Récit de la course : Embrunman 2008, par La Tortue

L'auteur : La Tortue

La course : Embrunman

Date : 15/8/2008

Lieu : Embrun (Hautes-Alpes)

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Distance : 233km

Objectif : Pas d'objectif

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I had a dream !

 

« Embrun Man » ! « Embrun Man » ! Je ne sais plus quand j’ai entendu parler pour la première fois de cette épreuve ? Peut être à un reportage sur stade2 il y a de nombreuses années. En tout cas à l’époque, je ne me serais jamais douté qu’un jour je me retrouverais à 6h du matin dans la nuit au bord du plan d’eau d’Embrun…

 

« 6h du mat, j’ai des frissons…chacun fait fait fait, c’qu’il lui plait plait plait… » (photo lapin) 

 

Me voilà aussi devant une page blanche pour écrire un compte-rendu (CR), le plus exhaustif possible, de cette longue journée. A course exceptionnelle, CR exceptionnel. Ainsi, je vais développer 3 chapitres :

1/ la genèse pour mieux comprendre comment j’en suis arrivé là (en noir),

2/ la préparation pour ceux qui voudraient s’en inspirer, sachant que j’ai signé ma première licence de triathlon le 04/01/2008 (en bleue)

3/ la course elle-même et ses à-côtés (en noir à nouveau).

 

Plusieurs couleurs pour plusieurs chapitres car ce CR va être long et si certains veulent sauter des étapes, les couleurs les aideront à s’y retrouver ;-)

 

Je remercie par avance tous ceux qui ont réalisé les photos qui vont illustrer ce CR : Martin, Pierre-Louis, Mylène, Le Lapin, Nono, Akunamatata, Tribob, Coli, la Souris, Olivier.

 

I LA GENESE :

 

Avant d’arriver sur la plage d’Embrun, je pense donc qu’il faut faire un petit retour en arrière pour essayer de comprendre comment on peut en arriver là, finalement assez « naturellement ».

 

Flash back :

 

1999, après de nombreuses années de volley-ball au niveau national (joueur, puis entraineur/jouer) puis de rugby au niveau régional et après aussi avoir arrêté de fumer et pris de nombreux kilo, je me mets doucement à la course à pied, comme tous les « gros » qui veulent retrouver un peu la forme !

La tortue en 1999, 1m90 pour 100,2 kg ; belle bête ;-)   "Il va peut être falloir  commencer à se bouger ! "

A la recherche de motivation et d’émulation, je fouille sur le net, nouvel outil de communication pour moi, et je découvre les listes de discussion, et plus particulièrement, celle du site « www.42kms.com » ; très rapidement surnommée « le zoo », en raison des surnoms virtuels adoptés par les membres de cette mailing liste (ML).

http://www.sportnat.com/zoo/

 

On y trouve à l’époque, entre autres, un nitrophil (créateur), un mammouth rose, un papy pingouin, un raton-laveur, un bourrin, un toutou, un électron, un blueberry, un lapouneur, un pockemon, une sauterelle, un chat siamois, un canari et pleins autres « zanimos » bizarres qui voudront bien m’excuser si je ne les cite pas tous. Vue ma lenteur, j’adopte très rapidement le surnom de « la Tortue » ; à l’époque, un certain chanteur à la voix efféminée ne me volait pas encore la vedette ;-)). Je trouve l’accueil très sympathique, et malgré mon niveau proche du zéro, je récolte, auprès de ces zanimos, dont les résultats me laissent pantois, un maximum de précieux conseils pour commencer à trottiner et à m’entrainer  « sérieusement ». Je m’entraine toujours seul, sans jamais m’inscrire dans un club car je ne veux pas dépendre de contrainte de temps ou de lieu, mais déjà en j’essaie d’échafauder mes premiers plans de route avec le secret espoir de pouvoir boucler un jour mon premier marathon.

 

Après des débuts laborieux et émaillés de quelques blessures dues à des erreurs de jeunesse dans l’entrainement, je parviens à faire mes premières courses et 3 ans plus tard, en 1992, je boucle mon premier marathon en 3h57 ! Epuisé, il me faudra plusieurs semaines pour récupérer, mais déjà, en franchissant la ligne, sous les yeux du Canari, je sais que je recommencerai, car j’ai traversées pendant ces quelques heures des états que je n’avais jamais connus auparavant en sport co, pourtant si riches aussi en émotions.

http://www.kikourou.net/recits/recit-693-marathon_de_nantes-2002-par-la_tortue.html

  

Fin 2002, à l’occasion du marathon du Médoc, je découvre plusieurs de ces « zanimos » virtuels qui sont aussi sympathiques en réel que sur le net.

 

 

« Les zanimos en papous au marathon du Médoc 2002 » 

 

A partir de là, tout va vraiment démarrer avec des rassemblements réguliers aux 4 coins du pays, rassemblements zoo tout aussi stimulants pour l’entrainement qu’enrichissants par la découverte de nouvelles personnalités. C’est ainsi que je me souviendrais longtemps : de tous les marathons du Médoc, d’un week-end chez les Namurois pour le trail des Caracoles, d’un marathon de Paris couru avec la Tarine et le Fluet, d’un week-end champenois, des rando’trails des Pèlerins dans la magnifique région du pockemon  rencontré au bivouac du raid IGN 2004 au cours d’une discussion « phylosophique » dans le seul bistrot ouvert de la région à une heure bien tardive. C’est d’ailleurs ce soir là que prendra naissance, pour ceux qui la connaissent, la célèbre « gourdasse bleue », amenée par le toutou depuis sa belle Maurienne.

 

 

La seule, l’authentique Gourdasse bleue du Toutou de Maurienne 

 

Toujours emporté par « l’effet zoo », je vais passer naturellement du marathon au trail, puis à mon premier « ultra » (course supérieure au marathon) avec la SaintéLyon fin 2003, où je découvre encore de nombreux zanimos. Là encore, je fini complètement épuisé, et le Toutou et le Lapouneur doivent encore se rappeler de mes difficultés pour rejoindre la gare à pied avec mon sac qui m’a semblé peser 50 kilo ce jour là. Mais là encore, une fois la fatigue passée, je savais que je referais des épreuves longues où l’esprit s’égare dans toutes les directions et où l’on passe par des états si différents, mais au combien enrichissants. Je reviendrais à la SaintéLyon dès l’année suivante, où je décroche une Sainté de bronze inattendue (en compagnie de la Libellule) qui me donne un maximum de confiance pour la suite.

http://www.kikourou.net/recits/recit-426-saintelyon-2004-par-la_tortue.html

  

Un nouveau cap va être franchi et un nouveau déclic va se produire en découvrant les raids d’orientation par équipe : raid normand et Raid 28, notamment, sont des rendez-vous que je ne rate plus depuis plusieurs hivers, car ils constituent une excellente préparation foncière et mentale et car ils sont autant d’expériences humaines qui font tout l’intérêt et la beauté du sport. De plus, j’y retrouve certaines « communions » entre co-équipiers, déjà connues avec les sports co. Car, pour moi, le sport c’est avant tout un partage avec les autres, au delà de la recherche d’une « performance » individuelle, même si celle-ci ne peut pas toujours être complètement ignorée.

http://www.kikourou.net/recits/recit-470-raid_28-2005-par-la_tortue.html

 

les "amis du zoo" victorieux du Raid 28 2005

 

Entre temps, l’un de nos zanimos, qui s’appelait le Bœuf à l’époque, crée le site « Kikourou », essentiellement destiné initialement à constituer une base de données de tous les nombreux compte-rendus écrits sur la ML. Depuis, Kikourou a grandi, beaucoup grandi et est devenu un formidable lien entre sportifs de tous horizons et je retrouve dans les rassemblements kikoureurs auxquels je participe, l’ambiance de nos rassemblements zanimos. Le sport, tout autant que le plaisir de se revoir, étant les moteurs des ces retrouvailles.

 

Juin 2005 : grand raid du Mercantour, je découvre encore autre chose, l’ultra-trail de montagne et de nouvelles sensations sportives et mentales ; mais aussi l’intérêt d’une épreuve pas uniquement par le côté sportif, mais aussi par la beauté de son site et par l’ambiance qui y règne entre les concurrents. Pour moi, habitant du plat pays nantais, l’entrainement pour ce type d’épreuve est problématique, mais j’arrive à trouver des exercices pour travailler le D+.

http://www.kikourou.net/recits/recit-789-le_grand_raid_du_mercantour-2005-par-la_tortue.html

 

quelques zanimos à l'arrivée du Mercantour 2005 : ltdb, festnoz, électron, papy, libellule, tortue, souris

 

En 2006, au trail du Cro-Magnon, je boucle l’épreuve, main dans la main avec mon copain le blueb et dans un chrono inespéré pour moi. Cette course me donne une confiance importante pour des hypothétiques objectifs, car ce jour là, j’étais parti comme si je devais courir ma dernière course. En effet, 15 jours plus tard, je passais sur le billard pour l’ablation d’une tumeur cérébrale dont les médecins me faisaient craindre des séquelles inquiétantes. Mais la mauvaise graine repoussant toujours, je me jurais pendant ma longue convalescence de terminer l’UTMB dès l’été suivant.

http://www.kikourou.net/recits/recit-1575-grand_raid_du_cro-magnon-2006-par-la_tortue.html

 

 

arrivée cromagnon 2006 avec l'Blueb 

 

Aout 2007, je franchi la ligne de l’UTMB sur la place de Chamonix, là encore dans un temps inespéré par rapport à mon potentiel physique : 39h15 pour 163 km en 8900 m de D+.

http://www.kikourou.net/recits/recit-3575-ultra_trail_du_mont_blanc-2007-par-la_tortue.html

 

 arrivée UTMB 2007 en famille

  

Je suis persuadé que cet objectif a autant été atteint grâce à la motivation acquise sur mon lit d’hôpital que par la préparation physique rigoureuse que j’avais faite les 6 mois précédents.

