Récit de la course : Trail du Lac d'Annecy - Marathon Race 2017, par wakayama

L'auteur : wakayama

La course : Trail du Lac d'Annecy - Marathon Race

Date : 28/5/2017

Lieu : Doussard (Haute-Savoie)

Affichage : 1057 vues

Distance : 43km

Objectif : Terminer

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Chaud ! Chaud ! derrière...


Premier récit pour premier trail de montagne.
Je lis souvent des récits et j'avais un peu peur de me lancer, mon niveau étant assez faible. Mais je pense que cela peut intéresser quelques débutants ou lents comme moi.

Après avoir couru quelques trails principalement dans ma région, le Beaujolais, je souhaitais me frotter à un terrain plus montagnard. J'aime beaucoup (et comme beaucoup) la région d'annecy alors mon choix s'est porté très rapidement sur la Maxi Race, format Marathon Race.
J'avais bien vu le côté commercial mais cela me rassurait de partir dans une masse plus grande de coureur avec des niveaux (très) différents et ne pas me trouver isolé sur une course plus typique mais avec moins de coureurs, et surtout plus de spécialistes.

Inscrit au tout début, en décembre, je prépare mon calendrier en cochant quelques courses qui feront étape dans la progression jusqu'à fin mai.
Je cours régulièrement en hiver et me fixe une étape significative pour le trail du Beaujolais le 30 avril : 39km et 2100m de D+, je pense que c'est une bonne préparation et je gère la course en arrivant bien physiquement (bon 6h50, cela ne fait pas de moi un candidat au podium, c'est sûr).

J'arrive donc le dernier week-end de mai à Annecy pour prendre ce dossard et m'immerger un peu dans l'ambiance. Il y a foule partout le Samedi à Annecy entre les courses et le fait que cela soit un week-end prolongé. Retrait sans problème du dossard après contrôle de la couverture de survie et une bouteille de bière en cadeau que je met de côté pour plus tard.
J'oublie de demander pour la navette mais je vois que la case est bien cochée sur mon dossard donc pas de problèmes.

Une nuit un peu courte où j'ai du mal à dormir et je me lève vite pour rejoindre le parking du Carrefour Market où nous attendent déjà les bus : on embarque très rapidement dans le calme et 20 minutes à peine plus tard, arrivée à Doussard.
Je vois qu'il va falloir patienter un peu pour le départ prévu à 7h35 dans la deuxième vague. Je rentre dans le gymnase après le départ du second jour de la XL Race et j'attends sagement sur une chaise : le temps passe assez vite en observant les coureurs qui traversent le gymnase et il est 7h20 quand je me dirige vers le départ.
Je me place en queue de peloton comme d'habitude et je sens l'excitation monter petit à petit. Le compte à rebours arrive et voilà, je suis parti sans bien savoir quelle allure prendre.
Je décide de courir le plus relaché possible et je double sans force pas mal de coureurs sur les 3 premiers kilomètres plats.

On arrive au sentier qui nous menera tous au Col de la Forclaz. Je sors mes bâtons et je prends un rythme régulier dans la montée. On se retrouve tous en file indienne avec un rythme qui me va bien et les 2 ou 3 bouchons où l'on stoppe ne me dérangent pas trop pour repartir. On court un peu sur un replat et j'arrive au col en 1h25, plutôt satisfait de cette première montée.
Je sais que le plus dur est à venir.

Je redescends doucement et je me fais bien doubler dans la première partie de la descente pour arriver au pied de la montée vers le chalet de l'Aulp.
Au bout de quelques hectomètres, je commence à avoir du mal, mon cardio montant assez vite de manière assez inexplicable. Je ressens les premiers effets de la chaleur et j'essaie de bien m'hydrater.
Je dois me reprendre deux ou trois fois dans cette montée et à chaque fois, des dizaines de coureurs passent devant moi en me regardant un peu de travers, du style "déjà ?".
On est pointé dans la montée et je verrais après course que je suis 1389ème.

