Récit de la course : Icon Xtrem Triathlon 2018, par La Tortue

L'auteur : La Tortue

La course : Icon Xtrem Triathlon

Date : 30/8/2018

Lieu : livigno (Italie)

Affichage : 548 vues

Distance : 225km

Objectif : Pas d'objectif

8 commentaires

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Pas d'autre récit pour cette course.

It's raining again !!!

 

L’ICON  Xtrem Triathlon ? késako ?

http://iconxtri.com/?lang=en

 

 

 

C’est un triathlon extrême, comme je les aime, au format ironman, à Livigno, alpes italiennes, toutes proches de la Suisse. Comme pour l’Xtri challenge (Norseman, Celtman, Swissman…) il faut sa support team avec voiture suiveuse et son accompagnateur obligatoire pour faire la partie d’ascension dans la montagne en CAP. D’ailleurs, il est question que l’Icon intègre prochainement l’Xtri challenge. Stuart, le grand patron du Celtman était à Livigno pour voir comment les italiens s’en sortaient, sachant que ce sera la troisième édition d’une course assez peu connue. J’en ai entendu parler par deux italiens l’an dernier à la cérémonie du Bearman. Mon pote Paname ayant dit « on y va ? », je me suis inscrit assez rapidement sans trop étudier le parcours. Parfois, il vaut mieux ne pas trop réfléchir avant de signer, sinon…on ne signe jamais !

 

Pour cet ICON, partant du vieil adage qu’ "on ne change pas une équipe qui gagne", ma support team est la même qu’en juin au Celtman, avec : ma fille Marine au volant et au ravitaillement, ma femme Claire en supportrice fidèle et qui assure le suivi live FaceBook et mon gendre Iskan en support officiel (celui qui a le droit de rentrer dans les parcs à vélo pour aider son concurrent à se changer et qui devra faire la partie CAP avec son concurrent). Se rajoute, un autre de mes fils, Victor, en base arrière (il suivra la course via le tracker car pas très motivé pour se taper les 10 heures de bagnole pour suivre son boulet de papa !), et mon chien-chien, Boussole brave et fidèle.

 


La team au complet : Iskan, Marine, « Boussole », Claire, La Tortue, Victor

 

 

C’est parti….

 

 

 

 

 

Au programme, le 31/8/2018 : Une belle balade en perspective avec…

 

1/ NATATION : 3.8 KM, en lac de montagne à 1800 m d’altitude

 

Le lac, superbe sous le soleil à J-2 avec le parc à vélo n°1 en cours d’installation

 

2/ VELO : 200 km, 5500 m de D+, avec 5 cols au-dessus de 2200 m, dont le célèbre Stelvio à 2700 m avec ses 27 km d’ascension et ses 48 épingles !

 


Plus de la moitié du parcours en Suisse et pas beaucoup de plat !

 

 

T1 et T2 séparés seulement de 10 km, mais pas au même endroit (j’ai pas bien compris pourquoi ?)


 

La fin du Stelvio, impressionnante quand même…

 

3/ Course à Pied : 42 km de trail dans la montagne, 1500 m de D+ avec une ascension finale à Carosello à 2800 m d’altitude.


 

L’arrivée de la CAP, tout en haut de la télécabine

 

Arrivée sur zone, 48h avant la course après 10 jours de vacances féériques au bord des lacs italiens, lac majeur et lac de Côme. Installation du camping-car à 1 km du lac et du parc à vélo n°1. La montagne est splendide, sous un beau soleil, en ce mercredi après-midi où l’on retrouve mon vieux copain Paname (adepte comme moi des défis bargeots) et Sylvie, sa charmante compagne, pour une petite trempette dans le lac. L’eau n’est pas aussi froide qu’annoncée et l’altitude ne me gêne pas pour respirer (A l’Altriman, où le lac de Matemale n’est qu’à 1500m contre 1800 ici, j’ai parfois des sensations respiratoires bizarres).

