Récit de la course : Embrunman 2009, par largo

L'auteur : largo

La course : Embrunman

Date : 15/8/2009

Lieu : Embrun (Hautes-Alpes)

Affichage : 1264 vues

Distance : 233km

Objectif : Terminer

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Le récit

Cela fait maintenant déjà 1 mois que je me suis retrouvé avec plus de 860 autres doux dingues sur les bords du lac de Serre-Ponçon pour prendre le départ de ce qui restera l’une des courses les plus marquantes du sportif amateur que je suis, l’Embrunman !

Avec le recul, je me suis dit qu’il était temps de raconter toute cette journée dans un compte-rendu, histoire de la faire revivre à ceux qui étaient ou encore faire découvrir cette passion aux autres.

Autant prévenir dorénavant que ce compte-rendu est un tantinet long mais après tout la décision de participer à cette course est l’aboutissement d’un cheminement sportif de quelques années !

Pour avoir une idée de mon passé sportif, c’est simple, je n’ai commencé que sur le tard, lors de mes années de fac, commençant comme beaucoup de personnes décidant d’avoir un mode vie plus sain / perdre du poids par une inscription dans une salle de sport ! Simultanément je commence à faire du jogging, tout d’abord par des séances de 15/20 mins qui s’allongeront régulièrement jusqu’à ce qu’en 2002, Guillaume, un ami d’enfance, me demande de tenter l’expérience du marathon de Paris. Ce sera là un déclencheur puisqu’une fois péniblement achevé en 5h, je me suis pris tout comme lui au goût de l’effort long ! Dans la même année je cours également le marathon de Joigny et celui d’Orléans, améliorant mes performances, apprenant de mes erreurs. Fin 2003 Guillaume me pose la question de savoir si aller au-delà du marathon m’intéresserait … évidemment, pourquoi pas ! La décision est prise de courir les 100kms du Morvan en 2004, notre entraînement se fera l’un sans l’autre puisque je pars alors emménager à Londres mais peu importe, le challenge est posé ! L’expérience sera intéressante mais douloureuse, malgré une préparation très amateur certes mais réelle avec des marathons courus dans cette idée. Il est clair que le longue distance nous attire, les talents de coureur de Guillaume s’exprime maintenant clairement et mettre en place ma préparation, arriver correctement à boucler ce genre d’effort me plaît énormément.

Il va de soit que très peu de temps après, la question du "et après, que faire pour aller titiller les limites" se repose rapidement ! Une fois de plus se sera Guillaume qui fera germer une nouvelle idée dans nos esprits : passer au triathlon et boucler un Ironman. OK donc là le défi est de taille, nous sommes en 2005 et le plan est de s'inscrire à l'IM de Nice l'année suivante … les mois qui suivront vont nous voir redécouvrir les joies des bassins de piscine que nous n'avions plus réellement fréquenté depuis le lycée, chacun dans son pays, et surtout du vélo, sport tout nouveau pour moi ! Nous nous inscrivons au J3 Triathlon d'Amilly, je préfère effectivement courir sous les couleurs de ma ville d'origine, sorry, et commençons les entraînements, initialement pour moi pour boucler mon premier triathlon sur le longue distance de Vendôme, un peu rude comme début mais vu ce qui nous attendrons sur la promenade des Anglais, il faut passer par de la distance. Ce début triathlétique se fera correctement et l'IM de Nice sera également bouclé correctement, dans un état de fatigue raisonnable à l'arrivée, le longue distance est vraiment l'expérience qui nous plaît.