En effet, en tant qu’ancien entraineur de volley-ball, j’ai toujours aimé mettre en place des stratégies et des plans d’entrainement, et voir si ces stratégies étaient payantes ou non et d’en tirer des enseignements pour les compétitions futures. Et, même s’il s’agit de sports complètement différents,  je pense que la rigueur que je mettais à préparer les saisons et les entrainements en volley m’ont servit pour préparer mes objectifs de CAP. Le gros problème avec la CAP, c’est que je n’y connaissais rien au début mais, grâce à la ML du zoo et les années qui ont passées, je suis arrivé à progresser, pas tellement en vitesse mais en « expérience ». Sous des allures désinvoltes et rigolardes, j’ai toujours préparé mes objectifs « importants » avec sérieux, sans pour autant me prendre la tête et en faisant aussi à côté des courses rigolades comme les marathons du Médoc ou autres rassemblements de zanimos, plus prétextes à l’amusement qu’à la performance.

 

Vous l’aurez compris, si je vous ai fait toute cette longue introduction, ce n’est pas pour jouer les anciens combattants mais pour essayer d’expliquer qu’il n’y a rien d’extaordinnaire à se retrouver au départ de l’Embrunman. Ainsi, si on est patient et que l’on ne brûle pas les étapes ; et lorsque l’on se prépare selon ses moyens (même limités comme les miens : 45 ans, 1,87 m, 85 kg, VMA=15, FCMax=170), on peut tout à fait se fixer des objectifs croissants et repousser progressivement ses limites. Toutefois, il y a un paramètre indispensable que l’on retrouve à la base de tout objectif : LA MOTIVATION.

 

Or, après l’UTMB 2007, j’ai connu une période d’euphorie de plusieurs semaines ; mais aucune envie de rechausser les runnings. Je ne me voyais pas me relancer, pour l’instant en tout cas, dans un objectif trail, encore moins dans un objectif chrono sur marathon par exemple (mes 3h43 de 2005 à la Baule, avec le Mogwaï comme lièvre, resterons, je pense, ma meilleure marque). C’est alors que la case « Embrun » qui clignotait de temps en temps (je ne sais même plus pourquoi) dans un coin de ma caboche trouée, s’est allumée en pleins phares et que je n’ai plus vue qu’elle. Mais, là, il y avait un gros os : je n’avais jamais fait de triathlon !!! Certes, j’avais depuis 2 ou 3 ans incorporé de plus en plus de vélo dans ma préparation des trails de montagne (2500 km/an environ), mais je n’avais jamais grimpé de col de montagne et je nageais la brasse comme le commun des mortels sans pouvoir faire 100 m de suite en crawl sans être à la limite de l’asphyxie ! Aussi, commencer par Embrun était assez présomptueux, j’en conviens tout à fait, et nécessitait donc une préparation des plus rigoureuses si je voulais avoir ne serait-ce qu’un espoir minime de finir. Tant mieux, car vous l’avez compris, j’aime autant la préparation d’une course que sa concrétisation sur le terrain. Petite précision d’importance, à aucun moment dans mon défi initial, je n’ai eu l’envie ou la prétention de devenir un véritable « triathlète » ; je voulais « juste » finir l’EmbrunMan !!!

 

 

 II LA PREPARATION

Ma préparation, depuis octobre 2007, est consultable sur Kikourou, à la fois par mon carnet d’entrainement et par les CRs des courses de préparation que j’ai faites.

http://www.kikourou.net/calendrier/navigation.php?init=1&affCR=1&kikoureur=5 

http://www.kikourou.net/entrainement/navigation.php?tri=1 

Toutefois, en voici les grandes lignes, pour ceux qui voudraient se mettre au triathlon. Je ne dis pas que c’est une recette miracle, c’est en tout cas, celle que j’ai suivi en récoltant de nombreux conseils auprès de plusieurs coachs qui doivent tous être remerciés avant de commencer :

1/ le papy du zoo : coach « en chef ». C’est lui qui donne les grandes lignes de la préparation et comme il fera aussi Embrun 2008, on se motivera l’un l’autre

2/ le lapin : coach vélo essentiellement dont la clairvoyance est tellement appréciable

3/ Sandrine du club de fitness « Aquaform » à Nantes qui me donnera mes premières leçons de natation

4/ Rodolphe, l’entraineur du Triathlon Club Nantais qui me fera progresser en natation

5/ les coachs « occasionnels » qui m’apporteront leur conseils ponctuellement : Akunamatata, Klougy, Cigaloun, le Hérisson, le Dino, Polo.

6/ sans oublier tous les encouragements reçus pendant la préparation par les zanimos et les kikoureurs.

 

Phase 1 : apprendre à nager le crawl tout en continuant l’entrainement habituel en vélo et en CAP (4ème trimestre 2007)

En septembre, je vais à la piscine 2 fois par semaine. Je nage seul et je me rends mieux compte de l’ampleur de la tâche. Il me faut 55’ pour faire péniblement 2km en alternant brasse et crawl, et en terminant épuisé et perclus de crampes. Le 01/10/2007, je prends mon premier cours de natation. Sandrine me fait travailler péniblement les bras et les jambes indépendamment et elle me fait comprendre qu’il faudrait aussi acquérir un peu de muscle en haut du corps et me préconise quelques exercices de musculation simple. Je vais ainsi prendre 10 leçons individuelles de 30’ et aller nager seul parallèlement 1 à 2 fois par semaine. Une décision s’impose alors, il faut que je m’inscrive dans un club car je ne me vois pas continuer à nager tout seul car cela me barbe profondément. Aux vacances de Noel 2007, je prends donc ma première licence de triathlon et le 04/01/08, je participe à mon premier entrainement natation avec le Triathlon Club Nantais (TCN). Ainsi, le fait d’avoir un entrainement structuré et dirigé par Rodolphe me permet d’entretenir la motivation. J’ai le TCN par rapport aux autres clubs nantais car les créneaux de piscine me convenaient à peu près et parce que je connaissais 2 bons copains déjà inscrits : Didier et Olivier, qui eux aussi iront à Embrun d’ailleurs. En septembre, j’avais aussi participé au triathlon découverte organisé par ce même club et j’avais trouvé l’ambiance sympa.

 

Phase 2 : continuer à acquérir une technique « potable » en natation, augmenter le kilométrage vélo, préparer le marathon de printemps et commencer le travail des enchainements.

A partir de janvier, je vais modifier mes horaires professionnels pour qu’ils puissent être compatible avec les créneaux piscine et les autres entrainements. Une semaine type est la suivante :

- Lundi matin : CAP endurance (1 à 2h)

- Mardi midi : piscine club

- Mardi soir : HTV dans ma cave

- Mercredi midi : CAP VMA

- Jeudi midi : piscine club

- Jeudi soir : CAP endurance ou fartlek (1h)

- Vendredi matin : vélo seul (60 km environ)

- Vendredi midi : piscine club

- Samedi AM : repos ou entrainement CO ou loisirs ludiques

- Dimanche matin : vélo avec mon club de cyclo (ALPAC Nantes) (80 à 100 km).

Pour un total moyen de 14 heures d’entrainement par semaine (source kikourou), avec, toutes les 4 semaines environ, une semaine un peu plus light à 50% environ.

 

Janvier, février, c’est aussi l’époque des raids hivernaux  qui permettent de me préparer aussi pour le deuxième objectif de la saison : les championnats du monde de Rogaining que je disputerais en septembre avec mon binôme le Poc

http://8wrc2008.rogain.ee/index.php 

L’hiver dernier, la météo fût bien pourrie et j’ai enchainé les séances de vélo sous la flotte et l’humidité nantaise, mais j’ai continué à rouler avec plaisir malgré ces mauvaises conditions, pour un total vélo de 700 km par mois en moyenne. J’ai fais aussi de la VMA pour la CAP et j’ai continué mes entrainements piscine 2 à 3 fois par semaine. Début mars, je commence les coursettes du dimanche avec des objectifs progressifs qui m’amènent à battre mes records sur 10 km le 22 mars (44’31)http://www.kikourou.net/recits/recit-4754-les_carque..._foulees_-_10_km-2008-par-la_tortue.html 

et sur semi le lendemain (1h39’09’’).

http://www.kikourou.net/recits/recit-4755-semi-marathon_de_la_briere-2008-par-la_tortue.html 

Le 5 avril, je cours ma première cyclosportive, expérience très enrichissante tant sur le plan sportif que mental, avec un exercice sur le vélo que je n’avais jamais réalisé. Je suis rassuré sur mes capacités de « rouleur », mais je n’ai toujours pas étalonné mes possibilités en montagne.

http://www.kikourou.net/recits/recit-4854-la_ronde_du_petit_sable-2008-par-la_tortue.html 

En avril, le papy organise un stage de préparation dans les gorges du Verdon

http://www.kikourou.net/calendrier/course-21380-off_-_stage_preparation_embrun-2008.html

