Récit de la course : SaintéLyon 2002, par Gibus

L'auteur : Gibus

La course : SaintéLyon

Date : 8/12/2002

Lieu : St étienne (Loire)

Affichage : 376 vues

Distance : 65km

Objectif : Pas d'objectif

2 commentaires

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STL 1

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Quand je suis arrivé en région Rhône Alpes, j'avais dans le viseur deux courses : la 6000D à La Plagne et la Saintélyon.

J'étais émerveillé que l'on puisse courir la nuit et même toute la nuit sur un format trail.

En plus cette épreuve était une des plus anciennes de France.

Raison de plus pour l'accrocher à mon palmarès.

 

Quand au boulot on m'a demandé si je voulais faire partie de l'aventure, j'ai tout de suite dit oui sans hésiter.

 

Deux équipes de quatre relayeurs plus deux accompagnateurs vont constituer ce groupe pour cette longue nuit entre Saint-Etienne et Lyon.

 

Je suis dans la première équipe et 4° et dernier relayeur, le relais le plus long, 18 kilomètres.

 

Nous voilà partis pour Sainté dans la nuit pour un départ à minuit.

Nous trainons dans la zone de départ et je suis très surpris par le nombre de coureurs qui attendent le départ surtout par le nombre d'individuels. Car la majorité est là pour la course solo, impressionnant. Il y en a des 4 coins de France et plus.

 

Je retrouve Mohamed Magroum, coureur de 100 bornes et 24 heures en équipe de France SVP que je connais quand j'étais en région parisienne. Je n'insiste pas trop car la concentration et le silence sont de mise parmi ces champions qui vont se taper la nuit en courant.

 

Les premiers relayeurs sont en place, Philippe et Daniel ouvreurs sont parmi la masse derrière la ligne.

Nous partons avant le départ car cela risque de boucher sur la route pour arriver au premier relais à St Christo en Jarez.

Oui en effet c'est chaque équipe qui s'occupe de relier les différents points du parcours pour les coureurs. Super sympa mais à la longue cela va bouchonner trop fort et il est dit que dans le futur, il y aura des navettes en car pour accéder et être rapatrié aux ravitos.

 

Nous arrivons au 1° relais après un cheminement avec les autres caisses dans la nuit. On ne peut pas se tromper car on suit la caravane de voitures.

Dédé et Jean Marc pour mon équipe taille au départ en sortant des voitures avant quand se gare.

On ne verra pas là non plus le relais.

Les deux premiers remontent dans les voitures les yeux pleins de lumières.

Nous nous séparons car la 1° équipe va aller plus vite.

 

La nuit passe assez vite et je me rends compte que Florian qu'on amène au départ de Ste Catherine va me passer le relais par la suite. La pression monte.

 

Nous nous garons tant bien que mal en même temps que l'on voit passer Jean Marc au taquet.

On l'appelle mais il ne nous entend pas.

 

Nous taillons vers la salle des fêtes pleine à craquer.

Il y a deux portes.

Florian rentre pour chercher J.Marc.

Ce dernier sort quelques minutes après en demandant, affolé, où est Florian.

Il re rentre quand quelques minutes ensuite c'est Florian qui ressort à son tour.

Les gens qui voient ça sont morts de rire.

Cela va durer un quart d'heure.

 

Florian est enfin parti et Jean Marc crevé, tombe d'épuisement dans la voiture où Philippe est en train de faire sa nuit.

Heureusement qu'on a un accompagnateur, car pour conduite c'est niet.

 

Nous repartons, cette fois ci pour Soucieu en Jarrest, lieu du 3° relais et surtout pour mon départ.

 

Je suis en place sur la zone de relais en attendant mon tour.

Il n'y a pas d'info ni de sono annonçant qu'un tel dossard ou coureur arrive. C'est stressant et rageant qu'avec une orga comme ça, ils n'aient pas pensé à ça.

 

Philippe de l'autre équipe doit être en train de courir et Nicolas ne tardera pas ensuite à arriver à l'endroit où je me trouve pour effectuer le 4° relais de l'équipe 2.

 

Je vois arriver et passer Mohamed.

Je l'encourage et regarde ma montre.

Il a l'air d'avoir la patate.

 

Un quart plus tard, Florian arrive. Il me file le DAG, un truc à mettre autour du cou.

Je taille dans la descente avec ma frontale allumée.

Je me dis que je vais essayer de rattraper mon pot' Momo.

 

Nous taillons maintenant vraiment dans la nuit dans un bois.

Nous passons sur un pont en ferraille.

 

C'est cool de courir la nuit.

Drôles de sensations.

Je suis en lutte avec un autre coureur.

La côte de Ste Foix est là plantée devant nous, éclairée. On dirait un mur à escalader de loin.

 

Un petit ravito et nous attaquons la montée.

J'alterne marche et course et sème l'autre coureur.

 

J'arrive en haut et dans le cheminement du village, avant de redescendre sur Lyon, je rattrape Mohamed.

Je taille la bavette un moment avec lui.

Vas y me dit il.

Je le laisse à regret car j'ai de l'admiration envers cet excellent coureur humble et sympathique.

 

La descente sur le trottoir de cette route zigzagante se fait à bonne allure.

Je suis de loin des coureurs.

 

Nous arrivons en bas et nous prenons à droite dans les rues où il y a pas mal de circulation.

Bizarre.

 

Nous taillons sur les trottoirs et arrivons enfin à la patinoire Charlemagne.

 

J'ai mis 1h19' pour ces 18 bornes.

Nous sommes 100° sur 276 équipes de 4.

 

Mais qu'est ce que je vois ?

Je retrouve mon gars que j'ai largué dans la côte de Ste Foix et Momo qui sont déjà arrivés.

Mais vous êtes passés où ?

 

Ils ont dus couper et prendre un raccourci.

C'est rageant.

 

J'apprendrai, mais beaucoup plus tard que c'est moi qui en ai fait trop et qui ai raté les escaliers dans la descente sur le trottoir. Raahhhhh !

 

 

Je retrouve les autres. Tous attendent Nico qui fait le 4° relais de la 2°équipe.

Tout le monde a l'air content, crevé mais heureux.

Philippe est accoudé sur les barrières de l'arrivée et attend avec une bouteille de rouge que l'on avait gagné à une autre course.

Il la lâche à cause de la fatigue.

Elle s'éclate sur le carrelage de l'aire d'arrivée.

Ca la fout mal mais c'est très drôle.

Tant pis pas de rouge de bon matin.

 

Voilà Nico arrive. Il a tout donné aussi pour le groupe.

Nous repartons sur Ambérieu dans le petit matin qui lève.

 

Les yeux remplis d'endomorphines, le cœur encore palpitant, les esprits sont ailleurs :

Dans les hauts, dans la nuit, parmi les chapelets de frontales, sur les chemins obscurs.

 

C'est vraiment une épreuve à part.

Malgré le monde, je me suis dit, ce jour là, que j'imiterai Momo et tous ces traileurs, je reviendrai la faire en solo.

 

 

2 commentaires

Commentaire de Philippe8474 posté le 20-04-2020 à 14:29:13

2002 c'était hier, et c'est tellement déjà vintage!
Super de se plonger dans de "vieux" récits comme ça!

Commentaire de Gibus posté le 20-04-2020 à 14:38:19

C'est vrai que ça parait proche mais tellement loin.
Vivement la reprise !

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