Récit de la course : Tor des Géants 2011, par LudoH

L'auteur : LudoH

La course : Tor des Géants

Date : 11/9/2011

Lieu : Courmayeur (Italie)

Affichage : 1129 vues

Distance : 321km

Objectif : Terminer

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TDG 2011 - Une aventure grandiose!


Préface
Comment ça commence déjà? ah oui toujours pareil: la pression qui monte avant la course, la longue attente pour avoir son dossard et attendre l'heure H, sauf que la préparation est un peu plus longue car il faut optimiser son "sac jaune" qui sera transporté à chaque base de vie (grosso modo, tous les 45 a 50 km et 3500 a 4000m de D+).
Bon pour le D+, franchement j'ai l'impression de m'être fait avoir mon GPS/alti m'indique une distance et un dénivelé largement supérieurs aux chiffres annoncés, et surtout je ne compte pas les montées "oubliées" dans le roadbook! mais bon difficile de vérifier tout ça, en tous cas nous y voilà ... ça part tranquille voir ça bouchonne dans la première montée mais dés le passage du premier col, ça s'étale et on se gène plus trop entre coureurs.

Chapitre 1: Courmayeur - Valgrisenche --  C'EST PARTI
Les embouteillages de la première montée m'ont tout de même permis de croiser plein de monde, entre autres Gilbert, Valérie et Jean Mi
Première descente roulante en alpage puis piste, puis passages caillouteux ... Il y a une tradition chez moi: j'adore me faire une entorse a la première descente, et je réussis brillamment! la cheville s'est beaucoup tordue mais n'a pas craqué, et l'entorse est minime mais la douleur est présente, il va falloir faire gaffe sur les 310km qu'il me reste ... et il faudra peut être bander ça, mais plus tard (en pratique la cheville sera douloureuse pendant une centaine de km puis ça s'améliorera petit à petit!)
Arrive la Thuile, le Paso alto et le col de crosatie, raide et que l'on passera juste avant l'arrivée de l'orage, ce qui nous vaudra de passer a 100m d'un éclair dans la descente GLUPS! Mine de rien on commence a en avoir fait (3 cols) et la nuit tombe, on essaye d'avancer et de profiter des dernières lueurs du jour pendant que la pluie s'installe. Déjà Virgile a une forme d'enfer, moi j'essaye de garder le rythme, les pauses ont été quasi-inexistantes aujourd'hui mais le moral est bon, on monte plus vite que nos voisins, et je descend un peu moins vite mais Virgile m'attend (en montée comme en descente). Arrive Planaval puis Valgrisenche et il flotte avec un vent de 3/4 ... pas top top sympa! Les premières fatigues commencent a se faire ressentir, et j'espère bien qu'après manger on va arriver à dormir un peu pour repartir frais. Ben non, en 1h30 de repos j'ai dormi 10 minutes, Virgile 30 ... mais bon on s'est reposé et on repart sous les averses avec un peu de forme et de motivation.