Là encore, je retrouve une foutue météo pourrie qui me poursuit depuis le début de l’année ; et je monte mon premier col de montagne (Le Ventoux) dans des conditions de froid et de neige qui, je ne le sais pas encore, me serviront à Embrun. Je suis loin de me balader dans le Ventoux, mais je pensais en baver plus que ça dans  la montée. En revanche, je suis catastrophique dans les descentes !

au sommet du Ventoux en avril. Après ça, ce ne sont pas les grêlons de l'Izoard qui m'arrêteront

 

 

Fin avril, c’est l’aboutissement de la préparation CAP avec le marathon d’Azay le Rideau

http://www.kikourou.net/recits/recit-5044-marathon_d_azay_le_rideau-2008-par-la_tortue.html

Fatigué et en manque de jus, je n’arrive pas à maintenir ma vitesse pendant le deuxième semi et je réalise ma première petite contre-perf de la saison (3h50 pour 3h40 espéré). Je ne suis pas fâché d’en terminer avec la prépa CAP et les premiers triathlons arrivent….Je vais commencer à avoir quelques éléments de réponse sur mes possibilités…

Phase 3 : mai/juin : découverte des triathlons = apprentissage de la compétition

Le 4 mai, je suis à Rennes pour mon premier triathlon

http://www.kikourou.net/recits/recit-5143-triathlon_de_rennes_-_cd-2008-par-la_tortue.html 

C’est un CD, et je me demande bien à quelle sauce je vais être mangé. Je termine très difficilement les 1500m de natation, le vélo se passe très bien, et je coince complètement en CAP. Mais, au final, je suis assez satisfait de ce premier contact avec le monde du tri même si je trouve quand même l’ambiance assez, disons… « spéciale ».

15 jours plus tard, je suis au départ du tri MD du Val du Loir (72) (2.7-80-20)

http://www.kikourou.net/recits/recit-5286-triathlon_ld_du_val_du_loir-2008-par-la_tortue.html 

Là encore, j’y vais cool, pour apprendre, et globalement ça se passe pas mal, avec comme à Rennes, une natation difficile avec des crampes, un super vélo et une CAP laborieuse. Mais, j’y ai beaucoup appris, aussi quand je m’aligne à mon deuxième tri MD le 15 juin à Sireuil (3-80-20), c’est pour y faire « un temps » de référence qui me serve de base de réflexion

http://www.kikourou.net/recits/recit-5663-triathlon_du_pont_de_sireuil-2008-par-la_tortue.html 

La natation en rivière dans le sens du courant se passe très bien, le vélo idéalement, et pour une fois j’arrive à tenir à peu près mon rang en CAP. Malheureusement, après un carton noir et ne connaissant pas les règles, je me retrouve disqualifié, malgré un temps plus qu’honorable de 5h02. Entre temps, j’avais prévu un stage de vélo de 3 jours dans les Pyrénées avec ascension de cols mais la météo annoncée m’a obligé à renoncer. J’ai également remplacé la cyclosportive de moyenne montagne initialement prévue en Lozère, par une cyclo de haute montagne, la Cluses-Agy qui me rassure sur mes possibilités en montagne.

http://www.kikourou.net/recits/recit-5460-la_cluses_agy-2008-par-la_tortue.html 

Certes mon gabarit (1,87m, 85 kg) m’impose la prudence en col et ne me permet pas de jouer les Bahamontès, mais mon triple plateaux et une technique de pédalage moulinette travaillée pendant de longues heures l’hiver sur mon HTV me permettent de passer les cols à mon rythme et sans me cramer.

 

Phase 4 : vélo en montagne : Juillet

J’aurais confirmation et je serais définitivement rassuré pour le vélo en montagne après une semaine passée dans les alpes début juillet à faire un maximum de cols (20000 m de D+ pour 900 km environ en 8 jours). Je suis de plus en plus à l’aise en montée, et je me surprends à 70 km/h dans les descentes, où je suis de moins en moins crispé et donc de plus en plus rapide, malgré un vélo qui « tremble » toujours à grande vitesse (problème récurrent que mon vélociste n’arrive pas à régler). Je conclurais cette semaine de préparation par la cyclo « Luc Alphand », où j’enchainerais Izoard et Galibier, là encore sous l’orage et dans le froid (maudite météo qui me poursuit dès que je mets les fesses sur ma selle) mais avec un état de « fraicheur » à l’arrivée qui me laisse espérer la possibilité de courir un marathon dans la foulée.

http://www.kikourou.net/recits/recit-5789-la_serre_che_luc_alphand-2008-par-la_tortue.html 

Sommet de col avec mon vieux pote Claude, créateur de la 6000D

 

20 Juillet, c’est la dernière course de préparation : le duathlon LD du val d’Aran où mon résultats très décevant en vélo du à des crampes terribles émiettera mon bel optimisme et m’incitera à beaucoup de prudence et d’humilité vis-à-vis du parcours vélo de l’EmbrunMan que je décide alors d’aborder sur des bases très basses. En plus, mon vélo a montré des signes de faiblesses inquiétantes et une révision complète s’impose. Un point positif cependant, mon vélociste a trouvé les causes du tremblement de mon vélo, et je peux descendre à fond en toute confiance.

http://www.kikourou.net/recits/recit-5865-duathlon_international_du_val-d_aran-2008-par-la_tortue.html 

 

Phase 5 : récupération et entretien de la chaudière

L’optimisme affiché mi-juillet va donc quelque peu se ternir d’autant que l’objectif approche et que les inévitables questions apparaissent : en ai-je assez fait ? en ai-je trop fait ? ne suis-je pas prêt trop tôt ? En ces derniers jours de juillet et premiers jours d’aout, une seule chose me rassure, ce sont mes excellentes sensations en natation, tant en mer, en lac qu’en piscine. Mais côté vélo, je sens que je n’ai « plus de jambe » et je ne fais quasiment plus de CAP car cela me déclenche des vieilles douleurs aux genoux réveillées au duathlon du Val d’Aran. Cependant, il est à signaler que malgré la charge de travail bien supérieure à ce que je faisais jusqu’alors, je n’ai connu aucune blessure sérieuse pendant la préparation. Je pense que cela vient de la diversité des sports et qu’avec les années, je commence à connaître ma vieille carcasse et que je pense deviner quand elle a besoin de souffler un peu.

Entre toutes ces courses de préparation, il va sans dire que j’ai continué à m’entrainer en natation (piscine et milieu naturel), continuer à rouler le plus possible en fonction de mon emploi du temps, mais très peu à courir. Ainsi, je débarque en vacances en famille le 9 aout à Embrun avec au compteur depuis début octobre 2007 :

-         7000 km de vélo

-         1400 km de CAP

-         170 km de natation

-         + CO

-         + quelques sorties trails

-         pour un total de 560 heures de sport ! (source kikourou)

J’espère que cela va suffire car je ne vois pas comment j’aurais pu en faire plus ;-)

Petite parenthèse quand je pense à  ces heures et ces km d’entrainement pour remercier ma famille et tout particulièrement ma femme qui a accepté mes nombreuses absences pendant ces mois de préparation et l’organisation des temps libres et des vacances familiales en fonction de mon objectif : Embrun.  

 

Bienvenue à Embrun (photo Olivier)

 

 

 

III LA COURSE ET SES A-COTES

 

La veille, j’ai déposé mon fidèle destrier à roulettes Décathlon 9.2, entièrement remis à neuf par mon vélociste Endurance shop/Franger (un peu de pub pour des boutiques sympa et compétentes), au gigantesque parc à vélo destiné à recevoir les concurrents du LD et du CD. La météo s’annonce très capricieuse pour la nuit, aussi, j’essaie de protéger mon vélo du mieux possible avec des sacs poubelles (surtout la transmission et les repose-bras pour éviter qu’ils ne soient gorgés comme des éponges).

 

 

l'immense parc à vélo pour le CD et le LD (photo souris) 

sortez couverts ! les vélos sont prêts à passer la nuit sous la flotte (photo souris)

 

Je retrouve les gars du club de nantes, notamment JP, Didier et Olivier ; mais aussi mon Papy  coach qui a choisi une base arrière un peu éloignée à mon goût. Claire à louée une maison à 1 km du plan d’eau un peu à l’écart du village, et loin de l’agitation « triathlon » qui règne dans Embrun les jours précédents. Emplacement parfait, hormis les travaux du SuperU forts bruyants dans la journée.

 

Une fois le vélo déposé, je me rends au simulacre de briefing qui a lieu avec plus d’1h30 de retard. J’ai vraiment l’impression de perdre mon temps. Pour moi qui suis malentendant, le son est presque inaudible et les informations données n’apportent rien par rapport à ce qui est annoncé sur le site ou ce qui est écrit sur une petite feuille A5 sur laquelle quelques maigres consignes nous ont déjà été données. (On est très très loin de l’organisation hautement professionnelle de l’UTMB par exemple). Certaines informations sont même contradictoires ! Par exemple, le parcours marathon annoncé est différent de celui décrit sur la brochure d’information ; ce qui n’est pas bien grave, car, de toutes façons , il fera 42 kms ;-) ! Une nouvelle barrière horaire fixée à 20h à la fin du premier tour du marathon ! J’aurais surtout voulu en savoir un peu plus sur cette gestion des bidons fournis aux ravitaillements qui a tant fait couler d’encre sur le forum les jours précédents la course. Je n’en saurais pas plus, et j’en resterais à des « on dit ». Bref, c’est un flou artistique très « Hamiltonien » qui entoure la course, flou et à-peu-près que j’avais déjà remarqué lors du triathlon des enfants le matin. Bon, je commence à être un poil agacé et je prends congé du papy quand je retrouve le sourire en voyant le Dingo, la Souris, le Bœuf-Boss-matias, Akunamatata, Benoit11, et même le Hérisson que je ne reconnais pas tout de suite car je ne l’avais qu’aperçu à la SaintéLyon 2005 !

