Récit de la course : Saintexpress 2014, par Khioube

L'auteur : Khioube

La course : Saintexpress

Date : 7/12/2014

Lieu : Ste Catherine (Rhône)

Affichage : 1351 vues

Distance : 44km

Matos : Asics Fuji Elite

Objectif : Terminer

10 commentaires

Faire connaître ce récit sur Twitter :

Faire connaître ce récit sur Facebook : Partager

523 autres récits :

Saintexpress 2014, à l'arrach(é)e !!!

Après avoir jeté l'éponge à Beaunant en 2012 et avoir péniblement terminé en 6h26 l'année dernière, je remets le couvert ce 6 décembre. Pour une fois, j'ai vraiment tardé à prendre mon dossard. Il faut dire que j'ai été très occupé par le travail depuis le début du mois de septembre et que je me suis extrêmement mal préparé. Une quinzaine de sorties en tout depuis la Nuit des Cabornes, une seule sortie de plus de 20km, à l'occasion du LUT by Night, lors duquel je m'étais réjoui que la course ne soit pas plus longue de quelques kilomètres, sentant (peut-être à tort) qu'il ne m'en restait pas beaucoup sous le pied. Inutile de dire, donc, que je ne pars pas très confiant. Deux amis à moi sont inscrits à la Saintexpress, nous décidons donc de prendre le départ ensemble et de courir aussi longtemps que possible en groupe. Il y a Tom, qui a une revanche à prendre par rapport à l'année dernière, où son ischio l'avait trahi en haut du Bois d'Arfeuille, et qui a une théorie selon laquelle je lui prends toujours une minute par kilomètre en moyenne ; et puis il y a Ben, ami d'ami avec lequel j'ai couru les 20 premiers kilomètres du LUT by Night avant de le distancer vers la fin. Il me semble donc que j'ai une petite longueur d'avance sur eux, je pars donc sur l'idée de courir avec eux aussi longtemps que possible, advienne ensuite que pourra. Que ce soit sur route ou chemin, je n'ai jamais réussi à courir pendant tout un marathon : soit mon estomac me joue des tours, soit ma tête lâche un peu à la mi-course (c'est vraiment dans la tête, puisque je retrouve toujours mes jambes lorsque je sais qu'il ne reste plus qu'un ou deux kilomètres).

Petit point matériel, avant de commencer. J'ai prévu de courir en short avec cuissard intégré, une seconde peau Nike Fit, un petit maillot polaire manches longues de chez Décathlon et une veste sans manche Raidlight (celle avec les astucieuses manches coupe-vent cachées dans le col au cas où). Une paire de gants, un petit bonnet, des Booster, une bonne paire de chaussettes et mes nouvelles chaussures chéries, les Asics Fuji Elite. Une ceinture Oxsitis avec un bidon de 600ml et un petit sac à dos pour la veste et le pantalon imperméables, en cas de coup dur.

 Arrivée vers 20 heures au Palais des Sports, où je rejoins la longue file des dossiers incomplets. Après quelques instants de doute, je récupère le dossard racheté à un kikoureur et retrouve mes deux compères. Je prépare un peu mes affaires, en vrac dans mon gros sac de sport, on prend la direction des cars. Contrairement aux années précédentes, c'est un peu le bazar, il s'écoule près d'une demie-heure avant que nous puissions monter à bord ; heureusement qu'il fait un peu moins froid que lors des deux éditions précédentes ! Quand nous arrivons à Sainte-Catherine, il ne nous reste plus que 45 minutes avant le départ. Ce serait largement suffisant, si seulement j'avais un peu de place pour m'étaler, mais il y a tellement de monde dans la tente que je ne m'en sors vraiment pas avec le dossard, les chaussures, les poches, les gels et tout le bazar que nous autres coureurs nous trimballons tous en cette nuit de Saintélyon. Je me retrouve donc à jeter mon sac dans le camion en n'ayant toujours pas réussi à enfiler ma ceinture-bidon, avec mes écouteurs dans la poche alors que mon lecteur mp3 est dans le camion, je n'ai pas pensé à lancer mon GPS et vais donc courir avec l'heure pour seule donnée (c'est déjà pas mal, cela étant) ! Je me rends également compte, au moment du départ, que j'ai oublié de prendre le fameux gobelet obligatoire, ce qui risque d'être gênant aux ravitaillements. Bref, c'est la dèche, à tel point que je suis un peu contrarié au moment de partir, je ne me sens pas du tout prêt. Mais bon, quand le speaker commence son compte à rebours, il faut y aller, prêt ou non. Tom, Ben et moi sommes plutôt à l'arrière du peloton (en grande partie à cause de moi, on l'aura compris), nous sommes donc pris dans les bouchons et mettons un petit moment avant de pouvoir vraiment courir à notre allure. Nous faisons un petit peu le yo-yo, pas facile de courir à trois sans se perdre de vue, mais les bouchons permettent (c'est au moins leur vertu) à la brebis égaré de retrouver le reste du tout petit troupeau que nous formons.

