Récit de la course : Embrunman 2009, par tiblam

L'auteur : tiblam

La course : Embrunman

Date : 15/8/2009

Lieu : Embrun (Hautes-Alpes)

Affichage : 1097 vues

Distance : 233km

Objectif : Terminer

6 commentaires

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Mon Embrunman 2009 : le premier et dernier ?

samedi 18 juillet 2009,

me voilà avec mon ami Guillaume à reconnaître le parcours vélo de l'Embrunman.

J'ai de la famille à Briançon, donc on ne fera pas le parcours dans l'ordre, on attaquera donc l'Izoard au 150 / 160e à peu près ...

Reconnaissance assez tranquille, je crève dans la descente vers l'aéroport, ce qui ne rassure pas forcément pour la course ...

Dans la montée à la sortie du lac d'Embrun, Catherine Housseaux nous dépasse; Guillaume va un peu l'accrocher et discuter avec elle.

Arrive l'Izoard que je monte en 3h exténué. Même dans la descente, je m'arrête et ferme les yeux.

Rentrés à la maison, et en regardant le temps mis : 12h30 dont 10h21 d'effectives de roulées; je dis à Guillaume : Si je n'étais pas encore inscrit,

je ne le ferai pas.

On fait les calculs, même en se défoncant sur le vélo, il faut ensuite passer les barrières horaires de la course à pied, c'est démoralisant,

surtout en lisant d'anciens récits et en voyant qu'avant il n'y avait pas de barrières sur la cap.

Enfin, on est inscrits, faut y aller.

Pour moi, c'est plus dur, Guillaume, lui est beaucoup plus rapide que moi, il m'a pas mal attendu même s'il finit fatigué.

 

 

Samedi 15 aout,

enfin le jour J, j'ai toujours peur de l'Izoard, mais je me suis bien entraîné ce dernier mois, avec les bons conseils de mon ami Yves, très bon cycliste, et j'ai fait un régime

où j'ai perdu 7 kgs, donc je me dis que ça devrait mieux monter, mais d'après mes calculs, il me faut rouler à 24.5 km/h -> L'Izoard pour le monter en 2h (au lieu de 3 à la reconnaissance ).

Enfin bon, malgré tous les multiples récits et conseils disant que la course ne commence qu'après l'Izoard, je ne pense qu'à cette barrière des 13h10.

Mais commençons par le commencement :

 

 

La Natation

 

Tout d'abord, petit conseil, pensez à emmener une frontale pour le parc à vélo, et aller aux toilettes avant de nager, c'est bien pratique  ...

Je ne me suis pas méga entrainé : environ 1 fois et demi par semaine le dernier mois, et je nageais juste 40 mns sans m'arrêter.

Mais je me dis que ça devrait passer sans trop de problèmes, j'avais fait à Nice 58 mns, j'espère faire ces temps là, mais dans mes calculs, je tape sur 1h15.

Guillaume, qui lui a fait 1h08 à Nice ( mais qui s'est entrainé comme un malade ) n'arrête pas de dire que je vais arriver avant lui, qu'il me rattrapera en vélo,

et qu'on pourra un peu rouler ensemble.

Ca m'énerve un peu qu'il me dise que je vais arriver avant lui, car (et je le lui dis) si j'arrive après lui, ça me dégoutera.

6h-10 le départ des filles est donné : faux départ à cause d'une corne de brume d'un spectateur; mais pas dramatique.

puis 6h, le départ est donné, ça y est, il faut vite finir, pour vraiment commencer la course avec le vélo :)

Bon, j'ai chaud avec ma combi, elle est serrée aussi, mes bras ont du mal à bien tourner, il me faut bien une demi-heure pour me sentir bien.

J'avais peur que l'eau soit trop froide, mais pas du tout (22 je crois), je me demande si je n'aurais pas mieux fait de nager sans combi.

Je sors de l'eau, bon, Guillaume est il là ou pas? Et merde, il est déjà parti, donc en plus j'ai du faire un temps de merde à la natation.

Au final : 1h09

Mais bon, se concentrer : l'objectif est de finir.

 

 

Le Vélo

 

ça y est, enfin le moment de vérité ... j'ai fait une transition pas trop mal : 6mn et quelques.

Je grimpe sur mon vélo, et attaque tout de suite la montée avec mes puls qui grimpent elles aussi, mais je le savais, avec l'altitude, ça change tout de suite ...