Chapitre 2: Valgrisenche - Cogne --  PREMIERES DIFFICULTES: LA NUIT, LA FATIGUE, LA DIGESTION et L'ALTITUDE
 La montée au col de Fenêtre de torrent est difficile: l'arrêt au refuge du chalet de l'épée est dure: je me sens mal, ah non! pas encore ces soucis et malaises! mais on repart vite sous la flotte et monte au col en maintenant un rythme. De l'autre côté un Italien nous a prévenu que c'était raide et glissant, et en effet! il a juste oublié de nous parler de la pierre qui a failli nous tomber dessus! GLUPS! Cet Italien c'est Sandro Favre, un valdôtain très sympa que l'on croisera a de nombreuses reprises sur les étapes 2, 3 et 4 mais qui se verra contraint à l'abandon a Valtourenche, dommage pour lui il a été un bon compagnon de route à de nombreuses reprises, et son rythme dans les montées me convenait bien! Mais revenons à notre descente sur Rhèmes notre Dame ou on recroise Valérie et plusieurs Français ça commence à tirer le dos et je fatigue; en plus mon estomac n'est pas en forme et j'ai une petite pensée pour Nico quand je me rend compte que je n'arrive rien à manger. Du coup on se pose un peu plus longtemps que d'habitude (environ 15 à 20 minutes) au ravitaillement et j'essaye de manger 3 tranches de pain. On repart pour le col d'Entrelor qui est a 3000m; la montée sera longue et dure ... finalement à 200m de dénivelé sous le col je profite d'une panne de pile de mon GPS pour les changer et me reposer: il y a 30 minutes on doublait Valérie and co qui se reposaient un peu dans la montée, je me disais que ça allait ... là je suis mort: sommeil, fatigue, la totale, même les escargots d'altitude me doublent en klaxonnant!  Je repars tant bien que mal dans un final de col très raide et très dur j'ai l'impression de me traîner, comment on va faire si déjà là j'en peux plus? La redescente est longue et je n'arrive plus à allonger le pas: j'ai envie de dormir, la nuit blanche a du mal à passer. En bas j'explique a Virgile qu'il faut se poser pour faire une sieste, on croise Jean-Mi au ravito avant de faire une sieste sous un sapin. Apres la sieste de 20 minutes tout va mieux: l'estomac, la fatigue et même le dos: je sens que je suis à nouveau capable d'attaquer et on rattrape notre Valdôtain dans la montée au col Lioson! Mais arrive l'altitude: je prévois de lever le pied vers 2800m d'altitude mais ça ne suffira pas: le final se fera en titubant au point de se rattrapper plusieurs fois sur un caillou, et au prix d'un effort immense ... fatigue manque de sommeil et altitude ne font pas bon ménage. Je profite peu du col même si c'est splendide. La redescente jusqu'à Cogne est longue et raide puis plate et pénible a la fin. Mon rythme fait le yoyo: tantôt ça va, tantôt j'en ai marre. A la fin sur la route qui monte et descend le long de la route j'en ai plutôt marre! Voilà Cogne, on va enfin dormir! Après manger on se donne un slot de 3h de dodo, on en fera 1h30 avant que le dortoir devienne trop bruyant et qu'on décide de se lever. Le départ est un peu long, mais a 18h30 nous voilà sur la 3ème étape. On a une avance folle, et le moral est plutôt bon. Je pense que l'on gère bien!

Chapitre 3: Cogne - Donnas --  UNE BALADE DE SANTE .... OU PAS ...
Encore une petite pensée pour Nico quand je me fais piquer à 2 reprises par un Taon. CA FAIT MAL pendant 2h cette connerie! La 2ème nuit tombe, cette fois on voit la lune et les étoiles c'est agréable, mais je commence à dormir sur place et le refuge Sogno se fait fichtrement désirer, en plus il fait froid! A Sogno, j'ai du mal à trouver mes mots, j'ai du mal à penser et agir correctement, il faudrait sommeil, j'ai dormir! Mais on va attendre le prochain fufuge, euh REFUGE afin de finir la montagne, non la montée. On repart, il fait toujours froid et en sortant du refuge surchauffé je tremble comme une feuille! Heureusement que ça monte jusqu'au col fenêtre de champorcher ça réchauffe et on redescend sur le refuge Doneda qui se fera aussi désirer: une descente facile mais loooooonnnngue. En arrivant on demande a aller se coucher: dans un refuge on a droit à 2h, on s'endort comme des masses! Au re-départ ça va mieux et ça descend jusqu'au prochain ravito puis je me tord a nouveau la cheville dans un trou, juste avant de traverser un pierrier (genre 1h de traversée de caillasses à flanc de montagne!!!) dur dur, cette étape n'est vraiment pas aussi reposante que prévue. Arrivés sur la route on rencontre Laurent (Lau pour les Ufos) et papote un peu. Il nous dit que le chemin est encore long jusqu'à Donnas et que contrairement aux indications du topo, ça remonte ... en effet ça remonte sec! et du coup ça descend sec, et ça finit par 4km de plat sur la route en plus. On court sur ce tronçon pour arriver à Donnas, mais ça tire sur mon dos et à l'arrivée je ne suis pas bien ...j'arrive et je m'allonge puis vais au lit ... en me réveillant ça va mieux mais je sens que j'ai tiré sur la machine, il va falloir gérer, je m'étire et on repart à 11h le Mardi matin, le timing est très bon, on a assez de marge pour ne pas trop se soucier de la barrière horaire et pouvoir se poser un peu si nécessaire.

