Récit de la course : Trail des Alpes Maritimes 2008, par Shostag

L'auteur : Shostag

La course : Trail des Alpes Maritimes

Date : 5/10/2008

Lieu : Menton (Alpes-Maritimes)

Affichage : 1622 vues

Distance : 58km

Objectif : Pas d'objectif

4 commentaires

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Trail des Alpes Maritimes 2008 - 53,2 km, + 2.950 m, - 4.550 m

Seul le « 06 » peut proposer dans une même course tout le contraste entre la haute montagne et la mer. Ce panel d’ambiances se retrouve pleinement dans le Trail des Alpes-Maritimes qui nous conduit des portes du Parc National du Mercantour aux plages de la Méditerranée par une traversée aérienne, technique et variée.

L’organisation a innové en instaurant un système de pointage électronique, de petites clés USB à insérer dans des boîtiers de contrôles éparpillés tout au long du parcours. Très efficace, ce système autorise un nombre restreint de pointeurs bénévoles et permet l’enregistrement automatique des temps de passages (une fiche détaillée est remise à l’arrivée) avec des bonus plutôt ludiques comme l’établissement d’un classement des meilleurs grimpeurs et descendeurs.

Mon objectif du jour est de terminer et si les sensations sont là faire si possible bonne figure pour rester dans le « podium » (les 10 premiers hommes) au challenge des trails de plus de 50 km des Alpes Maritimes. En effet, si je suis actuellement 7ème, cela récompense uniquement mon assiduité (2 courses courues sur 3) et non mes performances, n’ayant jamais dépassé le milieu du classement dans un ultra-trail.

Le départ, fixé initialement à 7h00 au Col du Turini (1.607 m), célèbre pour ses rallyes automobiles, est légèrement décalé, le temps de résoudre quelques problèmes logistiques : navette en autocar « coincée » sur les étroites routes sinueuses. La nuit et la fraîcheur matinale (3/4 °C) laissent place au lever du jour puis au lever du soleil. Je ne suis pas si mécontent de partir sans frontale.

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7h50, le départ est donné et les 70 courageux s’élancent. Nous empruntons une piste forestière qui contourne la Cime de la Calmette alternant petits coups de cul et replats où je commence à marcher. Comme d’habitude, en ayant l’impression de forcer plus que les autres, je me retrouve quand même assez vite dans les toutes dernières positions (un vrai diesel !). Heureusement, le second souffle arrive et je parviens à rejoindre progressivement puis devancer l’arrière garde du peloton. J’atteins la Cime de l’Escaillou (2,3 km, 1.726 m) en 15’’56 aux alentours de la 50ème position.

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Nous basculons dans la première longue descente qui plonge vers Moulinet en empruntant le GR 52 A. D’abord modeste, la pente s’accroît après la Baisse de Patronel sur un joli sentier en sous-bois, lisse et avec de la belle terre humide (et accessoirement un grip phénoménal en VTT qui m’incitera à revenir). A la Carqueira, le terrain devient plus rocailleux et technique ; nous sortons de la forêt pour évoluer sur une monotrace en balcon dominant la Vallée de la Bévéra en contrebas. J’apprécie énormément les descentes, penchant le corps en avant et profitant de la gravité pour maintenir ma vitesse avec moins d’efforts ou accélérer nettement à rythme équivalent. J’y suis plutôt à l’aise et constate aujourd’hui que c’est loin d’être une généralité, la majorité des coureurs se bridant par appréhension quand ils ne freinent pas carrément avec de petits pas latéraux au moindre rocher (alors qu’il est si facile de sauter par-dessus et maintenir son allure). C’est donc avec un certain étonnement que je me retrouve 31ème à Moulinet (9,9 km, 733 m, 56’’57).