 

souris, akuna, papy, boeuf, dingo, tortue, hérisson : retrouvailles zoo/kikou ( photo souris)

 

693-110-931, 3 numéros à suivre...(photo souris) 

Malgré le plaisir de retrouver tous ces amis, cela fait plusieurs heures que je suis debout, à piétiner dans cette zone départ et je sens une grande fatigue me gagner. Ne voulant pas compromettre mes chances pour le lendemain, je prends congé des kikoureurs, persuadé que nous aurons bien le temps de nous revoir dans les prochaines heures ;-))

 

Fatigué, je m’endors comme un bébé à 22h, après un coup de fil d’encouragement du Blueb, mais je suis réveillé à 2h du mat. Impossible de me rendormir durablement. Les 3 réveils branchés ne serviront à rien car je me lève à 4h, 15’ plus tôt que prévu, sous la violence de l’orage qui secoue le ciel d’Embrun.  Je suis autant inquiet d’une éventuelle annulation de la course, que furax de devoir une fois de plus prendre mon vélo sous la flotte. Mais alors que je prépare mon thé, l’orage semble s’éloigner doucement, mais la pluie redouble de violence.

 

Mon alimentation d’avant et pendant la course a longuement été étudiée et testée pendant les courses de préparation. Contrairement aux trails où je fais tout au Caloreen (maltodextrine pure) et avec ce que je trouve aux ravitaillements, j’ai décidé (une fois n’est pas coutume) de faire confiance à des produits « du commerce », en l’occurrence Overstims (n’y voyez aucune publicité de ma part, mais il se trouve que j’ai été satisfait des produits et de leur livraison).

 

En effet, un effort de triathlon, et tout particulièrement les 9h de vélo, nécessite un apport énergétique beaucoup plus important qu’en trail où je cours surtout « sur les graisses ». Après un régime protéiné dans les semaines précédentes pour essayer d’assécher un peu ma grande carcasse (sans grande efficacité !), j’ai donc fait une importante recharge glucidique les 3 jours précédents la course. Et, pour le petit-dej, ce sera donc Sportdej + gatosport, 1h30 avant le départ.

 

Je quitte la maison le plus tard possible, dans la nuit d’encre car la lune est cachée par un ciel dont le plafond est très bas. J’arrive au parc à vélo à 5h30, soit 30’ avant le départ. L'orage a transformé le parc à vélo en piscine, il est complètement inondé et il y a partout des flaques grandes comme leTanganika ;-) ; mais la pluie a cessé pour le moment ! Pourvu que ça dure !!

 

 

 la violence de l'orage dans la nuit noire (photo tribob)

 

Le parc à vélo innondé (photo tribob)

 

 

Pour m’installer au parc, j’ai préparé tout ce que j’avais à faire sur papier plastifié pour être sur de ne rien oublier au départ et à chaque transition. J’ai amené une petite lampe frontale qui me sert bien, car si la première partie du parc à vélo est éclairée par de violents projecteurs, le fond, où le TCN se trouve est plongé dans une semi obscurité. Je suis scrupuleusement la liste que je me suis faite et 10’ avant le départ, je suis prêt et je rejoins la plage, en compagnie d’Olivier. Je remonte vers le premier 1/3 du paquet, car contrairement à l’habitude, j’ai décidé de ne pas partir du fond pour pouvoir bénéficier le plus possible de « l’aspiration » du peloton. Tant pis, si je prends quelques baffes au passage ;-)

 

Autoportrait avec Olivier juste avant le départ (photo Olivier)

 

 

 

dubitatif avant le départ (photo lapin) 

devant nous : le noir complet, grosso modo, il faut viser les feux au fond du plan d'eau (photo lapin) 

Le public est certes présent, mais beaucoup moins nombreux que je ne le pensais avec tout ce qu’on m’avait raconté (la météo probablement), et le speaker tente de chauffer bien maladroitement l’ambiance. Une bonne musique qui prend bien aux tripes et qui égraine le compte à rebours serait beaucoup plus efficace. Moi qui pensait me retrouver saisi par des bouffées d’émotions, je suis certes peu loquace, mais c’est surtout car je suis concentré sur ce que j’ai à faire, au départ d’une course qu’il va me falloir gérer de bout en  bout, pour m’amener au bout et dans les délais. Objectif : 1h30 de natation, 9h30 de vélo et 4h30 de marathon, pour un temps total de 15 à 16h avec les transitions, et selon les aléas de la course. Mais, surtout FINIR !!! Le temps ne servant en fait que de fil conducteur et me permettant d’être sur de toujours être dans les barrières horaires.

 

6h : feu ! 1100 gaillards, dont la plupart affûtés comme des lames de rasoir, sont lâchés dans les eaux sombres du plan d’eau. C’est parti pour 2 tours, pour un total de 3800m. Je prends tout de suite un bon rythme, mais je suis pris dans une cohue indescriptible. A la première bouée, c’est carrément la curée, mais je m’en sors pas mal du tout. Je ne suis plus « intimidé » comme lors de mes premiers triathlons et je sais me faire respecter, tout en restant sport. On s’élance vers la jetée à droite. Je ne vois absolument pas les bouées dans l’obscurité ; et les bouées lumineuses, pourtant annoncées au « pseudo-briefing » de la veille, ne sont pas présentes. Je me contente donc de suivre le paquet, sans savoir si la trajectoire est idéale. Je suis un peu gêné par la jetée et ensuite, direction le fond du plan d’eau et le club d’aviron ; le petit jour aidant, je distingue enfin une grosse bouée jaune (sorte de boite de kinder surprise géante). Je vise la bouée du mieux possible, comme je l’ai pas mal travaillé à la Baule (sous les conseils d’Akunamata) sur des bouées bien plus petites ; mais au bout de 300 m environ, je reçois un petit coup de pagaie sur la tête. C’est un kayakiste essaie de me faire comprendre à sa façon que je quitte la bonne trajectoire. Je pige pas tout de suite car je suis bien en direction de la bouée du fond, mais je me rends vite compte, qu’il n’y a non pas 1 (comme annoncé sur le programme et au « briefing »), mais 2 bouées à passer, et je visais la mauvaise. Certes, la perte de temps est minime, mais ça m’agace de ne pas avoir été informé correctement. Entre les 2 bouées du fond, il suffit de suivre la ligne d’eau tirée et après c’est la grande ligne droite du retour. Je ne vois pas la bouée suivante tout de suite, et je continue à suivre bêtement le paquet en essayant de prendre la bonne vague.

 

Fin du premier tour, je passe la bouée de demi-tour et je mets bien involontairement une belle claque à un concurrent, je m’arrête pour m’en excuser et je me rends compte que je viens d’essayer d’assommer mon copain Olivier ! Sur 1100 gars, il a fallu que ça tombe sur lui. Je me dis que si Olivier, qui est meilleur que moi en natation, est là, c’est que j’ai fait un bon premier tour.

 

 

comme un vol de gerfauts hors du charnier natal...(photo lapin)

 

la longue ligne droite du retour (photo souris)

 

on tourne autour du kinder surprise et on attaque le deuxième tour (photo lapin)  

Début du deuxième tour, un mince soleil éclaire l’eau et on distingue enfin ces si jolies et « inquiétantes » algues du fond. Je suis alors pris d’une sensation de « vitesse » que je n’avais jamais encore connue. Je vois ces algues qui me lèchent le ventre et qui défilent à vitesse grand « V ». Je nage sans effort, sans essoufflement, je suis beaucoup moins gêné par les autres concurrents car le paquet s’est étiré ; bref, jamais je ne me suis senti aussi bien dans l’eau. Cette sensation va m’envelopper jusqu’au fond du bassin, où je trouve cette fois très facilement les 2 bouées parfaitement éclairées par quelques timides rayons de soleil. J’attaque la dernière ligne droite de 800m environ. Malheureusement, mon sentiment de facilité s’estompe petit à petit. J’essaie de me relâcher au maximum et d’allonger du mieux possible ma nage en favorisant au maximum la glisse et en pensant à tous les petits détails techniques appris par Rodolphe, le coach natation du TCN ; mais je sens bien que mon efficacité diminue de façon importante. En plus, pour la première fois depuis le départ, je me retrouve « seul » entre 2 paquets sans vague à suivre. Pour couronner le tout, quelques crampes commencent à se pointer dans les mollets. Je ne pense plus qu’à atteindre la plage et toucher le gravier du bout des orteils. J’appréhende le moment où il va falloir me lever, mais ça se passe pas mal. Je passe sous la douche en essayant d’attraper ce foutu cordon de fermeture éclair, et j’enlève le haut de la combi. Je regarde ma montre : 1h12 !!!

 

 elle est où cette fichue ficelle ??? (photo lapin) 

 

1h12 !!! Incroyable ! Certes j’avais déjà fait des entrainements en milieu naturel de 1h à 1h15, mais sans savoir quelle distance j’avais parcourue et je ne savais pas trop combien de temps je mettrais pour 3,8km ; mais mes entrainements en piscine me laissaient espérer au mieux un temps de 1h20 à 1h25. Rassuré par la fin de la natation qui est mon point faible, je me surprends même à trottiner jusqu’à mon vélo.