Bon an, mal an, j'arrive au chalet et la descente qui suit se passe correctement. Le terrain n'est pas encore très difficile et me convient bien, je me suis pas mal améliorer dans les descentes cette année. Pas de secrets, il faut en faire beaucoup pour être de plus en plus à l'aise et ne pas perdre trop de temps dans ces phases.
La descente est trop courte malheureusement et je ressors les bâtons pour attaquer la montée vers le Roc de Lancrenaz.

La même chose se reproduit : le cardio monte vite, trop vite et la chaleur m'étouffe de plus en plus. Je m'efforce de rester calme, la route est encore longue. je passe en revue ce qui fonctionne bien pour avoir des pensées positives : les jambes vont très bien, le paysage est superbe, j'ai de la chance d'être ici.
J'échange quelques mots avec d'autres coureurs qui commencent aussi à souffrir et le fait de ne pas être seul à connaitre des moments difficiles m'aide un peu (je sais c'est pas bien).
On est proche de l'escalade quand on arrive au Roc et je choisis de m'asseoir pour prendre du temps, une première pour moi qui reste toujours debout du début à la fin. Je bois, mange un petite barre en me forçant car je n'ai vraiment pas faim. Je décide de repartir en demandant si on serait pas les derniers : on me répond que non, il doit bien y en avoir encore derrière.
Je suis à ce moment 1503ème, sans le savoir, en 3h33 et cela confirme que je me suis bien écroulé dans cette partie.

Je repars donc plus soulagé que satisfait pour une longue descente dont on m'a dit qu'elle était assez difficile. Après quelques centaines de mètres, je ressens une bonne douleur en haut du ventre ce qui m'empèche de courir comme je veux.
Le terrain devient un peu plus difficile mais c'est cette douleur qui me gène et que je vais avoir jusqu'au 20ème km. Je profite de chaque ruisseau pour bien mouiller la casquette et cela me fait du bien. Je suis par contre dégouté car je pensais et pouvais vraiment me rattraper dans cette descente et j'arrive déçu au ravito d'eau de Villard. Au contraire, j'ai perdu du temps sur ce que je souhaitais.
J'y reste quelques minutes, la déception passe vite car je me dit que tout compte fait, physiquement, je suis encore bien.

J'enchaine dans les kilomètres suivants en courant/marchant sans vouloir me griller sur cette partie où c'est tentant d'accélérer mais dangereux à mon avis pour bien tenir dans le final.
J'échange avec quelques coureurs sympathiques : à noter que le taux de coureurs sympathiques est très élevé dans les dernierset après une descente qui me fait un peu de bien, le gros ravito de Menthon arrive. Un voisin sympa m'arrose avant l'arrivée au ravito et je décide de prendre quelques minutes pour bien boire, un peu manger et surtout préparer mentalement la fin de course.
Autour de moi, quelques abandons et je ressens beaucoup de déception ou de ras-le-bol chez certains. Je me dit (toujours les pensées positives) que ce que je viens de faire, après tout, c'est pas si mal. Et qu'il manque "seulement" une bonne montée pour arriver les pieds dans l'eau.
A Menthon, je suis 1492ème en 5h52 alors que je pensais y être en 5h.

Je repars en gérant tranquillement la montée du chateau de Menthon puis la suite qui m'amène au pied du col des Contrebandiers. Je prends un rythme régulier avec les bâtons et je m'arrête une minute toutes les dix minutes pendant cette montée. Je fais un peu le yo-yo avec d'autres coureurs qui me demandent à chaque fois si "ça va ?".
Je discute un peu et la montée se passe même si je la trouve longue et parfois pénible. Il y a même un passage qui me rappelle la Martinique, tout vert, humide partout, cela me fait sourire. Je sors de cette montée en arrivant sur la route et j'ai la bonne surprise d'arriver à un ravito d'eau qui a été ajouté : on discute un peu et les encouragements des bénévoles me font du bien.

Je sais maintenant qu'il y a un dernier effort et il n'y aura que de la descente. J'arrive au belvédère au sein d'un petit groupe où il y a un mélange de fatigue et de bonne humeur. Quelques photos, une petite pause et je redémarre à un bon rythme, les jambes étant bonnes.
La descente arrive et je reste prudent pour éviter la blessure idiote à quelques kilomètres de l'arrivée. Je descends plutôt bien, reprend quelques concurrents à un rythme assez lent. La lassitude de la descente se fait sentir et je perds un peu de rythme dans la dernière partie.

