Récit de la course : DeutschlandLauf 2017, par CROCS-MAN

L'auteur : CROCS-MAN

La course : DeutschlandLauf

Date : 16/7/2017

Lieu : Kap Arkona (Allemagne)

Affichage : 336 vues

Distance : 1321km

Matos : crocs off road, chapeau de pluie et chapeau de paille

Objectif : Faire un temps

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Deutschlandlauf 2017

Deutschlandlauf 2017

Hello les amis, Depuis 2014 maintenant, nous nous réservons une vingtaine de jours pour partir à l’aventure.

Nous avons ainsi traversé 2 fois la France du nord au sud (1200km) en reliant Roscoff à Gruissan grâce à la Transe Gaule de JB en 2014 et 2016, et entre deux en 2015 nous avons intégralement suivi la Loire d’est en ouest (1025km), depuis sa source à Mont Gerbier de Jonc jusqu’à St Nazaire grâce à Domy et Annie les ACDC.

Lorsque nous avons vu qu’une même course hors de France allait se dérouler, nous ne pouvions qu’y participer, d’autant plus que ce serait dans un pays voisin que nous ne connaissions pas du tout. Voici donc la famille patachon engagée, en route pour de nouvelles aventures estivales.

Le team est constitué de Prisca, notre mémère beagle, 4ème traversée pour elle, grande expérience  Mooky notre petit garçon J.Russel n’est pas vraiment débutant, il a vécu son premier ultra au mois de mai avec les +200km de l’Ultrathlétic Ardêche. Ma chérie bien sûr, mon ultra accompagnatrice, qui me connait par cœur, et certainement la seule à pouvoir me supporter durant ces périples. Notre LapinouCrocs mobile, notre maison secondaire, Fiat ducato aménagé que nous adorons (même s’il n’est pas climatisé).


Allez en route pour l’aventure, 1700km rien que pour se rendre au lieu de départ, là-haut tout là-haut, à la frontière danoise, point le plus au nord de l’Allemagne Sylt (prononcez Zoult). Belle première surprise les autoroutes allemandes sont gratuites et le gasoil est bin moins cher, même sur autoroute.

Nous découvrons aussi sur la route la courtoisie, le respect du code de la route, des stations-service propres où l’on peut consommer sans payer pour autant le prix fort, c’est même moins cher que chez nous.

Nous retrouverons là-bas l’Ultra Team France constitué de Fabrice, Lionel, Bob, et Jean-Louis, du costaud, de l’expérience, des durs à cuire, Bref un Team qui a de quoi peser et faire sa place dans le classement final face aux ultras germains.

Le top départ est donné donc depuis l’ile de Sylt, le seul moyen de s’y rendre est en train, puis en car.

Nous avons l’impression d’être dans un jeu d’aventure de tv réalité, pas facile de penser que nous allons commencer une ultra race, le site est incroyable extrême, mer du nord, land et dunes.


Les copains sont affutés, moi je pars comme d’habitude avec 7kg de trop, j’ai fait du gras depuis ma trilogie du mois de mai. C’est sous la pluie, le vent, que nous commençons ce raid. 1ère étape en 2 fois. Après avoir traversé l’ile jusqu’à la gare (38km), nous avons attendu le train pour repartir sur le continent afin de continuer notre périple. Le temps d’attente à la gare fut un peu long dans le froid. La deuxième partie fût finalement écourtée pour que la journée ne soit pas trop longue. Tout va bien, je vais à mon rythme, il en sera ainsi jusqu’à la 8ème étape, je me maintiens dans le haut de la 2ème partie du tableau, pas bon mais pas mauvais, c’était le but, survivre aux 8 premières étapes où le kilométrage était plutôt élevé.

Le seul point négatif durant les premières étapes fut le fléchage. La peinture bio avec la grosse pluie c’est pas top, pas assez de flèches. Puis ça s’est amélioré, moins d’égarements et d’errance pour le bonheur de tous. 60+89+77+81+71+79+91+82= 79km en moyenne par jour, de quoi faire de gros dégâts dans le peloton et la tête de course.

Nous avons perdu un tiers des coureurs environ. Pour moi, même stratégie que l’an dernier, laisser passer l’orage, laisser les autres s’user, et m’affuter pour la 2ème partie de la course, la patience est la meilleure des alliées et des qualités sur ce genre de courses, l’expérience aidant. Après la 8ème étape j’étais 25ème je crois, du boulot si je voulais rejoindre les copains en tête et finir dans les 10. Pendant ce temps, mes co-équipiers, bien meilleurs, se sont placés en tête de classement, ils gèrent parfaitement grâce à leur rythme régulier et à leur sagesse.