 

 


La veille : retrouvailles avec Paname, ballade en famille sous le soleil

 

Jeudi matin, le soleil est parti. La pluie permet toutefois une petite reconnaissance vélo du premier col et un petit test en CAP de mon mollet droit. En effet, 10 jours avant, lors d’une petite accélération, je me suis fait une déchirure à ce fichu mollet qui m’enquiquine de temps en temps depuis des années. Après 10 jours de soins intensifs, la douleur avait complètement disparue, mais après seulement 2 ou 3 km en cette veille de course, une petite pointe se fait à nouveau ressentir. Obligé de terminer le footing en marchant ; pas bon du tout pour demain, mais ça ne sert à rien de se prendre le chou, on verra bien….

 

 

Marine et Iskan, retardés à Londres avec des problèmes de passeport puis d’avion n’arrivent à Livigno que la veille de la course à minuit ! Le réveil est programmé à 2h45, la nuit va être courte. D’autant plus courte qu’en général je dors comme un bébé la veille des courses, mais cette fois impossible de m’endormir car je me mets à gamberger à cause de ce fichet mollet. Il faut dire qu’en 2012, j’avais enchainé déchirure au même mollet, puis phlébite, puis embolie pulmonaire, et je me dis que ça serait un poil couillon de revivre ça !

4h du mat, nous sommes avec Iskan au parc à vélo pour préparer la T1. Il fait gris mais il ne pleut pas. Je n’ai pas le temps de lui dire qu’on va peut-être passer entre le goutes que le robinet céleste s’ouvre et cette maudite pluie ne cessera pas pendant…48 h ! La pluie va hélas gâcher la fête, mais c’est le lot de ces triathlons xtrem qui ont la particularité d’avoir non seulement un terrain de jeu très difficile mais aussi une météo qui parfois rend les choses encore plus compliquées.

Une grande tente a été installée à côté du parc à vélo (ils appellent ça un gazébo), concurrents et supports s’y réfugient à la hâte. On se fraie un passage, trouve un coin de banc libre et heureusement qu’il n’y a que 100 inscrits au départ, sinon cela aurait été un beau bazar !

 

Pour la natation, on nous a donné une « safety buoy », une sorte de ballon transparent avec des bâtons fluos à l’intérieur que l’on accroche avec une ficelle autour de la taille et qui flotte derrière nous quand on nage. Je n’avais encore jamais vu ça. Déjà avec les cagoules, les chaussons et le bonnet, on n’a pas l’air bien malins, mais avec la bouée en plus, on est franchement ridicules et on en rigole avec Paname et nos équipes.

 


On est les seuls à se marrer et à faire les guignols à 5’ du départ. Détendez-vous les gars, ça va bien se passer !

 

C’est parti pour la natation, 1 seule boucle en aller/retour vers le bout du lac qui est assez étroit. J’ai opté pour des chaussons de marche car la pente est très douce et avant de pouvoir commencer à nager, il y a au moins 100 mètres à faire en marchant dans l’eau avec pas mal de cailloux. Je vais le regretter car ces chaussons sont des poids morts que je  traine. J’ai peine à avancer et à poser ma nage de sénateur, et très rapidement, je me retrouve dans les derniers. J’essaie quand même de m’appliquer à bien glisser, mais l’altitude me gêne plus qu’hier, et je me sens vite fatigué musculairement.

D’ordinaire, je ne nage pas bien vite, mais je le fais sans aucune difficulté et je sors de l’eau frais comme un gardon. Est-ce la nuit très courte, mais les sensations ne sont pas bonnes du tout et la ligne droite de 2 km du retour qui nous ramènent sur la berge me parait interminable. Le phare du camion des pompiers qui nous donne le cap ne semble jamais se rapprocher. Je touche enfin le sol au bout d’1h20, un de mes plus mauvais temps sur la distance. Nouvelle longue marche avec de l’eau aux genoux pour ressortir du lac. Iskan me récupère sur la berge et me remonte jusqu’au parc à vélo et à la tente de change.

 

Le long tapis éclairé par des braséros pour remonter au parc à vélo

 

Les vêtements de vélo pourtant bien pliés dans un sac poubelle pour les protéger de la pluie sont trempés malgré tout car le sac a roulé dans une rigole. J’ai donc toutes les peines du monde à enfiler mes affaires mouillées et après une transition interminable, je monte enfin sur mon destrier à roulettes.

Il pleut comme vache qui pisse, le jour n’est pas complètement levé et comme il est bien précisé dans le règlement, j’allume les lumières avant et arrière…pour ne jamais les éteindre de la journée !