Chapitre 4: Donnas - Gressoney --  DUR DUR DUR
Ca commence par une petite bosse dans la chaleur, puis ça enchaîne par une longue montée raide par endroit jusqu'au refuge Coda. Mon dos commence à tirer à l'effort, monter à vitesse correcte devient un enfer, j'essaye de me tenir très droit et ça soulage le haut du dos mais tire sur le bas, et surtout ça me coûte une énergie monstre! un véritable combat interne est en train de se jouer, et cela aux dépends de notre vitesse, mais on arrive finalement à Coda: on descend au lac Vargno ou on dormira. Encore une fois la descente sera agrémentée de montées surprises et de longueurs un peu cassantes. Au lac il se fait 19h, on se pose 1h30. La montée suivante se passe assez bien: mon dos va bien, à condition de suivre un rythme régulier; par contre on cherche un peu les balises de nuit mais bon ça occupe! on passe le col de Marmontana, et déjà la descente est plus pénible, le replat pierreux peu agréable et la remontée suivante raide ... mais on garde un rythme potable jusqu'au Crenna dou leui ... encore une descente super raide en compagnie de 2 Français, une pause pour changer les piles de la frontale: on voit plus ou on met les pieds! et ça continue: ça monte ça descend, il n'y a pas de chemin ... mais ou va-t-on au fait??? au Col della Vechia, qu'il nous faudra un temps fou pour atteindre, de temps en temps Virgile m'attend un peu, mais dans cette descente je vais passer le plus clair de mon temps tout seul, et elle est longue cette descente, heureusement que j'arrive à accélerer par moment, mais elle arrive pas cette vallée ... surtout quand le chemin se met a remonter sans prévenir .... finalement on arrive a Niel bien fatigués mais il n'y a plus de lit de libre, dommage on se serait bien posés 20 minutes!
Ca sera 10 minutes a dormir sur une table pour Virgile et sur un banc dehors pour moi (d'ailleurs j'ai tellement fait pitié à une bénévole -- il devait faire 6 -- qu'elle m'a recouvert d'une couverture de survie). On repart donc pour la dernière remontée de cette étape: le moral est au plus bas, la montée est longue et on l'avait mal estimée; le dos tire, je suis pas bien j'en ai marre et l'heure tourne ... la tentation est grande de s'arrêter pour se poser là quelques minutes, mais Virgile m'attend de loin en loin, je ne le rattraperai que quand il s'arrêtera vraiment: au col! Il reste encore une longue descente marécageuse au début, parfois roulante, parfois cassante, mais surtout très longue jusqu'à Gressoney ... en plus ça se termine par 1.5km de route plate (encore une pensée pour Nico) ... cette étape a été crevante, on arrive vers 8h, quasi-24h après l'arrivée à Donnas, heureusement que la prochaine étape promet d'être plus calme.