Depuis 2006 la drogue du triathlon a fait son effet et nous sommes accros, réalisant alors quelques autres tri longue distance les années suivantes jusqu'à ce que l'an passé, Guillaume me parle d'un projet pour nous (c'est étonnant la façon qu'il a de trouver des idées de courses farfelues et que j'ai, moi, de les accepter !), le triathlon longue distance d'Embrun. Au lycée, un camarade de classe triathlète m'avait dit que d'une part les gars qui se présentaient sur des distance IM étaient presque des surhommes et qu'il y avait aussi cette course de fous dans les Alpes pour ceux que la distance ne rassasiait pas, à laquelle s'ajoutait du gros dénivelé. L'idée de courir Embrun en 2009 a demandé je dirais … quelques minutes de réflexion ! C'était bon, il ne nous restait qu'à nous préparer ! Mon programme d'entraînement pour 2009 commencera en fait en novembre 2008 car en février je participe à l'Öppet Spar, course de ski de fond de 90kms dans le nord de la Suède avec des amis, dans le cadre de la Vasaloppet, en avril je cours le marathon de Londres pour une œuvre caritative puis en juin ce sera le triathlon Longue distance du lac des Sapins pour conclure le 15 août à Embrun.

Avec l'habitude, je me prépare des plans d'entraînement plus réfléchis, m'appuyant sur ceux donnés par le coach du club sauf que je les remanie un peu pour la simple et bonne raison que … je m'entraîne sans vélo ! J'ai effectivement acquis un vélo que j'ai équipé pour le tri mais je le laisse en France et pédale exclusivement en salle de sport sur home trainer. Certains doivent me prendre pour un allumé mais bon je me sens de mieux en mieux au fil des tris courus et cela semble fonctionner. Le volume d'heure passé dans la trifonction à courir, pédaler gonfle assez rapidement et j'ai même trouvé une piscine découverte de près de 100m de long, parfait pour des séances en combi !

 

Voilà donc comment je suis passé d'une absence totale de sport dans ma vie à somme toute légèrement accro aux endorphines ! J'ai tout de même fait des recherches concernant l'Embrunman, je voulais savoir à quoi m'attendre et je pense avoir lu quasiment tous les comptes-rendus disponible sur le net et avoir visionné suffisamment de vidéo pour comprendre que cette fois-ci, j'avais dit "oui" à quelque chose d'impossible. Plus je trouvais d'infos et moins j'avais confiance, le doute était bien ancré en moi, surtout pour le vélo ! pour la première fois je me suis dit que l'abandon serait une option à envisager à un moment ou à un autre. Pas très optimiste mais je préfère rester réaliste.

 

En fin de compte, le 13 août je débarque à l'aéroport de Marseille avec mon amie et nous retrouvons mes parents descendus pour l'occasion comme ils le font à chacune des courses que je fait en France (en même temps ils ont mon vélo !). En début d'après-midi, après un charmant pique-nique sur les berges de ce magnifique lac de Serre Ponçon, je retrouve Guillaume et d'autres amis dont l'une a boucler la course l'an passé, sous le déluge, afin de faire un reconnaissance tranquille du Chalvet, cette dernière petite boucle qui se fait en fin de partie vélo. L'ascension se fait tranquillement et je me dit que cela n'a rien de méchant … jusqu'à ce que je crève lors de la descente, cassant ma pompe en changeant ma chambre, pas de très bonne augure tout ça ! Nous avons réservé une chambre dans un hôtel sur la route de Barratier, merveilleuse idée de ma mère qui nous a en fait trouvé un hôtel très accueillant, habitué aux triathlètes et leurs besoins stupides de manger tels des ogres et petit déjeuner à des heures où le soleil est bien loin d'être levé. Le jour suivant sera extrêmement calme avec un retrait de dossard très rapide, l'acquisition d'une nouvelle pompe que je m'empresse de monter et la préparation finale de ma monture avant d'aller déposer mon vélo dans le parc en fin d'après-midi. Par précaution je me dis que 3 chambres à air de secours devraient faire l'affaire. Ce faisant je rencontre Estelle Leroi du club de Clermont qui séjourne au même hôtel ainsi que quelques autres triathlètes du Var et d'Alsace ayant déjà obtenu le fameux polo finisher, ces discussions sont riches d'informations sur le parcours que je préfère découvrir le jour de la course, je n'ai pas voulu aller faire une reconnaissance en voiture, et sur tous les petits conseils qu'ils ont. A 17h nous déposons nos vélos, les coureurs sont regroupés par club, très bonne chose, marquage au passage, ce tatouage là ne fait pas très mal, puis briefing qui en fin de compte délivre des mises en garde concernant certains points du parcours vélo. Nous nous séparons avec Guillaume, nous mettant d'accord sur l'heure de notre arrivée au parc à vélo le lendemain matin. Dîner en famille, avec des spécialités locales et bien entendu son lot de pâtes histoire de charger les batteries pour le lendemain, afin de remonter dans nos chambres espérant trouver le sommeil rapidement, une fois la caisse de matériel méticuleusement préparée, il ne s'agit pas d'oublier quoi que ce soit ! Par chance, les bras de Morphée m'accueille vers 23h, avec un réveil prévu à 3h pour moi, heureusement je ne suis pas un gros dormeur mais je ressens le stress, il monte petit à petit !