Dans la montée, je n'arrête pas de scruter le lac pour essayer de voir des nageurs. Je me souviens de recits, ou même des personnes sortant en 1h25 apercevaient

encore des nageurs; et moi je n'aperçois personne. Alors, comme c'est censé être mon point fort, je suis quand même un peu dégouté ...

Mais bon, l'objectif est de finir, et là; jusqu'au virage à gauche ( donc environ 81e km ), il faut être en moyenne en 24.5 km/h.

Là, c'est la montée, faut bien mouliner, mais pas trop se reposer.

Je monte assez bien, dans les 15 km/h je pense.

Et la descente arrive. Moi qui jusque là ait toujours été scotché à 55 km/h dans les descentes, je me surpasse sur une toute petite partie, et j'arrive à 72,5 km/h.

Je suis trop content !!!

La descente sur le lac se passe bien, je la trouve moins jolie que lors de ma reconnaissance du parcours. Lors de la reco, le lac était turquoise, là, il est bleu normal.

Enfin, ce n'est pas grave, ce qui compte c'est la moyenne.

Arrivé sur la nationale, ça avance vite, je n'ai pas de prolongateur, mais mets mes bras sur le guidon, comme si j'avais un prolongateur. J'ai vu les mecs le faire au tour de france,

et c'est vrai que c'est pas si mal que ça ...

Se suivent quelques montées (qui me font perdre ma moyenne), et descentes, et finalement, j'arrive enfin a remonter ma moyenne à 24.5 km/h environ au 40e km.

A un moment, on prend un rond point à droite pour aller vers Guillestre, il y a vachement de monde, c'est super. Je vois ma femme à qui je tope dans la main,

c'est cool, je suis bien, surtout que j'ai ma moyenne qui est ok.

un peu plus tard, ça monte un peu; ma femme et les parents de Guillaume me rattrapent en voiture, et me demandent si j'ai besoin de quelque chose. Je veux bien de l'eau, alors je leur tend mon

bidon, ils me le remplissent et me le rende. Je trouve ça trop bien aussi, je me sens comme un gamin au tour de france :)

Ils continuent, et me disent : rdv au virage à gauche.

Je continue donc, arrive aux  gorges du Guil, qui sont vraiment magnifiques, c'est cool; la route est fermée dans l'autre sens,donc on peut un peu regarder la beauté du paysage sans trop de dangers ...

On longe une rivière sur un faux plat montant qui ne me fait pas trop perdre ma vitesse moyenne, mais à l'approche du virage à gauche ( environ 2 ou 3 kms ); ça monte sans s'arrêter, et je perd de la vitesse,et je me demande vraiment quand est ce qu'on va virer ...

Enfin, ce virage arrive, mes proches ne sont pas là, mais ce n'est pas grave, je sais qu'ils sont plus loin.

Je commence donc à monter, et me dis que ça y est, il faut tenir ces 2h ( il est 10h49 ), donc je suis pas trop mal si je tiens les 2h.

Le début monte assez bien, je suis agréablement surpris, je vois que ma vitesse moyenne qui pour le coup doit être à 7.5 km/h est largement au dessus, car je suis à 13/14 km/h.

Ensuite, il y a même une petite descente jusqu'à Arvieux je crois, incroyable, j'explose ma moyenne ...

A Arvieux, je m'arrête pour remplir d'eau fraiche mes bidons, boire, et faire un petit pipi ( je suis content, c'est le 1er depuis le départ du vélo, après la journée de la veille ou je faisais toutes les 20 mns, je n'ai pas perdu de temps là dessus ) ...

 

A Arvieux également je vois ma femme mais quand je repars, qui est maintenant toute seule, les parents de Guillaume l'ont abandonnée, et elle me dit qu'elle va essayer de trouver une voiture pour l'emmener en haut.

Me revoilà reparti, mais ça monte bien là, et arrive Brunissard, qui est terriblement difficile ... J'ai comme braquet : 34*27, et j'en chie un max, je n'ai pas gardé la dent de secours comme c'est si souvent conseillé ...

Et là, la moyenne redescend, c'est sûr, mais tout le monde en chie.

Je m'étais dit que pour me donner un rythme dans l'Izoard, je ferais une sorte de fractionné : 1 mn de montée en danseuse, 1 mn ( ou 2 ? à voir en course ) assis ...