Chapitre 5: Gressoney - Valtournenche --  L'ETAPE DE REPOS : LE MOMENT IDEAL POUR SE COINCER LE DOS DEFINITIVEMENT
Ca commence bien! du plat sur route et piste sur lequel on avance bien; une montée à un refuge menée à bon rythme, puis une montée au premier des 2 cols de la journée à 600m/h, des hauts et des bas mais le moral est bon, je chantonne dans ma tête et je pense à tous les mots d'encouragements que j'ai reçus directement ou indirectement, je verrais presque les gens m'applaudir sur le bord du chemin ... c'est agréable, ça me donne du baume au coeur, ça peut se faire, on va peut être bien le boucler ce monstre! Pas de pause au col, on redescend, et c'est un peu technique par endroit ... mais après 100m de descente, le dos se coince! difficile d'avancer c'est tout bloqué et ça fait mal! C'est pas la première fois qu'il fait mal mais là ça devient vraiment invalidant ... je m'arrête pour pleurer sur le bord du chemin et prendre un anti-douleur. La suite jusqu'à Saint Jacques sera un enfer: l'anti douleur empêche d'avoir mal, mais le pire n'est pas toujours la douleur: il persiste un blocage global et un mal-être difficile à surmonter ... mais on finit par arriver à saint Jaques où un médecin me donne un anti-douleur plus efficace et je repars en m'accrochant pour arriver au Grand Tournalin et col de Nannaz. Une superbe soupe au refuge finit de me requinquer (pas que j'aie plus mal du tout, mais il y a du mieux et c'est déjà très bien). En haut ça descend pas vraiment, et ça remonte. Parfois j'ai un peu l'impression d'être ailleurs de ne pas être dans le Tor, de plus savoir trop pourquoi je marche ... mais les idées reviennent en place! Surtout que dans cette descente, les pieds commencent à faire souffrir, et la douleur devient vite intenable .... mais il faut avancer, le chemin semble prendre un malin plaisir a suivre les champs de cailloux qui font mal au pieds et c'est raide. De temps en temps je m'arrête 3 secondes ou 3 minutes pour souffler un peu ... parfois j'essaye de laisser passer mes suiveurs (un Français et Dima, un Américain), mais ils me laissent ouvrir la route. Dima me raconte qu'il a d'énormes crampes d'estomac et qu'il a dormi 30 minutes car il n'arrivait plus a suivre le chemin. Après une descente interminable, nous voilà enfin à Valtournenche. On y croise notre Italien qui va abandonner suite a une blessure, dommage pour lui, et on va se coucher. Le réveil sera à 5h. Malgré des descentes pénibles, cette étape a été certainement la plus facile.

Chapitre 6: Valtournenche - Ollomont -- UNE BELLE ETAPE EN HAUTEUR: ET SI ON SE TAPAIT UN PLAN GALERE POUR EN PROFITER PLUS LONGTEMPS?
Virgile a commencé sa journée par me chercher dans le dortoir: il croyait s'être couché à côté de moi ... ben NON, et il croyait qu'on avait dit 4h30 ... ben NON!
Apres un petit dej copieux (pates fruits et yaourts), c'est reparti, ça remonte! Et j'ai sommeil tous les 100m je me demande ce que je fais là, je me coucherais bien sur le bord du chemin pour dormir un peu ... Heureusement au premier ravitaillement, on croise Dima, et on va discuter un peu ce qui aidera à se réveiller un peu et à passer la matinée. Cette journée est dure: beaucoup de petites montées et redescentes très sous-estimées sur le topo, le dos tire, surtout dans les descentes; parfois une séance d'étirement ou un massage d'une secouriste m'aide a passer la prochaine demi-heure puis ça revient. De micro-étape en micro-étape, on arrive finalement au bivouac Rosaire Clermont où on retrouve Laurent. Laurent a de gros problèmes de digestion qui se traduisent par un état de sous-alimentation et de déshydratation avancées. Il repart devant nous mais on le rattrapera vite et on va se faire la grosse descente sur Closé avec Dima, sa femme Karen, et Virgile. J'ai du mal, on discute et ça passe le temps mais j'ai horriblement mal au dos et aux pieds. Dans les passages de replat j'ai du mal, et dans les grandes descentes c'est pire. Je m'arrête une fois 30 secondes puis repars: il FAUT AVANCER, cela fait un moment que j'avance à la volonté et avec la fatigue et la douleur celle-ci a tendance à être un peu entamée. C'est dur dur .... puis il y a un déclic: IL FAUT ARRIVER A OLLOMONT CE SOIR: je le veux a tout prix je néglige la douleur et recolle aux autres, petite remontée sur Closé et j'attaque ... j'arrive et file à l'infirmerie: "réparez moi les pieds et le dos!". Un bain de pied glacial, un changement de pansement et surtout un anti-douleur puissant me remettent sur pied. Par contre Laurent met plus de temps à se préparer il faut dire qu'il doit se remettre à manger quelque chose et boire ... et se préparer pour repartir sur de meilleures bases! on finit par repartir après avoir un peu traîné sur place, moi ça m'a fait du bien, mais Virgile s'impatiente! Ca monte pour Brison, parfois raide, et surtout longtemps, on essaye de pas trop squatter au ravitaillement histoire d'arriver pas trop tard à Ollomont. De mon côté l'anti-douleur fait son effet, et je peux me concentrer sur notre rythme, qui du coup augmente, on monte au train et descend vite, ça nous permet de rattraper un peu du retard et d'arriver finalement à Ollomont pour minuit. Un petit coup de fil à ma chérie (une sorte de rituel maintenant: un coup de fil autour de chaque base de vie) et au lit.

