Récit de la course : Trail des Forts du Grand Besançon - 45 km 2010, par bluesboy

L'auteur : bluesboy

La course : Trail des Forts du Grand Besançon - 45 km

Date : 9/5/2010

Lieu : Besancon (Doubs)

Affichage : 1170 vues

Distance : 45km

Objectif : Pas d'objectif

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Un peu faible pour les forts

          Je savais en m’engageant sur le trail des forts de Besançon que le profil de la course était particulièrement corsé ,2000 mètre de dénivelé positif 45 km, en plus cette année les organisateurs avaient rallongé l’épreuve de quelques km en ajoutant un peu de dénivelé. Mais il en faut plus pour mon copain Patrick et Moi pour nous dissuader c’est une course qui me tente depuis longtemps  .Je connais bien Besançon pour y avoir fait 4 ans d’étude mais je vais découvrir les alentours .J’en profite pour passer le samedi chez ma belle sœur et je vais chercher mon dossard dans l’après midi ,c’est un peu la galère pour se garer car il y a la foire comtoise et le tour de franche comté et plus une place de libre, après plusieurs tours de parking on trouve un emplacement et  je vais retirer mon dossard ,je rencontre plusieurs tètes connues et je vais saluer mon copain Fabrice alias Fab Créa Photo, photographe de l’épreuve

        Le soir je dors chez ma belle sœur et le lendemain c’est mon beau frère qui m’emmène à la malcombe ou est situé le départ .Je retrouve Patrick et mon frère qui fait la course en relais avec 2 copains de club

        Après le briefing que je n’écoute pas ,c’est le départ pour un tour du parc de la Malcombe histoire d’étirer un peu le peloton des 500 coureurs ,plus la centaine d’équipes en relais, et c’est la montée vers le Rosemont ,j’ai prévu de partir lentement et je décide de ne pas suivre Patrick qui m’a déjà pris 200 mètres    .Ca bouchonne un peu dans la montée mais ça m’arrange bien car le rythme est cool. Le temps est beau pas de risque de pluie avant l’après midi et le terrain est plutôt souple, j’ai quand même mis un maillot manches longues en cas de refroidissement. On bascule dans la descente pendant qu’on entend le coup de feu du départ des 28 km qui partent 30 minutes derrière nous. Je pensais que les coureurs du 28 allaient nous doubler mais en fait ils graviront directement le fort de Planoise si bien qu’ils vont être devant nous et non derrière ,seul les premiers vont ètre génés. La vue sur la ville est superbe et devant nous de l’autre coté se dresse le fort de Planoise au sommet de la deuxième cote.

 

 

 Vue sur le fort de Planoise (photo 2009 signé Gibus)

 

 

Je fais la descente relativement tranquille puis nous traversons la route pour gravir la cote du fort de Planoise ,je prends mon temps dans la montée  et de ce fait je me fais pas mal doubler  ,au sommet on a vue sur les méandres du Doubs du coté de Beure et c’est la descente assez roulante vers Avanne ou à lieu le premier ravitaillement et aussi le passage de relais ,il y a beaucoup de monde et les encouragements fusent  de partout, j’aperçois mon frère Dominique qui me prend en photo ,il vient d’accompagner son deuxième relayeur et va prendre son relais à Morre pour la dernière partie .

 

 

 

 

 Avant le ravitaillement d'Avanne

 

 

 

 

 

Patrick

 

 

 

            Je passe un long moment au ravito  car il n’y a que deux ravitaillements solides et je repars avec Nadine une coureuse de Vesoul que je rencontre souvent sur les courses. On traverse le Doubs par le pont bleu d’Avanne ou je suis encouragé par un kikou , jurassik runner, que j’ai rencontré au trail des reculées et c’est déjà la remontée ,on traverse la RN qui va sur Lons ,je reconnais le coin puis c’est la montée vers le rocher de Valmy et vers Arguel ,je discute avec Nadine pendant une partie de la montée  ,on parle de trail bien sur ,elle me parle de  l’UTMB qu’elle a fini une fois c’est vous dire son  niveau d’endurance ,on parlant le temps passe plus vite et nous atteignons Arguel. Je chute dans une petite descente mais rien de grave les mains ont amorti la gamelle et je me nettoie et me rafraichi prés d’une fontaine avant de descendre sur Beure ,la descente est très agréable et par endroits dangereuse avec des cordes pour nous retenir ,heureusement que le terrain n’est pas trop gras

 

 

 La fontaine (photo de 2009 signé gibus)

 

 

 

