Récit de la course : Saintexpress 2013, par Guénaël

L'auteur : Guénaël

La course : Saintexpress

Date : 8/12/2013

Lieu : Ste Catherine (Rhône)

Affichage : 1315 vues

Distance : 46km

Matos : Brooks Adrenaline ASR 9

Objectif : Faire un temps

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Saintexpress reloaded

Déjà J+3 … il est temps de faire un rapide bilan de cette 2ème Saintexpress.
Après une première sur cette course en 2012 (avec des super sensations et un chrono inespéré de 4h51), je pense assez tôt dans la saison à me réinscrire sur le 46. 
Niveau prépa, c'est plus compliqué : peu de CAP cet été, un travail sur la vitesse en septembre/octobre et deux semaines en Grèce à la Toussaint … bref, ma prépa Saintex sera limité à 5 semaines en novembre  
Niveau objectif, je sais que j'ai progressé en 2013 et je veux le valider sur une course : si j'ai fait 4h51 l'an passé, je pars sur 4h45 malgré les 2km supplémentaires et la dénivelée en plus.



Arrivée à Gerland le samedi après-midi, retrait des dossards, dernier repas ...bref, la pression commence à monter. Je sais qu'il va falloir quand même s'employer pour sortir ces 4h45 et si j'ai vécu 3 semaines de grâce en novembre au niveau forme, j'ai nettement senti un fléchissement les dernières sorties. Arrivée à Sainte Catherine, remplissage du camel et on se place ensuite sur la ligne. On avance autant qu'on peut, mais Jérôme pense (à raison) qu'on est encore trop loin : on saute alors les barrières pour gruger une vingtaine de mètres  (rhôô!!). 
Il est 23h, je suis content d'être là et pressé d'en découdre … c'est parti !  
Après avoir traversé le village, on attaque rapidement la première montée : autant je me rappelle clairement avoir marché l'an passé (le chemin était pas mal enneigé), autant cette année je passe presque toute la montée à trottiner : on sent clairement que ce n'est pas la même partie du peloton ! J'essaie quand même de gérer le cardio : les premières sensations ne sont pas exceptionnelles mais c'est surtout au niveau des jambes que je sens un manque de tonus. Un point rapide au hameau des Bullières m'indique que j'ai quasiment 2 minutes d'avance sur mon plan de route : c'est bien mais gaffe à ne pas partir trop vite ! On s'engage ensuite dans la descente du bois d'Arfeuille : comme l'an passé, je prends pas mal de plaisir à me laisser aller en descente et à pas mal doubler ; par contre, je sens bien que d'envoyer comme ça a un impact sur les jambes … tant pis, tout ce qui n'est pris n'est plus à prendre.
On traverse ensuite le sympathique village de Saint-André-la-côte où je souris en voyant des encouragements vidéoprojetés sur le mur d'une grange depuis la fenêtre d'en face. La descente du bois des marches est assez piégeuse avec pas mal de cailloux cachés sous les feuilles mortes mais tout passe bien. Le premier ravito arrive ensuite : tout se passe désormais sous un barnum qui doit me sembler plus accueillant que l'an passé car je m'y arrête une trentaine de seconde le temps de boire une tasse de coca+eau (6min 30 d'avance). On enchaine alors bois de la Gorge, bois de la Dame et bois Bouchat, pour ce qui constitue le tronçon le plus sympathique à mon sens de cette Saintexpress. Je compte jusqu'à 7 min d'avance à la sortie du bois de la Dame et pourtant je ne me sens pas du tout serein face à mon objectif : je sens bien que je ne suis pas dans un jour de plénitude et qu'il va falloir se battre ! J'ai déjà mal aux jambes et je sais que la 2ème partie de course, bien que moins technique, n'en est pas moins usante au niveau musculaire.
Alors que l'an passé, j'étais surpris d'arriver aussi rapidement à Soucieu, cette année, je trouve le temps un peu long ! Je m'arrêterai 4min dans le gymnase pour recharger la poche et manger quelques tucs. J'ai toujours 6 min d'avance en repartant mais je sens que je suis entamé …
Je commence à trouver le temps long : j'ai mal aux jambes et pourtant il faut bien courir : le terrain est globalement descendant sans difficultés techniques …. mais c'est dur. Arrivée à Chaponost, on longe l'étang puis on remonte : coup d'oeil à la montre … ça y est, 1min 30 de retard ! Je m'en doutais, mais ça fout quand même un coup ! J'essaie de rester concentré en attendant le ravito de Beaunant, mais je vois qu'autour de moi, ça commence à piocher aussi : je double des concurrents perclus de crampes et qui marche avec la couverture de survie sur les épaules et les foulées des courageux qui essaient de relancer ne sont pas très aériennes ! Je vois à ma montre que je devrais déjà sortir du ravito de Beaunant alors que je ne le vois même pas... Quand j'y arriverai quelques minutes plus tard, je réaliserai qu'on nous a fait faire un léger détour pour y accéder : cela me permet de relativiser mon retard mais je prends quand même la décision de ne pas m'y arrêter. OK, j'ai bien compris que les 4h45 étaient mortes, mais il faut quand même que je fasse moins que l'an passé !  
C'est la tête dans mes calculs que j'attaque la montée des aqueducs. Dans mon souvenir de 2012, je trouvais que les gens faisaient grand cas de cette rampe pour pas grand chose : c'était pas si raide, et c'était vite passé … ben voyons ! Cette année, ce kilomètre à 10-15 % … je le sens bien passer   ! Je marche mais je garde tout de même un rythme correct et je double encore pas mal de monde. On arrive alors dans le dernier escalier : je sais que la fin est proche … et c'est tant mieux. Je râle en voyant que l'on ne prend pas tout de suite la passerelle mais qu'on va d'abord "profiter" des bords de Saône. Je me retrouve dans un petit groupe de coureurs : autant dire que l'ambiance n'est pas à la causette, tout le monde est dans le dur. J'ai mal à chaque foulée et je sens que ça va être tendu de faire moins de 4h51. J'essaie néanmoins de rester concentré et de ne pas faire attention aux copains à coté de moi. Je me fixe alors un seul objectif : quoiqu'il arrive, tu coures ! Les derniers kilomètres seront désespérément longs mais je tiendrai : je finirai épuisé … en 26s de moins qu'en 2012. 