 

Mes affaires, que j’avais pourtant protégées avec des sacs poubelles sont trempées. Une averse a du tomber pendant la natation. J’essore mes chaussettes et je commence à m’habiller. J’ai plusieurs fois visualisé cette transition aussi je ne perds pas de temps : 1 bouchée de barre hyperprotéïnée, je mets 1 chaussure, 1 autre bouchée de barre, je mets l’autre chaussure. Je bois de l’eau pour faire glisser la barre. Je remplis les poches arrière de ma trifonction avec les gels prévus (les barres sont déjà sur une petite trousse accrochée au cadre). J’hésite quelques secondes si je mets un vieux t-shirt par-dessus la tri-fonction, mais j’y renonce ayant déjà mis le casque ;-) Je glisse toutefois un vieux coupe-vent « marathon de la Rochelle 2002 » dans mon dos pour la descente de l’Izoard. Je mets les manchettes car il fait un peu frisquet et les gants. Je mets les lunettes de soleil (je suis d’une nature optimiste) car quelques rayons dardent sur les sommets. Je descends mon vélo de la barrière, je ressorts du parc toujours en trottinant dans les flaques immenses et j’enfourche ! Je sais que je n’ai que 400m de plat, avant que ça monte, pour avaler mon gel et boire la petite bouteille d’eau que j’ai amenée avec moi. Au premier rond point, je jette le gel vide et la bouteille. Je fais coucou à droite et à gauche aux voix qui m’appellent mais que je n’arrive pas à identifier dans la foule. Au total : 7’ de transition !!! C’est beaucoup trop. Je ne comprends pas car en direct, j’ai vraiment eu l’impression de ne pas perdre de temps ?!

 

 c'est parti pour 188km et 4000 m de D+ (photo lapin)

 

parcours vélo Embrunman 

 

Je  me sens bien, pas mal aux jambes du tout après la natation et pour les chauffer un peu, j’attaque, en « danseuse » sur le 42,  la première côte qui amène à la voie de chemin de fer. Un petit replat me permet de mettre le 32 devant car j’ai reconnu le parcours, et je sais qu’il y a 6 km d’ascension continue avec des passages assez pentus, et je veux mouliner tout de suite pour me préserver au maximum. Virage à gauche, et j’attaque la « route des Puys », c’est partiiiii ! 6 mois que j’attends ce moment ! Et le soleil arrive !!! Waouh, je sens que la journée va être belle….

 

Jusqu’au cimetière de Puy Sannières, ça monte tout le temps pendant 6km, pas de répits pour s’alimenter. Je mouline sans forcer et je commence à remonter du monde même si je me fais doubler par quelques avions. J’admire la magnifique vue sur le lac de Serre-Ponçon. Entre Puy Sannières et Le Villard, il y a un replat et même une légère descente pendant laquelle j’ai prévu d’avaler rapidement mon bidon de boisson 640 (aliments liquides à haute teneur énergétique). En effet, je suis parti avec 1 bidon de 1l de boisson énergétique (mélange Hydrixir+malto) et ce bidon de 600 ml de 640, que j’échange au premier ravitaillement par 1 bidon d’eau.

 

Ensuite pour l’alimentation, je prendrais tous les 15/ 20 km : 1 barre hyperprotéinée + 1 gel (anti-oxydant ou énergix) et j’ai des gels coups de fouet à prendre avant chaque difficulté (Izoard, Pallon, Chalvet). Ces ravitaillements sont consignés sur une feuille plastifiée maintenue autour de mon bidon par un élastique

 

le profil vélo, mes ravitos et mes prévisions horaires maxi sur le bidon. 

A aucun moment, je n’aurais faim ou soif, et je me suis même forcer à manger le plus souvent, car je me suis rappelé les conseils du Rodolphe, le coach : « manger même si on n’a pas faim, boire même s’il ne fait pas chaud ». En effet, l’effort est intense et demande un maximum d’anergie. En plus, contrairement à la CAP ou au trail, même si l’on mange « trop » cela n’a pas d’incidence sur la performance car on peut tout à fait pédaler avec l’estomac un peu surcharger.

   

Le soleil commence à chauffer, je baisse les manchettes et je remonte des concurrents. Tout va bien, sauf des maux de ventre importants que je n’avais encore jamais connus en course et que j’attribue au fait d’avoir avalé trop rapidement le bidon de 640 qui est une boisson un peu épaisse. Juste avant le sommet, il y a un passage à 22% sur 100 m environ. Je prends de l’élan dans la petite descente juste avant mais en passant le 32 un peu vite, je fais un saut de chaine qui m’oblige à mettre pied à terre pour réparer. Impossible ensuite de remonter sur le vélo car la pente est trop raide. Après plusieurs tentatives, je décide de finir le raidard à pied. Ah, j’ai l’air malin, mais je préfère ça que de tomber. Ensuite, je passe les Méants puis le carrefour du Réallon, puis St Apollinaire et je fonce dans la descente sur le lac. Je suis surpris de la lenteur des triathlètes dans les descentes, moi qui ne suis pas un grand descendeur « naturel », je me rends compte des progrès effectués depuis quelques mois à force d’enchaîner des cols. Me voilà, sur les prolongateurs, à 45 km/h devant le radar de la RN, puis sur le pont de Savine où je croise le Lapin et mes enfants venus m’encourager et faire des photos. Un petit coucou et je fonce vers Embrun en avalant les 2 petites bosses au dessus du lac. La circulation automobile est importante mais ne me gène absolument pas. Tout va bien, sauf ces fichues douleurs aux ventres qui ne passent pas.

 

sur le pont de Savine, je double un paquet qui grimace déjà ! (photo lapin)

 

Savine : mon diesel est juste chaud (photo lapin) 

 

Me voilà au rond point de Baratier (retour à la case départ), où de nombreux supporters se sont massés pour encourager les triathlètes. Je passe doucement en me ravitaillant, et je cherche des têtes connues dans la foule. Je ne vois personne donc je file vers St André par la magnifique route en balcon au dessus de la Durance. Les maux de ventre passent doucement.

 

Je rejoins la nationale à St Clément et je remets le 51 devant pour enquiller à fond les quelques km de lignes droites jusqu’au pied de Guillestre. Lors de la cyclo Luc Alphand en juillet, j’ai déjà fait la partie à venir et je sais que les 20 km qui me séparent du pied du col de l’Izoard sont assez difficiles, car faits de succession de montées et de longs faux plats. Je continue donc à gérer au maximum mon effort, sans jamais me mettre dans le rouge. La traversée des gorges de Guil sous le soleil est magnifique et dans les parties descendantes, je suis gêné par le trafic automobile. J’en profite pour m’alimenter toujours et encore.

 

le boeuf dans les gorges de Guil (photo lapin)

 

 

toujours dans les gorges vers l’Izoard : le papy qui fait des oreilles de lapin aux concurrents qui le dépassent (photo lapin)

 

La route s’élève toujours, et je suis surpris de ne voir que très peu d’arbitre et des « paquets » rouler sans aucune sanction. Echaudé par mon carton noir lors de mon dernier triathlon, je fais malgré tout bien attention à respecter la règle des 7m/3m. Une petite pause pipi s’impose et me voilà au pied du col de l’Izoard. Je regarde pour la première fois ma montre, il est 10h40. Je suis largement en avance sur mon tableau de marche, tout en ayant été en dedans tout du long.

 

Là encore, j’ai le col bien en tête pour l’avoir fait lors de la Luc Alphand et pour avoir appris quasiment par cœur le profil.

http://www.climbbybike.com/fr/ascension.asp?Col=Col-de-lIzoard&qryMountainID=6051#profile

 

La première partie est une succession de petits raidards et de replats. Je n’aime pas cette partie car avec mon gabarit, je n’arrive pas à trouver un rythme car j’ai besoin d’une pente régulière, mais j’avance sans trop de difficulté quand même. A Arvieux, je m’alimente à nouveau car je sais que les choses sérieuses vont bientôt commencer. A la Chalp, je prends un gel coup de fouet. Le temps de l’avaler et je me retrouve dans la ligne droite de Brunissard où je suis surpris du peu de public sur le bord de la route. Je passe ce passage très difficile en serrant les dents et en attendant les premiers sapins où la pente devient un peu moins dure. Arrive la partie que je préfère : les lacets au dessus de Brunissard dans la forêt. La pente est raide (8 à 9%) mais régulière et les épingles permettent de souffler un peu et de boire. C’est à ce moment là que me doublent le Lapin et les enfants qui m’annoncent le papy 200 m derrière !

 

au dessus de Brunissard (photo lapin) 

en danseuse, position peu fréquente ! (photo lapin)

 

 

je prends même les épingles à l'intérieur ;-)  (photo lapin) 

Le papy !! C’est que je l’avais oublié le papy, tellement concentré sur ce que je fais et tellement persuadé qu’à ce stade de la course il aurait du me doubler depuis longtemps. Je me dis donc que même si j’ai du faire une meilleure natation que lui, c’est que je fais un bon parcours vélo. Quelques minutes plus tard le papy me passe. Je suis surpris de le voir aussi chaudement couvert, car même si le fond de l’air fraichi avec l’altitude, il fait un temps très correct avec du soleil et quelques passages nuageux.

 

 

l

e papy me dépasse avant casse déserte (photo lapin) 

Le papy ne va pas beaucoup plus vite que moi, mais je sais que dans la montagne il est dans son élément et je ne cherche pas à m’accrocher à lui, me contentant de le garder en point de mire jusqu’à « casse déserte ». Ensuite, le lapin et les enfants vont plusieurs fois s’arrêter pour nous voir passer puis nous redépasser pour nous encourager, ce qui fait que ces épingles passent assez vite.