Quelque part autour du 8e kilomètre (étant donné ma très mauvaise connaissance du parcours et mon absence de données GPS, mes repères kilométriques sont forcément très imprécis), Tom place une belle accélération dans une descente assez technique et se met à doubler comme un fou furieux, à grands coups de « à gaauuuuuche !!!! ». Pas facile pour moi de le suivre, mais je m'accroche. Merde, alors, la descente c'est mon grand point fort, et voilà que je dois m'employer pour ne pas me faire distancer ! Toutes les 30 secondes je recolle, je me dis qu'il va se calmer, le voilà qu'il repart de plus belle. Finalement nous sortons du bois et retrouvons le bitume, le bougre est visiblement défoulé, je peux donc le rejoindre tranquillement et le féliciter pour cette descente impressionnante. Peu confiant dans mes capacités à finir cette Saintexpress dans de bonnes conditions, je lui dis que les rôles sont inversés cette année, que c'est lui la locomotive et que je vais tâcher de m'accrocher aussi longtemps que possible.

En nous retournant pendant une ou deux minutes, Tom et moi constatons que nous avons perdu Ben, qui a dû rester coincé derrière dans les bois (pas facile de doubler dans un single, c'est vite un peu dangereux). Nous continuons, persuadés qu'il recollera tôt au tard. Arrive enfin le ravitaillement de Saint-Genoux, où nous constatons que nous sommes dans les temps par rapport à notre objectif initial, qui est de passer environ 1h30 sur chacun des 4 segments d'environ 11km qui composent le parcours. Avec trois petites minutes d'avance sur ce premier temps de passage, nous faisons une petite pause, le temps de vider un peu ma gourde et de la compléter de thé bien chaud et d'avaler un Tuc ou deux.

Pas de Ben en vue quand nous repartons, mais il ne met pas plus de deux ou trois kilomètres à nous rattraper. Le petit trio est reformé, c'est bon pour le moral, même si tout va bien pour le moment. Cette fois, c'est Tom qui commence à avoir un peu de mal à suivre. Son estomac lui joue des tours, il a l'air d'assez mal digérer le verre de Coca qu'il a descendu au ravitaillement. Ben et moi continuons, nous jetons de temps en temps un petit coup d'oeil derrière nous, Tom répond régulièrement quand nous crions son nom mais n'arrive pas à combler son retard sur nous. Ben et moi arrivons à Soucieu au bout de 2h43 de course, ravis d'être accueillis avec enthousiasme par les spectateurs locaux. Nous sommes heureux de constater que nous avons gagné 70 places au classement général depuis Saint-Genoux (866èmes), sans vraiment forcer. A titre personnel je suis satisfait de mon état, je me souviens avoir été en difficulté à ce point de la course l'année précédente ; cette fois, pas de problèmes intestinaux, mes précautions alimentaires et médicales ont l'air de faire leur effet. Nous faisons une petite pause, je mange un peu et je remplis à nouveau mon bidon d'un mélange thé-eau (avec, cette fois, une proportion plus importante de thé parce que le thé tiède et très dilué ce n'est vraiment pas terrible !). Au moment de repartir, Tom arrive au ravitaillement, il nous explique alors qu'il a été pris de vomissements et que rejoindre Soucieu n'a vraiment pas été une partie de plaisir. Nous lui laissons le temps de se reprendre un peu, de tenter de se réalimenter, et nous repartons.

Malheureusement, notre rythme est désormais trop élevé pour Tom, que nous laissons donc derrière nous non sans regrets. Sans m'en rendre compte, j'impose de plus en plus mon rythme à Ben qui, 4 ou 5 kilomètres avant le ravitaillement de Chaponost, me fait savoir qu'il est vraiment sur le point d'exploser et qu'il ne peut pas continuer à cette allure. Il m'invite plusieurs fois à partir tout seul, je lui dis que je ne suis pas suffisamment sûr de mes capacités à tenir 44 kilomètres pour prendre un tel risque et décide de l'aider à arriver à Chaponost en bon état ; une fois arrivé, j'aviserai. Nous marchons parfois, même sur certaines portions un peu plates, j'essaie de le remotiver. A mesure que le ravitaillement approche nous nous disons que l'objectif de 6h est largement à notre portée et que nous pouvons plutôt viser 5h45. Et pour cause, nous atteignons Chaponost en 04:17 – soit avec une avance de 21 minutes sur nos estimations initiales. Bien que nous ayons sensiblement ralenti dans les derniers kilomètres, nous sommes parvenus à maintenir notre place au classement (pour être précis, nous avons gagné 9 places depuis Soucieu, nous sommes désormais en 857ème position). Et comme aux deux ravitaillements précédents, je fais l'heureux constat que je me sens très bien et que les voyants sont tous au vert, pour une fois, y compris dans la tête.