Comme en natation, les sensations sont très mauvaises en ces premiers tours de roue. Vent de face, impossible de trouver le bon rythme et le premier col (le Forcola pass, 2315 m), pourtant facilement monté la veille me parait n’en plus finir. C’est clair, il y a peu force dans les jarrets tortuesques en ce matin pluvieux !

En haut du premier col, on passe en Suisse. Petite halte avec ma team, mais sans leur faire part de mon état de forme très très moyen pour ne pas les inquiéter d’autant qu’ils sont remontés comme des pendules et qu’ils m’encouragent avec force. Vidange des 5 cafés et des 2 thés pris depuis le réveil et j’attaque transis la première descente.

 


Le Forcola Pass, la veille, quand il ne pleuvait pas encore.


Après une courte et très dangereuse descente, il faut monter les 4 derniers km du Bernina Pass (2328 m), le plus haut col alpin restant ouvert toute l’année. La route relie St Moritz aux grandes villes du nord de l’Italie. Elle est très large et malgré le fort dénivelé des camions et des bus passent en grande quantité. Il y a même un train qui y monte !!! Les sensations dans le Bernina sont un peu meilleures, ça vient doucement !

Au sommet du col, je suis trempé et gelé. Je m’arrête une première fois longuement pour rajouter des couches et mettre les chaussures de vélo d’hiver et boire un bon thé chaud, merci ma team !!!

 


Bernina pass

 

La descente sur St Moritz puis sur Zernez est très rapide au début, mais vu l’état détrempé de la route, je reste très prudent et je bénis mes freins à disque. Quand la pente devient moins raide, je peux commencer à tourner les jambes et enfin, cela me réchauffe et mes forces reviennent progressivement. Je suis à vue et à un bon rythme un Suisse qui m’a rattrapé, cela me donne un bon tempo. Ce passage en Suisse est entrecoupé de nombreuses zones de travaux avec des passages à une seule voie de circulation. Il a été bien précisé au briefing que les feux de régulation devaient être scrupuleusement respectés faute de disqualification mais, pas de bol, je vais devoir tous me les faire, perdant de précieuses minutes dans l’affaire car l’attente est longue à chaque tronçon coupé.

A Zernez, km 70, ma team m’a préparé un petit ravito sympa. Le col suivant (el Fuorn, 2149 m), s’il n’y avait pas la pluie et la forte circulation aurait été un plaisir. Mes jambes sont bien là, je commence à remonter des concurrents et je n’ai plus froid car il pleut un tout petit peu moins et surtout, nous sommes plus bas en altitude.

 

Col d’el Fuorn, trempé jusqu’au slip, mais enfin dans la course !

 

Nouvel arrêt au sommet du col ; la moitié de la distance est faite, mais le plus dur reste à venir. Longue pause technique et retrouvaille avec ma team : réconfort physique et moral assuré.

 

 

Marine prépare les sandwichs et les bidons


 

 

Y’a bon Banania !!!

 

 

Marine au pilotage, Iskan toujours prêt à m’aider et Claire au suivi live Fesses de Bouc

 


Des sourires réconfortants malgré la pluie

 

 

Chauffeur, hors pair, sur des routes de montagne parfois difficiles

 

Il y a ensuite 30 km de descente, très technique au début, puis très roulante, où il est agréable de dérouler du braquet. Mais je m’inquiète pour ma team, car je ne vois plus ma voiture depuis un bon moment. Il faut dire qu’elle s'est fait stopper par un douanier suisse zélé qui contrôle toutes les voitures mais heureusement laisse passer les vélos !

 


Dommage, il devait y avoir de belles vues, mais on n’a pas vu grand-chose !

 

De retour en Italie, on arrive après quelques rares kilomètres de plat au petit village de Prato, le pied du Stelvio. Nous y voilà à ce fameux col dont j’ai si souvent entendu parler. Même Lilan Jégou avec qui j'ai le plaisir de rouler le samedi après-midi à Nantes et qui a fait le tour d’Italie plusieurs fois me l’a annoncé comme un gros-méchant-pas-beau ! C’est presque uniquement pour découvrir ce col que je me suis inscrit à cette course. Quand j’ai vu les sommets enneigés au-dessus de Livigno ce matin, j’ai eu peur qu’on ne puisse pas passer (comme cela avait été le cas l’année précédente), mais heureusement, Marine a reçu un SMS de l’organisation confirmant que le col reste ouvert pour la course !