.A Beure je rempli ma gourde au ravito des pompiers ,le coin est très joli avec la cascade du bout du monde, un petit bout de route puis on vire à droite et un coureur qui me double me dis ,c’est maintenant la cote la plus dure

 

 La cascade du bout du monde(encore de Gibus)

  

               Effectivement on attaque tout droit dans les rochers pendant un km ,un petit groupe me suit mais personne ne double une coureuse parisienne me dit que mon rythme lui va bien ,c’est vrai que je ménage le bonhomme .Je ne me suis pas beaucoup entrainé ces derniers temps ,j’ai fais un trail long (les reculées ou j’ai finis les 10 derniers km avec d’énormes crampes) et un court (Clairvaux limites crampes aussi).En haut de cette cote on peut admirer le panorama sur Beure et mesurer la pente qu’on vient de monter ,le reste jusqu'à Chapelle des Buis est plus vallonnée et je constate qu’a ce stade de la course les jambes vont bien je fais ces quelques km avec la coureuse parisienne qui connaît un peu le coin puisqu’elle a couru la transjura trail on rattrape quelques coureurs dont certains marchent déjà sur les parties plates .Après avoir salué Fabrice le photographe (FAB CREA PHOTO visitez son site internet) on ne tarde pas à attaquer la descente vers Morre lieu de deuxième passage de relais et deuxième ravito. Arrivé en bas avant de traverser la route par un tunnel ,un groupe me dis que je suis sous la barrière horaire pour trois minutes ,je n’y avais pas pensé à celle la ,d’autant que ma montre ne marche plus ,je pensais être largement dans les temps ,et j’ai un petit coup au moral mais heureusement Françoise  et mon neveu sont la pour m’encourager avant le passage sous la route ,je leur donne rendez vous à Arcier mais en même temps je doute de finir cette course il reste 18 km et je pourrais aviser à Arcier si ca vas trop mal, on remonte un cote par la route pour aller au ravitaillement cette cote me brise le moral .Au ravito il n’y a plus guère de monde ,je m’alimente bien et m’assois un petit peu pour me refaire le moral, pendant qu’au micro le speaker dit que la barrière horaire est rallongée d’un quart d’heure

             Je reprend ma route en même temps que deux coureurs en me disant qu’il ne doit plus en rester beaucoup derrière et on grimpe tout de suite un chemin en forêt en direction du château ,je me fais dépasser par un coureur un peu plus valide que moi il me prend quelques mètres  ,je me remotive et parviens à revenir sur lui ;nous somme en pleine forêt sur un sentier en dévers avec par endroit le vide sur la gauche  nous suivons la ligne de crête et il faut bien faire attention aux appuis sous peine de dévaler la pente, on peut apercevoir dans une clairière les villages de Saône ,Gennes ,et plus loin le plateau de Valdahon avec derrière les monts du haut Doubs ou j’ai vécu mon enfance,  je ne vous l’ai pas dit je suis originaire du haut Doubs .

        Je distance le coureur sur une portion montante ,je ne le sais pas encore mais c’est le dernier coureur que je vais doubler sur cette course ,plus loin j’entends des tambourins ,le château médiéval n’est pas loin ,une troupe déguisé met une ambiance incroyable aux portes du château ,ils font une ligne d’arrivée fictive avec un ruban et l’un d’eux me prend en photo ,j’aimerais bien avoir cette photo d’un autre âge ,le château est en rénovation mais il faudra encore beaucoup de travail pour lui rendre un peu d’allure .Plus loin je croise une calèche tirée par deux chevaux harnachés ,juste avant la séparation des deux courses ,il reste 14 km ,je commence à sentir les jambes lourdes , pas de crampes pour l’instant mais j’ai un genou qui me commence à avoir des faiblesses ,heureusement la descente sur Arcier arrive et je peux recourir  je traverse un champ je ne vois personne devant ni derrière ,pas besoin de chercher les balises 600 personnes qui ont foulée l’herbe avant moi ca laisse des traces je prend  un sentier dans les bois, agréable ,très souple ,je ne suis troublé que par le chant des oiseaux ,tiens j’entend un coucou, ma pensée s’égare un peu ,par moment je n’ai pas l’impression de participer à une course ,ce chemin commence à devenir long. Je vois enfin deux bénévoles qui m’annoncent la partie difficile vers les sources d’Arcier, le sentier se transforme en goulet très gras avec des appuis instables qui n’arrangent pas l’état de mon genou, en plus il commence à pleuvoir, je m’aide des branches et des arbres  pour me retenir et  perd beaucoup de temps dans cette partie que je n’apprécie pas vraiment