J'arrive dans le dernier chemin caillouteux avec le lac en point de mire : traversée de route, le ponton et je cours heureux. C'est un peu plus long que je pensais mais beaucoup de gens me félicitent et m'encouragent. Merci, merci !
Je longe le village d'arrivée, prends le virage et je profite de la dernière ligne droite en entendant mon nom très fort et plusieurs fois. Ces moments restent uniques même pour des petits coureurs comme moi. Je lisais sur ce forum une personne qui ne comprenait pas pourquoi on s'inscrivait sur des courses pour terminer dans les derniers et souffrir : je pense que c'est avant tout personnel et que l'on peut aussi retirer des satisfactions même si on fait pas top 10.

Je mange (enfin) et je vais tranquillement me plonger les jambes dans le lac. Top ! Je discute un peu avec quelques coureurs que j'ai vu dans le final. c'est dingue comme on peut vite sympathiser : c'est çà aussi que j'aime dans le trail et on peut même l'avoir sur la Maxi race !

Résultat: 10h37, 1429ème.

Conclusion :
Strava me dit (et oui, je suis sur Strava comme les élites) que la durée de déplacement est de 8h18 : si c'est fiable, cela veut dire que j'ai pris mon temps plus que je pensais aux ravitos et dans les montées.
Je me dit que la chaleur a joué un rôle très important dans cette course et mon niveau est un peu meilleur que celui-ci en temps normal. La découverte du terrain montagnard a été parfois surprenant, surtout les parties "escalades", mais en majorité on  retrouve (sur cette course car je n'en connais pas d'autres) des chemins caillouteux ou des sentiers forestiers que l'on peut avoir ailleurs (venez dans le Beaujolais pour ceux qui ne connaissent pas, il y a de quoi faire).

Les points positifs de le course en général et de ma course :
- des bénévoles très sympas
- j'aime mes bâtons (Guidetti Diagonale des Cimes)
- pas mal aux jambes (effets Sportenine ?)
- j'ai fait le dos rond quand c'était dur et bien développé le côté psychologique

Les points plus négatifs de la course et surtout de la mienne :
- j'ai pas grand chose à reprocher : je savais où je mettais les pieds (côté commercial, etc...).
- pas trouvé un bon rythme d'alimentation, faute à la chaleur

Quelques jours après, je suis finalement content de ma course, de ce que j'ai pu y faire et y voir. Je reviens maintenant sur les trails du Beaujolais (Trail de la Fontaine des Anes en particulier que je vous recommande) jusqu'à l'année prochaine où je cocherais une nouvelle date de montagne dans mon calendrier.



3 commentaires

Commentaire de GlopGlop posté le 16-04-2018 à 10:11:31

Hi Wakayama,
Cela fait plusieurs fois que je relis ton récit depuis quelques mois, histoire d'en tirer quelques ondes d'encouragement. En fait tu es passé sur le segment Menthon-Annecy quelques heures après moi, moi qui découvrait le lieu et la Short Race. J'ai fait cette partie en 2h36 en ayant de gros souvenirs sur la montée longue et soutenue avant le col des contrebandiers. Je me souviens aussi au moment du départ, avoir eu une pensée pour vous qui vous lanciez sur la Marathon Race. Cette Année, j'en suis !
Je vais certainement déguster, mon max en trail est le Graouly avec ses 34k et 1300D+. Bon j'enchaîne les entrainements hebdo avec 1000D+ et vais devoir revoir ma gestion de course et de ravitaillement.
Au delà de cela, je m'inquiète plus moi qui suis sujet au vertige, la montée du roc de Lancrenaz est-elle si particulière?

Commentaire de wakayama posté le 16-04-2018 à 10:37:00

Merci de m'avoir lu :)
La montée du Roc n'est pas si particulière, on monte par un sentier. Seuls les derniers mètres peuvent être impressionnants mais je regardais plus mes pieds et ceux de devant. C'est en haut que j'ai pu profiter de la vue.

Commentaire de GlopGlop posté le 16-04-2018 à 19:41:07

Merci! Alors j'y vais sans appréhension !:)!

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