Chapitre 7: Ollomont - Courmayeur -- DOULEURS ET EMOTIONS FONT BON MENAGE
Jamais de réveil n'a été aussi difficile: j'entends mon réveil et l'éteins vite ... et si je me rendormais? peut être que les autres ne se lèveraient pas, ils n'ont pas l'air très en forme non plus ... que c'est dur de se lever, je mets 30 minutes à m'habiller, puis je me traîne à table, regarde mon plat de pâtes en me disant que ça ferait un bon oreiller ... je choisis des trucs faciles à avaler parce que je n'ai pas assez d'énergie pour manger une pomme! On discute avec un coureur qui a fini et un accompagnateur, ça redonne un peu de courage et nous voilà partis ... première montée comme d'habitude: ça va, je sais pas trop si je suis ici mais j'avance; nettement moins vite que Virgile, mais un peu plus que Laurent ... je pense a tous les gens en train de m'encourager sur le bord du chemin: j'ai au moins reconnu Cyril (j'aime bien voir cyril m'encourager: ça me fait rire ... et pleurer aussi du coup), Sémi est venu en famille, Pascal est là, et bien sûr Nico Magaud et Julien, Nico Dey lui il préfère me montrer le chemin dans les descente: c'est facile de suivre ses chaussures de raids, et puis il avance bien ça m'oblige à attaquer ... tiens au prochain virage je vois Francesco, Guillaume, Carine et Nico Faure, y'a même Abdou et d'autres coureurs et sophipolitains, ça donne du baume au coeur, j'en ai les larmes aux yeux! Et ma chérie? Ah elle est là .... comment avais-je oublié qu'elle me suit depuis le début ... toujours derrière mon épaule à me soutenir!