Comment se sont déroulées nos journées ? Toutes les mêmes, un rituel : Nous nous levions 1h15 avant le départ, Je préparais le ptit déj, nous déjeunions, Puis Lapinou sortait les chiens Elle déposait aussi mes bouteilles d’eau dans les bacs des différents ravitos pour la journée Elle allait aussi à la pêche aux infos pour son parcours du jour Pendant ce temps mes wc privés, puis je me préparais, Puis la course démarrait. Après la course douche, lessive, Petit casse-croute, et sieste s'il restait du temps (pas avant la 9eme étape) jusqu'au diner, Puis au lit vers 20h30 vu que l'on ne comprenait rien au briefing et je prenais mes dispositions pour tout type de parcours. Bref une vie de moines, mais nécessaire pour ne pas s’éparpiller, ne pas être debout pour rien, optimiser au maximum la récupération pour le lendemain. Priorité à la course, nous sommes là pour ça.

Aux ravitos il y avait ce qu’il fallait, de toutes façons pour moi c’était 2 verres d’ice tea pour le sucre et une barre chocolaté un coup sur deux. Hormis au 4ème ravito où mon verre de vin rouge m’attendait, la french touch . Sinon mes bouteilles d’eau oxysport m’accompagnaient toujours. Les diners étaient copieux, bons, rien à dire nous nous couchions chaque soir le ventre plein. Les sites d’accueil toujours top, de la place pour se garer, relativement calmes, des douches au top avec réglage de température et toujours de l’eau chaude, grand luxe.

Et les parcours ? Oliver ne nous a rien épargné, nous avons eu tout ce qu’il était possible d’avoir : De la plage, du train, du car, de la longue départementale, de la piste cyclable, du centre-ville, tunnels, escaliers, escalators, voie ferrée, du chemin, du champ, des vignes, de la forêt, des ruisseaux, des racines, de la montagne, des pierriers, de la glace, téléphérique… pas mal non ?



Allez passons à la 2ème partie de course, j’ai perdu 3 kg et je me sens de mieux en mieux, des prémisses de retour de forme sont apparues et m’ont mis en confiance. J’ai beaucoup de retard sur mes concurrents mais rien de dramatique, j’ai 11 étapes pour attaquer et me replacer, j’adore ça chasser les places, ça me booste. Et je change du tout au tout, je passe au Blitz (attaque éclair) en partant fort dès le top départ pour m’effacer de la mire de mes poursuivants et avancer à la fraiche tant que moi aussi je le suis. Les 10km en 57’, le semi en 2h06, le 30 en 3h, forcément ça passe plus vite et ça me permet à 9-10h d’avoir déjà fait la moitié du chemin sur ces courtes étapes qui arrivent. Ça paye et du coup je rentre dans les 2-3-4 premiers, je grignoterai ainsi jour après jour place après place, repartant ainsi inlassablement à la chasse. Bien entendu c’est épuisant et la récupération d’après course est d’autant plus importante. Il n’aurait d’ailleurs pas fallu que la course dure plus longtemps car j’ai eu mes limites sur la fin des 3 dernières étapes.

Pendant ce temps-là Lapinou faisait le suivi live, encourageait les coureurs, était appréciée des bénévoles de chaque ravito en échangeant avec eux, prenait aussi des photos, s’occupait des chiens, essayait de ne pas trop se perdre, a géré un dépannage, elle a vécu sa propre course d’accompagnatrice et fera d’ailleurs son propre récit.

Au final nous sommes bien arrivés à Garmish, base ultime, pour la dernière étape, ni plus ni moins qu’une étape de montagne. Bon il n’y avait plus rien à jouer au chrono alors la plupart des coureurs dont j’ai fait partie partaient pour une journée de plaisir, de rando. Plusieurs horaires de départ au choix pour ces 24km, je choisi 7h et me retrouve donc avec Henry et Gunter, les 2 premiers, ainsi que Torsten, très bon marcheur, les 3 me confirmant qu’ils comptent y aller en mode rando. En entrant en montagne plus de fléchage, il fallait suivre des sentiers et chalets. Une première erreur nous coutera 1 bon kilomètre, vite rattrapé, la deuxième par contre nous vaudra 6 km, une bonne heure au total mais peu importe, ç’aurait pu être pire si j’avais été seul, bien content de coller au baskets de ces 3 supers sportifs fort sympathique heureux de me montrer combien leur pays était beau, et effectivement cette étape était loin d’être facile mais somptueuse.

Et nous finirons par arriver au bout, accueilli par le BOSS et les bénévoles, et mon verre de vin, géniale cette adorable attention, le TOP. La partie obligatoire était finie, la course officielle, mais restait le point bonus, l’option ultime pour boucler entièrement le projet fou d’Oliver, un kilomètre vertical pour atteindre le St Graal, un truc de ouf commençant par 100 mètres de pierrier puis de la roche, un truc de ouf je vous dis, mais au final que c’était beau, énorme, magnifique récompense pour les yeux, QUE DU BONHEUR, et du réseau pour partager ce moment avec ma chérie.