Justement, en course j'y suis, et je vois qu'en danseuse, ça me fatigue, et que je ne vais pas plus vite qu'assis; donc oublié cette idée.

Maintenant, il faut arriver en haut, je monte doucement, mais sûrement, j'en double quelques uns, je ne me fais pas trop doubler.

J'en vois un qui poussent leurs vélos ( là pour le coup, c'est vrai que ça rassure ); ma femme me double dans une voiture d'espagnols qui m'encouragent du coup

je monte assez serein, et il n'y a pas de vent, donc ça va,et la casse deserte arrive sans que je ne me rende compte.

Je sais que je suis bientôt arrivé, mais finalement, il reste encore 2 ou 3 kms assez raides, j'apercois ma femme en haut des lacets, je me dis que ça y est, j'y arrive, et que j'aurais passé cette barrière ...

En effet, j'ai mis 1h37 à monter l'Izoard : trop fier de moi, et il est 12h30, donc je peux m'arrêter pour me ravitailler tranquillou.

Bon, j'avoue, je suis un peu fatigué pour le coup ...

Ma femme est là, je récupère mon sac de ravito, je demande à ma femme de remplir mon bidon, et là, une arbitre me dit qu'il faut que je me débrouille seul, ou que sinon c'est carton rouge direct.

Ils sont un peu chiants avec ça, c'est bon, on n'est pas là pour gagner, et je me souviens qu'à Nice, sur le reportage de Sport+ , François Chabaud avait dit :"L'organisation de Nice, très bien, Mavic : super, quand j'ai crevé, ils m'ont changé la roue direct", donc ça le fait pas trop

le règlement juste pour les "nobody" comme nous ... Enfin bon, je n'ai pas eu mon carton rouge. Je peux quand même discuter avec ma femme, ce n'est pas (encore) interdit, et lui demande si Guillaume est passé il y a longtemps.

Elle me dit qu'il est passé il y a environ 45 mns, mais que l'objectif est de finir ...

Je me suis couvert, et j'ai attaqué la descente de l'Izoard, et hop nouveau record perso : 77,5 km/h encore plus content :)

Là pour le coup, je pense que j'arriverai sans trop de problème dans les délais, et que je vais rouler sans me poser de questions, en ne pensant que j'ai juste 2 difficultés Pallon ( qui n'est pas long comme son nom l'indique ) et à Chalvet.

Je roule plutôt bien, et je trouve que Pallon met du temps à arriver, car j'ai besoin d'en finir avec cette difficulté, car Chalvet étant suivi que de la descente, si j'ai passé Pallon, je serais bien.

Enfin, Pallon arrive au 140e je crois; mais que c'est dur !!! Je double pourtant pas mal de gens, roule assez bien, des gens marchent, pourtant ils ont un physique taillé ! Mais qu'elle est dure cette côte.

Elle m'a bien tué, car une fois finie, je suis un peu fini moi aussi ... Je m'attends à retrouver une bonne descente pour me remettre, j'attends le fait de retraverser la nationale pour rejoindre Embrun de l'autre côté (chemin inverse de l'aller); et ça n'arrive pas,

au lieu de ça, on a des montées descentes, et pas mal de vent du coup je trouve. Je n'avance plus très vite (sous les 20 km/h) et suis fatigué.

Finalement, je traverse la nationale, et redescend vers Embrun, juste avant la dernière remontée.

Au pont, je m'arrête pour remplir mes bidons pour Chalvet. Malheureusement, c'est de l'eau chaude, et ce n'est vraiment pas top.

Enfin, on commence à monter, on croise les coureurs qui eux ont l'air frais. Il y en a un qui nous encourage ( sympa ), en nous disant "allez les gars, c'est la dernière difficulté"

en effet, c'est la dernière, mais il fait une chaleur à crever, et j'ai de l'eau chaude.

Malgré cette chaleur, je suis content de voir un rayon de soleil : ma femme. Elle est au niveau de la gare, et me dit qu'elle a pris le train, je ne comprends rien ( en fait elle a fait briancon-embrun en train), et c'est un pur hasard que je me sois synchronisé avec la sncf ...

Je monte en me disant que le marathon va être dur, je me souviens des commentaires disant que Chalvet est placée "exprès à cet endroit du parcours", c'est pour savoir où on en est avant le marathon. J'essaie de me convaincre que je ne suis pas trop mal, mais bon, je ne suis pas non plus au mieux.