 

15 août, 3h, le réveil sonne, je le fait taire de suite afin de ne pas réveiller Chrissi, je m'en veux de lui infliger un lever aussi matinal mais elle tenait à me soutenir et sa présence est importante pour le moral. Je descends pour prendre mon petit déjeuner type d'avant course, avec mes petits gâteaux sport fait maison, riches en chocolat et porridge, il y a aussi de la gourmandise mais aucune culpabilité de s'en goinfrer, à ce moment précis c'est du carburant à mes yeux, une barre chocolatée (le magnésium, c'est pour le cerveau paraît-ilJ ) et un bon chocolat chaud ! A 4h30 mon père vient nous voir pour me descendre au parc à vélo, il est encore plus stressé que moi pour être sûr d'être à 5h au parc comme convenu ! Par chance la route est calme mais les abords du lac sont chargés, 862 triathlètes ça génère forcément un certain branle-bas de combat ! Je rejoins donc l'allée 16, juste en face des buts de handball, posant au passage mon ravito perso à l'organisation. Guillaume est déjà là, surprise, ainsi que Daniel, le troisième membre du club qui prend je crois son troisième départ après une réussite et un échec. Quelques blagues pour détendre l'atmosphère, la préparation finale des vélos et des tenues en prenant bien soin d'empaqueter toutes nos victuailles, photos pour le club de tous les trois puis enfilage des tenues après avoir posé de la vaseline sur les parties enclin aux frottements lors de la nage. Vers 5h45 nous nous dirigeons vers la plage où tout le monde se regroupe, les filles partent à 5h50 sous un tonnerre d'applaudissements du public que le speaker arrive à réveiller en cette heure si matinale. Vient alors le moment de d'enfiler bonnet et lunettes puis de se mettre en place, personnellement comme à ma bonne habitude, je préfère partir derrière, la dernière ligne me va bien, je veux seulement finir la nage sans être fatigué et je ne sais pas comment je vais réagir en nageant de nuit. Le décompte commence, la petite boule à l'estomac est là, je l'ai rarement mais la dernière fois ou elle fut si intense c'était … quand j'ai passé mon Bac ! Le coup de feu retentit et près de 840 pingouins plongent dans les eaux noires du lac … mais pas de coups, non c'est relativement calme et bon enfant, très bien j'en profite pour bien m'orienter, j'ai travaillé ça donc autant le mettre en application et me fixe sur le gyrophare de la première bouée, passage sans heur de celle-ci puis je vise le camion de pompier de la second bouée. Le jour se lève petit à petit, mon rythme est très détendu et souple, pas de fatigue, je vois les fameuses algues et continue ainsi pour boucler le premier tour, regardant de temps à autre les montagnes environnantes. Le second tour débute, tours en souplesse, je me surprends d'être aussi relax et me dit que je dois être un peu lent mais qu'importe, quelques minutes en plus dans l'eau ne seront pas fatales ! à la seconde bouée j'aperçois le numéro de Guillaume, encore une fois je le rattrape en nage, je le ferais bisquer plus tard et c'est maintenant le retour vers le parc à vélo, grande ligne droite, la plage ne semble pas se rapprocher si vite !