Maintenant qu'il ne reste plus que 11 kilomètres, que j'ai la certitude qu'il me reste de l'énergie et que, sauf accident, je finirai sans trop de difficultés cette Saintexpress, je décide d'augmenter mon allure progressivement. Comme prévu, Ben ne tente pas de me suivre. Les kilomètres défilent (même si, sans GPS, j'ai du mal à estimer la distance restante), je me régale dans les descentes et j'arrive encore à accélérer sur les portions plates (bon, je me prends aussi une belle gamelle sur un single, merci le nid-de-poule). Dans les côtes, j'applique la méthode chère à Emelie Forsberg (ou, pour parler de stars plus locales, d'un certain Ogo) qui consiste à afficher un large sourire pour tromper son corps. Je suis assez étonné de voir que la plupart des coureurs sont en difficulté à ce stade de la course, beaucoup marchent péniblement, au point que je double pas mal de monde dans la côte des aqueducs de Beaunant. Moi, je double en montée ! Quelle blague... Arrivent les fameuses marches qui conduisent aux quais de Saône, que je dévale deux par deux. Je dois bien admettre que je ressens un certain plaisir à doubler tous ces coureurs pour qui cette portion a l'air d'être un véritable calvaire. C'est un sport de compétition, après tout, on se motive comme on peut ! Quais de Saône, musée des confluences, pont Raymond-Barre, parc de Gerland. Plus que deux kilomètres, je commence à m'exciter tout seul (non sans avoir vérifié que personne ne m'entend) et place une dernière accélération, histoire de terminer le plus fort possible. Je n'aurais jamais pensé pouvoir faire cette dernière portion autour de 13 ou 14km/h, cela relève presque du miracle !

Je franchis enfin la magnifique arche du Palais des Sports au bout de 5h34 (presque une heure de mieux qu'en 2013 !) et exulte intérieurement que je termine 634ème, ce qui signifie que j'ai remonté 220 places depuis Chaponost ! 5 minutes plus tard, j'aperçois un coureur que j'avais tenté de suivre dans le parc de Chaponost, qui paraissait avoir beaucoup de jus et que j'avais finalement réussi à doubler dans Sainte-Foy. Quelle fierté d'avoir le sentiment, pour une fois, d'avoir tenu le coup ! Ben franchis la ligne d'arrivée 20 minutes après moi, il me confie avoir pas mal souffert mentalement et me félicite pour ma fin de course. Enfin, 25 minutes après lui, c'est Tom qui en termine, fatigué et déçu de cette course qui aura été un calvaire pendant près de 30 kilomètres. Nous lui rappelons aussitôt que son objectif premier était de finir et que, de ce point de vue, il peut être fier de lui.

Dressons rapidement un bilan de ma troisième (dernière ?) participation à la Saintexpress.

Sur le plan logistique, je n'ai pas du tout eu froid, l'avantage indéniable de courir sans coupe-vent imperméable est que la transpiration s'évacue parfaitement, de telle sorte que je n'ai pratiquement pas eu la sensation de transpirer. Par ailleurs, ma première expérience de la longue distance avec porte-bidon est une vraie réussite, il a parfaitement su se faire oublier. Le mélange eau-thé était parfait, le mélange pâtes de fruits, pâtes d'amandes, Tuc, cookies et Sportenine aussi. Très content de mes nouvelles chaussures également. Comparées aux grosses XT wings 3, on sent beaucoup plus les aspérités, ce qui rend les descentes techniques un peu plus difficiles, mais c'est un bonheur de courir avec des chaussures aussi légères sur les portions plates.

Surtout, j'ai pris beaucoup de plaisir pendant tout le parcours – ce qui, au vu de ma préparation, est une immense surprise. Cela est probablement dû au fait que j'ai couru en bonne compagnie pendant 33 kilomètres, ce qui rend toujours les choses plus faciles (même dans les périodes où l'on ne se dit rien, d'ailleurs) mais aussi (et sans doute surtout) au fait que j'avais de bonnes sensations, que je n'ai pas souffert et que j'ai parfaitement géré mon rythme (même si, a posteriori, je pense que j'aurais pu aller plus vite sur la première partie et attaquer quelques kilomètres plus tôt). Quel plaisir d'arriver sur la ligne d'arrivée en ayant la sensation (peut-être erronée, d'ailleurs) qu'on pourrait continuer pendant quelques heures encore !

