l’année de courir le plus possible sur cette partie mais malheureusement ce ne sera pas le cas. On repart tous les trois en direction de la Redoute via le Colorado. L’ambiance dans le groupe est vraiment super et on discute de tout et de rien, on commence à être pressé d’arriver à bon port (Seb et Maxime rêvent d’un bon lit et moi je rêve d’une énorme bière).

Une frontale reviens sur nous, ce qui est entièrement logique car on a vraiment ralenti le rythme. Il s’agit de Jean Hugo Hoareau. Seb et Maxime qui le connaissent lui propose de se joindre à notre petit convoi mais il décline notre proposition et file vers la Redoute. Il nous informe qu’Emilie Lecomte reviens très vite sur Nuria Picas qui est juste devant nous. Après une brève « réunion de crise » on décide d’un commun accord de finir tous les trois ensemble en abandonnant l’idée d’un top 10. Je ne peux m’empêcher de penser à mon ami Grégoire Varona qui m’avait promis une bouteille de Don Papa si je finissais dans les 10 premiers. Dans la partie bitumée avant l’ultime montée Emilie revient sur nous en nous déposant littéralement sur place, en effet elle joue une victoire sur la diagonale et nous on finit en roue libre. On attaque enfin le chemin de l’ultime difficulté après une partie vraiment monotone. A la moitié de la montée on aperçois une frontale sur la gauche du sentier, il s’agit d’Emilie Leconte qui s’est égarée, elle a dû perde au moins 3 à 4 minutes dans sa mésaventure. On l’encourage et elle repart à la chasse de la première place.

Après un ultime ravitaillement au Colorado on attaque la descente sur la Redoute. Seb prend les devants et on descend sur un bon rythme. Cette descente est vraiment difficile et tant qu’on n’a pas fini la diagonale on peut s’arrêter sur une chute. Il faut vraiment être attentif jusqu’au dernier mètre de cette course. On fait nos pronostics concernant le sprint final des féminines en tendant l’oreille pour essaye d’entendre le speaker annoncer le nom de la future vainqueur. Une fois la descente fini on peut enfin souffler et finir complètement libéré les 500 derniers mètres de course avant l’entrée dans la Redoute. On entre dans le stade (ce moment pour tout participant à la diagonale est vraiment magique) et on franchit la ligne d’arrivée en 28h20.

 

 

 

 

 

Après quelques mots au micro je peux enfin retrouver mes proches et relâcher la pression d’une saison de trail commencée le 1er Janvier. Au moment de retrouver les bras de ma femme je ne peux retenir quelques larmes.

 

 

 

Après avoir zappé le buffet d’arrivée qui n’est vraiment pas à la hauteur d’un tel évènement, je vais rejoindre ma team qui s’est aussi chargée du ravitaillement d’après course avec des bières et les fameux cheesecakes au frais. Je m’installe dans les gradins et je prends le temps de savourer ce moment où toute la pression retombe.

 

Mon cousin me passe son téléphone et au bout du fil j’ai mon ami Nico de Pablo de la team Bonnery, moment d’émotion car avec tous mes amis de la team ils ont passé 2 jours à me suivre non-stop en contact permanent avec ma famille.

 

On rentre à Saint Leu où en route ou je commence ma nuit, mon ventre (qui décidément ne m’aura pas laissé de répit depuis ces dernières 48h) se rappellera une dernière fois à moi.

 

 

Je tiens à remercier tous les partenaires de l’association Ultra Passion sans qui tout cela n’aurait pu avoir lieu.

Je tiens aussi à remercier ma famille (Pauline, Nans, ma mere, Eloise pour me soutenir et me supporter au quotidien dans la pratique de ma passion) et Guillaume et Manuela qui nous permettent de vivre la diagonale dans ces supers conditions depuis 2 ans.


Un immense merci à toutes les personnes qui m’ont soutenu dans cette aventure (famille, Team Bonnery, amis, connaissances…).

Merci à Florian de STOOTS CONCEPT (une marque de lampe frontale légère et ultra puissante made in France dont je suis fidèle depuis mes débuts) pour son soutien.

Maintenant place au repos avant de nouvelles aventures en 2016.

6 commentaires

Commentaire de Lucie_amb posté le 30-10-2015 à 06:40:44

Bel article. C'est super de revoir des connaissances, de partager la même passion et de rechausser les baskets pour faire du footing ensemble.

Commentaire de Berty09 posté le 23-11-2015 à 22:38:52

Bravo Nahuel pour ta performance avec un état d'esprit toujours aussi détaché. Merci pour le partage de cette aventure.

Commentaire de Benman posté le 24-11-2015 à 22:11:30

super. Bravo pour ta course. je me souviens avoir suivi ton arrivée à distance sur la télé pendant le live. un grand moment.

Commentaire de Bacchus posté le 24-11-2015 à 22:19:01

Bravo pour cet exploit de ouf !!
Quel plaisir de suivre ta progression lors de la course
Merci pour ce CR

Commentaire de stphane posté le 25-11-2015 à 01:55:15

Salut Nahu, toujours aussi impressionnant et toujours aussi simple: très grand BRAVO

Commentaire de Sprolls posté le 25-11-2015 à 14:36:51

Perf et partage pendant la course, un grand bravo !

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