 

 

Le Stelvio par Prato : 26 km d’ascension, les premiers km avec des pourcentages réguliers inférieurs à 7% sur une route sympa serpentant dans la forêt. Puis, le dur, avec une vingtaine de km entre 8 et 11%, et les 48 épingles, assez espacées au début et de plus en plus rapprochées dans l’impressionnant mur final de 6 km où l’on a l’impression que la paroi sur laquelle s’empile les épingles est presque verticale.

Je n’ai pas souvenir d’avoir déjà monté quelques chose d’aussi difficile, pas tant par la pente qui n’est jamais énorme, que par la distance et les conditions météo.


 

La paroi finale du Stelvio lézardée par ses épingles

 

Un coup d’œil à la montre en ce début de col me rend assez optimiste car je suis dans mes prévisions de passage. Mais, il ne faut pas s’enflammer, on refera le point en haut du col que je pense mettre 2h30 au moins à atteindre. Passé le petit village de Trafoi où un taré en 4x4 essaiera de me mettre au fossé volontairement, les choses sérieuses commencent. Les arbres se font rares et le paysage de plus en plus austère. Côté pente, ce n’est pas monstrueux car cela ne dépasse que très rarement les 10%, mais à part les épingles qui sont plates, on n’est jamais en dessous des 8% non plus. C’est usant, tant mentalement que physiquement, d’autant que la pluie redouble et qu’avec l’altitude qui augmente, la température baisse de plus en plus. Je suis « au taquet », très couvert, et pourtant je n’ai pas chaud, j’ai même très froid aux mains car mes gants sont trempés et mes pieds sont insensibles.

Heureusement qu’il y a le soutien inconditionnel de ma team. Au début du col, elle m’attendait tous les 3  km environ, puis ce sera tous les km, pour finir à chaque petit parking où la voiture peut s’arrêter.

 

 


Le début du Stelvio dans la forêt. Jusque là...tout va bien !

 

 

Par ici la montée !           


 

Sur les traces de Vicenzo Nibali :-)

 

 

 



Après la forêt, on commence à monter dans les nuages et la pente se corse

 

Dans ces longs cols, il ne faut pas quicher. Il faut être patient et prendre les km les uns après les autres (paroles sages d'anciens avec qui je roule parfois)


 

Troisième tiers, le plus difficile !

 

 

Le col est en vue, tout là-haut, mais il reste encore au moins 6 km et une bonne quinzaine d’épingles

 

 

Un très grand moment intervient à quelques kilomètres du sommet, quand Marine établi une communication Viber simultanée avec tous mes enfants à distance : Martin en  Corse, Victor à Livigno, Pierre-Louis à Nantes et Ariane à Barcelone. Je n’ai pas le courage de m’arrêter pour discuter, mais je les entends m’encourager et cela me donne un coup de boost phénoménal et me fait même couler quelques larmes d’émotion...les ironmen ont aussi un coeur ;-)))))

 


Connexion simultanée : c’est beau la technologie !

 

Et pendant ce temps, les km passent, lentement mais surement. Le sommet bien visible tout là-haut se rapproche très doucement. Il ne faut penser à rien d’autres qu’à avancer, sans regarder la montre et le compteur, tout en gestion de ce qu’il reste de forces.

 

 

 

Iskan au sommet :  dans le brouillard et même la neige

 

 

Le brouillard envahit très vite la montagne sur les derniers hectomètres

 

 

Les derniers km de la paroi finale. Il faudra que j'y revienne pour voir ça sous les soleil, car ça soit être pas mal aussi !


 

Ho Hisse, un dernier effort…

 

 

2h38 d’effort, ça mérite bien une petite photo !

 

Au sommet, l’organisation a prévu le seul ravitaillement de la course à l’abri dans une salle au bord de la route. Comme j’appréhende beaucoup la descente à cause du froid, je décide de profiter de ce moment de répit et de me changer complètement. Pas très lucide en entrant dans la salle, il m’a semblé qu’il ne pleuvait plus et je voulais à ce moment-là retrouver un peu de confort. Trempé et fatigué, malgré l’aide d’Iskan et Claire, je mets un temps fou à me changer, et je perds un temps précieux. Je mange et bois copieusement et je repars requinqué. Mais, en fait il pleut toujours autant, ce qui fait qu’après 1 ou 2 km, je suis à nouveau trempé et je commence à guidonner de froid et…de trouille.