La descente suivante puis le replat amenant petit à petit à st rhémy en bosses se passe pas trop mal pour la plupart ... enfin pour la plupart, à la fin le dos recommence à tirer en pointillés. On recroise Dima qui a passé une nuit de merde et Valérie qui nous double en courant. On se retrouve tous å Bosses au ravito. Je décide de tenir encore un peu avant de voir un médecin pour mon dos et la petite troupe repart. Valérie imprime un rythme trop élevé pour Dima, je suis au milieu et hésite sur mon camp, finalement j'attaque un peu pour rejoindre ceux de devant et suis un peu triste de laisser Dima seul, mais il a vraiment du mal, enfin comme il le dit "I've got a secret: WE WILL MAKE IT!" on le reverra à Courmayeur (en fait il dormira dans la montée avant de finir ...) Je réclame une pause de 3 minutes chrono: j'en peux plus de lutter contre la douleur! Puis on repart, j'ai toujours du mal à avancer: le ravito de Merdeux sup. est loin ... mais il se rapproche et finalement Virgile m'ouvre la route pour un bourrinage en règle et sans bâtons (plusieurs fois j'ai laissé mes bâtons à Virgile pour moins utiliser mes bras et soulager un peu les épaules et le dos). On arrive à rythme d'enfer à Merdeus sup, mais pas de poste de secours, pas de massage, pas de médicament; je quémande finalement un ibuprofène à quelqu'un qui passe et on repart; la montée est encore dure, difficile de lancer la machine avec la douleur, mais Virgile et moi on se lache un peu sur la fin du col. Comment fais-je pour attaquer comme ça? Je suppose que quand je vois que ça prendra peu de temps, je sais passer au dessus de la douleur pour 10 minutes, ça fait pas beaucoup plus mal en fait mais je serais bien incapable de faire ça en permanence.
Un dernier petit bourrinage en règle pour atteindre le col sauf que l'on fait peur à Valérie qui se met à avoir le vertige (bizarre on a déjà vu plus raide, mais le vertige ça s'explique pas). Bref on arrive tous au col, et Valérie commence à descendre, on ne la reverra pas avant l'arrivée; Laurent arrive à son tour: on va finir à trois. La descente  commence à rythme normal puis s'accélère, après Bonatti une petite longueur de plat, que l'on fait en marche forcée ... le dos me fait horriblement souffrir; j'en pleure de douleur en arrivant au refuge suivant; mais on repart vite: IL FAUT EN FINIR! Virgile me guide dans cette descente: rythme soutenu, mais supportable pour moi, Laurent me suit au pas et me soutient moralement ... finalement arrive une petite pluie et le bitume de Courmayeur ... on court, on court vite! on terminera en courant la main dans la main... que d'émotions après la ligne d'arrivée je pleurerai 1 bonne minute sur mes bâtons puis dans les bras de Jean-Mi venu nous accueillir C'est FI-NI! Nous l'avons fait quelle aventure (non le Tor n'est pas une course c'est un événement, c'est une aventure)! quelle satisfaction!

Voilà l'aventure se termine avec de trop grosses douleurs au dos et aux pieds pour bien profiter de la fin, mais le paysage était tout de même splendide, l'entraide entre coureurs était palpable!

Conclusion
Merci a tous mes supporters pour leurs encouragements qui me sont allés droit au coeur ... dans les montées difficiles je pensais a vous tous et les larmes m'en venaient aux yeux ... que d'emotions, que de difficultés, mais quelle satisfaction. Certes j'ai eu mal mais je crois que nous avons participé a quelque chose de grand, quelque chose de plus fort que le constat rabat joie qu'en auront fait certains ...

En participant au Tor, je pense que l'on a véhiculé des valeurs trop oubliées dans la societe moderne ... ce dont je me rappelle du Tor, c'est de l'entraide, de l'amitie, des emotions, des paysages, de la douleur bien sûr, mais aussi de la simplicité de la vie en montagne. Je pense que pendant une semaine nous étions des privilégiés, et nous avons pu faire quelque chose d'exceptionnel, repousser des limites qui n'étaient ni le nombre de lignes écrites en une journée, ni le temps de transport pour arriver a l'heure au boulot ....  en tous cas nous sommes trop décalés pour se contenter des objectifs artificiels que nous fournissent la société moderne.

Décalés et incompris, je sais j'ai l'habitude; dans notre societe actuelle, ne pas comprendre c'est ne pas accepter!
Du coup peu de monde sait accepter que certaines personnes soient décalées et ne rentrent pas dans le moule de la societe, qu'ils aillent faire des trucs de dingue! Les seuls personnes qui acceptent la différence sont certainement les fous eux mêmes, alors si il faut être fou pour avoir un peu d'humanité, je préfère être complètement cinglé

J'ai vecu de belles choses, j'ai passe mon Week-End a faire des accolades remplies d'une émotion qu'il est honteux de montrer dans notre société ou la froideur est de mise! J'ai lié des amitiés, j'ai vu de l'entraide a tous les niveaux (rien qu'à penser que, Laurent, après avoir cassé ses bâtons, s'est vu donner 2 bâtons par des gens de la vallée, je me dis que le Tor véhicule de plus belles valeurs que ce que l'on voit sur notre cote d'azur)