Sur la route des passants nous arrosent ( en nous demandant bien sûr ), évidemment vers la fin, il y en a qui disent qu'il ne reste plus que 500m, pas les plus faciles certes, mais 500m.

Heureusement que je regarde mon kilométrage, et que je sais qu'il reste 1.5 km ...

Enfin, j'arrive en haut, et je ne peut pas attendre l'arrivée , je m'arrête à la fontaine pour prendre de l'eau méga fraiche qui fait du bien.

Ensuite, c'est la longue descente jusqu'au parc à vélo, où on entend le speaker dire son nom, et dire qu'on s'approche des 17h15 ...

Enfin, je regarde l'heure, mais il est 16h30, ça va, il y avait encore du temps.

Au final, j'ai mis 9h19 , et temps effectif roulé : 9h02, donc ça va, je suis content de ma partie vélo, enfin surtout après coup, car là, je suis pas mal fatigué, en fait, vraiment l'impression d'être assomé. Peut être aussi est ce du à la chaleur.

 

 

La course à pied.

 

 

Après une transition beaucoup moins rapide : je rangeais déjà mes affaires dans mon sac, ma combi, etc etc ... Je pars pour la course à pied.

Je commence à courir, ça va pas trop mal, je suis en 6mn30 / 6mn50 au kilo.

Par contre, sur la digue, après 4 kms, je commence à trop réfléchir, je me dis, ok, tu peux passer la 1ere barrière des 21 kms en forçant, mais celle de l'arrivée, tu ne la passeras jamais.

Ca sert donc à quoi de se tuer pour rien; et puis, ce genre de course, ce n'est pas pour toi : tu pèses 89 kgs pour 1m80 ( on a les os lourds dans la famille, et pas mal de muscles ;) , mais tout de même ) ...

Donc, je commence à marcher, mais je ne peux pas abandonner, je me dis, je vais continuer tranquillement, et j'arriverai trop tard pour la barrière horaire, on m'éliminera, et je n'aurais pas abandonné.

J'aurais fait le semi, donc j'aurais fait le parcours en entier, vu que le marathon se faisait sur 2 boucles.

Je vois le père de Guillaume qui me dit de ne pas lacher, je lui dit que je suis crevé, et que je ne passerai jamais les barrières horaires, c'est clair que c'est dans la tête, mais que ces barrières foutent le stress( le vélo, et maintenant la cap ...).

Le père de Guillaume est réconfortant, il me dit que je n'en sais rien si je finirais ou pas, que je viens de m'enquiller 190 bornes de vélo, et que c'est normal sous cette chaleur que j'ai du mal à repartir. De me reposer tranquillement en marchant, et ensuite de repartir.

Donc, je commence par vomir de l'eau, et puis je marche, et me décide à faire 1 km de course et 2 kms de marche + marche dans les montées, et course dans les descentes.

A ce rythme je n'avance pas trop mal, car je suis en 10mn au kilo en marchant, je pense que mon expérience de trail et d'accepter de marcher m'a bien aidé sur ce coup là.

Dans la remontée vers la ville je recroise ma femme qui me dit qu'elle m'attend pour la 2e boucle dans 20 kms. Je lui dit que je serai surement éliminé d'ici là, elle me dit que je serais là, car je suis un finisher.

Ca me remonte le moral, et c'est bien, car il y a une descente, donc je peux repartir en courant ...

Je continue à mon petit rythme, et me dit que j'ai bientôt fini, car je vais me faire éliminer au semi.

Et puis 4 kms avant le semi, il y a un gars qui visiblement est bien frais, je n'ai pas fait gaffe s'il avait un dossard, ou s'il en était à son 2e tour, en tous cas, il accompagnait un de ses potes (Bernard je crois)

Et il me disait, allez accroche toi, tu peux passer la barière horaire, c'est ce que Bernard veut faire. Et je lui ai dit : à quoi bon, ils arrêtent la course à 22h30, et le 2e semi, je ne vais pas le faire plus vite, et surtout je n'avais vraiment pas l'envie de me faire mal ...

Et là le mec m'a dit: "mais non, le parc à vélo, ils le ferment à minuit, franchement, la vrai barrière c'est celle de 20h ( après j'ai appris que c'était 20h30 ), ensuite, ils ne vont pas te faire chier, tu peux faire ton 2e semi en 4h ) ..."