Je sors de l'eau en 1h14, ce que j'apprendrais après, et trottine jusqu'à mon vélo après un coucou à la famille. Je suis heureux, il y a encore pas mal de vélo, ça me rassure et je retrouve Daniel qui finit de se changer, Guillaume arrive peu de temps derrière. Daniel part, je finis d'ôter ma combi et m'équipe pour le vélo après m'être séché complètement, ce sera cycliste manches courtes avec des manchettes au cas où et zou, c'est parti pour ce qui représente ma plus grosse crainte, 188kms de vélo avec toutes les côtes qui m'ont effrayé lors de mes lectures et ce fameux dénivelé positif qui font d’Embrun ce mythe.

Je m’empare de mon vélo après avoir bien vérifié que tout était en place dans mes poches, je ne risque certainement pas de manquer de gels ou de nourriture, j’ai de quoi tenir avec tout ce que j’emporte ! Les spectateurs donnent de la voix pour nous guider vers la sortie du parc, je ne vois même pas mes supporters, je suis à dans ma course car c’est là que tout se jouera. Il s’avère que les premiers disons 300m sont plats et il faut déjà affronter les premières côtes. Il en sera ainsi pour une vingtaine de kilomètres durant lesquels nous suivons une petite route nous emmenant sur les hauteurs du lac d’où je peux voir les derniers nageurs terminer, passant par ce fameux passage à 22% sur 50m. Je ne regrette absolument pas mon triple plateau et moi qui pensais rouler à un rythme plutôt cyclotouriste que cycliste, je me retrouve dans un groupe avec lequel je vais en fait effectuer quasiment l’ensemble de cette route des Puys. A tout moment je m’attends à voir Guillaume me doubler et cela arrive à une dizaine de kilomètres après le départ, je ne pense plus le revoir mais en fait je vais me surprendre à le retrouver sur la nationale à Savines, le fait d’être habitué à la moto semble être un gros atout pour ces descentes s’avérant parfois techniques sur des routes étroites avec de temps à autre quelques voitures suivant le parcours. Petite discussion pour prendre les sensations et je le laisse partir, inutile de lutter, je profite de cette route de bonne qualité pour me vautrer sur le prolongateur et me détendre le dos avant d’arriver au rond point des Orres où même si la circulation semble stoppée les coureurs sont accueillis et dirigés par une véritable haie d’honneur comme j’ai pu en voir au Tour de France, petit pincement au cœur il faut bien l’admettre. A Baratiers, virage à gauche et direction les gorges du Guil, ma team de supporters est là, sourire et clin d’œil, le moral est bon et l’envie de voir cet Izoard est intense ! La petite cinquantaine de kilomètres qui suit est une succession de montées / descentes qui se passent relativement bien, je n’ai aucun scrupules à jouer avec mes plateaux, ils sont là, autant s’en servir et je ne veux surtout pas me mettre en danger si tôt. Je ne sais pas combien de temps cela me prends, je suis parti sans chrono ni cardio et n’ai pas encore regardé l’heure sur mon compteur, mais je passe devant un panneau annonçant le col de l’Izoard à 14kms … j’avais bien noté une inclinaison augmentant graduellement et je regarde l’heure, il est 10h55, j’ai près de 2h pour être dans les temps, c’est parti pour un bon gros effort ! Au ravito de Brunissard un ami triathlète me double, tranquillement et nous en profitons pour discuter, ça aide à avancer sur ces pentes maintenant à 10% traversant quelques localités et passant par ces superbes forêts de sapins. Ce sera là où certainement dû à la chaleur mes pieds me font horriblement souffrir dans mes chaussures de vélo, je suis