24 km de descente, en caillant et en guidonnant, c’est interminable.  Plus d’une demi-heure pour atteindre la ville de Bormio où je me change à nouveau avec mes dernières affaires sèches et on se donne rendez-vous avec ma team à T2 car le dernier col ne parait pas trop difficile et je pense que je n’aurais pas besoin d’eux.

Erreur ! J’ai très mal estimé ce col, le Foscagno pass (2291m). Il y a encore 15 km à monter et je n’avais pas vu que c’était un Hors Catégorie. La pente n’est jamais très sévère, mais c’est long en cette fin de journée. La route est défoncée sur le côté, il faut rouler au milieu de la voie et il y a une circulation folle avec des voitures, des bus et des camions qui vous rasent les mollets. La fatigue accumulée depuis ce matin et toute cette flotte rendent ces derniers km encore plus pénibles. Ayant sous-estimé la durée nécessaire pour faire la descente du Stelvio puis cette dernière montée, j’arrive avec plus de 20’ de retard sur mon prévisionnel pessimiste à T2.

T2 est située au-dessus d’un petit parking avec un dernier petit raidard à 15% à se taper sur 100 m avant de poser enfin le vélo. 10h de roulage, 10h30 de temps total, soit « seulement » 30’ d’arrêt grâce à l’efficacité de ma team, mais…je suis cramé !

 

 

Le dernier raidard à 15%, pfiout !!!! pas fastoche

 

De nouveau une grosse perte de temps à la transition malgré l’aide précieuse de toute ma team. Je repars toutefois le plus vite possible car la marge sur la barrière horaire de CAP est déjà bien entamée.

Pas de photo de la course pendant la CAP car j'étais tout seul dans la montagne, avec les enfants qui m'attendaient à Livigno


Le tracé est globalement descendant au début et les jambes ne tournent pas trop mal. Dans mon esprit, le terrain est très roulant jusqu’à la barrière horaire du km 32 (T3) qui autorise ou pas de finir au sommet (il faut y être avant 21h30). Mais, après 2km courus à bonne allure sur la route qui descend, on attaque une grosse partie trail avec un terrain bien gras et une succession de petits raidards et de redescentes. La vitesse moyenne baisse tout de suite et me rend pessimiste sur la barrière horaire de T3. Seul point positif, le mollet a l’air de tenir et je peux relancer en arrivant dans Livigno sur la piste cyclable (km7). Mais là aussi, après seulement 1 ou 2 km roulants, on quitte la piste cyclable pour partir en trail bien costaud avec du D+ qui se cumule petit à petit. J’y crois encore, et j’essaie de relancer tant que je peux malgré les cuisses qui sont HS. Mais au 17ème km, on attaque une très longue montée où je pers encore du temps, et au semi-marathon, quand je calcule qu’il faudrait que je cavale à 12km/h pour arriver juste à temps, je sais que c’est cuit et je relâche un peu mentalement, d’autant que je suis sans nouvelle de ma team et que je suis toujours tout seul sur le parcours, aucun concurrent en vue, ni devant, ni derrière. Rattrapé par la nuit et avec juste une petite loupiote de vélo qui éclaire comme les bougies de ma grand-mère, je fais bien gaffe à pas me niquer une cheville sur les chemins cahoteux.

 

Au km 24, j’ai la très bonne surprise de voir Iskan qui a remonté le parcours à ma rencontre. Il m'entraine bras-dessus bras-dessous dans une course contre la montre pour essayer d’arriver à T3 dans les délais. Je suis au taquet mais, malgré son aide, on ne dépasse pas le 10 à l’heure. Je sais que c’est cuit pour la barrière mais j’essaie de faire mon maximum espérant une clémence de la part des organisateurs et surtout par respect pour Iskan qui s’est donné tant de mal pour moi depuis ce matin et qui en bave à supporter mon poids sur son bras.