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Nous rentrons dans le Parc du Mercantour et attaquons la montée vers la Baisse de Linière. Au départ, assez raide avec de nombreux lacets dans une pente de 25 %, elle s’adoucit et se transforme en un joli travers au niveau de Barma et Fontanin où j’arrive à relancer fréquemment en trottinant. J’avance à mon rythme, équivalent à celui de mes compagnons, et arrive juste au dessus de la Baisse (14,2 km, 1.380 m, 1’48’’47) qu’illumine le soleil naissant.

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Nous passons sur le versant sud du Mangiabo avec une température plus clémente et nous dirigeons vers Sospel. La trace est très propre et sans grande difficulté, elle suit le GR 52, bifurque à la Baisse de Figuiera et contourne le Mont Agaisen par le GR 52 A où nous reprenons 60 mètres de dénivelé positif lors de plusieurs brèves remontées. Le terrain rencontré est varié : sous-bois à nouveau, terres grises, petites prairies, terre ocre granuleuse et voie romaine pavée. Je suis détendu, déroule ma foulée, rattrape et dépasse quelques petits groupes de coureurs et des compétiteurs plus isolés. Je suis pointé en 16ème position à Sospel (23 km, 351 m) où j’arrive en 2’41’’12.

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La 2ème partie du parcours, équilibrée en dénivelé positif et négatif et avec de grosses ascensions, m’est moins favorable. Il s’agit maintenant pour moi de tenir et perdre le moins possible de temps et de places, d’autant qu’en courant à la sensation, je me suis apparemment emballé (170 bpm de moyenne depuis le départ). Je ne pense pas pouvoir résister au retour de ceux doublés depuis la Baisse de Linière.

Nous partons pour une boucle vers les Ruines de l’Albaréa, les Granges d’Agreux et Saint-Julien. La montée de près de 400 mètres de dénivelé, en partie sur la Piste de Scuvion, est régulière et sans à coups. Il est possible de courir mais je préfère m’économiser et adopter un rythme régulier de marche rapide. Celui-ci se révèle payant puisque je distance progressivement la 1ère féminine (Manuella PENSINI), repartie avec moi à la faveur du 1er ravitaillement. Nouvelle descente où je rattrape trois traileurs. Ne voulant pas aborder le « mur » à venir seul, je ralentis légèrement pour leur permettre de me suivre et donne un bon petit tempo jusqu’à Suès (31,4 km, 373 m, 3’51’’41). Je suis alors 13ème et connais mon meilleur classement.

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C’est le second ravitaillement, j’en profite pour remplir ma poche à eau tandis que mes deux wagons plantent une mine et prennent la poudre d’escampette. Cela m’apprendra à jouer les locomotives, la prochaine fois je n’attendrai personne, bien au contraire ! Je me retrouve donc seul dans la montée au Cuore : c’est la copie conforme (+ 720 m en 2,7 km) du gros raidillon d’ouverture du Trail de la Peira qui mène du Suquet à la Chapelle Saint-Pierre, sauf que cette fois-ci je n’ai pas vraiment le même état de fraîcheur. Je commence d’ailleurs à ressentir une certaine fatigue physique, le mental prenant le relais pour maintenir une allure régulière. J’arrive émoussé au sommet (34,1 km, 1.095 m) en 4’57’’20. Un concurrent m’a repris, je suis à nouveau 16ème.

Je n’apprécie pas vraiment la partie suivante, monta-cala qui enchaîne sans cesses montées et descentes, certainement très agréable en randonnée pédestre mais moins en compétition. Je n’arrive pas à trouver de rythme, alternant marche, trot et course. Après les Cols du Cuore et du Razet, j’arrive au Colla Bassa situé à l’aplomb du Gramondo (38,5 km, 1.108 m, 5’46’’19).

Je contourne le Grand Mont par le nord (39,9 km, 1.307 m, 6’08’’32) sur une ancienne piste militaire qui se transforme tardivement en large sentier. C’est agréable mais un peu longuet, la vue sur l’Italie, splendide, est très dégagée. Plus accoutumée à l’ascension directe du Gramondo, je suis convaincu que celle-ci, exclusivement sur sentier, aurait sans conteste été bien plus agréable, qui plus est avec un panorama sommital exceptionnel à 360°.