persuadé que la chaleur me fait gentiment gagner une bonne pointure et impossible de calmer, m’obligeant à mettre pied à terre. La douleur est réelle, les jambes et cuisses elles ne vont pas si mal mais j’envisage alors de simplement poser le vélo là maintenant tout de suite. Marcher un peu semble aider à détendre donc je marche quelques centaines de mètres, m’obligeant à me remettre en selle au prochain virage. Il est en fait impossible à mes yeux de balayer tous ces mois d’entraînements et les concessions faites pour cette course, je veux voir la Casse Déserte, je veux voir la stèle au sommet, je veux finir ce parcours vélo, je veux être finisher ! Je ne suis qu’à 3 ou 4 kilomètres du sommet, la sortie de la forêt et l’arrivée sur la Casse Déserte est un moment particulier, étrange et magique à la fois mais bien qu’ayant repris ma moulinette sur un petit développement, je m’abreuve de ce paysage et lève les yeux sur ces lacets que je vois bien raides mais rien à faire, je continue. Je retrouve à quelques virages du sommet Daniel, il ne semble pas au top. Je me suis forcé jusque là à prendre un gel toutes les 45mins, une pâte de fruit toute les demi-heures et surtout à boire mes 2 bidons que j’échange à chaque ravito, un coca et un isostar, ce sera mon carburant ! L’arrivée sur l’Izoard est sublime, un accueil de champion pur et simple, un panorama magnifique, des bénévoles qui se ruent sur vous avec votre ravito perso, du papier journal pour mettre sur la poitrine et un petit mot sympa pour tester la lucidité et encourager, ces hommes et femmes sont géniaux ! Hervé, un autre membre du club qui lui suit la course en spectateur est au sommet et me renseigne, Guillaume est à 10-15mins devant … pardon ? Si peu d’écart ? Il doit se tromper. Je regarde mon compteur et j’en reste pantois, il est à peine 12h15 ! J’ai non seulement réussi à vaincre l’Izoard, à être dans les barrières horaires de la course et même à conserver un coussin de sécurité pour arriver au parc ! Ca vaut tous les gels énergétiques du monde, je m’empresse de remplir mes poches avec mes sandwiches, pâtes de fruits et autres douceurs de mon ravito perso, change mes bidons et repart de suite, l’arrêt aura été bref. La descente commence et je m’arrête au troisième virage pour mettre mes manchettes, il fait presque froid à se laisser aller bon train comme ça ! Le retour sur Briançon et le chemin direction la côte du Pallon se fait bien, le vent de face lié aux thermiques de la vallée est bien là mais rien de bien méchant jusqu’au moment précis où au détour d’un virage à droite, un mur se dresse littéralement là où la route devrait être ! Le Pallon est un monstre de difficulté, non facilitée par la chaleur qui règne maintenant, une montée certes de 2kms seulement mais à 14% … Il n’y a pas photo, il faut y passer donc la moulinette reprend du service et l’ascension commence. Malgré un arrêt à mi pente pour des raisons similaires à la montée de l’Izoard, les supporters présents encouragent tous les coureurs du mieux qu’ils peuvent, les appelant tous par leur prénom. Après le Pallon je sais qu’il ne reste que Chalvet mais même si l’écurie se fait sentir, ce dernier effort est terrible et c’est avec soulagement que j’entame cette dernière descente, piégeuse mais menant au parc à vélo ! Juste au virage avant le long tapis bleu qui mène à l’arche d’arrivée, je revois ma famille, le cœur est plus léger à présent et petit moment magique en voyant Zamora juste en descendant de vélo, je ne sais alors pas qu’il a pulvériser le record de la course par 10mns.