Dans Livigno, le poste de contrôle est très mal indiqué, on a du mal à le trouver et dans un dernier effort, on arrive enfin, mais avec quelques minutes de retard sur l’horaire maximum qui a pourtant été retardé de 10’. Marine est fumasse et secoue un peu le pauvre bénévole charger de faire respecter l’horaire. On essaie de parlementer gentiment avec un arbitre, mais rien n’y fait, la décision vient du PC course et il faut se résoudre à terminer la course sur la « low race », moins prestigieuse certes, mais après tout, finir aujourd’hui dans de telles conditions est un résultat relativement honorable.

Je suis surtout très déçu pour ma team, car pour avoir souvent vécu ces arrivées au sommet, où vous êtes accueillis en « héros », j’aurais tellement aimé leur faire partager des émotions pareilles. Nous repartons donc avec Iskan pour les 10 derniers kilomètres qui consistent à faire une boucle au-dessus de Livigno dans les alpages et sur les pistes de ski. Il y a encore pas mal de D+ à se taper, mais force est de constater que mes veilles jambes répondent encore bien présentes et quand nous arrivons au bénévole qui fait le tri entre les concurrents qui ont le droit de monter au sommet pour le finish et ceux qui doivent redescendre à Livigno, je me dis que je me serais quand même bien vu monter avec Iskan, malgré la neige qui commence à tomber là-haut. Il devait rester 400 à 500m de D+ environ et je suis certain qu’on y serait arrivé sans problème.

Marine, Claire et Victor nous rejoignent à 300 m de la ligne et nous terminons tous ensemble. L’émotion est palpable, mais la joie n’est pas extraordinaire car il n’y a aucune ambiance dans cette zone d’arrivée où je suis un des premiers à en terminer et je pense qu’on ne nous attendait pas si tôt par rapport à l’heure où nous avons quitté le dernier check point.

 


Finish line

 

 

 

On y était !!!

 

 


Sentiments mitigés entre le plaisir d’avoir bouclé grâce à ma team cette course de fous dans des conditions bien difficiles, et la frustration avec un petit goût d’inachevé de n’avoir pas pu monter à Carosello. Si encore on avait pu apprécier les paysages magnifiques qu’on a dû traverser toute la journée, le temps aurait paru moins long.

 

Le lendemain, à la remise des prix, la déception est oubliée par toute l’équipe et nous sommes quand même tous fiers du black t-shirt de finisher : « I am an Icon » !

 


Podium final

 

Nous resterons encore 48h à Livigno, le temps de profiter du meilleur resto du coin avec l’accueil très chaleureux de son patron qui nous amène tous les digestifs de son congélo en l’honneur des finisher Icon.

 

Heureusement que Jejeff et Stef étaient pas là, on aurait pas eu assez !

 

 

Un peu de pub pour un super resto : bon, pas cher et super accueillant avec personnel au top et patron jovial !


 

Le camp de base : si si, on est bien au mois d’Aout en Italie !!!

 



 

Bilan chiffré :

-          Natation : 1h23 (un de mes plus mauvais temps)

-          T1 : 11’

-          Vélo : 10h34 avec toutes les pauses

-          T2 : 16'

-          CAP : 5h35

-          Total : 17h59 de course, une rude journée…

-          30ème au général et 3ème des finisher du bas

-          97 au départ, 27 top finisher, 14 low finisher

-          Plus de 50 % d’abandons






Bilan humain : voilà 1 mois que cette course est finie. J’ai eu beaucoup de mal à me mettre à l’écriture de ce CR car il fallait que je « digère » la première barrière horaire de « top finisher » que le loupe depuis que je fais ce genre d'xtrem triathlons, car je suis persuadé que je l’avais dans les jambes. La météo et une mauvaise gestion de mon prévisionnel  sont la cause principale de ce demi-échec, mais aussi très probablement le poids des ans… Mais il n’est pas dit que je n’y retournerais pas dans un futur proche pour voir si la vue sur la vallée de Livigno est belle depuis le Carosello !

 


 

La saison 2018 restera un bon cru, avec comme tous les ans, mes 3 ironman extrêmes:

- Top finisher au Celtman en juin, avec une météo pourrie aussi, mais avec une ambiance de folie et le support inconditionnel de ma team

- un Altriman grand millésime en juillet, avec une météo de rêve, un parcours vélo inédit et l’ambiance du week-end avec les copains du TCN

- et puis cet Icon fin aout, avec un Stelvio dompté dans des conditions dantesques, et à nouveau des grands moments de partage avec ma team.