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Il est temps de rejoindre l’arrivée : a priori, il ne reste qu’une difficulté, le Col du Berceau, avant la descente finale. Pour cela, il faut d’abord rejoindre le Pas de la Corne par un sentier rocailleux et instable qui suit la ligne de crête transfrontalière. Je suis toujours 16ème, je n’ai vu personne depuis longtemps et le négatif m’est plutôt favorable : les affaires s’annoncent plutôt pas mal. C’est hélas le moment où mon corps me rappelle à l’ordre. Je suis victime d’un énorme point de côté qui m’empêche de courir et ne veut pas passer même en expirant vigoureusement : il n’y a pas de miracle, je paie enfin logiquement mon surrégime initial. Je suis contraint à la marche pendant près de dix minutes avant de pouvoir trottiner puis courir. Il était temps : deux poursuivants sont revenus sur moi comme des flèches et ne se trouvent plus qu’à 200/300 mètres derrière.

Je ne suis manifestement plus très frais puisque j’arrive à m’égarer à Restaud en tirant tout droit et perdant imprudemment de vue le GR 52 et le balisage vert et blanc du Conseil Général. D’autant plus que je suis censé connaître le coin pour y être passé en VTT il y a moins de trois mois. Ne souhaitant pas rebrousser chemin, je décide de tracer dré dans le pentu à travers les broussailles en visant la gauche du Roc de l’Orméa. Je retrouve par chance une petite sente qui va me ramener au parcours officiel juste avant le Col du Berceau (44,4 km, 1.091 m, 6’55’’15). Cette boucle imprévue aura favorisé mes pisteurs que j’entends désormais distinctement discuter plus bas dans la forêt et qui n’en avaient pas besoin.

Je profite trop brièvement de la vue plongeante sur la Baie de Menton et m’élance vers le Plan de Lion. Il s’agit d’une des descentes les plus techniques que j’ai rencontré : très raide, appuis fuyants sur des petites pierres glissantes, plus de rochers que de terre. Peu lucide, je suis prudent, évite de prendre des risques et progresse par petites enjambées à près de 7 km/h. Je rejoins Castellar (47,9 km, 345 m) en 7’26’’34.

Le final sur Menton est un calvaire, mon point de côté fait un retour en force, me contraignant cette fois-ci à finir en Cyrano, alternant moitié marche et moitié course. Ce qui n’arrange pas les choses, le profil est irrégulier, comportant de trop nombreuses remontées et portions plates à mon goût. Nous empruntons une sympathique monotrace, un tunnel sous l’A8, une portion de route au niveau du Baousset et Saint-Vincent puis enfin les escaliers de la vieille ville qui aboutissent à la Plage des Sablettes. Dans ces dernières parties, je ne peux résister physiquement (et mentalement ?) au retour de trois coureurs et passe sous l’arche d’arrivée en 19ème position pour 8’03’’09 d’effort, 53,27 km, + 2.950 m et – 4.550 m. Je suis finalement en 5ème position du challenge, surtout grâce aux absents qui se sont abstenus.

Un trail à découvrir: organisation rodée (merci aux bénévoles), concept original et parcours splendide qui méritent sans hésitation le détour.

 

Parcours

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Rythme cardiaque

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4 commentaires

Commentaire de brague spirit posté le 07-10-2008 à 10:45:00

Beau récit,encore quelques soucis à régler,mais la prochaine saison va sans doute confirmer cette belle mise en train.maintenant,place au bitume et vite.

Commentaire de seapen posté le 07-10-2008 à 14:42:00

Merci pour cette belle balade dans le 06, enfin belle balade ?!... bien maîtrisée. Salutations.

Commentaire de Joe One posté le 09-10-2008 à 21:37:00

très joli récit.... avec de belles photos... au plaisir de te rencontrer sur une épreuve locale

Commentaire de akunamatata posté le 06-10-2009 à 07:04:00

merci pour la balade

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