       Enfin la descente se termine, une tonne à eau sert de lieu de ravitaillement je remplis ma gourde en ajoutant une dose de produit énergétique (excellente idée ces produits distribués sur la course par l’organisation). Un coureur me rejoint, il me dit qu’il vient de doubler les deux derniers accompagnés des vtt  balai donc il ne reste que 3 coureurs derrière moi

Je m’empresse de repartir sous la pluie battante et je croise mes supporters qui attendent frigorifiés, ils ont bien du courage de patienter ainsi sous la pluie, ils ont galéré pour trouver le village d’Arcier, ils me demandent comment ca vas, mais dans ma tète il n’est plus question d’arrêter

      Plus que 7 km et d’un coup le sentier grimpe abruptement, je m’aide en mettant les mains sur les cuisses, une pente à 30% mais après la descente éprouvante, cette montée et la pluie me redonnent le moral, bizarrement, moi piètre grimpeur .Deux rampes difficiles montées à un bon rythme et quand j’arrive en haut je regarde derrière moi toujours personne, devant encore personne.

Les cotes sont passées , la pluie s’arrête mais le sentier est devenu boueux, j’évite les traces ou tous les coureurs sont passés

          J’aperçois les relais télé de Monfaucon lieu de l’arrivée, mon calvaire est bientôt terminé, j’arrive au fort de Monfaucon ou je m’aperçois avec découragement qu’il reste encore 2 km mais je suis rassuré quand je vois que le sentier est descendant jusqu'à l’arrivée et je vais finir en courant jusqu’au bout .Encore une belle course à mon palmarès mais je mesure en franchissant la ligne mes limites sur de telles courses 7h 30 le double du vainqueur Arnaud Perrignon , maintenant ca devient difficile sans un bon entrainement de participer à des trails si longs, d’ailleurs la mode est à l’allongement des courses ce que je regrette les coureurs vont avoir du mal à aligner les trails longs tous les 15 jours enfin vous me direz ,on peux toujours se rabattre sur les trails courts.

                     Je suis bien content d’avoir terminé, une fois de plus, la volonté a été la plus forte.Mon pote Patrick m'a mis 35 minutes ,il a mangé du lion ou c'est moi qui faiblit

                     Le speaker me demande d’où je viens, ce que je pense de la course, si ca a été dur (non ca il le voit à ma tète).Je répond que le parcours est superbe, les organisateurs nous ont trouvé un tracé varié, sauvage et campagnard et ca tout prés de la ville quand à  l’organisation, c’est sans failles et parfaitement rodée .Les bénévoles sont nombreux et toujours souriants et sympathiques mais c’est normal c’est des doubistes (oh le chauvin)

            Je rejoins la salle de Monfaucon pour un bon repas réparateur, la douche je la prendrai chez ma belle sœur et c’est le retour à la maison sous une pluie battante

 

 Un trail qui porte bien son nom ,il faut étre forts

3 commentaires

Commentaire de fulgurex posté le 20-05-2010 à 10:20:00

Bravo! finir ce trail sans un bon entrainement c'est déjà quelque chose! Au début du CR, j'ai cru que tu allais bifurquer pour finir comme le 28 km. Tu as eu le courage de persévérer et tu as bien fait: sur ce genre d'épreuve, le mental est presqu'aussi important que les jambes.

Commentaire de seapen posté le 20-05-2010 à 17:27:00

Bonjour Bluesboy. Extra ton récit. On sent bien toute les questionnements du coureur avant d'affronter la course et les doutes qui l'accompagnent durant. Il a décidé de manger un bon gros plat et déjà il se demande s'il a l'appétit et pendant qu'il mange il se demande s'il en viendra à bout. Eh bien tu y est arrivé et tu as bien ressuyé l'assiette. C'est sûr qu'il va falloir un peu de temps pour digérer mais vu ta générosité que l'on devine, la page va vite se tourner pour ne plus qu'en voir le souvenir se bonifier et surtout les trails plus courts, maintenant, vont te sembler du gâteau. Allez tu reprendras bien un p'tit pousse. Salutations.

Commentaire de TrackJuPath posté le 22-05-2010 à 20:27:00

Bravo Bluesboy
J'aurais aimé être des vôtres ,Mais de l'ecotrail j'ai gardé une entorse en souvenir
Ce sera pour la prochaine (Les bosses j'espère)
Merci pour ce CR .Il me parle ! Il donne envie

A+


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