En définitive, cette course est vraiment ce dont j'avais besoin. Une bonne dose de motivation pour la saison à venir, même si je sais que je lutte toujours pour m'entraîner et que je trouve assez facilement des excuses. Mais bon, après tout on court pour le plaisir... Prochain objectif, le Trail des Cabornis, peut-être sur le grand parcours si j'arrive à bien travailler pendant l'hiver, ensuite le LUT et, enfin, le Maratrail de Faverges !

Allez, quelque chose me dit que nous nous recroiserons rapidement par une nuit froide sur les sentiers glacés des Monts du Forez et du Lyonnais – peut-être pour une distance un peu plus grande cette fois, qui sait ?

10 commentaires

Commentaire de mic1338 posté le 09-12-2014 à 18:12:22

Salut,

C'est moi le kikoureur à qui tu as racheté le dossard. Content de voir que ta course s'est bien passée avec un super temps. En te lisant, j'ai revécu les sensations ressenties l'an dernier sur la saintésprint. J'espère bien soigner ma fichue blessure et m'y remettre pour l'an prochain.

Encore bravo pour ta course!

Commentaire de Khioube posté le 09-12-2014 à 18:22:23

Salut ! Merci pour ton petit commentaire, c'est gentil ! J'ai justement pensé à toi juste après la course, je me suis dit qu'au moins ton dossard avait fait un heureux ! Je te souhaite bon rétablissement, prends ton temps pour revenir en pleine forme ! :)

Commentaire de Spir posté le 09-12-2014 à 22:17:29

Belle course et super gestion Khioube ! Ca a dû être un vrai plaisir d'être capable de relancer en fin de parcours. C'est toujours sympa de finir sur de bonnes sensations !
Je retiendrais la méthode Forsberg !

Commentaire de Khioube posté le 10-12-2014 à 13:28:47

Merci ! Oui, la méthode Forsberg, je ne sais pas si ça marche, mais bon... c'est un peu comme l'homéopathie, ça ne peut pas vraiment faire de mal ! :)

Commentaire de Arclusaz posté le 09-12-2014 à 22:39:31

well done (t'as vu, je suis fluent !).
Finalement, ça sert à rien de s'entrainer....

Commentaire de Khioube posté le 10-12-2014 à 13:31:05

Totalement fluent indeed, c'est à mon tour de te dire "well done" pour ça !
Un diablotin, assis sur mon épaule, me murmure les mêmes paroles à l'oreille, figure-toi. "Allez, reste au chaud, de toute façon l'entraînement ce n'est bon qu'à se fatiguer..." Mais je résiste ! Et pour preuve, je ferai bientôt mon retour dans la Golden Head Team, si toutefois elle n'a pas été dissoute depuis (ce qui m'étonnerait fortement, du reste) !

Commentaire de Vik posté le 09-12-2014 à 22:53:42

Tu t'es bien conservé en fait, mais si t'avais besoin de te mettre en confiance c'est pas plus mal !
Mais j'ai du mal à imaginer faire les 2 derniers km à 14km/h ! Perso j'étais cuit ! Rouler sur mon 8.5 demandait déja une grande concentration ! A priori tu dois pouvoir te lâcher un peu plus la prochaine fois ;-)

Si les cabornis tombent à peut prêt à la même date que l'année dernière ça doit être pendant le maratrail du ventoux, mais on se verra peut être à faverges. Je ne suis pas encore inscrit mais j'ai fait le 29km l'année dernière et je me ferais bien le maratrail cette année aussi (avec la maxi race marathon ça fait un maratrail tous les deux mois pour le moment au calendrier, c'est bon timing !)
(d'ailleurs si ça te dis de covoiturer ;-))

Commentaire de Khioube posté le 10-12-2014 à 13:33:06

Je suis bien d'accord avec toi, j'aurais dû démarrer un peu plus tôt ! Disons que cette prudence était... confortable. :)
Pour Faverges je t'encourage vivement à t'inscrire, d'autant qu'ils ont l'air d'avoir du mal à trouver leur public alors que le coin est vraiment superbe. Désolé pour le co-voiturage, mes parents habitent là-bas alors j'y serai sans doute avec quelques jours d'avance...

Commentaire de christ-off posté le 10-12-2014 à 10:49:51

Quel course tu as fait!
Bravo pour ta prestation surtout sur la dernière partie.Bonne récup!

Commentaire de Khioube posté le 10-12-2014 à 13:33:35

Merci, c'est gentil ! C'est récup raclette depuis deux jours, inutile de dire que c'est beaucoup plus efficace que la sporténine ! :)

Il faut être connecté pour pouvoir poster un message.

Votre annonce ici !

Accueil - Haut de page - Aide - Contact - Mentions légales - Version mobile - 0.25 sec
Kikouroù est un site de course à pied, trail, marathon. Vous trouvez des récits, résultats, photos, vidéos de course, un calendrier, un forum... Bonne visite !