 

Dans la dernière épingle avant casse déserte, je reçois les encouragements des parents d’Olivier, mais c’est à ce moment là que je choppe des crampes aux ischio-jambiers. Je suis très souvent sujet à des crampes violentes, mais c’est la première fois que j’ai les ischios touchés. Pas évident d’étirer cette partie de la cuisse tout en  pédalant, mais j’arrive malgré tout à atteindre casse déserte grâce à un pédalage très souple. Je fais la petite descente très doucement afin d’avaler 1 comprimé de quinine et relâcher au maximum  l’arrière des cuisses. J’appréhende le raidard qui suit casse déserte, juste après la stèle Bobet-Coppi, mais les crampes ont disparu comme par magie. Je sais que le col est proche maintenant et je termine en gérant toujours.

 

 

après casse déserte, je continue à gérer sans me cramer (photo lapin) 

Au sommet, il est midi pile, soit 1h20 pour monter le col, temps très correct pour ma lourde carapace. J’avais prévu 1h30 sur mon tableau de marche. Au sommet, je récupère mon petit baluchon que l’organisation nous a monté (sur ce coup là, ce fut parfait) et je me mets à distance du ravitaillement pour ne pas être gêné par les autres concurrents.

 

Ici aussi, je me suis préparé une petite liste des choses à faire pour ne pas perdre de temps et ne rien oublier : changer les bidons (boisson énergétique + 640), manger ¼ de gatosport, avaler 1 gel anti-oxydant et 1 quinine, recharger les poches en gels et la petite sacoche de cadre avec des barres, mettre du journal sur le buste, remettre les manchettes. Une charmante spectatrice me tient gentiment mon vélo pendant que je m’écarte un peu de la foule pour faire un petit pipi discret. Malgré la température fraiche, je n’ai absolument pas froid, mais j’enfile le coupe-vent en prévision de la descente. J’estime mon temps d’arrêt à moins de 5’ et je me lance dans la descente. La route est bien sèche et je fonce. Quelques lacets plus bas, je retrouve à nouveau le Lapin et les enfants qui ont eu du mal à me reconnaitre à cause du coupe-vent et de ma position « aérodynamique ». Je file comme le vent, mon vélo ne vibre plus du tout et je me sens super bien dans cette descente très roulante mais aux épingles piégeuses.

 

 

à fond dans la descente, encore un que je vais manger ! (photo pierre louis)

 

petite grimace à la caméra ! (photo pierre-louis)

65 à 70 km/h, vraouuum !!! ! c'est l'avantage des lourds en descente ! (photo lapin)  

 

Je passe Cervières à fond puis la chicane du pont sur le ruisseau, les enfants me filment depuis la voiture (je fais un peu l’andouille à 65 km/h) ; mais c’est alors que, devant moi, j’aperçois la vallée de Briançon plongée dans la nuit et je me dis que je ne vais pas tarder à dérouiller ! Zut, c’était trop beau ! Quelques centaines de mètre plus loin, je suis en plein dans l’orage sous une averse de grêle qui me cingle les cuisses et le visage. De temps en temps un grêlon passe à travers les trous du casque et ça fait mal au crane. Malgré tout, je ne ralenti presque pas et je ne cherche pas à m’abriter comme certains sous un arbre ou un abri de fortune, la grêle laisse progressivement la place à une pluie violente en arrivant sur Briançon. La route est beaucoup moins sinueuse sur la fin et la pluie ne me ralentis presque pas (le vélo sous la pluie, j’en ai tellement fait !). Dans les virages, je passe prudemment ; mais dans les portions plus droites, je double encore beaucoup de concurrents visiblement tétanisés par la pluie ; surement des gars du sud habitués à pédaler sous le soleil ;-).

 

Briançon ! Déjà !? Je n’ai pas lambiné !!! Maintenant je sais que j’ai 10 km de faux-plats descendants pour avaler le ravitaillement que j’ai récupéré au sommet de l’Izoard (à savoir 1l de boisson 640) que j’avale progressivement par petites gorgées. En effet, craignant le retour des maux de ventre comme en début de course, je bois cette épaisse boisson plus lentement que tout à l’heure et ça passe sans problème. La pluie que j’espérais s’arrêter après l’orage, s’installe durablement, et l’horizon ne laisse espérer aucune éclaircie prochaine. Sur la RN 94, le bon revêtement et le faux plat descendant me permet de reprendre ma position favorite sur les prolongateurs et je roule à 35/40 km/h. J’avale la bosse des Vigneaux sans problème. Au ravitaillement, je refais l’opération de changement de mon bidon de 640 par un bidon d’eau.

 

Sur la petite route départementale de la rive droite de la Durance, le revêtement est assez mauvais et la couche d’eau sur le bitume m’empêche de bien visualiser les trous ou autres chaos. Je crains la crevaison, mais tout se passe bien. Je connais trop bien ces conditions pluvieuses, c’est là-dessous que je me suis entrainé tout l’hiver et souvent  ce printemps. Je n’ai pas froid, sauf quand mon coupe-vent détrempé touche mes épaulent dénudées. Les km défilent, mais je commence malgré tout à ressentir un peu la fatigue.

 

La côte du Pallon, que je ne connaissais pas, va me faire mal. C’est la seule fois du parcours vélo où je vais être en difficulté, d’autant que je refais un saut de chaîne en passant le 32 au pied de la bosse et qu’il me faut mettre pied à terre pour réparer. Je serre les dents, je regarde la roue avant et les photos de ma petite famille scotchées sur ma potence et j’appui sur les pédales, en essayant d’enrouler le mieux possible. Je ne pense pas à autre chose. Il y a assez peu de spectateurs téméraires sous la pluie battante, mais les chaleureux encouragements font du bien. Enfin, la pente devient moins dure, mais ça monte encore jusqu’à Champcella, et je retrouve de bonne jambes pour finir l’ascension.

 

Dans la descente vers l’aéroport, je vais me faire une belle frayeur. En effet, la route détrempée n’ayant pas freiné mes ardeurs, je descends toujours à bloc et dans une épingle, je freine un peu fort et je bloque les 2 roues en même temps. Il s’en suit une figure de style assez rigolote avec le vélo qui commence à déraper dangereusement, mais je récupère le coup sans trop savoir comment. Mais, à peine remis de mes émotions, je me remets à descendre comme une balle. J’enquille la longue ligne droite de l’aéroport avec un peu de vent de face, mais beaucoup moins que ce que je craignais d’après les CRs que j’avais lu.

 

Avant St Clément, il y a encore une grimpette et une redescente sur la RN pour récupérer la route en balcon rive gauche que nous avons pris ce matin pour rentrer sur Embrun. Ces 20 bornes assez roulantes, je vais les faire très en dedans, pour en garder sous le pied pour le Chalvet et pour le marathon. Je suis avec 2 gars qui tournent à la même vitesse que moi et que je « suis » sans forcer. Arrive le « pont neuf » (qui est en fait un vieux pont de fer), je retraverse la Durance, monte sur Embrun, retrouve une dernière fois le Lapin et les enfants à la gare et j’attaque le Chalvet.

 

plus que le Chalvet, et...je double encore (photo lapin) 

 

Cette dernière bosse de 4 km, à la pente irrégulière, va passer sans problème. Je l’avais reconnue quelques jours avant et je savais que c’était assez court. La difficulté légendaire de ce Chalvet vient plutôt du fait qu’il survient après 175 bornes. Mais, comme je ne me suis pas cramé sur le vélo, je la passe en douceur et attaque la dernière descente. Là encore, grosse frayeur, dans la dernière épingle, je ne vois pas une plaque d’égout, nouveau dérapage contrôlé et je récupère le coup miraculeusement. Ça aurait été couillon de se mettre par terre à 500 m de l’arrivée.

 

Dernière descente, dernier rond point, il y a un monde fou. J’aperçois Claire et les enfants qui attendent patiemment sous la pluie battante. Merci, mille mercis ! Et me revoilà au parc à vélo. Je crains le moment où il faut se relever, car généralement, j’ai le dos cassé en 2, mais là, rien ! Aucune douleur. Je manque juste de me casser la figure en descendant du vélo car je ne lève pas assez la pate par-dessus la selle.

 

retour à Embrun toujours sous la pluie battante (photo lapin) 

Me revoilà assis sur ma chaise. L’état des affaires ne s’est pas amélioré depuis ce matin. Tout est trempé. Les grandes falques de ce matin se sont transformées en petite mer intérieure ;-))

 

côté flotte, ça ne s'est pas amélioré depuis ce matin (photo souris) 

Une charmante bénévole me propose un petit massage. J’accepte de bon cœur, pour les cuisses et les mollets. Pendant ce temps là, je bois un grand coup, mange un peu, mets ma belle casquettes kikourou rouge, et zou, je repars.

 

Je suis surpris de voir que les jambes sont moins lourdes que je ne le pensais, et surtout beaucoup moins lourdes que lors de mes premiers tri, où j’avais l’impression de courir avec des chaussures de ski pendant 3 ou 4 km.

 

départ du marathon (photo lapin) 

A la sortie du parc, je fais une pause bisous pour embrasser Claire et les enfants, et je repars. 100 m plus loin, sur le bord de la route, je reconnais des visages familiers ! Mon neurone met quelques fractions de secondes à réagir ! Mais, mais !?! Ce sont Patou et eul’toutou ! ça alors, quelle énorme surprise et quelle joie. Je m’arrête à nouveau pour les embrasser chaleureusement.