 

Mes derniers mots vont à ma team ; merci infiniment, sans vous rien n’est possible : Iskan, Claire, Marine présents toute la journée ; Victor et Boussole en base arrière ; Martin, Pierre-Louis et Ariane via Viber, cela restera les plus beaux moments de cette journée à ranger dans l’armoire aux souvenirs ! On recommence quand ??? Bisou

 

 

Team tortue : good job and see you later !!!


8 commentaires

Commentaire de PhilKiKou posté le 07-10-2018 à 22:16:30

après ton triathlon le "trirécitkikou" : 1° épreuve tu mets ton texte, 2° épreuve tu compresses tes photos, et épreuve final "marathon" : tu insères tes photos dans ton récit ;-)

A priori tu à l'air d'en air au début de la 3° épreuve.. Je vais attendre ton arrivée à cette nouvelle épreuve pour me plonger dans ton récit !!!

Commentaire de La Tortue posté le 07-10-2018 à 23:07:09

ça y est Phil, j'ai fini ;-)

Commentaire de raspoutine 05 posté le 07-10-2018 à 23:51:39

Félicitations, mon cher Carapacidé !
On dirait bien que toutes les limites imaginables ont encore été repoussées d'un cran dans ce foutu triathlon extrême !
Mil mercis pour ce beau reportage et félicitations et mil biz à toute la support team !
Il sont trÔ forts eux aussi !

Commentaire de PhilKiKou posté le 09-10-2018 à 07:03:23

Il faut avoir une bonne condition physique mais surtout un moral à tout épreuve pour aller au bout d'une telle épreuve dans des conditions météos aussi mauvaises !!! Le nombre d'abandons le prouvent. Une sacré année et palmarès avec toutes ces épreuves à ton tableau de chasse.. Mais tu ne regardes surement pas dans le rétro, mai déjà sur le programme 2019 ;-)

Commentaire de augustin posté le 09-10-2018 à 13:32:53

Toujours incroyable tes récits Damien, bravo pour cette belle perf double d'une très belle aventure humaine! bravo pour cette pugnacité dans des condtions pareilles, impressionnant!
merci pour les photos, faut que j'apprenne moi aussi à les poster, si tu peux me donner la procedure je suis preneur! merci :-)

Commentaire de La Tortue posté le 13-10-2018 à 23:33:39

pour les photos, c'est pas compliqué, même moi qui suis nul en informatique, j'y arrive.
tu fais "modifier le récit" puis "importer des images". tu vas les chercher sur ton PC puis tu suis la procédure indiquée et à la fin tu fais "rafraichir la fenêtre". tes photos arrivent alors sur kikou. pour les insérer dans ton récits, tu mets le pointeur à l'endroit où tu veux mettre la photo dans le texte et tu valides sous la photo avec la case verte.
c'est pas compliqué, mais il faut faire photo par phot, donc c'est un peu fastidieux. j'en ai parlé aux grands maitres de kikourou pour faciliter l'ergonomie, par exemple, importer un fichier PDF directement dans kikou...

Commentaire de La Tortue posté le 14-10-2018 à 08:11:41

pour les photos, c'est pas compliqué, même moi qui suis nul en informatique, j'y arrive.
tu fais "modifier le récit" puis "importer des images". tu vas les chercher sur ton PC puis tu suis la procédure indiquée et à la fin tu fais "rafraichir la fenêtre". tes photos arrivent alors sur kikou. pour les insérer dans ton récits, tu mets le pointeur à l'endroit où tu veux mettre la photo dans le texte et tu valides sous la photo avec la case verte.
c'est pas compliqué, mais il faut faire photo par phot, donc c'est un peu fastidieux. j'en ai parlé aux grands maitres de kikourou pour faciliter l'ergonomie, par exemple, importer un fichier PDF directement dans kikou...

Commentaire de panâme posté le 26-11-2018 à 16:50:50

D'accord avec toi, cette XTREME ne doit pas nous résister et puis pour ma part, je n'ai rien vu du stelvio...3h30 de montée dans le brouillard....frustrant très frustrant alors le pâname pour ces trente ans de carrière va venir affûté comme une lame...voilà ce que j'en dis

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