Dans le parc, je prends mon temps de poser vélo et affaires, acceptant même les soins d’une charmante masseuse, histoire d’être fin prêt pour entamer ces 42,195kms. Ce marathon aura un début pénible, je marche à chaque côte comme prévu mais un coup de chaud ou une hypo liée à mon relâchement dans mon alimentation sur la fin du vélo se fait sentir. Pas de panique, je continue à marcher à un bon rythme, buvant à chaque ravito et me rechargeant en sucres avant de reprendre un pas de course de plus en plus détendu pour passer le semi serein et récolter le précieux collier de passage. Je sais à présent que je finirai Embrun, je m’oblige à m’arrêter à tous les postes buvant un verre de coca et une boisson énergétique avec un gel tous les 10kms, ce sera ma règle et je vais la suivre scrupuleusement. Etonnamment ma foulée est de plus en plus légère sur ce second semi, plus de stress du tout et je savoure ces kilomètres qui défilent, ces discussions avec les autres coureurs que je remonte. Sans m’en rendre compte je passe pas mal de monde et ai de la peine pour tous ceux que je vois allongés au sol, ils sont allées au bout d’eux même mais l’effort est important ! Je me rapproche du lac, je ne vois pas mes supporters le long de celui-ci, je me doute que Guillaume est arrivé depuis longtemps mais j’allonge un peu le pas, il ne reste que 3 ou 4kms, je ne sais plus exactement, je n’ai aucune idée de l’heure ni de mon temps mais il fait jour, je ne saurais donc rien de ces fameux colliers fluo ! Le dernier kilomètre, passage parmi les spectateurs puis le tour du parc à vélo, l’esprit est fermé, c’est le moment tant attendu, l’Embrunman n’est plus une course c’est ma course à présent, je repense à toutes ces séances d’entraînement, à ces runs tôt le matin le long de la Tamise ou dans les parcs londoniens et apprécient tel un gourmand dans une pâtisserie ! Le tapis bleu est là, je suis dans ma bulle et parcoure ces derniers mètres avec délectation, j’entends mon nom en passant cette arche vue à plusieurs reprises aujourd’hui et me retourne pour voir le chrono … je n’en crois pas mes yeux, partant pour 16h voire 15h en étant optimiste, je lis 14h37, que demander de plus. Je marche direction mon siège et là je l’admets, les émotions accumulées ressortent et les yeux s’embuent, homme de fer peut-être mais le triathlon sur longue distance nous apprend l’humilité avant tout.

La période post-course sera assez calme, je me contrains à un réel repos afin de passer du temps avec les proches laissés un peu de côté ces derniers mois.

La question évidente est de savoir si je pense revenir … pour le moment je dirais non car le vélo m’aura hanté pendant longtemps mais j’avais déjà dit non aux distances IM après Nice donc ne jamais dire jamais. Une chose est sûre cette "victoire" n'est pas seulement la mienne et je la dédicace à ma famille, mes amis, mon amie Chrissi et à ma nièce Léa qui a décidé de pointer le bout de son nez 2 semaines avant que je ne prenne le départ, c'était une raison de plus pour ne pas abandonner, je me dois d'être un bon exemple ;-)

3 commentaires

Commentaire de raspoutine 05 posté le 07-10-2009 à 09:01:00

Hello Largo,

Que de km parcourus depuis les bords de la Tamise ou bien les chemins de la région centre, un peu plus plats, tous ceux-là...
La performance n'en apparaît que plus extraordinaire quand il s'agît de monter en altitude vers l'Izoard...
On va suivre ton sillage en 2010, alors gros merci pour le récit et au plaisir de te croiser sur une course.

Commentaire de Francki 07 posté le 17-11-2009 à 17:46:00

trés beau CR et surtout un temps vraiment top bravo, "dire que j'ai failli passer à coté !!"

Franck

Commentaire de gastéropode posté le 29-11-2009 à 21:45:00

Merci pour ton compte-rendu. Je me dis qu'il n'y pas qu'un seul chemin pour Embrun. Quand je pense que tu l'a préparé sans disposer de vélo à domicile! Alors que je me plains de ne pas disposer de dénivellé à moins d'1 heure de chez moi!
Bravo pour ta course! et peut-être un jour sur un tri... ou un trail!
à plus!
gastéropode

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