Arrivé là-haut, redescente en téléphérique, puis en train pour revenir à Garmish, douche, diner et remise des récompenses. Nous avons été gatés.


Au classement final

1. Platz: 138:05h – Henry Wehder (55) ..

2. Platz: 141:00h – Günter Naab (26) ..

3. Platz: 153:34h – Jean-Louis Vidal (30) ..

4. Platz: 158:14h – Bernhard Munz (5) ..

5. Platz: 161:47h – Lionel Revoire (31) ..

6. Platz: 162:01h – Robert Miorin (33) ..

7. Platz: 163:47h – Jean-Louis Valderrama (29) ..

8. Platz: 165:41h – Wilma Dierx (11) ..

9. Platz: 167:53h – Andreas Schulze (20)

10. Platz: 169:04h – Frank Wiegand (17)

11. Platz: 170:23h – Holger Hedelt (28)

12. Platz: 170:33h – Alwin Gumbrecht (61)

13. Platz: 171:43h – Alex Swenson (9)

14. Platz: 174:17h – Christian Münzing (4)

15. Platz: 177:26h – Jens Naujoks (3)

16. Platz: 179:43h – Ralf Ruppert (36)

17. Platz: 179:56h – Torsten Riemer (99)

18. Platz: 181:12h – Christian Stolovitz (27)

19. Platz: 183:52h – Stefan Daum (41)

20. Platz: 184:19h – Thorsten Gratzel (8)

21. Platz: 189:54h – Armin Storz (88)

22. Platz: 190:05h – Konrad Vogl (24)

23. Platz: 192:45h – Christian Maierhofer (18)

24. Platz: 194:26h – Fabrice Viaud (16)

25. Platz: 195:16h – Robert Wimmer (2)

26. Platz: 198:19h – Frank Buka (15)

27. Platz: 200:44h – Cornelia Rohwedder (19)

28. Platz: 201:27h – Manfred Kranz (68)

29. Platz: 205:16h – Harald Lange (37)

30. Platz: 205:33h – Frank Reichl (83)

31. Platz: 212:12h – Matthias Becker (34)

32. Platz: 215:50h – Georg Hilden (200)

33. Platz: 218:31h – Bernhard Bucher (51)

34. Platz: 219:33h – Frank Wooßmann (1)

35. Platz: 221:28h – Günter Liegmann (62)

36. Platz: 225:51h – Peter Böhm (52)

37. Platz: 227:52h – Hendrik Fenz (46)

38. Platz: 234:53h – Stephan Vogel (42)

39. Platz: 246:53h – Heike Pawzik (45)

40. Platz: 252:35h – Martin Ottersbach (39)

Vous savez tout les amis, merci de m’avoir lu, merci de nous avoir suivi lors de ces 19 épisodes, merci ma Super chérie, et merci à mes enfants qui se sont occupés de notre maison en notre absence.

Très bientôt une nouvelle minisérie de 6 épisodes à Privas pour ses 6 jours de France 

7 commentaires

Commentaire de bubulle posté le 12-08-2017 à 14:47:32

Tout ce chemin pour aller faire UNE étape intéressante (monter la Zugspitze), faut de l'abnégation; je vous admire, les accros du bitume, quand même...:-).

Je déconne, bien entendu, c'est énorme une fois de plus et certainement une belle aventure, les photos donnent certainement une toute toute petite idée seulement.

Bonne récup en faisant le hamster à Privas !

Commentaire de CROCS-MAN posté le 12-08-2017 à 17:16:23

Merci Bubulle, nous avons un peu trailé tous les jours en fait, une grande surprise. Les photos ne donnent qu'une infime idée en effet de ce que représente ce +1320km.

Commentaire de PhilKiKou posté le 13-08-2017 à 11:55:59

Merci pour le récit et bravo pour cette gestion, cette organisation, cette aventure sportive et humaine qu'on a pu suivre grâce à Lapinou sur facebook.

Cette épreuve allemande à l'air au travers de ton récit plus dur et varié sur les terrains de course que la Transe Gaule...

Et après çà enchainer les 6 jours de Privas... Chapeau l'artiste !!!

Commentaire de CROCS-MAN posté le 13-08-2017 à 13:26:56

Oui Phil cette épreuve est indiscutablement plus exigeante que la TG, à cause des passages sur sol irréguliers qui peuvent être une vraie torture si l'on est blessé

Commentaire de BOUK honte-du-sport posté le 13-08-2017 à 20:47:08

Merci solitaire pour le partage
Rdv en novembre j'espere

Commentaire de Arclusaz posté le 20-08-2017 à 07:44:15

Wunderbar!

Commentaire de stphane posté le 12-09-2017 à 21:56:07

Tu es impressionnant, bravo pour la perf !!

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