Heureusement tout n'est pas si noir: la preuve les encouragements des amis, leur compassion, leur envie (parfois dissimulée), leurs sentiments qu'ils ont su me transmettre, chacun à sa façon ... pour cela et pour leur aide précieuse cette semaine, je leur dis a tous MILLE MERCIS!
(et 24 KM (kilo-mercis) a Marine, il y a des privilegies que voulez vous)

MILLE MERCIS aussi aux bénévoles et aux organisateurs d'une course qui a pour sûr un sacré caractère, aux autres coureurs et accompagnateurs, tous ces gens qui, au lieu de me laisser dans ma souffrance, ont eu un petit mot gentil dans les moments les plus durs.

Et aussi un Merci particulier à Virgile qui m'a attendu tout le long, et à Laurent qui m'a supporté dans un final difficile, ainsi qu'à Dima et Valérie qui ont partagé une pertie de notre aventure ... le Tor ce n'est pas une course, c'est une aventure!




8 commentaires

Commentaire de Oliv'BCA posté le 21-09-2011 à 10:26:39

Salut Ludo,
je ne savais pas que tu participais... c'est énorme ce que t'as fait. J'ai l'impression que Jeam-Mi a bien mené son affaire aussi. En tout cas finir cette course, t'as vraiment assuré :)
A+

Commentaire de LudoH posté le 21-09-2011 à 10:45:18

Merci!

Oui il y avait Jean-Mi aussi, un peu devant nous ... qui sait, sans mes problemes de dos on l'aurait peut etre suivi d'un peu plus pret!

Eh si t as le temps envoies moi des nouvelles en messagerie perso :)

Commentaire de L'Dingo posté le 22-09-2011 à 08:28:59

La course vécue de l'intérieur parait bien tellement plus difficile que celle effectuée en parallèle sur le suivi internet.
Et quand on connait les antécédents des participants , cela semble encore plus vrai.
Bravo à toi pour ton périple et merci pour ta conclusion: il y a dans le sport des vertus qui sont bien supérieures à celle de la simple compétition.

Commentaire de LtBlueb posté le 22-09-2011 à 08:39:36

Bravo à toi "kikou de l'ombre" (juste parce que je n'avais pas vu ton pseudo ds le fil suivi) mais pas moins mériant que les autres ! Merci pour avoir partagé ton ressenti pendant ces quelques jours ! Et Respect tout simplement !

Commentaire de LudoH posté le 22-09-2011 à 09:08:07

Merci pour vos commentaires ...
et oui j'etais un peu moins present sur kikourou l'annee derniere (j'etais pas tres present avant mais passais faire un petit coucou regulierement ...) mais j'ai toujours trouve le groupe des kikourou fort sympathique lors des courses :)

Merci encore

Commentaire de LudoH posté le 22-09-2011 à 09:46:56

enfin les photos de mon TDG en galerie:
https://www.dropbox.com/gallery/4852234/1/2011-09-11_18%20Tor%20des%20Geant?h=a542d8

les memes photos en 1 seul gros fichier zip:
http://dl.dropbox.com/u/4852234/2011-09-11_18%20Tor%20des%20Geant.zip

et ma trace GPS (il manque 1 ou 2 morceaux parce que des fois j'ai vraiment eu la flemme de changer de piles ...)
http://connect.garmin.com/activity/116183765

Commentaire de Souris posté le 22-09-2011 à 15:09:14

Bravo pour ta course et merci d'avoir pu décrire ainsi cette fabuleuse aventure!! Bravo pour ta force et ton courage sans faille jusqu'à la fin.
Tu dis des choses trés belles en conclusion...

Commentaire de LudoH posté le 22-09-2011 à 16:14:51

Merci, j'ai ecrit ce qui me venait au coeur ... ca fait du bien, on devrait le faire plus souvent :)

Bravo surtout a toi!
Ma course a ete certainement moins belle que la tienne mais j'en suis deja tres satisfait!

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