Je me suis dit que c'était en effet, vraiment bête d'avoir souffert jusqu'à maintenant, et de devoir recommencer cette course pour la finir et certainement rerencontrer ces souffrances. Autant souffrir une fois pour toutes. Je me suis donc remis à courir, aussi bien plat que montées, pour passer la barrière des 20h (20h30 ? ).

Je suis passé à 19h50, et suis reparti sous les encouragements d'une bénévole sympa qui m'a dit qu'elle serait là pour mon retour. Je lui ai dit "c'est vrai ?", persuadé qu'il y avait peut être encore cette dernière non pas "barrière horaire", mais "limite horaire" de course.

En tous cas, j'ai continué mon chemin. Il faisait déjà plus frais, vu que la nuit commencait à tomber, et finalement est tombée tout court! J'aurais du prendre ma frontale ( autre conseil que je me permettrais de donner; il parait qu'on peut repasser au parc à vélo entre 2 tours, mais bon faire ce détour, du coup je ne conseille pas, mieux vaut : soit le mettre dans le sac de ravitos,

soit la donner à un proche qui peut nous la refiler, surtout après la montée au centre ville, car la digue est éclairée, et la rue pour remonter, ça va, il fait encore jour ).

Sur ma 2e boucle, je croise au niveau du 1er km Guillaume qui termine sa 2e, et qui me dit que la 2e boucle est très dure, enfin, moi, au rythme où je vais, je ne suis plus vraiment dans la course, là, je finis, et je ne souffre plus particulièrement.

ma femme sur la digue finalement, elle en avait marre d'attendre en haut de la ville :)

Je lui donne mes lunettes de soleil, on discute un peu, elle a du mal à suivre mon rythme de marche, elle court même un peu à côté, donc ça fait quand même plaisir ...

Elle me dit : "tu sais que tu en as encore pour un moment", je lui dit "oui, mais j'irais au bout", je pense que j'en ai encore pour 3h30, et je continue.

On me met le fameux colier lumineux qui me fait penser à un récit disant "moi j'ai eu le collier nananère", et suis content de vivre cette expérience jusqu'au bout ...

Je continue mon ryhtme marche / cap jusqu'à ce que je me retrouve dans des chemins non éclairés et un peu dans la cambrousse.

Je me prends cette excuse : "ce serait con de se tordre la cheville et de ne pas arriver au bout, tu ne vas pas gagner non plus énormément de temps".

Et je marche dans le noir, je marche seul dans les rues qui ... A un moment, dans une montée, il y a des jeunes en vélo qui me demandent si j'ai besoin d'aide, je leur dit que ça va, ils me proposent de m'éclairer, je leur dit avec plaisir, et ils me suivent en vélo en

 m'éclairant jusqu'en haut de la côte. Je leur fait une petite blague en leur disant que s'ils trouvent que je vais trop vite pour eux, de ne pas hésiter à le dire.

 Et ça monte, ça monte, je ne souvenais pas que ça montait autant dans la 1ere boucle, mais ça va, j'avais peur d'avoir froid dans la nuit en altitude, mais ça va.

On passe à un moment où il y a un tas de gens qui sont là et qui applaudissent, qui crient, c'est génial, je continue, et j'entends un peu plus tard la même chose ( les memes cris etc ... ); je me dis qu'il y a donc quelqu'un derrière moi, et en effet, en

haut de la côte, un autre concurrent me rattrappe : Cédric, qui est avec sa copine , Céline , elle à vélo. Nous discutons tous les 2, et finalement continuons ensemble, et quand Cédric veut courir, je cours avec lui. Ensuite, je lui dit que c'est pas mal de courir dans la descente,

et puis on discute pas mal, du fait que ça va, ils ne le font pas chier maintenant avec Céline, alors qu'en haut de l'Izoard ... Et il a connu la meme galère ... Enfin, le temps passe plus vite en effet, et surtout qu'on parle de la course qu'on a vécu, et qu'on est en train de vivre,

c'est passionnant !!! On parle de ces p... de barrières horaires qui mettent le stress, on parle de l'ironman de Nice qui nous paraît facile maintenant, que ce qui nous pousse à finir cet embrunman, c'est que c'est la seule et unique fois qu'on le fera, et être arrivé au bout est l'essentiel etc etc...