4h51 – 155ème / 2159 au scratch et 87ème/890 en SeH pour 46,8km et 1040m de D+.

 Je suis mort, désespérément mort.


Les motifs de satisfaction : 
- j'ai fini  
- record battu ! Les petites rallonges non prévues me font dire qu'au final, je n'étais pas si loin des 4h45.
- j'ai réussi à courir jusqu'au bout  
- je suis remonté au classement à chaque pointage (207 – 193 – 182).

Les 2-3 choses qui chagrinent et les enseignements à en tirer.
- les jambes en carton   : je pense vraiment que pour « performer » sur cette course, il faut bosser les sorties longues au seuil sur bitume. La technicité du terrain est telle que tout trailer un peu entrainé passe sans trop de problèmes la 1ère partie et ses montées/descentes … mais réussir à galoper après Soucieu, c'est moins évident !
- J'avais misé sur un début "prudent" et une fin plus tonique. Pas sûr qu'en ayant géré le début de course, je réussisse à faire moins que mon chrono en envoyant à la fin. Je pense surtout que le coef de fatigue sur ce genre de course n'est quand même pas négligeable et qu'il faut bien en tenir compte lors des plans de route.



- je suis maintenant convaincu que le plaisir en course n'est pas proportionnel à la perf' ! Je m'explique : si on veut se rapprocher de son potentiel max sur une course, il faut forcément se faire une violence telle que l'on est loin du confort absolu en course. A chaque fois que je me suis aligné sur une nouvelle distance avec pour objectif de terminer, j'ai en général terminé, frais et content de mon résultat. Quand je me suis réaligné sur ces mêmes courses ou équivalentes l'année d'après, le challenge n'était pas le même : il ne s'agissait plus de terminer mais de faire mieux ! Et là, ce n'est pas la même histoire … Alors, on sera évidemment satisfait après course de son résultat mais la « perf' » ne se fait jamais dans la facilité. C'est exactement ce que j'ai ressenti cette année. J'avais l'impression d'avoir gambadé le sourire aux lèvres l'an passé, j'ai couru en serrant les dents cette année. Les années passent, le plaisir est différent  .

Après un peu de repos, je suis satisfait de ma course et je pense pouvoir en tirer quelque expérience. J'aime vraiment cette course mais les commentaires sur la foule du 75km me laissent perplexe : en courant sur la Saintexpress plutôt à l'avant de la course, je n'ai jamais rencontré de problèmes de bouchons en course ou aux ravitos … et je n'ai pas trop envie d'essayer. Je me laisse le temps de la réflexion en 2014 pour me décider ! 

5 commentaires

Commentaire de Timthacel posté le 11-12-2013 à 08:34:36

Très chouette compte-rendu et surtout très belle perf !!!
J'adhère sur plusieurs points :
* 1ère participation à une course bcp de plaisir, on ne se mets pas dans le rouge et on peut accélérer quand on veut (le coeff de fatigue est minime dans ces cas là : même négatif pour moi lol). Lorsqu'on revient sur cette même course on est dans le dur dès le départ, et là effectivement la fatigue doit être plus présente en fin de parcours.
* les doutes autour d'une 75km qui à l'air sacrément bouchonnée...

Ah si dernier point : a moins qu'il y en avait à 2 endroits, le vidéo projecteur n'était pas au village de St André la côte (village juste après la montée D'Arfeuille), mais beacoup plus loin. Il me semble au boulard juste avant la descente du bois des dames...

Commentaire de Guénaël posté le 11-12-2013 à 11:26:02

Salut Timthacel,
Effectivement le vidéoproj était plus loin ;-)
Merci pour ton com'

Commentaire de Benoit Sanchis posté le 12-12-2013 à 22:00:36

Salut Guénael,
Super récit de course et quasiment le même que le mien car en faite je fini cette SAINTEXPRESS en 4h50 et à la 153 ème place, donc nous sommes arrivés ensemble au palais des sports!!!!!

Commentaire de Guénaël posté le 17-12-2013 à 15:27:14

Salut Benoit,
Effectivement, on a du arriver ensemble ! Tu devais être dans un petit groupe qui s'est formé sur le dernier pont et qui s'est étiré jusqu'à l'arrivée non ?

Commentaire de Arclusaz posté le 26-12-2013 à 15:06:09

bravo pour ce record pulvérisé de 26 secondes !

et pour la STL, oui, il y a un peu de monde mais franchement, on oublie vite, c'est magique....

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