Bon cette fois, j’y vais. En effet, si je m’arrête tous les 100 m pour faire des bisous, il risque d’être long ce marathon ;-) J’attaque le premier tour du plan d’eau.

 

 

un p'tit bisou pour donner des forces (photo lapin) 

A la fin du tour du plan d’eau, c’est la foule façon « alpe d’huez ». La foule s’ouvre pour nous laisser passer, je tape dans des mains ! Je vois des kikous et j’entends des « allez Damien » ou « allez la Tortue » ! C’est géant ! Ces 4 premiers km resteront un très grand souvenir.

 

km3, les nombreux encouragements font plaisir à entendre (photo lapin) 

 Je croise JP du TCN sous le pont et on s’encourage mutuellement. Mais, rapidement, je sais que je vais moins rigoler, car se profile la « cote Chamois ». 1.5 km de grimpette pour relier le centre d’Embrun. Comme me l’avais conseillé Polo (15 embrunman au compteur, je me fie à son expérience), je vais marcher dans toutes les côtes. C’est une marche « tortue », c’est à dire de façon rapide en tirant bien sur les bras. En haut de la côte, il faut s’enfiler la longue rue piétonne qui est aussi en montée. Mais là, la pente est moins raide et il y a beaucoup de monde, donc je trottine sous les encouragements.

 

Embrun a été construit en hauteru à l'abri des crues terribles de la Durance. Le parcours part du plan d'eau et "monte" jusque dans la ville, via la fameuse "cote chamois" (photo Olivier)

la marche en côte et un petit sourire pour le photographe (photo lapin)

 

 

le moment au benoit11 après m'avoir déposé reprend provisoirement le papy (photo lapin)

 

côte Chamois, ça grimpe sec ! même le papy marche (photo lapin)

 

dans la longue rue piétonne du centre d'Embrun, ça monte encore, mais il y a du monde alors, je trottine (photo lapin) 

Après la traversé du village, il faut redescendre la départementale par laquelle arrive les derniers concurrents du vélo qui ont encore le Chalvet à se taper. « Ils sont ne pas couchés ceux-là », me dis-je ! Je regarde rapidement ma montre et je me rends compte qu’en fait, dans mon tableau de marche initial, je devrais être avec ces gars sur leur vélo. Ce qui me fait 1h30 d’avance environ. Inespéré !  A ce moment là, je m’aperçois aussi, qu’à moins de m’écrouler complètement, je vais rentrer en moins de 15 heures. Incrédule, il me faudra quelques km pour réaliser.

 

J’arrive sur la partie la plus difficile du marathon. On est en bas d’Embrun, sur une grande partie plate, entre la falaise d’Embrun et la Durance. Je trottine toujours, je croise le papy dans l’aller/retour le long de la Durance. Il n’a environ  qu’1 km d’avance sur moi. Décidément, j’ai du faire un super vélo ! Je passe le km 10, le pont neuf et j’attaque la partie « rive gauche » de la boucle. Pendant 5 km environ, ça monte tout le temps, par paliers progressifs, jusqu’à Barattier. Je conserve ma tactique de marche rapide à la moindre pente. Après Barattier, c’est une longue descente jusqu’à la Durance, en passant devant le camping du « petit liou », où bon nombre de triathlètes sont descendus et les familles encouragent chaleureusement. C’est là que Claire et les enfants m’attendent. Un nouveau petit stop et ça repart, direction le pont sur la Durance, dessus, puis dessous. Je retrouve les kikous : souris, Nono, laurent, Dingo, Akuna, Coli. Je passe une première fois la ligne d’arrivée, récupère mon collier « 1 tour » et je fais le mariole avec les supporters espagnols ! « Vamos amigos !!! »

 

 

au p'tit liou, km18, claire et les enfants sont toujours là (photo lapin)

 

les kikous attendent pour encourager (photo nono)

 

ils ont gardé le sourire malgré le temps maussade (photo nono)

 

sur le pont de la Durance (photo souris)

puis, sous le pont, km 20 (photo souris)  

Contrairement à ce qui a été dit au briefing, il faut se taper un nouveau tour du plan d’eau. Je recroise JP qui en termine. Puis à nouveau le passage dans la foule et c’est reparti pour la côte Chamois. Le lapin a la bonne idée de faire cette partie difficile sur son vélo à côté de moi. En papotant, la côte passe bien. A nouveau, la rue piétonne et la foule. Je retrouve le Lapin dans la descente et me retrouve tout seul dans la partie plate.

 

à l'amorce du tour 2 (photo nono)

 

toujours dans la côte chamois, je balance les bras le plus possible pour m'aider à monter (photo lapin)

fichue cote chamois ;-( (photo lapin)

 

la côte est finie, je peux retrottiner (photo lapin)

 

marathon km26 (photo lapin)  

Grand moment de solitude dans cette partie plate au pied d’Embrun. Ce sont de longues lignes droites, il n’y a pas de public, et j’ai un gros coup de pompe à l’attaque du km 27. Pour la première fois, je vais marcher en dehors des cotes à raison de 50 m tous les km environ.

Mais, sur la route le long de la Durance, je retrouve… mon Toutou ! Présent, juste au bon moment, quand c’est le plus dur, pour faire quelques hectomètres en trottinant à mes côtés. Je ne suis pas très loquasse, mais sa présence me fait beaucoup de bien.

 

Pour l’instant, je ne me suis pas énormément alimenté sur le marathon (je mange rarement en CAP), j’ai juste pris quelques tomates salées et un peu de coca. Mais au ravitaillement du km 30, j’ai un gros coup de faim et je tombe sur des petits sandwichs au jambon que je dévore ! Enfin, du salé !!!

 

le papy a retrouvé le sourire en compagnie de son copain de club (photo lapin) 

Passé le km 30, c’est le passage du pont neuf, puis le retour sur Embrun par la rive gauche. Ca sent l’écurie, je gère bien la remontée jusqu’à Barattier et alors que j’étais mal entre le 26 et le 30, je retrouve de bonnes jambes dans la descente où je rattrape plusieurs concurrents et où je lâche définitivement les 2 ou 3 gars qui étaient peu ou prou dans les mêmes temps que moi depuis le début. Un dernier passage parmi les kikous et c’est le dernier tour…du plan d’eau (je commence à le connaître), mais cette fois, on le fait dans le sens inverse.

 

 

km 39, dernier passage avant le pont. Le gars dans l'autre sens à encore 20 bornes à se taper ! (photo nono) 

Km 40 ! C’est presque fini. J’ai mal aux jambes certes, mais je ne suis pas à l’agonie. Je veux profiter au maximum de cette arrivée. L’an dernier à l’UTMB, j’avais terminé « trop vite » et avec le recul je me dis que j’aurais du prendre plus mon temps pour mieux déguster. Dernier tour du parc à vélo, dernier virage (petite bouffée d’émotion dans la gorge quand même avant de retrouvé la famille). Claire et les enfants m’attendent à l’entrée du sas d’arrivée pour faire les 100 derniers mètres avec moi. Mais l’accès est interdit aux femmes ;-( Seuls les enfants sont admis ! J’essaie de négocier avec le « physionomiste » ! Rien à faire. Tant pis, je laisse Claire, prends Ariane, ma « petite » de 8 ans dans mes bras et je « cours » vers l’arrivée avec mes 3 garçons Martin, Pierre-Louis et Vicor, tout en ayant une pensée pour ma grande fille Marine qui est resté à Nantes pour son job d’été. Je vois le kikous dans les tribunes, je suis HEU-REUX ! C’est tout ! Avec un sentiment extra-ordinaire du « devoir » accompli. Un petit baiser envoyé vers le ciel en passant la ligne ! Ca y est, je suis finisher de l’embrun man !

 

 

j'aperçois les kikous dans les tribunes (photo nono)

 

 

plus que 5 mètres ! (photo lapin)

 

une petite bise vers le ciel (y’en a du monde à saluer la haut !) (photo lapin)

 

 

coucou les kikous ! (photo lapin) 

 

La vidéo de l'arrivée filmée par la souris

http://www.youtube.com/swf/l.swf?video_id=xXQsXIJdUbg&rel=1&eurl=&iurl=http%3A//i1.ytimg.com/vi/xXQsXIJdUbg/default.jpg&t=OEgsToPDskLwOen7QDdt2CB8IM9nfoRJ&use_get_video_info=1&load_modules=1&fs=1&hl=en

  

10 secondes pour reprendre mon souffle et mes esprits et je récupère la médaille et le polo finisher (très joli en plus). Je file à la tente médicale car j’ai appris par son fiston que le papy y séjourne. Le toubib ne me laisse rentrer que parce que je suis de « la maison ». Je vois mon papy, il est un poil palot, un peu froid mais pas dans un état alarmant à ce que je puisse en juger. Un gros dodo et ça ira mieux. J’essaie de le réconforter et le réchauffer comme je peux, et je le laisse avec sa perf pour rejoindre femme, enfants et kikous. Je suis fatigué certes, mais je suis surpris d’être moins cassé qu’après un marathon chrono par exemple et surtout je n’ai pas les pieds ou les genoux explosés comme après un ultra trail de montagne. Après 48h de repos total, surtout à cause d’une bonne gastro, je referais sans problème, dans les jours qui suivront, de la natation et du vélo (dont le col de Vars tranquillou avec mon grand fiston).