Sur la digue, Cédric décide de courir tout le long, moi je décide de reprendre mon rythme 2kms marche / 1 km cap. Finalement, Cédric a des crampes, ce qui me fait le rattraper, puis il me redépasse. Enfin, on ne fait pas la course, de toutes façons, chacun de nous veut bien évidemment arriver séparemment pour profiter de l'arrivée.

Sur la digue, on entend le speaker qui dit qu'il y a encore 22 concurents en liste, et on sent l'arrivée qui s'approche.

Arrive le dernier ravito ( au km 40.5 je pense, juste avant la dernière montée ).

Je dis que je vais prendre un coca pour faire bonne impression à l'arrivée, mais j'aurais mieux fait de ne rien prendre, car pendant la montée, je n'arrêtais pas de tousser, et prêt à vomir, mais sans jamais rien rendre.

En haut de la montée, la bénévole qui avait dit qu'elle m'attendrais était en effet là, et arrive le km 41, là il faut recourir :)

Je recours, je vois ma femme qui m'encourage, tout le monde encourage un peu, je redouble Cédric qui me dit qu'il attend Céline pour faire l'arrivée ensemble.

Je continue, c'est un peu long, elle n'arrive jamais cette arrivée, et finalement, après quelques virages, enfin le dernier virage, avec en ligne de mire le tapis bleu,

et le speaker qui prononce mon nom, sans faute en plus, bravo, et cette allée de spectateurs encore là à cette heure tardive, alors que je n'en connais aucun; c'est super, car Guillaume, lui, ne m'a pas attendu, je suis un peu déçu, mais tellement content d'arriver.

Je revois ma femme, je l'attrape, et nous passons la ligne ensemble, elle est encore plus émue que moi je pense.

En tous cas, je suis super heureux d'avoir fini, et surtout que l'organisation laisse finir cette épreuve aux valeureux qui souffrent un max.

 

 

Bilan

 

Super heureux d'avoir fini, car 1 mois avant, lors de la reco j'en étais loin.

Sur la finishline : je l'ai fait, c'est bon.

La nat, pas de regrets, car avec quasi pas d'entrainement, je ne perds que 10mns, ce n'est pas dramatique.

le vélo,je pense que j'ai roulé comme il le fallait. Il me manque un peu d'entrainement pour arriver plus frais.

La cap : à améliorer: peut être courir 20kms après une sortie longue de vélo, ça je ne l'ai jamais fait.

Peut être commencer l'entrainement de Yves un peu plus tôt en vélo.

En tous cas, cette course est superbe, et l'arrivée géniale (en tous cas celle des derniers est mieux que celle des 1ers ); je la redoutais un peu du fait que ce ne soit pas le label ironman,

avec le cinéma à l'américaine ( que j'aime bien : à nice : pompom girls, annonce du speaker en anglais etc ) ... et l'arrivée est tout aussi bien à l'Embrunman.

donc vive l'embrunman, et peut être se reverra t'on dans le futur ...

6 commentaires

Commentaire de jean-chris05 posté le 15-09-2009 à 13:05:00

Un seul mot : bravo!

Commentaire de VB posté le 15-09-2009 à 14:27:00

Grand Bravo, je l'ais fait 2 fois, il reste mon plus beau souvenir de triathlon, j'espère d'ailleurs y retourner d'ici peu !!!

Commentaire de LtBlueb posté le 15-09-2009 à 21:57:00

bravo tiblam ! faire embrun à près de 90kg c'est fort !! chapeau !! j'espère être à ta place dans un an !!

Commentaire de bigpeuf posté le 15-09-2009 à 22:10:00

J'aime et puis c'est tout !!
A+
le BIG

Commentaire de tiblam posté le 17-09-2009 à 07:59:00

merci à tous, LtBlueberry, j'ai hate de lire ton récit de finisher 2010

Commentaire de raspoutine 05 posté le 07-10-2009 à 09:26:00

Hello Tiblam,

Ton récit me remet incroyablement dans la réalité du sujet et montre le chemin. Cette année, je n'étais que spectateur privilégié sur Embrun. J'avais suivi un ami lors de sa course et ton vécu, c'est exactement ça.
Alors félicitations pour la perf, et merci pour ton récit qui devrait en inspirer quelques uns... Pour ma part, je franchirai le pas en 2010.

et puis... 233 000 bravos !

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