 

 

attention, je vais mettre LE polo finisher devant le dingo et laurent (photo souris)

 

et voilà : finisher ! (photo souris)

 

le dingo qui refait le monde ;-) (photo souris)

 

avec 2 vrais triathlètes (photo souris) 

 

Après une nuit écourtée par une famille papy en rade de papa puis de bagnole, comme dans Astérix, tout se termine par un bon repas et une bonne partie de rigolade avec Nono et le Dingo qui s’essaient à la nage en eau libre ;-)

 

AAB avec ma p'tite femme et le papy (photo nono)

 

la relève est assurée (dingo ! : attention, la main !) (photo souris) 

 

Voilà, c’est fini ! 10 mois de préparation et d’entrainement se concluent par 14h21’ d’effort.

539ème/1100 au départ. Prévisions et objectifs explosés !

 

Quelques chiffres que je prends sur le classement officiel, car je n'ai pas décleché le chrono ('jai juste fonctionné avec l'heure de la montre pour suivre ma progression) :

 

Natation : 1h12’27 (720ème). Je ne sais toujours pas comment j’ai fait ? Jamais je ne me suis senti aussi bien dans l’eau qu’entre les km 1 et 3 !

 

T1 : 7’12 (je ne comprends pas comment j’ai pu mettre autant de temps ?)

 

Vélo : 8h10’33 (+190 places) (dont 8’ d’arrêt car j’ai 8h02 au compteur). Si j’en avais un peu moins gardé sous la pédale, je pouvais faire bien mieux.

 

T2 : 6’10 (massage compris)

 

Marathon : 4h46’08 (- 9 places). Ma seule « déception », car je peux mettre au moins 15’ de moins avec une ambition plus importante à l’amorce du deuxième semi. En effet, une fois le résultat « acquis », j’ai un peu baissé de pied physiquement et mentalement pendant 10 km avant de me relancer dans les 10 derniers km. Mais n’oublions pas que ce marathon a un dénivelé non négligeable.

 

Avec un peu plus d’expérience, je pense que les 14h étaient  à ma portée, mais j’ai géré un peu comme sur un ultra-trail, c'est-à-dire, passer les barrières horaires avec sécurité « pour finir ». Or, sur un triathlon, même sur un iron man, je pense qu’il faut malgré tout partir avec un objectif chrono, au moins pour avoir un tempo. Mais, je ne suis qu’un débutant et j’ai bien conscience que j’ai encore beaucoup de choses à apprendre sur le triathlon.

  

Peu importe les chronos et les suppositions, j’ai vécu une de mes plus belles journées de sportif. Certes, la météo n’a pas été clémente ; mais il faut s’en contenter. Au moins, on n’a pas été gêné par la chaleur ;-)) Encore plein de souvenirs et d’émotions à garder pour mes vieux jours.

 

la neige a blanchi les sommets (photo souris)

 

HEU-REUX ! (photo lapin) 

 

Et pour conclure, jamais je ne remercierais assez ma femme Claire et mes 5 enfants d’avoir accepté et supporté ce challenge que je m’étais fixé. Certes mon entrainement se fait surtout pendant les heures d’école, entre midi et deux ou le soir tard, mais peu nombreux ont été les week-ends en famille depuis plusieurs mois ! L’an prochain, c’est promis, ce n’est pas moi qui fixe la destination des vacances ;-)))

 

un peu d'émotion et de fatigue quand même (photo lapin)

 

toute la famille au complet, il manque juste ma grande fille à laquelle je dédie cette photo (photo lapin)

 

merci ma Chérie pour ta patience et ta compréhension (photo lapin)  

Je me permets de remettre le lien vers le montage vidéo fait par Nono qui résume si bien cette magnifique journée :

http://www.dailymotion.com/swf/k8zI3KlHVJDXaoJK2F&related=1

 

Voilà, j’en ai fini avec ce CR fleuve (21 p word quand même !). Je ne sais pas si quelqu’un a tout lu, mais en tout cas, je me le relirais pour mes vieux jours ;-)

 

Ce sera mon dernier CR sur Embrun et toute sa préparation, alors…Kenavo les poteaux…

 

---------

Bien amicalement,

La Tortue

18 commentaires

Commentaire de BENIBENI posté le 01-09-2008 à 01:59:00

Moi je dis tout simplement : " Chapeau msieur ! "

Commentaire de titifb posté le 01-09-2008 à 07:49:00

Merci La Tortue pour cette EXCELLENTISSIME CR...Vraiment bravo à toi pour ta perf, ainsi, et surtout, pour nous l'avoir rendue aussi vivante et émouvante grâce à un joli talent d'écriture.
Au plaisir de te rencontrer un jour "en vrai" pour te faire une bise Drômoise !

Commentaire de laurent05 posté le 01-09-2008 à 10:48:00

un super récit pour une belle perf et un beau challenge
bravo et félicitation ça donne des idées
en plus pour moi embrun c'est pas très loin de la maison
à bientôt
laurent

Commentaire de agnès78 posté le 01-09-2008 à 10:52:00

merci... quelle volonté et quelle humilité...

Commentaire de pascal posté le 01-09-2008 à 11:05:00

Comment ne pas le lire jusqu'au bout ?
Super CR, spécialement quand trotte dans un coin de la tête ce genre d'épreuve.
Bonne continuation et merci pour cet écrit

Commentaire de IRON KLOUG posté le 01-09-2008 à 14:45:00

Un très grand bravo à toi ma tortue !
Et bienvenue dans le club des embrunman
Il commence à s'étoffer chez les kikourou...
Un grand bravo aussi à notre cher boeuf et au non moins inoxydable Papy !
IronKLOUG (c'était y'a longtemps)

Commentaire de taz28 posté le 01-09-2008 à 16:29:00

Quel bel athlète tu fais là ma Tortue !!
(enfin je devrais dire triathlète évidemment !!)

Bravo pour cette superbe course et ce magnifique récit..Tout y est, il ne manque rien ...!! MERCI

Taz

Commentaire de l'ourson posté le 01-09-2008 à 17:54:00

Après 1 heure de lecture passionnante..., merci ma Tortue pour ce magnifique CR : l'un des plus beau de tous tes CR digne de ta plus belle performance !!.. :-))

L'Ourson_ki_a_pris_du_triathlon_plein_les_yeux_;-)

Commentaire de robin posté le 02-09-2008 à 11:27:00

Bravo ! Chapeau bas devant cette perf !

C'est avec grand plaisir que j'ai lu ton récit !

Bonne récup et au plaisir de te croiser au détour d'une course

Commentaire de Lapin posté le 02-09-2008 à 11:49:00

C'est bizarre ça, tu as perdu 3 cms en passant de 100 kgs à 85 kgs?

Petit détail sur la photo du Papy qui fait le zouave : c'est pas dans les gorges du Guil, c'est dans la montée au pied de Guillestre, là où on t'a attendu 40 minutes alors que tu étais déjà passé.

A part ça, rien à dire, je pense que tu m'as largement dépassé en ce qui concerne la gestion scientifique de la préparation et de la course (le papier avec la liste de quoi manger à quel km, j'avais jamais fait).

Bon ben c'est pas le tout, faut que j'apprenne à nager moi....

Commentaire de tribob posté le 02-09-2008 à 12:58:00

Bravo pour ta course et pour la qualité de ton cr.

Sportivement.

Tribob

Commentaire de akunamatata posté le 08-09-2008 à 16:48:00

ca va le faire...euh non ça l'a fait ;))))
bravo Damien !

Commentaire de LtBlueb posté le 08-09-2008 à 23:19:00

Je te l'ai déjà dit mais je le répète : Bravo mon grand pour cette grosse perf ; je sais tout ce qu'il y a derrière comme boulot, comme sacrifice et tu peux tirer un grand coup de chapeau à Claire

je suis fier de toi mon gars et j'aurais vraiment aimé être là au bord de la route pour vivre ca , mais bon avec ce récit hyper complet (jai bien aimé la genèse :)) ), j'ai ressenti un peu de cette émotion qui a du inonder Embrun il y a quelques semaines !

respect

Commentaire de La Tortue posté le 09-09-2008 à 00:09:00

merci à tous pour vos sympathiques commentaires.

pour le lapin : eh oui, j'ai bien perdu 3 cm de taille ces dernières années ! tassement des disques inter-vertébraux d'après le toubib ;-((

c'est ça les p'tits vieux, ça se tasse ;-))

Commentaire de serge posté le 15-09-2008 à 00:12:00

t'es sur pour 1992 ?

bravo

Commentaire de Le CAGOU posté le 02-11-2008 à 22:59:00

bonjour,
pour moi c'est un rêve de pouvoir le faire, je te remercie pour ce merveilleux récit du début à la fin c'était un régale et un grand plaisir des photos!
toutes mes félicitations pour ta progression et ses nombreuses perfs et longin de longine bravo et bravo et encore bravo pour ton exploit d'embrunman, pour un débutant et un nom comme la "tortue" je pense surtout que tu es une tortue extra-tgv
sportivement le cagou

Commentaire de LtBlueb posté le 05-08-2010 à 23:11:00

2 ans plus tard, j'ai relu ton récit l'ami, et j'ai pris des notes crois moi... allez J-10

Commentaire de L'Dingo posté le 09-09-2011 à 13:20:38

J'adore relire ce CR ( et quelques autres).
Le rappel de ces instants et les images associées me font toujours un frisson.
Quels beaux moments !

ps: d'ailleurs je m'aperçois que je l'avais pas encore commenté ( l'émotion ??).
merci à la fonction lecture aléatoire du site

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